Où travaillent les actifs du Pays de France ?

Où travaillent les actifs du Pays de France ?

Contrairement à une idée reçue, le premier lieu de destination des travailleurs du territoire est la commune de résidence, dans un cas sur 4 (24%). L’importance de cet « emploi sur place » est liée à la forte densité de population qui suscite des emplois de proximité. Pour ces actifs chanceux, aucun besoin de transports lourds, ils vont au boulot à pied, à vélo ou en bus.

A l’inverse, le pôle de Roissy ne structure pas son territoire. En adjoignant les postes de l’aéroport déclarés sur Tremblay, on arrive à 7% des destinations : pour qu’un emploi de la plateforme embauche un travailleur du Pays de France, il faut en implanter 14… 6% des actifs résidents travaillent à Aulnay-sous-Bois : proportionnellement à sa taille, l’utilité locale de ce pôle est près de 3 fois celle de Roissy. Rajoutons 10,4% de flux entre communes. Au total, 44% de la main-d’œuvre travaille dans une localité du Pays de France.

L’attraction de la Défense est anecdotique (2,7%). Les autres pôles de banlieue jouent un rôle insignifiant, sauf Saint-Denis (6%). Deuxième grande destination : Paris, avec 24% des travailleurs. En tête, le Quartier Central des Affaires (QCA) qui occupe 7,5% de la main-d’œuvre du Pays de France, suivi par le pôle de Paris-Nord (3,9%). Viennent ensuite les pôles Montparnasse, Bercy-Italie et Paris-Est.

Pour conclure, on ne peut qu’exprimer les plus extrêmes réserves sur la stratégie des élus de l’Est-95, du Conseil départemental du Val d’Oise et de la Région dans leur volonté d’améliorer à tout prix par la construction d’un nouveau métro l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 18 000 postes de 2008 à 2019 et qui emploie à la marge la main-d’œuvre locale. Mieux vaudrait développer les emplois de proximité qui permettent de supprimer les besoins de transports à la source. Si les « emplois sur place » qui représentent 19% en moyenne atteignaient le même score que Versailles (33%), le Pays de France compterait 106 000 postes de travail supplémentaires, dispensant les actifs de vivre la « galère des transports » quotidienne, qui correspond pour un habitant de Villiers-le-Bel à l’équivalent de 7 ans supplémentaire de travail… en temps perdu dans les déplacements domicile-travail.

Pour en savoir plus :

Grand Roissy : non à une offre de transports dissociée des besoins des habitants

1 Commentaire

  1. Dominique Louise Leclercq Répondre

    Très très intéressant cet article qu’il faudrait publiciser au maximum !
    Merci beaucoup

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.