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Triangle de Gonesse : destruction d’espaces agricoles à cinq semaines de la fin du cinquième mandat d’un maire qui ne se représente pas

Jean-Pierre Blazy, encore maire de Gonesse pour cinq semaines, mais qui ne se représente pas, annonce dans un communiqué la signature d’un protocole de partenariat stratégique avec BOPRO, …pour le développement d’un parc d’activités innovant dédié à la bioéconomie sur le Triangle de Gonesse, … sur une emprise de 6,5 ha ?

Pour le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), il ne s’agit que d’un remplissage d’hectares étant censé justifier la zone d’aménagement concerté (ZAC) récemment créée par le préfet du Val d’Oise. Celle-ci ayant en effet été créée sans aucun programme clair, excepté la Cité scolaire internationale avec internat projetée sur 5 ha au plus près des nuisances des pistes de Roissy et du Bourget.

Ce dernier projet du maire sortant, c’est 5% de la ZAC de 121,8 hectares sans aucune vision d’avenir avec l’habituelle annonce d’emplois locaux non démontrés. 

Il ne d’agit ici ni d’un projet d’ensemble, ni un projet d’avenir au moment où l’on parle de plus en plus de souveraineté alimentaire, de restauration collective bio, de réchauffement climatique.

Derrière les grands mots contenus dans le communiqué du maire, annonçant start-up et PME innovantes, écosystème d’innovation, biotechnologie, démonstrateur métropolitain de la transition écologique et productive …  se cache la réalité de l’arrêté préfectoral de la ZAC qui prévoit le morcellement des 670 ha agricoles du Triangle de Gonesse, la destruction de la ferme, la suppression des circulations agricoles et la création d’un échangeur au niveau du BIP, porte ouverte aux entreprises de logistiques, qui envahissent toutes les ZAC autour de Roissy.

Contre cette perspective destructrice et brouillonne, le CPTG propose une réorientation du projet de ZAC vers un projet de coopérative alimentaire territoriale pour la restauration collective 100% bio.

Pour lire l’entièreté du communiqué de presse, vous pouvez ouvrir ce lien.

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Concertations publiques pour 3 BHNS du Grand Roissy

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Réunions publique, dites de concertation, pour trois bus à haut niveau de service (BHNS), à partir de Garges Sarcelles, Villiers le Bel, Goussainville la Plaine, vers parc des Exposition et Roissy Pôle

Rejoignez le CPTG lors de ces réunions !

Encore un projet pour justifier la gare sur le Triangle de Gonesse, sans aucun projet d’ensemble depuis l’abandon d’EuropaCity. C’est du gaspillage d’argent public avec de faux prétextes au lieu d’améliorer les transports existants.

Exemple : selon Transilien.com pour relier aujourd’hui la gare Garges Sarcelles à 7h du matin à Roissy Pôle, il faut 40 min. Avec le projet de BHNS passant par le Triangle de Gonesse il faudrait 52 min.

Voici les dates des 6 réunions publiques prévues :

  • Lundi 12 juin à 18h à Roissy-en-France (Mairie – salle du conseil)
  • Mardi 13 juin à 20h à Garges-lès-Gonesse (Mairie – salon d’honneur)
  • Mercredi 14 juin à 19h à Arnouville (Mairie – salle des mariages)
  • Lundi 19 juin à 19h à Villiers-le-Bel (à l’Espace Marcel Pagnol)
  • Mardi 20 juin à 18h30 à Goussainville (Maison pour tous, avenue Marcel Cerdan)
  • Jeudi 22 juin à 18h30 à Gonesse (Salle Jacques Brel)

Lien vers les dossiers techniques https://www.valdoise.fr/324-concertations-publiques-du-bhns-du-grand-roissy.htm

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Les candidat·es aux législatives sont interpelé·es sur l’avenir du Triangle de Gonesse

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Les candidat·es aux législatives sont interpelé·es sur l’avenir du Triangle de Gonesse

Le Triangle de Gonesse et le Val d’Oise ont fait l’objet de la venue à Gonesse le 7 mai 2021 du Premier ministre pour annoncer un « plan Val d’Oise », dont une partie portait sur l’avenir du Triangle de Gonesse. Il a annoncé un projet « AGORALIM » confié à la SEMMARIS (qui gère le Marché de Rungis). Un rapport d’Agoralim est sur le bureau de la Première ministre en attente de réponse à la SEMMARIS. Ce dossier est par conséquent un dossier à caractère national et concernera les futurs parlementaires.

C’est pourquoi le CPTG a souhaité interpeler les candidat·es à l’élection législative des 12 et 19 juin 2022. Dans un premier temps, il a été recherché les adresses internet des candidats des 7ème, 8ème et 9ème  circonscriptions du Val d’Oise, les plus directement concernées. Sur 37 candidat·es, nous avons rassemblé 19 adresses internet : député·es sortant·es (3), NUPES (3), animalistes (3), LR-UDI (3), et indépendant·es (6). Soit 5 candidat·es de la 7ème circonscription, 9 de la 8ème, 5 de la 9ème.

Une invitation internet à une réunion publique en date du 1er juin à Villiers le Bel a été envoyée le 23 mai. L’annonce de cette réunion a fait l’objet d’un article sur ce site, d’une information sur les réseaux sociaux et d’une distribution d’un tract au centre commercial de Gonesse et au marché d’Arnouville. Cette invitation a obtenu un seul retour positif (NUPES 8ème ) et 5 indisponibilités (2 NUPES, 1 animaliste et 2 indépendants).
Le 1er juin étaient présent·es : 2 candidat·es de la NUPES (2ème et 8ème ), 2 de Reconquête (7ème et 9ème), ainsi qu’une représentante de la candidate du Parti animaliste, qui ont répondu oralement au questionnaire.
Nous remercions la quarantaine de personnes qui se sont déplacées pour participer à cette réunion d’interpellation.

Le 31 mai un questionnaire en trois parties a été envoyé aux 19 contacts.
Une réponse écrite au questionnaire (Mohamed Akkou, indépendant, 9ème), et une réponse proche du questionnaire (Philippe Démaret, indépendant ,7ème) nous sont parvenues.

L’initiative du CPTG a fait l’objet d’un article dans Le Parisien 95, et dans les Échos.

Conclusion: Une majorité des candidat·es a évité l’interpellation du CPTG. Aucun des candidat·es présents le 1er juin n’a soutenu la construction de la gare dans la situation actuelle. Mohamed Akkou 9ème  dans sa réponse reste favorable à la construction de la ligne 17 nord et de la gare. Dominique Da Silva, 7ème (LREM) a répondu au quotidien Les Échos favorablement à la gare et la ligne 17 considérant qu’on est dans une zone géographique qui a besoin d’être désenclavée. Même position de Sivka Park 9ème (LREM) : « désenclaver ».

Les députés élu·es le 19 juin ne pourront pas faire l’impasse sur le sujet. Le CPTG s’y emploiera.

 

En complément aux affirmations des candidat·es, une synthèse des arguments du CPTG :

Désenclavé ? Affirmation non démontrée !
Il y a quasi consensus sur les terres agricoles. Par contre, sur la question des transports, malgré nos argumentations très développées, nous retrouvons des idées reçues qui ne reposent sur aucun fondement argumenté.  Et la plupart des candidat·es interviewé·es concluent : « certes, nous avons besoin de sauvegarder les terres agricoles, mais nous avons un territoire tellement pauvre, tellement enclavé, avec tellement de chômage, que tant pis… ». Ceci traduit une méconnaissance notoire du territoire. Nous sommes en mesure de démontrer, chiffres, cartes et graphiques à l’appui, les constats suivants :

1/ Le territoire n’est pas pauvre, mais inégalitaire. Il y a 150 fois plus d’emplois par actif à Roissy qu’à Garges-lès-Gonesse ou Sevran. Qu’est-ce qui justifie de rajouter encore des richesses sur le pôle de Roissy ?

2/ Le territoire habité n’est pas enclavé, c’est le territoire sans habitant qui l’est, donc aucune importance. 4 gares sur 6 de la ligne 17 Nord n’ayant aucun habitant dans un périmètre d’1 km, voire plus. L’offre nouvelle de transports envisagée n’est donc pas utile aux habitants, elle dessert des emplois pour faire venir une main-d’œuvre extérieure qualifiée – de surcroît dans le bon sens Paris/Banlieue – , qui concurrence les actifs locaux.

3/ La croissance de l’emploi – ne correspondant pas aux besoins de la main-d’œuvre locale – entraîne une croissance du chômage. La ville de Gonesse constitue un exemple caricatural à ce sujet.

4/ Les gains de temps sont calculés de gare à gare, sans intégrer les temps d’accès pour atteindre le métro, ni les temps des « derniers kilomètres » une fois parvenu·es à la gare d’arrivée. En intégrant ces données, nous obtenons des temps de transports futurs supérieurs à ceux de l’offre existante.

5/ A quoi bon faciliter l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 20 000 emplois de 2008 à 2019 et 11000 pendant la pandémie ? Une partie du personnel remercié s’est réorienté vers d’autres filières et l’aéroport ne trouve plus de main-d’œuvre, il rencontre les pires difficultés aujourd’hui à recruter 4000 salariés. C’est l’attractivité des postes qui est en cause, liés aux salaires et conditions de travail (fonctionnement 24 h/24 et 7 j/7; précarité de l’emploi avec beaucoup d’intérim et de saisonnalité, nuisances aériennes) et non les questions de mobilité / accessibilité.

6/ L’avenir des métiers de l’aérien est pris en charge par le pôle de Toulouse, qui conduit tout un travail de reconversion et de réorientation de la main-d’œuvre vers de nouvelles demandes, avec un partenariat syndicats – entreprises remarquable. L’Ile-de-France est concernée à la marge.

7/ Pendant que le Grand Paris Express accapare les budgets, les transports du quotidien qui correspondent à la demande urgente sont dans un état lamentable, en termes d’entretien, de sécurité, de matériel roulant, etc … Les chantiers du GPE qui sont programmés jusqu’en 2030 (sans compter les surprises) aggravent la situation et posent le problème de savoir où mettre 45 millions de m3 de gravats.

8/ Avoir tout misé sur les transports et sur l’implantation d’emplois sur une palette de métiers très faible, sans rapport avec les compétences et qualifications de la main-d’œuvre locale, entraîne la multiplication de communes dissociées, avec une explosion des flux croisés de travailleurs qui n’habitent pas le territoire et d’habitants qui ne travaillent pas sur place.

9/ Le financement du Grand Paris Express repose sur une escroquerie, en prétendant économiser des gaz à effet de serre et en émargeant au titre d' »obligations vertes », alors qu’il se traduirait immanquablement par une explosion de la dette financière et écologique.

10/ Avoir tout misé sur les grands pôles et les transports se traduit par une double peine : l’explosion des déplacements et l’impossibilité de développer des emplois de proximité (petit commerce et artisanat, sanitaire et social, éducation-formation, restauration, entretien, sécurité, sport, services publics, économie sociale et solidaire…) Si le taux qui est de 19% de la population était celui de Versailles (35%), il y aurait 100.000 emplois supplémentaires sur le territoire du Grand Roissy, ne réclamant aucun transport lourd. A comparer avec les 25 projets du Grand Roissy programmés en 2012, qui devaient générer 104 000 emplois dix ans plus tard, on en trouve 5000, soit un taux de réussite de 5%.

Il est grand temps de changer de politique d’aménagement !

 

 

 

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Étude du CPTG sur la surestimation des prévisions du nombre d’emplois sur le territoire de la ligne 17 nord du métro express

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L’objectif de cette étude est de réexaminer l’état d’avancement – ou d’abandon/report – des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France en 2012 et de connaître, le cas échéant, leurs chances de réactivation. Ils devaient créer 132 000 emplois à horizon 2030. Relevons que parmi ces projets, on trouve Europacity abandonné en 2019 (10 000 emplois) et l’extension de l’aéroport de Roissy (30 000 emplois).
Pour les aménagements « en cours », il s’agit tout d’abord d’estimer le niveau d’emplois existant actuellement sur le site et d’examiner ensuite les évolutions probables à échéance 2030. Au total, les perspectives réévaluées ne dépasseraient pas 34 000 emplois à terme.

Lien pour lire l’étude : Etude-ECODEV-revue.pdf

Dans la même veine, le blog de Jacqueline LORTHIOIS : Ligne 17- Intox 3- 100 000 emplois fantômes pour justifier les gares de Roissy 2 et 4

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TRIBUNE : Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

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Une tribune de qualité, comme toujours, parue le 11 février sur le site de l’OBS. Vous lirez l’original ici .

… Oui, répond l’urbaniste Jacqueline Lorthiois : au moment où le trafic aérien et l’immobilier de bureau s’effondrent, il est absurde de s’entêter à urbaniser le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), en détruisant au passage d’excellentes terres agricoles.

Dimanche, une ZAD (zone à défendre) a été créée sur le Triangle de Gonesse, vaste zone agricole située à l’ouest de Roissy, dans le Val-d’Oise. Les zadistes s’opposent à la construction d’une gare en plein champ, ne desservant aucune habitation et dont la seule utilité sera d’amorcer l’urbanisation de ces terres pourtant connues pour être particulièrement fertiles.

Devant l’entêtement des élus locaux et de la Société du Grand Paris (SGP), face aux atermoiements de la justice et au silence du gouvernement, un certain nombre de militants ont décidé d’occuper le site. Et voici pourquoi, selon nous, ils ont raison de vouloir stopper la stratégie d’aménagement à l’œuvre sur ce territoire.

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L’autonomie alimentaire, une illusion ?

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Transport et approvisionnement bousculés, réserves limitées à trois jours pour certaines grandes villes, agriculture tournée vers l’exportation… La crise du Covid-19 pointe les limites d’un marché alimentaire mondialisé. L’occasion de valoriser les circuits courts et la consommation locale ?

Ceci est le début de l’article de Télérama n°3666 du 18 avril 2020, dont la page principale titre « Vous avez dit autonomie alimentaire », avec un 3, comme 3 jours …

Avec l’aimable autorisation de Télérama, voici l’article en version pdf.
Vous pouvez aussi vous abonner !

[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2020/04/dossier-resilience-alim-Telerama-20200417.pdf »]

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Triangle de Gonesse : la lutte pour le maintien des terres agricoles «prend tout son sens»

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Article du Parisien , 14 avril.

Extraits :

(…) Pour le CPTG, opposé à l’urbanisation du Triangle de Gonesse, la proximité alimentaire passe forcément par le maintien des terres agricoles pour qu’elles puissent retrouver leur vocation nourricière historique. Un combat mené depuis des années par le collectif.

« On est en plein dans le sujet, cela prend tout son sens. Et comme beaucoup d’autres, nous le disions bien avant la crise même si nous étions tous loin d’imaginer une situation comme celle-ci. On espère que cela devienne une vraie préoccupation nationale et que l’on aura le plus de responsables possible qui en tireront les conséquences », poursuit Bernard Loup.

[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2020/04/Triangle-de-Gonesse-la-lutte-pour-le-maintien-des-terres-agricoles-«prend-tout-son-sens».pdf »]

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Terre de Tranchées

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LE PROJET DE MÉGACOMPLEXE EUROPACITY ? ENTERRÉ.
LES TRAVAUX DU GRAND PARIS EXPRESS ? SUSPENDUS.
DANS LE TRIANGLE DE GONESSE, EN ÎLE-DE-FRANCE,  LA LUTTE POUR SAUVER LES TERRES AGRICOLES  S’EST RÉVÉLÉE PAYANTE.
DÉSORMAIS, LE COLLECTIF  CARMA CULTIVE UN ESPOIR: FAIRE DE CES 670 HECTARES UN MODÈLE D’AGRICULTURE BIO ET LOCALE.

Ceci est le début de l’article de Télérama n°3661 du 11 mars 2020, d’une série des 7 du dossier «  Des villes pas communes » : https://www.telerama.fr/monde/municipales-2020-a-gonesse,-ils-defendent-de-pied-ferme-les-terres-agricoles,n6613022.php

Avec l’aimable autorisation de Télérama, voici l’article en version pdf. Vous pouvez aussi vous abonner !

[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2020/03/Gonesse-Telerama.pdf »]

 

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Quand le Ceser plaide pour le Triangle de Gonesse

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Le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature ».

Lors de son assemblée plénière, le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature, qui préserve et valorise la ceinture verte et agricole ainsi que les circuits courts », suggère-t-il.

Lire l’article complet sur le site ou en copie de sauvegarde locale

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Fabien GAY, au sénat, 6 février 2020, « Europacity, triangle de Gonesse, quel avenir ? »

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Sénat, 6 février 2020 : LE FONCIER AGRICOLE : LES OUTILS DE RÉGULATIONS SONT-ILS TOUJOURS PERTINENTS ? Débat organisé à la demande du groupe Les Indépendants – République et Territoires

Très bonne question du sénateur communiste Fabien Gay, et réponse fort intéressante du ministre de l’agriculture Didier Guillaume !👍😊

Ceci se trouve dans le compte rendu (lien) , page 58 et suivantes, et en vidéo aussi :

M. le président. La parole est à M. Fabien Gay.

M. Fabien Gay. Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l’avenir du triangle de Gonesse.

On reproche aujourd’hui aux outils de régulation du foncier de ne pas avoir empêché l’artificialisation des surfaces agricoles et de ne pas permettre le renouvellement des générations, ainsi que l’essor de nouvelles modalités d’exploitation prenant en compte les enjeux environnementaux liés à l’activité agricole. Or, dans le triangle de Gonesse, près de 100 000 hectares de terres fertiles ont été perdus en cinquante ans au profit de l’expansion parisienne.
Même si le projet EuropaCity a été enterré grâce à la mobilisation citoyenne, notamment dans le cadre du Collectif pour le triangle de Gonesse, et à celle de nombreux élus, le devenir des 670 hectares du triangle de Gonesse, dernière niche agricole aux portes de Paris, reste soumis à des menaces de bétonisation. Y aura-t-il un autre quartier d’affaires ? Ou, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, plusieurs projets coordonnés sur une superficie plus étendue, plus mixte et plus moderne ?
La question se pose également de l’évolution du type de cultures sur ces 670 hectares aujourd’hui cultivés par une dizaine d’exploitants, qui ne sont pas tous propriétaires des terres. Blé, colza, orge, maïs : autant de productions qui ne sont pas forcément en rapport avec la consommation du territoire qui entoure cette poche agricole.
Or, comme il a été rappelé lors des débats publics et réunions sur la préservation et l’avenir de ces terres agricoles, il n’y a pas si longtemps que la culture maraîchère et fruitière prédominait encore, assurant l’autosuffisance des villes alentours. Certains projets visent à y revenir pour développer une agriculture au service des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement, par la promotion des circuits courts au plus près du lieu de production ; je pense, par exemple, au projet Carma.

La mise en oeuvre de tels projets est-elle possible avec les outils actuels de régulation foncière ? Comment le Gouvernement envisage-t-il l’avenir du triangle de Gonesse et de son aménagement ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation. L’avenir du triangle de Gonesse est en débat depuis des années. Le Président de la République a pris une décision lors d’un conseil de défense écologique : il a dit non au projet qui était envisagé. De fait, l’heure n’est plus à l’artificialisation des terres pour construire de grands centres commerciaux – je pense, monsieur le sénateur Gay, que nous sommes d’accord sur ce sujet.

Pour autant, l’avenir de ce secteur très convoité n’est pas fixé. Pour connaître très bien les lieux, vous savez que de nombreux acteurs voudraient y investir… Les élus locaux définiront une vision en liaison avec les services de l’État, mais, en tout cas, il faut qu’il y ait sur ce secteur un projet ou plusieurs qui aillent dans le sens de l’agroécologie et de l’agriculture urbaine, afin de sauvegarder ces terres qui intéresseront les habitants de la grande métropole parisienne ou de la banlieue – je ne sais pas comment vous l’appelez, car c’est beaucoup trop grand pour qu’on connaisse ça chez nous. (Sourires.) Je pense, en effet, que la ressource de ce sol est absolument indispensable.

La position du Gouvernement est très claire : non au grand projet EuropaCity ; nous verrons s’il y a d’autres projets, mais le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, comme vraisemblablement celui de la transition écologique et solidaire, est hostile à la bétonisation du territoire. Je puis comprendre la déception des promoteurs, celle aussi des élus locaux qui voyaient dans l’ancien projet la promesse de nouvelles activités économiques génératrices d’emplois et créatrices de richesses. Mais de tels aménagements appartiennent au passé. Nous devons préparer les aménagements du futur.