Six mois après l’abandon du projet de méga-centre commercial et de loisirs EuropaCity, l’association CARMA* a remis deux rapports sur l’avenir du Triangle de Gonesse et du pays de France à Francis Rol-Tanguy, le représentant chargé par l’État d’une mission sur le territoire.
Les deux dossiers proposent des pistes concrètes de mise en valeur des 680 hectares de terres agricoles situés entre Le Bourget et Roissy, ainsi qu’un ambitieux projet de transition écologique pour l’ensemble du pays de France. Quelque 300 hectares pourraient ainsi être préservées de l’urbanisation.
Face à la bétonisation du Triangle de Gonesse et l’extension de l’aéroport de Roissy,
15 associations déposent un recours contentieux
contre le Schéma de Cohérence territoriale de Roissy Pays de France.
Ce mercredi 13 mai 2020, 14 associations déposent, aux côtés de Notre Affaire à Tous, un recours demandant l’annulation du document d’urbanisme définissant l’aménagement du territoire de Roissy Pays de France (1). Ce document s’appuie sur deux projets imposés et polluants qui n’ont pas encore été actés : l’urbanisation du triangle de Gonesse et le Terminal 4, extension de l’aéroport de Roissy CDG, dont l’enquête publique n’a pas encore eu lieu.
Pour Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse : “Cette action commune portée par des associations historiquement mobilisées contre les nuisances que le transport aérien fait subir aux riverains des aéroports et par les associations d’environnement en lutte contre la destruction des terres agricoles et de la biodiversité est un signe important de la prise en compte des enjeux climatiques des activités humaines “
La 2ème et dernière avant-première de « Douce France » ouverte au grand public en e-cinéma, accessible via la 25ème heure, aura lieu le 14 mai, par Utopia St-Ouen-l’Aumone/Pontoise. La séance sera suivie d’un débat avec Geoffrey Couanon (réalisateur), Jacqueline Lorthiois (urbaniste socio-économiste, Collectif Pour le Triangle de Gonesse), Fatima Ouassak (Collectif Front de mères), Hannane Somi (Paysanne en installation en banlieue parisienne), Michel Vampouille (Terre de Liens)
Pour acheter votre place et rejoindre votre séance le jour même : www.25eheure.com
L’avant-première du 2 mai, proposée aux habitants de Seine-Saint-Denis, a attiré 1500 spectateurs, dont environ 250 étaient connectées au début du débat qui a suivi.
(…) Pour le CPTG, opposé à l’urbanisation du Triangle de Gonesse, la proximité alimentaire passe forcément par le maintien des terres agricoles pour qu’elles puissent retrouver leur vocation nourricière historique. Un combat mené depuis des années par le collectif.
« On est en plein dans le sujet, cela prend tout son sens. Et comme beaucoup d’autres, nous le disions bien avant la crise même si nous étions tous loin d’imaginer une situation comme celle-ci. On espère que cela devienne une vraie préoccupation nationale et que l’on aura le plus de responsables possible qui en tireront les conséquences », poursuit Bernard Loup.
Le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature ».
Lors de son assemblée plénière, le Conseil économique, social et environnemental d’Île-de-France (Ceser) a adopté une contribution pour que la Plaine de France devienne un « laboratoire de la métropole nature, qui préserve et valorise la ceinture verte et agricole ainsi que les circuits courts », suggère-t-il.
Dans le cadre des élections municipales, plusieurs associations (le collectif Non au T4, l’ADVOCNAR, FNE IDF, Val d’Oise Environnement, le CPTG et SOS Vallée de Montmorency) ont adressé un courrier à près de 250 candidats de plusieurs départements franciliens (95, 92, 93, 94, 78) pour leur demander de s’engager contre l’extension de l’aéroport de Roissy. Le Terminal 4, dont la construction débuterait fin 2020, prévoit une croissance du trafic aérien de près de 40%, avec des conséquences dramatiques pour le climat et la santé des franciliens.
Les associations demandent aux candidats de dévoiler leur position vis-à-vis de ce projet et d’adopter, s’ils sont élus, une motion demandant son annulation ainsi que le plafonnement du trafic à 500 000 mouvements par an, la mise en place de mesures nécessaires à la réduction du bruit et de la pollution atmosphérique et la réduction des vols de nuit pour tendre vers un couvre-feu.
Sénat, 6 février 2020 : LE FONCIER AGRICOLE : LES OUTILS DE RÉGULATIONS SONT-ILS TOUJOURS PERTINENTS ? Débat organisé à la demande du groupe Les Indépendants – République et Territoires
Très bonne question du sénateur communiste Fabien Gay, et réponse fort intéressante du ministre de l’agriculture Didier Guillaume !👍😊
Ceci se trouve dans le compte rendu (lien) , page 58 et suivantes, et en vidéo aussi :
M. Fabien Gay. Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l’avenir du triangle de Gonesse.
On reproche aujourd’hui aux outils de régulation du foncier de ne pas avoir empêché l’artificialisation des surfaces agricoles et de ne pas permettre le renouvellement des générations, ainsi que l’essor de nouvelles modalités d’exploitation prenant en compte les enjeux environnementaux liés à l’activité agricole. Or, dans le triangle de Gonesse, près de 100 000 hectares de terres fertiles ont été perdus en cinquante ans au profit de l’expansion parisienne.
Même si le projet EuropaCity a été enterré grâce à la mobilisation citoyenne, notamment dans le cadre du Collectif pour le triangle de Gonesse, et à celle de nombreux élus, le devenir des 670 hectares du triangle de Gonesse, dernière niche agricole aux portes de Paris, reste soumis à des menaces de bétonisation. Y aura-t-il un autre quartier d’affaires ? Ou, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, plusieurs projets coordonnés sur une superficie plus étendue, plus mixte et plus moderne ?
La question se pose également de l’évolution du type de cultures sur ces 670 hectares aujourd’hui cultivés par une dizaine d’exploitants, qui ne sont pas tous propriétaires des terres. Blé, colza, orge, maïs : autant de productions qui ne sont pas forcément en rapport avec la consommation du territoire qui entoure cette poche agricole.
Or, comme il a été rappelé lors des débats publics et réunions sur la préservation et l’avenir de ces terres agricoles, il n’y a pas si longtemps que la culture maraîchère et fruitière prédominait encore, assurant l’autosuffisance des villes alentours. Certains projets visent à y revenir pour développer une agriculture au service des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement, par la promotion des circuits courts au plus près du lieu de production ; je pense, par exemple, au projet Carma.
La mise en oeuvre de tels projets est-elle possible avec les outils actuels de régulation foncière ? Comment le Gouvernement envisage-t-il l’avenir du triangle de Gonesse et de son aménagement ?
M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation. L’avenir du triangle de Gonesse est en débat depuis des années. Le Président de la République a pris une décision lors d’un conseil de défense écologique : il a dit non au projet qui était envisagé. De fait, l’heure n’est plus à l’artificialisation des terres pour construire de grands centres commerciaux – je pense, monsieur le sénateur Gay, que nous sommes d’accord sur ce sujet.
Pour autant, l’avenir de ce secteur très convoité n’est pas fixé. Pour connaître très bien les lieux, vous savez que de nombreux acteurs voudraient y investir… Les élus locaux définiront une vision en liaison avec les services de l’État, mais, en tout cas, il faut qu’il y ait sur ce secteur un projet ou plusieurs qui aillent dans le sens de l’agroécologie et de l’agriculture urbaine, afin de sauvegarder ces terres qui intéresseront les habitants de la grande métropole parisienne ou de la banlieue – je ne sais pas comment vous l’appelez, car c’est beaucoup trop grand pour qu’on connaisse ça chez nous. (Sourires.) Je pense, en effet, que la ressource de ce sol est absolument indispensable.
La position du Gouvernement est très claire : non au grand projet EuropaCity ; nous verrons s’il y a d’autres projets, mais le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, comme vraisemblablement celui de la transition écologique et solidaire, est hostile à la bétonisation du territoire. Je puis comprendre la déception des promoteurs, celle aussi des élus locaux qui voyaient dans l’ancien projet la promesse de nouvelles activités économiques génératrices d’emplois et créatrices de richesses. Mais de tels aménagements appartiennent au passé. Nous devons préparer les aménagements du futur.
La concertation publique sur le projet de nouveau terminal T4 à Roissy prendra fin le 12 mai.
N’attendez plus pour exprimer votre opposition à ce projet de relance de la bétonneuse folle et de la course sans fin au gigantisme sur le site dédié à la concertation.
Cliquez ICI pour découvrir le Cahier d’acteur déposé en commun par le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), Environnement 93 et Val d’Oise Environnement et ICI pour découvrir une sélection d’avis particulièrement bien argumentés.
Consultez aussi l’Avis délibéré n° 2018-112 de l’Autorité environnementale sur la demande de cadrage préalable relative au terminal T4 de l’aéroport de Roissy (28 p.) du 16.01.2019 ICI.
Une réunion de concertation sur le projet de Terminal 4 se tenait à Paris le 11 avril de 19h à 21h30. Le CPTG était présent et est intervenu pour rappeler que :
la gare de Gonesse dont parle ADP serait à 1,8 km des premiers habitants et que l’annulation récente de la révision du PLU de Gonesse par la justice fragilise la pertinence de la ligne 17 dont 40% du trafic proviendrait d’une ZAC et d’un projet Europacity interdits par les décisions du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise en mars 2018 et mars 2019 qui ont rétabli la destination agricole du Triangle de Gonesse.
fin 2017, lors de l’élaboration du Plan de protection de l’air de la région IdF, Airparif avait montré que la qualité de l’air allait s’améliorer partout sauf autour de Roissy à cause de la hausse du trafic aérien (émissions de NOx), d’où un accroissement des inégalités par rapport à la qualité de l’air.
depuis 2018, la France est poursuivie devant la justice européenne par la Commission européenne (CE) pour non-respect du droit européen sur la qualité de l’air notamment dans la région parisienne. Les émissions de polluants de la plate-forme aéroportuaire pourraient être concernées un jour par cette action en justice et l’État et les collectivités locales condamnés à de fortes astreintes.
la présidente de la CNDP a écrit en juin dernier au Premier ministre, aux ministres de l’environnement et des transports de même qu’à la présidente de la Région Île-de-France pour leur demander d’organiser un débat public sur la cohérence entre les différents projets d’aménagement au nord de Paris (T4, CDG Express, Europacity et sa ZAC, ligne 17, JO 2024). Le CPTG rappelle que l’Autorité environnementale a émis le même souhait chaque fois qu’elle a été consultée.
ATELIERS PARTICIPATIFS : JEUDI 25 AVRIL – 19h-20h30 : Villepinte / Espace V (inscription par e-mail via Terminal4-cdg@adp.fr) ;
RÉUNIONS THÉMATIQUES : LUNDI 29 AVRIL : 19h-21h30 : Maison de l’Environnement, Paris-Charles de Gaulle, Roissypole – Thème : Santé, bruit et qualité de l’air
Le succès de la pétition « L’Affaire du siècle » nous oblige à penser que cette demande soudaine et massive de justice climatique adressée à l’État pourrait bien être une nouvelle manifestation de la demande d’État exprimée avec force par les « gilets jaunes » depuis le 17 novembre 2018 (acte 1).
Le démographe Hervé Le Brasa montré que la carte de France des « gilets jaunes » est celle des zones rurales les plus délaissées du pays, loin des villes, celle des habitants qui perdent leurs commerces, leurs maternités, et leurs services publics … et qui sont plus en demande d’État que de baisses d’impôts.
Lancée lundi 17 décembre 2018 par quatre associations de défense de l’environnement, la pétition a recueilli 800.000 signatures en 24 heures et plus de 2 086 000 personnes à ce jour. Un record jamais atteint en France. Dans cette pétition, les ONG « Notre Affaire à Tous », « Greenpeace France », « la Fondation pour la Nature et l’Homme », et « Oxfam France », se disent prêtes à attaquer l’État français en justice afin qu’il « respecte ses engagements climatiques, et protège nos vies, nos territoires et nos droits. »
L’État français a deux mois pour répondre. En l’absence de réponse acceptable, les associations engageront au printemps 2019 un recours devant le tribunal administratif de Paris. La revendication de justice climatique est née en Amérique latine dans les années 2000 lorsque les premières victimes du réchauffement ont pointé la responsabilité des pays les plus riches. Depuis cette date les actions devant les tribunaux se sont multipliées pour dénoncer l’absence de mise en place de lois et de réglementations satisfaisantes.
Au Pays-Bas en 2015, l’ONG de défense de l’environnement Urgenda a entamé une action en justice au nom de 886 citoyens. Les plaignants demandaient que le gouvernement prenne des mesures pour réduire les émissions de CO2 aux Pays-Bas de 40% d’ici à 2020, par rapport aux niveaux de 1990. La justice néerlandaise a ordonné à l’État de revoir ses objectifs et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 25%d’ici 2020. Le 9 octobre 2018 la Cour d’appel de La Haye a confirmé le jugement en affirmant que l’État agit « illégalement et en violation du devoir de diligence ».
En Californie des multinationales du pétrole sont poursuivies par différentes collectivités et aux Philippines, c’est la Commission des droits de l’homme qui a récemment accepté d’enquêter sur la responsabilité des industriels dans le réchauffement climatique.
Dans sa Lettre ouverte du 18 janvier en réponse à la lettre du Président de la République aux « Françaises, Français » le 14 janvier, le Président du Collectif des associations citoyennes remarque à propos du 3ème grand thème, Transition écologique, que :« La première mesure consisterait à se mettre en conformité avec les engagements souscrits par la France lors de la COP 21 qu’elle a présidée. Annuler les projets inutiles ou nuisibles pour notre environnement tels Europacity, le contournement de Strasbourg ou le centre d’enfouissement de Bure pour n’en citer que trois, afin de donner du contenu concret à vos déclarations. «
De son côté la Fondation pour la nature et l’homme, considère que la réponse aux « gilets jaunes » ne peut être seulement fiscale. La FNH demande l’application de l’objectif « zéro artificialisation nette », un moratoire sur la création de nouvelles zones commerciales et de loisirs et de grands projets comme EuropaCity. (voir le Communiqué de l’AFP du 18/01 intitulé « »Gilets jaunes »: la crise de l’étalement urbain »).
Pour aller plus loin, voir :
L’appel des initiateurs de la pétition « L’Affaire du siècle » :
Notre revue des articles de Frédéric Joignot, Catherine Vincent, Patricia Jolly, Gaïdz Minassian et Frédéric Cazenave publiés ces dernières semaines par le journal Le Monde ICI.
« La destruction des zones agricoles accentuant les inondations en imperméabilisant les sols, la politique de lutte contre l’étalement urbain devient primordiale. » Célia Blauel @Celia_Blauel (28 janvier 2018) Adjointe à la Mairie de Paris en charge de l’environnement, du développement durable, de l’eau, de la politique des canaux et du plan climat énergie territorial.
Une question vient à l’esprit : n’y aurait-il pas comme une contradiction à voir l’État accorder le label d’« utilité publique » au projet EuropaCity qui contrevient à tous égards aux recommandations qui sont faites régulièrement par les experts, par l’administration et par les élu-e-s à chaque citoyen de changer de comportement pour prévenir les risques d’inondation ?
Après chaque grande crue, devant le drame que rencontrent tant de familles dont les maisons sont inondées, le gouvernement rappelle que chacun a un rôle à jouer face au risque inondations : citoyens, entreprises, collectivités, État doivent adapter leur comportement.
Au moment où tant de voix s’élèvent pour demander aux citoyens que nous sommes de démultiplier les petits gestes de reconquête du sol : rouvrir un pied d’arbre, creuser une mare, végétaliser nos murs, nos trottoirs et nos toitures pour ralentir la montée des eaux et pour faire de nos villes des villes-éponges ( ! ), ne serait-il pas plus vertueux pour l’État de recommander à tous les porteurs de projets, quels qu’ils soient, de positionner toute nouvelle construction sur les nombreuses –et souvent anciennes- friches industrielles et commerciales qui défigurent nos villes et nos banlieues ?
Selon les experts agronomes, une terre bien travaillée et riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en humus, en vers de terre, absorbe 100 mm d’eau par heure et jusqu’à 300 mm lorsqu’il s’agit de très bonnes terres comme celles que l’on trouve en Plaine de France et particulièrement sur le Triangle de Gonesse.
Au lieu d’envisager une augmentation des primes d’assurances ou la création d’une taxe inondation le moment n’est-il pas venu pour l’État de déclarer un moratoire sur la destruction des terres agricoles en périphérie des villes pour stopper tout nouveau projet d’imperméabilisation des sols et d’artificialisation des rivières, qui empêcherait leur régulation naturelle et augmenterait le niveau des inondations et leurs conséquences ?