Mardi 26 avril, deux jours après le second tour d’une élection présidentielle complètement déconnectée des urgences planétaires, des actions locales de résistances ont été organisées partout en France par de nombreuses associations et collectifs sous la même bannière d’un « Retour sur Terres ».
En Île-de-France, le plateau de Saclay a été choisi comme lieu d’action par la Coordination des luttes locales (Collectif pour le Triangle de Gonesse, Sauvons les Jardins d’Aubervilliers…) avec le soutien d’Alternatiba et d’Attac.
Pourquoi Saclay ? Car il s’y déroule un écocide massif, perpétré dans le cadre de l’un des plus grands chantiers du Grand Paris. Voir le site du Non à la ligne 18
Le CPTG y était bien présent, de trop nombreux parallèles existent entre la ligne 18 et sa gare en plein champs, et l’urbanisation dévorante liée à la ligne 17…
La 2ème et dernière avant-première de « Douce France » ouverte au grand public en e-cinéma, accessible via la 25ème heure, aura lieu le 14 mai, par Utopia St-Ouen-l’Aumone/Pontoise. La séance sera suivie d’un débat avec Geoffrey Couanon (réalisateur), Jacqueline Lorthiois (urbaniste socio-économiste, Collectif Pour le Triangle de Gonesse), Fatima Ouassak (Collectif Front de mères), Hannane Somi (Paysanne en installation en banlieue parisienne), Michel Vampouille (Terre de Liens)
Pour acheter votre place et rejoindre votre séance le jour même : www.25eheure.com
L’avant-première du 2 mai, proposée aux habitants de Seine-Saint-Denis, a attiré 1500 spectateurs, dont environ 250 étaient connectées au début du débat qui a suivi.
Sénat, 6 février 2020 : LE FONCIER AGRICOLE : LES OUTILS DE RÉGULATIONS SONT-ILS TOUJOURS PERTINENTS ? Débat organisé à la demande du groupe Les Indépendants – République et Territoires
Très bonne question du sénateur communiste Fabien Gay, et réponse fort intéressante du ministre de l’agriculture Didier Guillaume !👍😊
Ceci se trouve dans le compte rendu (lien) , page 58 et suivantes, et en vidéo aussi :
M. Fabien Gay. Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l’avenir du triangle de Gonesse.
On reproche aujourd’hui aux outils de régulation du foncier de ne pas avoir empêché l’artificialisation des surfaces agricoles et de ne pas permettre le renouvellement des générations, ainsi que l’essor de nouvelles modalités d’exploitation prenant en compte les enjeux environnementaux liés à l’activité agricole. Or, dans le triangle de Gonesse, près de 100 000 hectares de terres fertiles ont été perdus en cinquante ans au profit de l’expansion parisienne.
Même si le projet EuropaCity a été enterré grâce à la mobilisation citoyenne, notamment dans le cadre du Collectif pour le triangle de Gonesse, et à celle de nombreux élus, le devenir des 670 hectares du triangle de Gonesse, dernière niche agricole aux portes de Paris, reste soumis à des menaces de bétonisation. Y aura-t-il un autre quartier d’affaires ? Ou, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, plusieurs projets coordonnés sur une superficie plus étendue, plus mixte et plus moderne ?
La question se pose également de l’évolution du type de cultures sur ces 670 hectares aujourd’hui cultivés par une dizaine d’exploitants, qui ne sont pas tous propriétaires des terres. Blé, colza, orge, maïs : autant de productions qui ne sont pas forcément en rapport avec la consommation du territoire qui entoure cette poche agricole.
Or, comme il a été rappelé lors des débats publics et réunions sur la préservation et l’avenir de ces terres agricoles, il n’y a pas si longtemps que la culture maraîchère et fruitière prédominait encore, assurant l’autosuffisance des villes alentours. Certains projets visent à y revenir pour développer une agriculture au service des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement, par la promotion des circuits courts au plus près du lieu de production ; je pense, par exemple, au projet Carma.
La mise en oeuvre de tels projets est-elle possible avec les outils actuels de régulation foncière ? Comment le Gouvernement envisage-t-il l’avenir du triangle de Gonesse et de son aménagement ?
M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation. L’avenir du triangle de Gonesse est en débat depuis des années. Le Président de la République a pris une décision lors d’un conseil de défense écologique : il a dit non au projet qui était envisagé. De fait, l’heure n’est plus à l’artificialisation des terres pour construire de grands centres commerciaux – je pense, monsieur le sénateur Gay, que nous sommes d’accord sur ce sujet.
Pour autant, l’avenir de ce secteur très convoité n’est pas fixé. Pour connaître très bien les lieux, vous savez que de nombreux acteurs voudraient y investir… Les élus locaux définiront une vision en liaison avec les services de l’État, mais, en tout cas, il faut qu’il y ait sur ce secteur un projet ou plusieurs qui aillent dans le sens de l’agroécologie et de l’agriculture urbaine, afin de sauvegarder ces terres qui intéresseront les habitants de la grande métropole parisienne ou de la banlieue – je ne sais pas comment vous l’appelez, car c’est beaucoup trop grand pour qu’on connaisse ça chez nous. (Sourires.) Je pense, en effet, que la ressource de ce sol est absolument indispensable.
La position du Gouvernement est très claire : non au grand projet EuropaCity ; nous verrons s’il y a d’autres projets, mais le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, comme vraisemblablement celui de la transition écologique et solidaire, est hostile à la bétonisation du territoire. Je puis comprendre la déception des promoteurs, celle aussi des élus locaux qui voyaient dans l’ancien projet la promesse de nouvelles activités économiques génératrices d’emplois et créatrices de richesses. Mais de tels aménagements appartiennent au passé. Nous devons préparer les aménagements du futur.
Allocution de Clémentine Autain, lors de l’audition pour le projet CARMA
CONTRE LA FOLIE EUROPA CITY, LE CHOIX DE CARMA
Hier soir, j’ai initié une réunion à l’Assemblée nationale de présentation du projet CARMA (Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole) d’aménagement du triangle de Gonesse. Loin des logiques financières et productivistes qui président avec Europa City, projet de complexe touristico-commercial qui menace l’immense friche de cet espace territorial francilien.
Cette soirée m’a convaincue plus encore de la nécessité de sortir nos imaginaires des réflexes consuméristes pour penser l’économie circulaire, ce que proposent les initiateurs de CARMA. De l’utopie concrète, comme il en faut, pour répondre aux besoins des populations et aux impératifs environnementaux. Merci à Robert Spizzichino et Baptiste François pour leur exposé passionnant… Qui a inspiré cette question orale au Ministre de l’Ecologie…
Grandes surfaces : les maires de France veulent protéger
leurs centres-villes
Ils ont pris possession du paysage. Aux périphéries, aux entrées des villes, les centres commerciaux ne cessent de s’étendre. Pas loin de 2 millions de mètres carrés supplémentaires en moyenne, chaque année en France. Mais parfois, certaines communes résistent. Une commerçante montre aux caméras de France 2 les terres agricoles sur lesquelles une grande surface veut s’implanter : 5 000 mètres carrés de supermarché et de galerie marchande. À trois kilomètres seulement du centre de la ville voisine, Neuville-sur-Saône (Rhône), qui comprend 7 500 habitants, pas moins de 200 magasins prévoient de s’installer.
Avec les commerçants, la maire de la commune a attaqué une première décision qui était favorable au projet. La défense de son centre-ville, c’est une priorité. Et le recours a porté ses fruits : une nouvelle décision, défavorable au projet, vient d’être rendue. Une victoire pour l’élue, même si le promoteur peut encore faire appel. Raison retenue ici : le projet consomme trop d’espace et ne prend pas assez en compte l’environnement.
Lutter contre la désertification
des centres-villes
Ce maire des Bouches-du-Rhône connaît bien les batailles juridiques. Depuis sept ans, il s’oppose à une grande enseigne qui veut s’implanter sur 8 000 mètres carrés. À chaque fois il refuse de délivrer le permis de construire, à chaque fois ses refus sont attaqués. En attendant le dernier appel en cours, l’élu amorce une nouvelle tactique de lutte : changer le plan d’occupation des sols, le PLU. Le document prévoit désormais que le terrain est réservé à la construction de logements sociaux.
Dans leur lutte, les élus peuvent en tout cas compter sur le soutien de ce couple. Anciens commerçants tous les deux, en guerre contre les grandes surfaces. Le combat d’une vie, et un constat : les maires cèdent trop souvent aux sirènes de la grande distribution. Si ces enseignes créent des emplois, elles mènent à terme à la désertification du centre-ville. Les opposants demandent donc un moratoire. Les avis sont partagés au sein du gouvernement. Le ministère de l’Économie, par exemple, n’y est pas favorable. En attendant, les surfaces commerciales continuent de s’étendre autour des villes.
9h50 le matin, c’est l’émission matinale de France 3 Paris Île-de-France présentée par Charlotte Le Grix de La Salle.
Les lundis, mardis, mercredis, jeudis et vendredis matin à 9 heures 50, Charlotte Le Grix de La Salle se déplace en région parisienne, accompagnée d’experts, de professionnels ou de grands témoins.
L’émission du mercredi 4 octobre a été enregistrée en un lieu superbe chargé d’histoire, l’Abbaye de Royaumont.
Félicitations à Charlotte Le Grix de La Salle, la présentatrice de cette émission, qui avait travaillé son sujet. C’est suffisamment rare pour être souligné, dans un temps où les chaînes de télévision ont la fâcheuse tendance à courir après l’information immédiate et rapide, laissant peu de place à l’investigation et à la préparation.
Outre les interventions de notre amie, Jacqueline LORTHIOIS, membre fondatrice du CPTG, les spectateurs auront été frappés par le courage de Pascale FERRY, éleveuse de vaches laitières dans le Vexin, appelant à sauver l’agriculture et les agriculteurs/trices.
Face au discours d’un autre temps et souvent pathétique de M. BLAZY, maire de Gonesse, qui finit par admettre que ce sont les grandes surfaces qui mettent à genoux les agriculteurs, on retiendra les interventions fortes de Pierre BOT, un des derniers agriculteurs du plateau de Saclay, d’Antoine THIROUIN, maraîcher à la Croix-verte dans le Val d’Oise ainsi que du maire d’Aulnay-sous-Bois.
Même le micro-trottoir réalisé dans le 15ème arrondissement montre à quel point les temps changent et combien les citadins eux-mêmes comprennent aujourd’hui l’importance à accorder aux terres agricoles à la périphérie des villes.
Pour regarder l’émission, cliquez sur l’image ci-dessous puis, sur le site de l’émission de 9h50 le matin – Paris Île-de-France, recherchez l’émission dumercredi 4 octobre 2017.
Reportage sur les plantations du 21 mai : action militante sur le Triangle de Gonesse
Le 21 mai dernier, 1500 personnes se sont rassemblées pour planter des graines de courges, fleurs, maïs, pommes de terre sur une parcelle prêtée par un agriculteur du triangle de Gonesse. Cette action festive mais surtout militante vient illustrer notre opposition à l’urbanisation des terres fertiles du Triangle.