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Des « gilets jaunes » à « l’affaire du siècle » – 19/01/2019

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Le succès de la pétition « L’Affaire du siècle » nous oblige à penser que cette demande soudaine et massive de justice climatique adressée à l’État pourrait bien être une nouvelle manifestation de la demande d’État exprimée avec force par les « gilets jaunes » depuis le 17 novembre 2018 (acte 1).

Le démographe Hervé Le Bras a montré que la carte de France des « gilets jaunes » est celle des zones rurales les plus délaissées du pays, loin des villes, celle des habitants qui perdent leurs commerces, leurs maternités, et leurs services publics … et qui sont plus en demande d’État que de baisses d’impôts.

La victoire d’Urgenda au nom des 886 citoyens aux Pays-Bas a inspiré d’autres organisations dans leur lutte pour la planète. En décembre 2018 l’indignation de la jeune Suédoise Greta Thunberg a marqué  la COP24  : « Vous dites que vous aimez vos enfants par dessus tout et pourtant vous volez leur futur devant leurs yeux ».

En Californie des multinationales du pétrole sont poursuivies par différentes collectivités et aux Philippines, c’est la Commission des droits de l’homme qui a récemment accepté d’enquêter sur la responsabilité des industriels dans le réchauffement climatique.

Dans sa Lettre ouverte du 18 janvier en réponse  à la lettre du Président de la République aux « Françaises, Français » le 14 janvier, le Président du Collectif des associations citoyennes remarque à propos du 3ème grand thème, Transition écologique, que : « La première mesure consisterait à se mettre en conformité avec les engagements souscrits par la France lors de la COP 21 qu’elle a présidée. Annuler les projets inutiles ou nuisibles pour notre environnement tels Europacity, le contournement de Strasbourg ou le centre d’enfouissement de Bure pour n’en citer que trois, afin de donner du contenu concret à vos déclarations. « 

De son côté la  Fondation pour la nature et l’homme, considère que la réponse aux « gilets jaunes » ne peut être seulement fiscale. La FNH demande l’application de l’objectif « zéro artificialisation nette », un moratoire sur la création de nouvelles zones commerciales et de loisirs et de grands projets comme EuropaCity. (voir le Communiqué de l’AFP du 18/01 intitulé «  »Gilets jaunes »: la crise de l’étalement urbain »).

Pour aller plus loin, voir :

  • L’appel des initiateurs de la pétition « L’Affaire du siècle » :

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Bêtisier d’EuropaCity 7. Transports : mobilité obligée ou déplacements évités ?

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Dans cet article Jacqueline Lorthiois dénonce l’absurdité de la création de nouvelles infrastructures de transport qui entraînent des déplacements toujours plus longs sans diminuer le taux de chômage élevé qui est le résultat dramatique mais logique de  politiques d’emploi totalement déconnectées des besoins de la main-d’œuvre locale.

Article déjà publié par Jacqueline Lorthiois dans son blog de déconstruction d’idées reçues sur l’emploi, la main-d’œuvre et les GPII : http://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/061218/betisier-deuropacity-7transports-mobilite-obligee-ou-deplacements-evites

6 déc. 2018 – Par J. LORTHIOIS

Dans des espaces dissociés (pôles d’emplois sans habitants, d’habitats sans emplois) on prétend recoudre la fracture territoriale par des transports inutiles, aggravant la situation sans la résoudre (faible mobilité des actifs, galère des réseaux saturés, pollutions)… Florilège d’idées reçues et contre-vérités, voulant justifier une politique obsolète, exprimée par la révolte des gilets jaunes.

Les partisans d’EuropaCity revendiquent une gare de la ligne 17 Nord du métro automatique du Grand-Paris-Express, au milieu des champs du Triangle de Gonesse, interdit à l’habitat en raison de son positionnement sous les courbes de bruit de deux grands aéroports. Un équipement indispensable au fonctionnement du méga-centre commercial et de loisirs porté par les groupes Auchan et Wanda, qu’ils s’obstinent à présenter comme une réponse aux besoins de transports du quotidien des habitants du territoire. Mais l’actualité récente démontre que les citoyens sont de moins en moins enclins à gober n’importe quelle fable, et à se laisser manipuler par des «faiseurs de rêve».

1ère idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse, « seul moyen pour le Val d’Oise d’entrer dans le Grand Paris »

 Cette affirmation totalement erronée, est répétée en boucle par les élus du Val d’Oise, aux côtés de l’ancien président du Conseil Départemental, désormais sénateur M. Bazin qui a fait voter à l’unanimité en octobre 2017 une motion pour réclamer le maintien du calendrier de la ligne (la mise en service de la gare serait reportée de 2024 à 2027 par le Premier ministre) : « Une seule gare du Grand Paris Express sur les 68 prévues desservira le Val d’Oise et celle-ci est planifiée sur le Triangle de Gonesse(1)». Cette gare prétendument « unique », « irremplaçable » serait censée constituer le remède miracle pour résoudre le problème du chômage relativement élevé du territoire (16, 8% à Gonesse, 17,5 % à Goussainville en 2013(2)). « La ligne 17 est essentielle au projet de développement de l’est du département, très défavorisé(1)» affirme encore Arnaud Bazin. Cette « pensée magique » ne tient pas une seconde : comme si accéder au pôle de Roissy dans 12 ans (2 gares programmées en 2030 !) constituait aujourd’hui une réponse crédible à l’urgence des situations des populations précaires !!

Par ailleurs, prétendre que le salut du Val d’Oise se limiterait à la seule desserte du pôle de Roissy traduit une vision réductrice, reflétant une méconnaissance complète de la géographie du département (ce qui est plutôt problématique pour des élus val d’oisiens). En effet, au lieu d’entrer dans le Grand Paris par la petite porte (obtention d’une gare de métro), on peut aussi y entrer par la grande porte, en adhérant à la «Métropole du Grand Paris » (MGP), car en 2015 les candidatures étaient ouvertes aux communes adjacentes à la petite couronne. Rattachement proposé à Roissy, 2ème aéroport européen, pôle métropolitain par excellence, se réclamant « porte d’entrée de la capitale ». Mais cette éventualité a été farouchement combattue par Patrick Renaud, président de la communauté d’agglomération « Roissy-pays de France » et par tout son conseil communautaire, sous des prétextes divers. Visiblement, l’intercommunalité ne souhaite pas partager les retombées financières du pôle aéroportuaire.

La situation est très différente au sud du 95. Lors des discussions préalables à l’élargissement du périmètre de la capitale, Argenteuil, 3ème ville d’Ile-de-France, a demandé et obtenu son rattachement à la MGP. Ainsi, depuis le 1er Janvier 2016, 110 000 habitants du Val d’Oise sont entrés de facto dans le Grand Paris. La commune candidate a été intégrée à l’Établissement Public Territorial T5 intitulé «Boucle Nord 92 », qui correspond à peu près au bassin de Gennevilliers. Venant ratifier une longue tradition d’échanges entre ces deux pôles complémentaires de tertiaire industriel, situés de part et d’autre de la Seine.

Sur la carte jointe (figure 1) du bassin de main-d’œuvre du pôle d’Argenteuil-Bezons, dessinée dans les années 90, on constate l’importance des liens historiques entre les deux rives industrieuses de la Seine, avec des flux d’actifs originaires des deux villes-sœurs localisées rive droite, à destination de la boucle de Gennevilliers et de la Défense élargie, situées sur la rive gauche d’en face.

Figure 1 © J. Lorthiois

Sur la deuxième carte jointe (figure 2), établie en 2012 par le bureau d’études CITEC dans le cadre des études préalables au Contrat de Développement Territorial «Boucle Nord 92»(3), on constate l’apport significatif des travailleurs originaires de la rive droite pour les entreprises du territoire gennevillois, notamment la ville d’Argenteuil qui fournit à elle seule 3500 actifs, sans compter les communes de son aire d’attraction.

figure 2 © CITEC

Comment expliquer alors une telle amnésie de la part des élus du Val d’Oise prétendant que la gare excentrée du Triangle de Gonesse constituerait leur seul espoir de rattachement au Grand Paris (en 2027 ? Et avec quelles garanties d’utilité pour les populations locales?), en négligeant l’existence de 110 000 Val d’oisiens intégrés depuis près de 3 ans dans la Métropole ? Il s’agit là d’une longue tradition du département de mise à l’écart du pôle d’Argenteuil et de son bassin, sans doute en raison de la singularité de sa plus grande ville, à la fois sur le plan urbain (zone agglomérée dense), social (tradition industrielle et ouvrière) et politique (restée en permanence à gauche jusqu’aux années 2000). Un département qui s’est longtemps pensé comme un territoire rural, boosté par deux pôles nouveaux de développement tertiaire, Cergy et Roissy, faisant l’impasse sur les 375.000 habitants de son bassin historique d’Argenteuil et sur la vaste zone résidentielle de la vallée de Montmorency, soit l’oubli de la moitié de la population du Val d’Oise.

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2ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse est indispensable aux populations actives locales

Rappel des faits. La gare du Triangle – au départ optionnelle –  a été confirmée en 2011, par suite de l’intervention de Vianney Mulliez auprès du président de la République, comme le relate une journaliste de Libération : « Auchan a l’oreille des pouvoirs publics. Propriété de la famille Mulliez, dirigé par Vianney Mulliez, neveu du fondateur Gérard, le groupe mène depuis toujours ses affaires dans la plus grande discrétion. (…) Les Mulliez ont bien compris le jacobinisme du pays et savent, que, pour un projet de cette taille, il faut commencer le démarchage par l’Élysée. Dès le début, Nicolas Sarkozy est enthousiaste(4)» Bien entendu, le groupe Auchan-Wanda qui a impérativement besoin d’une gare pour le fonctionnement d’EuropaCity, brandit l’argument que cet équipement en plein champ desservirait également les populations riveraines.

Or, il est coutume d’évaluer la capacité d’attraction d’une gare de transport en commun lourd (de type métro, RER, SNCF) en comptabilisant les habitants situés dans un rayon de 800 m autour de celle-ci(5). Le Triangle de Gonesse étant interdit à l’habitat (en raison des nuisances des deux aéroports de Roissy au Nord et du Bourget au Sud) et la gare prévue étant située au mieux à 1,7 km des logements les plus proches de la ville de Gonesse (mais à 6 km des plus lointains), la gare du Triangle a beau être située dans le département 95, elle ne présente guère d’utilité pour les résidents val d’oisiens. Au contraire, comme la corde soutient le pendu, le projet EuropaCity ne peut pas fonctionner sans une desserte de métro, mais aussi l’ensemble de la ligne 17 Nord ne peut se justifier sans la réalisation d’EuropaCity, car les autres besoins de trafic sont trop modestes. Dans le tableau ci-après, la DRIEA a évalué, pour les 6 gares prévues, les populations et les emplois desservis. Il convient ici de ne prendre en compte que la ligne 17 Nord, c’est-à-dire reliant la gare du Bourget-Aéroport à celle du Mesnil-Amelot (figure 3). On obtient un total de 70 000 personnes, dont une minorité seulement utiliserait les transports en commun, si l’on en croit la proportion observée chez les travailleurs du pôle de Roissy (10 à 15%), et même pour les 220 000 actifs de l’ensemble du bassin dit du «Grand Roissy» (42%). Or, il faut entre 200 000 et 400 000 flux/ jour pour justifier un transport lourd. Donc, sans la fréquentation prétendue du méga-centre de commerces et de loisirs porté par Auchan, il n’y aurait même pas assez de voyageurs pour alimenter une liaison de type tramway (capacité d’accueil de ceux des Boulevards des Maréchaux à Paris : 200 000 flux/jour).

Figure 3 © DRIEA- Préfecture d’Ile de France

Au total, l’arrêt « Triangle de Gonesse » représente une ardoise d’1 milliard d’euros à la charge du contribuable, dont un coude de 5 kms déviant la ligne 17 Nord le Bourget-Roissy, une gare d’interconnexion et un échangeur avec l’autoroute A1 dont la faisabilité technique sur l’axe le plus saturé d’Europe n’est pas assurée. Un rapport du CGEDD (6) estimait que l’implantation d’EuropaCity ferait passer le temps d’un trajet routier Paris-Roissy de 55 à 90 minutes… Tandis que l’éloignement des zones urbanisées laisserait présager une utilité très faible pour les populations de Gonesse, Arnouville ou Villiers-le-Bel. Ce coude ne serait pas sans conséquence, puisque la ligne d’abord en souterrain, devrait affleurer en surface à l’est de la gare du Triangle, avant d’effectuer le franchissement de l’autoroute A1 par un énorme viaduc en direction du Parc international d’expositions (PIEX) de Villepinte. Pourrait-on éviter un tel surcoût par un tracé plus direct ? Économiser la desserte du Triangle pourrait peut-être permettre d’atteindre Roissy dès 2027 et non 2030…

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a proposé un tracé alternatif de la ligne 17, ayant son embranchement avec la ligne 16 à la gare d’Aulnay/ Europe (carte figure 4). Ce qui présenterait l’avantage de structurer les deux lignes de métro 16 et 17 autour de la ville-centre d’Aulnay-sous-Bois (82 000 habitants) et de desservir les zones d’habitat de ses quartiers nord, éloignés du RER B. Rejoignant directement le Parc des Expositions, on économiserait ainsi 1 milliard de fonds publics consacrés à la desserte du Triangle et on éviterait un imposant ouvrage d’art sur l’autoroute A1.

Figure 4 © Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Par ailleurs, la programmation régionale de transports en commun lourds ne se limite pas à la seule réalisation du Grand-Paris-Express. Il existe aussi un «Plan de Mobilisation de la région Ile-de-France» qui prévoit des lignes complémentaires. Et notamment le bouclage du tram-train 11 express plus connu sous le nom de « Tangentielle Nord » dont un seul tronçon Épinay-sur-Seine /le Bourget est actuellement en service (voir carte figure 5). Fonctionnant exclusivement en aérien, utilisant un tracé existant (ancienne Grande Ceinture) il suffirait de 800 millions pour 17 kms (dont 7,5 kms dans le Val d’Oise), dans des délais bien plus courts. Son achèvement permettrait la réalisation du tronçon ouest Sartrouville/Argenteuil/Épinay-sur-Seine, et du tronçon est vers Noisy-le-Sec. L’ensemble de la ligne 11 express desservirait 627 000 habitants, dont 27 quartiers de renouvellement urbain classés ANRU. Côté ouest, le tronçon traverserait des zones du Val d’Oise fortement urbanisées, avec deux gares remarquablement situées, l’une au cœur d’un des plus grands quartiers sensibles d’Ile-de-France, le Val d’Argent (50 000 habitants) et l’autre en plein centre-ville d’Argenteuil.

Figure 5 © BD -IAURIF

Dernier avantage : une liaison banlieue/ banlieue restant sur la même rive droite de la Seine, permettrait d’éviter deux traversées du méandre du fleuve formant goulot d’étranglement (dénoncé par les élus du Val d’Oise, qui réclament l’accélération des travaux de consolidation du pont autoroutier de Gennevilliers, dont un mur de soutènement s’est effondré).

La comparaison est sans appel : d’un coté on persiste à vouloir investir un milliard de fonds publics pour desservir le Triangle de Gonesse au bénéfice d’un projet privé et zéro habitant dans un rayon de proximité ; de l’autre on néglige un investissement de 800 millions pour achever le tram-train 11 express d’une capacité de 150 000 voyageurs/ jour, facilitant la vie de plus de 600 000 habitants dont 110 000 Argenteuillais, sans compter les dizaines de milliers d’habitants de son aire d’influence.

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3ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse permettrait – enfin ! – aux habitants du Val d’Oise d’accéder aux emplois de Roissy

Un des arguments majeurs pour justifier cette gare, est qu’actuellement il faudrait aux habitants de l’est du Val d’Oise « passer par Paris pour aller à Roissy ». Tel est le leitmotiv des promoteurs d’EuropaCity, repris par la plupart des élus du département. En témoigne l’article de son directeur général, Benoit Chang, en réponse à une tribune de personnalités exprimant leur opposition à EuropaCity, paru dans Libération en décembre 2017. Bien que s’intitulant «sortir de l’hypocrisie et de la caricature », il tombe lui-même dans les « fake news » en déclarant : « Le projet EuropaCity permettra de désenclaver et d’apporter des emplois pour les habitants du territoire. La décision d’EuropaCity d’aller à Gonesse, en 2011, a immédiatement débloqué le projet de la gare de Gonesse, sur la ligne 17 du futur Grand Paris Express. Depuis des décennies, les habitants ne peuvent accéder aux zones d’emploi, celles de Roissy en priorité sans faire plus d’une heure et quart de trajet. En quelques minutes, ils seront bientôt à Roissy ou La Défense, deux des principaux pôles économiques de développement du Grand Paris. » (7)

Cette déclaration, bien que réclamant de «sortir de la caricature», constitue elle-même un tissu de contre-vérités. A en croire son auteur, EuropaCity serait un projet quasiment «caritatif » destiné à faciliter la vie des habitants, alors que la situation excentrée de la gare n’est guère en mesure de fournir les services prétendus aux populations. L’affirmation que les résidents de l’est du Val d’Oise seraient obligés de prendre le RER D jusqu’à la gare du Nord, pour remonter ensuite via le RER B jusqu’à Roissy pour aller y travailler (soit une heure et quart de trajet), est totalement mensongère, puisqu’une nouvelle ligne de bus n°20, aux ¾ en site propre, a été inaugurée (par le président du département !) dès septembre 2016, effectuant une liaison interdépartementale en moins d’une demi-heure. Cette affabulation a pourtant été reprise dans une publicité largement diffusée dans les médias le 17 Octobre 2017 (figure 6), venant appuyer quelques jours plus tôt une manifestation devant Matignon d’élus du 95, 93 et 77, qui réclamaient le «maintien du tracé et des délais» de la ligne 17 Nord. L’image reprend en exergue une phrase d’un discours d’Emmanuel Macron à Bobigny, le 16 novembre 2016 : « La France des quartiers est aujourd’hui assignée à résidence, alors qu’elle veut réussir »… Et une jeune fille en gros plan interpelle le chef de l’État : « Monsieur le Président, sans la ligne 17, on va surtout réussir à échouer». Le texte d’accompagnement reprend encore la même fable : « Nous vivons une discrimination territoriale qui nous empêche de rejoindre une ville voisine sans passer par les gares parisiennes. »

Figure 6 © BFM

En réalité, avant l’ouverture de la nouvelle ligne de bus n° 20 en septembre 2016, on comptait déjà trois offres de transports en commun desservant l’aéroport Charles-de-Gaulle :

    1. le bus 23 empruntait un itinéraire partant de la gare RER D « Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse » (Val d’Oise), jusqu’à la gare «Parc des Expositions » (Villepinte, Seine-Saint-Denis), permettant d’atteindre ensuite Roissy via le RER B en une station, soit 50 minutes au total ;
    1. le bus 22 permet d’aller directement à Roissy via le CD 902, en une trentaine de minutes (voir carte figure 7) ;
  1. un système de « bus à la demande » intitulé Filéo (voir carte figure 8), avec une offre 24 H /24 et 7j /7 constitue un mode de transport particulièrement adapté aux caractéristiques des emplois de Roissy, dont 70% sont « postés », c’est-à-dire fonctionnant en continu.

Figure 7

Figure 8 © Keolis

Relevons au passage cette affirmation ne tenant pas debout de M. Chang à propos de La Défense qu’on atteindrait avec le Grand-Paris-Express « en quelques minutes» ! A supposer que ce réseau soit réalisé en totalité en 2030 (ce qui n’est pas garanti), il faudrait se rendre en bus jusqu’à la gare de la ligne 17 Nord, emprunter la ligne 17 sud pour effectuer un nouveau changement au hub de Saint-Denis Pleyel, afin de récupérer la ligne 15 vers la Défense. Rien que les deux transbordements supposent davantage que quelques minutes! Et même si le temps de trajet était aussi court que le prétend le directeur général d’EuropaCity, de toutes façons la liaison avec la Défense présente un intérêt quasi nul pour les actifs du Grand Roissy : ils ne sont que 2,6% à y travailler… réduits à 1% utilisant les transports en commun (tous confondus)!

Le permis de construire de la gare du Triangle de Gonesse (validé par le préfet du Val d’Oise le 14/09/2018 et faisant actuellement l’objet d’un recours juridique) prévoit une interconnexion, accueillant à la fois la radiale du métro 17 Nord le Bourget-Roissy et un axe ferroviaire en rocade intitulé « barreau de Gonesse » (figure 9) assurant la liaison entre les deux gares RER D Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse (95) et RER B Parc des expositions (93), rejoignant Roissy via le RER B en une station (5 minutes). En 2008, le projet de barreau ferroviaire était soutenu par N. Sarkozy et le président du Conseil régional J.P. Huchon et devait bénéficier d’un financement « Plan Espoir Banlieue ». Le Collectif CPTG avait alors vivement critiqué cet axe ferroviaire non justifié.

Figure 9 © RFF

Dans un premier temps, le STIF (8) a décidé de financer un «Bus à Haut Niveau de Service» (BHNS) censé préfigurer ce barreau dès 2014. La liaison ferroviaire restait programmée pour 2017, inscrite au Contrat de Plan État-Région pour 200 millions. Le CPTG favorable à ce BHNS, avait toutefois proposé un tracé plus au sud (voir carte aérienne ci-après) longeant le Boulevard Intercommunal du Parisis (BIP), pour éviter la traversée d’une route en plein cœur des terres agricoles. Cette solution alternative fut refusée, au motif qu’elle allongeait la durée du trajet de 3 minutes.

© CPTG

Finalement, en sept 2016, le BHNS intitulé « ligne 20 » est inauguré. Le Conseil Départemental a assuré la maîtrise d’ouvrage de la nouvelle ligne. Prévue pour 7200 voyageurs/jour, elle a coûté 34,5 millions € pour l’infrastructure et 6,2 millions € pour le matériel roulant(8). Le BHNS possède exactement le même tracé que le barreau de Gonesse et a pour fonction de connecter les deux RER en 30 minutes – grâce à un parcours en site propre sur 76% de son trajet -, reliant ainsi le Val d’Oise à la Seine-Saint-Denis. D’où la modification de l’itinéraire du bus 23 qui se dirige désormais vers Aulnay-sous-Bois /RER B.

Toutefois, constatons, après deux ans de mise en service, que le BHNS n’assure guère la fonction de transit (qui consiste à relier rapidement deux pôles ensemble, ici assurer le « lien RER B et D ») prévue entre les deux départements 95 et 93, censée d’après les élus du Val d’Oise «permettre aux actifs de l’est du département d’accéder aux emplois de Roissy», car en réalité très peu d’usagers empruntent la ligne dans toute sa longueur. Le bus traverse quasiment à vide le Triangle de Gonesse (5 ou 6 voyageurs dans une voiture de 80 places). Par contre, le BHNS remplit deux fonctions de desserte (mailler le territoire par des liaisons de proximité) séparées, aucunement prévues par ses promoteurs (figure 10) : côté Val d’Oise, il effectue du cabotage entre les différentes stations du centre-ville de Gonesse (avec une destination privilégiée : l’hôpital) ; et côté Seine-Saint-Denis, il permet aux habitants de Villepinte ou d’Aulnay-sous-Bois de fréquenter les zones d’activités (notamment la zone commerciale de Paris Nord 2, avec Ikea, Usine Center, Leroy-Merlin et Castorama).

Figure 10 © J. Lorthiois

Comme l’avait prédit le CPTG lors du Débat Public en 2016, le rapport du « Comité d’Évaluation de l’amélioration de l’offre de transport en Ile-de-France » paru en 2017, fait état pour la ligne 20 d’un flux de 4 à 4500 voyageurs/jour, soit 1 à 2% de la fréquentation nécessaire pour justifier un transport ferroviaire lourd (200 000 à 400 000 flux/jour). Ainsi, le temps de parcours total n’excède pas 23-25 minutes (au lieu des 30 prévues !). On constate donc a posteriori que la demande du CPTG de longer le BIP qui prenait 3 minutes supplémentaires était parfaitement acceptable et évitait la traversée d’une route en plein champ… Cette faible fréquentation, ainsi que le rapport de la Cour des comptes sur l’explosion des coûts du Grand-Paris-Express expliquent sans doute la position du vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet (LR) qui a annoncé dans la presse l’abandon de ce barreau en Juin 2018 : «  Il y a dans toute la région des milliers de projets qui ne se feront jamais », tranche M. Beaudet. Il faut parfois sonner la fin des rêves (..). Parmi ces projets désormais enterrés figurent le « barreau de Gonesse », le prolongement de certaines lignes de métro ou des téléphériques « là où on peut faire passer un bus pour beaucoup moins cher ». (9)

Dans la version révisée de 2017 du Contrat de Plan État-Région 2015-2020, le texte fait toujours mention du barreau de Gonesse, mais dans les tableaux, aucun financement ne lui a été attribué. Dans ces conditions, le projet de barreau ferroviaire de Gonesse n’a guère de chance d’être réalisé. Tout ceci démontre l’inutilité d’une liaison ferrée est-ouest à hauteur de Gonesse/Villepinte et plaide en faveur d’un scénario de transports en commun légers, sans le lien RER B/RER D. C’est pourquoi la gare d’interconnexion du Triangle stipulée dans le permis de construire, d’un coût deux fois plus élevé (100 millions €) qu’une gare simple, ne présente aucune justification.

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4ème idée reçue : les gares de la ligne 17 Nord désenclaveraient les habitants du Grand Roissy

Force est de constater que l’ensemble de la ligne 17 Nord ne dessert que des pôles d’emplois entre eux (Le Bourget, Triangle de Gonesse, Parc d’Expositions de Villepinte, Roissy aéroport, sans compter le développement escompté de la commune de 800 habitants du Mesnil-Amelot), ce qui représente une partie infime des besoins des populations. La dernière Enquête Globale des Transports Ile de France (EGT 2010) estime les liaisons entre pôles d’emplois à 3% de la demande régionale. La fonction essentielle des transports en commun étant de relier des bassins d’habitat à des pôles d’activités, car les liaisons domicile-travail sont les plus contraintes (heures de pointe qui conditionnent leur capacité), les plus distantes (11) et les plus coûteuses en finances et en temps.

Nous allons examiner successivement les cartes des bassins de main-d’œuvre (indiquant les principaux lieux de destination des travailleurs résidant dans une commune) des deux principales villes du Val-d’Oise qui soi-disant utiliseraient la gare du Triangle : Gonesse et Villiers-le-Bel. Nous éliminons par avance les habitants de Goussainville, commune qui jouxte Roissy et fournit le plus grand nombre de travailleurs au pôle aéroportuaire (10,7 % de sa population active occupée), car ceux-ci n’ont aucun intérêt à rejoindre une gare située à 5 kilomètres au sud, alors que le bus 95.18 Cergy–Roissy s’arrête à trois reprises à Goussainville et permet d’accéder directement aux différents pôles d’activités de l’aéroport (zone d’entretien, zone technique, Roissy-pôle), avant d’arriver à la gare du RER B.

Cas de Gonesse

A la différence des 19 autres communes du Grand Roissy, il s’agit d’une commune excédentaire en emplois, avec 14 900 postes en 2013, contre 10 400 actifs occupés (12400 en adjoignant les chômeurs). Pourtant, elle représente le cas typique d’une «ville dissociée», car les métiers offerts par les activités implantées sur son territoire ne correspondent que dans un cas sur 10 aux métiers exercés par les travailleurs résidants. Ainsi chaque jour, 12 000 actifs viennent de l’extérieur occuper des postes locaux, tandis que 7500 Gonessiens partent exercer leur activité ailleurs, comme le montre le graphique joint (figure 11)

Figure 11 © J. Lorthiois

Sur la carte du bassin de main-d’œuvre de Gonesse ci-dessous (figure 12), on observe que si 3000 actifs travaillent dans leur commune (29 %), ils ne sont que 700 à occuper un emploi à Roissy, moins de 7 % des travailleurs en activité. On peut rajouter à ce total la centaine d’actifs vers Tremblay-en-France. Pour ceux qui n’ont pas de véhicule, trois bus sont à leur disposition en 30 à 40 minutes. Où partent les autres Gonessiens? 10,4 % vers l’aire urbaine appelée anciennement « Val de France » : Arnouville, Villiers-le-Bel desservis par le bus 20 côté Val-d’Oise ; ou encore Sarcelles, Garges-lès-Gonesse avec une desserte existante en bus et le RER D qui demanderait des améliorations peu coûteuses. Les 182 actifs qui vont vers Aulnay-sous-Bois peuvent utiliser le bus 23. Le RER D permet de rejoindre Saint-Denis, mais surtout 11 arrondissements de Paris pour 1400 gonessiens dont 40 % vers le Quartier Central des Affaires (QCA : Saint-Lazare / Étoile / Batignolles).

Figure 12 © J. Lorthiois

Pour conclure sur le cas de Gonesse, on voit bien que l’amélioration de l’offre de transports avec la gare Triangle serait d’une très faible utilité pour les Gonessiens. Elle pourrait même les pénaliser, car les réseaux fonctionnant dans les deux sens, on constate des à présent à l’heure de pointe du matin des flux d’actifs débarquant à la gare du RER D (dans des conditions de confort bien meilleures, à contresens des trains bondés) et venant travailler à l’hôpital par exemple, en concurrence avec une main-d’oeuvre locale moins qualifiée et moins mobile. Situation paradoxale : Gonesse bien qu’excédentaire en emplois possède toutes les caractéristiques d’une commune dortoir, notamment avec un taux de chômage (16,8 %) à peine inférieur à celui de Goussainville (17,5 %) qui dispose de deux fois moins d’emplois que d’actifs. Et les gonessiens subissent une double peine : la faible présence des populations dans la journée entraîne un développement médiocre d’emplois dits «présentiels» (liés à la présence d’habitants sur place : petits commerces, artisanat, services à la personne, emplois publics, économie sociale et solidaire). Il est donc illusoire d’implanter toujours plus d’activités décalées avec les compétences et qualifications des résidents. Exactement le cas du pôle d’emplois ultra-spécialisé de Roissy, ou des grands équipements métropolitains de type EuropaCity ou Disneyland, comme nous l’avons démontré chapitres 3 et 4.

Cas de Villiers-le-Bel

Cette fois-ci, il s’agit d’une commune-dortoir au sens concret du terme, fortement déficitaire en emplois (5900) par comparaison avec la population active occupée (9800), a fortiori en rajoutant les chômeurs (12 200), soit 2 actifs pour un emploi. Sur la carte du bassin de main-d’œuvre jointe (figure 13), on constate la faible attraction du pôle de Roissy qui n’occupe que 5,6% des actifs occupés : les travailleurs venant en transports en commun sont desservis correctement par 3 lignes de bus dont un BHNS. Les habitants qui travaillent à Gonesse peuvent utiliser la ligne de bus 20 côté Val d’Oise. Certains des actifs vers Arnouville peuvent même s’y rendre à pied. Mais les plus gros flux se dirigent vers le Sud, à commencer par Sarcelles, pôle principal de rattachement de proximité (5,8% des travailleurs Beauvillésois), auquel on peut adjoindre les destinations de Garges-lès-Gonesse et Saint-Denis, via le RER D. Mais surtout, on constate que 12% des grands flux rejoignent Paris, avec un record de 400 personnes vers Saint-Lazare. C’est pourquoi le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Saint-Denis-Pleyel serait fort utile aux Beauvillésois. De même, la prolongation du tramway T5 Sarcelles-Villiers-le-Bel pourrait consolider les liens entre ces deux villes, qui forment une même continuité urbaine. Par contre, il n’y a aucune justification pour les Beauvillésois ni du barreau de Gonesse, ni de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 nord. A l’inverse, l’achèvement du tram-train intitulé 11 express pourrait offrir de nouvelles opportunités aux habitants.

Figure 13 © J. Lorthiois

Au niveau de Grand Roissy

Les élus du Val d’Oise s’entêtent à défendre la création d’une offre entre les deux départements 95/93 à hauteur de Gonesse, de direction est-ouest. La demande existe, mais beaucoup plus au Sud, à hauteur de Sarcelles / Garges-lès-Gonesse et elle est plutôt dirigée nord-est/sud-ouest (voir figures 12 et 13) ! En ce qui concerne les besoins du grand Roissy, on constate sur la carte jointe (figure 14) que le cœur de pôle (dont Gonesse) concentre un excédent très important d’emplois, et tout autour, sont disposées en couronne des communes déficitaires en bleu, totalisant un manque quantitatif de 150 000 postes. A l’échelle du grand territoire, les excédents et déficits sont équivalents à 2 % près. Mais on voit bien que cet équilibre apparent cache d’importants besoins d’activités nouvelles dans la zone dense au sud et à l’ouest et non dans la partie nord du bassin de Roissy.

Figure 14 © J. Lorthiois

Pourtant, il est prévu d’ici 2030 un accroissement de 130 000 emplois essentiellement localisés sur les sites en rouge, dont l’urbanisation du Triangle de Gonesse et le développement du pôle de Roissy, défendant un concept de «ville aéroportuaire» totalement dépassé avec la crise climatique : ce ne sont pas dans les zones les plus nuisantes qu’il faut concentrer le maximum de travailleurs et de visiteurs ! Par ailleurs, il est prévisible que ces grands projets localisés au nord engendreraient dans la couronne bleue des concurrences d’activités débouchant sur des suppressions d’emplois, notamment à Aulnay-sous-Bois, la ville d’en face, principal pôle urbain du bassin, pouvant entraîner dans son déclin des communes adjacentes comme Blanc-Mesnil ou Sevran. On comprend donc les réticences vis-à-vis d’EuropaCity du maire et président de la communauté d’agglomération «Terres d’envol» Bruno Bechizza et de l’association locale d’habitants et de petits commerçants « Europasdutout ». Les activités pressenties du Grand Roissy montrent une structuration très spécialisée des métiers, identique à la situation de l’emploi et des qualifications décrite dans les chapitres 3 et 4, que ne peuvent en aucun cas corriger les équipements de transports mis en place. C’est pourquoi la proposition alternative de relocaliser des emplois de proximité dans les centres urbains correspond beaucoup mieux aux besoins des populations et aux compétences de la main-d’œuvre locale. C’est la seule réponse appropriée à un développement soutenable et durable du territoire.

Conclusion

A travers l’analyse de ces quatre idées reçues, dont on a prouvé l’inanité tout au long de ces pages, on démontre le gâchis provoqué par une décision insuffisamment étudiée et une vision obsolète d’aménagement du territoire qui se traduit par un accroissement général des inégalités entre habitants, entre communes et entre les deux départements 95 /93. Les investissements inutiles voire nuisibles d’un projet de type Europacity, mais aussi d’un pôle de bureaux en plein champ dans le Triangle de Gonesse, en déconnexion avec les villes adjacentes, ne peuvent qu’exacerber les rivalités et concurrences, et détruire le tissu urbain local. Dans ces conditions, une réponse transports apparaît dérisoire pour réparer l’explosion des inégalités territoriales et sociales, elle peut même permettre leur aggravation, en repoussant les problèmes sans les résoudre.

L’actualité récente de la révolte des gilets jaunes fait ressortir à quel point les politiques de transports, convoquées pour réparer l’absence d’emplois sur place est une impasse, si l’on ne remet pas complètement en cause l’organisation du territoire, où se côtoient d’un côté des sites d’activités dépourvus d’habitant, de l’autre des villes sans âme, mono-fonctionnelles, qui n’offrent pas la pluralité des fonctions nécessaires à la vie quotidienne de ses résidents. Se loger, se nourrir, travailler, se détendre… doit pouvoir «se vivre au pays» dans un espace de proximité. A l’inverse d’une politique de concentration sur quelques «pôles d’excellence» qui cumuleraient les emplois, les activités et les richesses, transformant les territoires environnants en lieux de relégation désertés par les services, où loge une main-d’œuvre corvéable, à qui n’est proposé que la «galère des transports» pour trouver un employeur.

Ainsi, les meilleures destinations sont celles qui sont localisées à proximité et qui ne sont pas contraintes, mais choisies !

Et le meilleur transport, le moins coûteux, le moins polluant, le moins consommateur de temps et le plus agréable… est celui qu’on économise…

– – – – – – – – – – –

(1) « Gonesse : inquiétudes autour du chantier de la ligne 17 du Grand-Paris-Express », in Le Parisien, 1er octobre 2017.

(2) Qui est toutefois loin d’atteindre les records de 23% à Sevran, ou de 24,4% à Clichy-sous-Bois…

(3) Ateliers Lion et associés – DTZ consulting – CITEC – J. Lorthiois, Contrat de Développement Territorial Boucle Nord 92, 2012.

(4) Sibylle Vincendon, « EuropaCity, un colosse aux pieds fragiles », in Libération, 13 sept 2016.

(5) Source DRIEA/ Préfecture de Région Ile de France.

(6) Source : Rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) sur « L’Aménagement de la zone du Grand Bourget », novembre 2016.

(7) Cf. http://www.europacity.com/fr/actualites/sortir-de-lhypocrisie-et-de-la-caricature

(8) Syndicat des Transports d’Ile-de-France devenu depuis Ile-de-France Mobilités.

(9) Source : Ile de France Mobilités 2016.

(10) Source : « RER, trains de banlieue : la région promet du sang et des larmes », blog d’Olivier Razemon du 14 Juin 2018, in Le Monde.fr

(11) Moyenne en Ile-de-France de 15 kms aller (en augmentation), contre 3 ou 4 kms pour les autres déplacements (en diminution).

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2019 : l’urgence climatique appelle l’émergence d’une justice climatique

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L’incohérence des politiques publiques n’est plus tenable.

Alors que les partisans d’EuropaCity multiplient les communiqués de victoire suite à la déclaration d’utilité publique signée par le Préfet du Val d’Oise le 20 décembre 2018, à la veille de la trêve des confiseurs, nous disons plus que jamais qu’il revient aux citoyens d’exiger enfin de l’État et des collectivités le respect de la loi.

Tel est le sens de l’immense succès rencontré par la pétition http://laffairedusiecle.net/ initiée par 4 associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France qui se proposent d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.

Avec plus de 2 millions de signatures en quelques semaines, cette pétition est en train de battre tous les records. Cette réussite surprise  montre le réveil des citoyens qui entendent désormais poursuivre les autorités politiques et administratives chaque fois qu’elles manquent à leur obligation de faire respecter la loi et les engagements internationaux de la France lors de la COP21 à Paris en 2015.

Au moment où s’achève la COP 24 à Katowice en Pologne, plus personne ne peut ignorer que nous sommes en état d’urgence.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et préserver un potentiel de production de biomasse, notamment alimentaire, nous ne pouvons plus détruire des terres agricoles.

En 2019 on n’a plus le droit de perdre de vue les grands enjeux environnementaux de long terme (climat, biodiversité, pollution, santé etc.).

En 2019 la raison d’État ne doit plus pouvoir se confondre avec la défense de lobbies privés.

Pour la défense de l’intérêt général,

LE TEMPS DE LA JUSTICE CLIMATIQUE EST VENU !

Pour aller plus loin découvrez les articles de Frédéric Joignot, Catherine Vincent, Patricia Jolly, Gaïdz Minassian et Frédéric Cazenave publiés ces dernières semaines par le journal Le Monde ICI.

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La demande d’expulsion des opposants à EuropaCity !

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Nouveau sursis pour les légumes du Triangle de Gonesse

Mercredi 5 décembre, l’Établissement public foncier d’Ile de France (EPFIF) poursuivait une nouvelle fois notre collectif, le CPTG, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Pontoise. L’EPFIF espérait obtenir des juges un jugement d’expulsion à l’encontre des choux, radis, oignons, fèves, courges, cour-gettes et autres cucurbitacées qui s’épanouissent depuis mai 2017 sur le « potager militant » qui accueille tous les printemps le grand rassemblement annuel des opposants au projet EuropaCity. Cette mise en culture d’une parcelle de 1200 m2, délaissée depuis de nombreuses années préfigure très modestement le projet CARMA de production alimentaire, basé sur l’économie circulaire et la préservation des 700 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse.

L’avocat de l’EPFIF a poussé le bouchon encore plus loin en demandant l’interdiction permanente des membres du CPTG sur cet espace pourtant traversé par routes et autoroutes publiques et par un chemin dit de Gonesse à Villepinte qui est un bien commun, ouvert au public depuis les temps les plus anciens, avant même la Révolution française ! La demande de l’EPFIF reviendrait à faire interdiction de paraître dans les champs du triangle de Gonesse aux adhérents d’une des associations de protection de l’environnement qui s’opposent à la destruction de ces terres agricoles.

Notre avocat, Me Étienne AMBROSELLI, n’a eu aucun mal à démontrer que l’EPFIF ne subit aucun trouble de jouis-sance et que, bien au contraire, le CPTG et tous les semeurs volontaires qui nous accompagnent donnent à cette parcelle, en bordure d’une autoroute, une fonction doublement utile, parce que rendue à la fois à sa vocation productrice maraîchère doublée d’une fonction d’expression démocratique de tous les projets dont la société civile est riche dans un temps où l’urgence climatique demande à inventer d’autres relations entre les vivants des villes et des champs.

Nous adressons UN GRAND MERCI AUX 37 « SEMEUR-SE-S VOLON-TAIRES » ( voir la liste ICI )-citoyen-ne-s, militant-e-s syndicaux-ales, écrivain-es, artistes, député-e-s, sénateur-rice-s, conseiller-ère-s régionaux-ales, conseiller-ère-s municipaux-ales, ancien-ne-s ministres, qui ont adressé au juge des référés du Tribunal de grande instance de Pontoise une attestation ( voir exemple ICI ) certifiant avoir eux-mêmes semé ou planté sur cette parcelle et s’étonnant qu’une personne morale comme le CPTG puisse être poursuivie pour de tels actes.

Le tribunal a renvoyé son jugement au mercredi 23 janvier 2019.

Une décision qui a réjouit tous les sauveteur-se-s des terres de Gonesse qui ont ainsi passé de très bonnes fêtes de fin d’année et de Nouvel An en famille – et pour certains sur le Triangle.

Merci aux quelques 50 sauveteur-e-s des terres -beaucoup de Pontoisiens- présent-e-s de bon matin au TGI de Pontoise. Admirons la créativité des différentes pancartes brandies à l’entrée du tribunal : « Ne soyez pas radis-cules », « Ne carottez pas nos terres de Gonesse », « Droit du sol pour les légumes : on est né à Gonesse, on grandira à Gonesse », « Défendons la commune libre des légumes de Gonesse » …

Un tract d’information a été distribué le 5 décembre à l’entrée du TGI à Pontoise et le 30 novembre devant le journal LE MONDE à l’ouverture du Colloque organisé avec l’EPFIF en présence de M. Geoffroy DIDIER, Président de l’EPFIF et Vice-Président du Conseil régional Ile-de-France. A lire ICI.

Voir les articles de Fabrice Cahen pour La Gazette du Val d’Oise du 12 déc. ICI et ICI

Voir l’article d’Anne Collin pour Le Parisien du 8 décembre ICI

Lisez le tract d’information distribué le 5 décembre à l’entrée du TGI à Pontoise en cliquant ICI

Ce tract a été également diffusé mardi 4 décembre de 8h30 à 9h15, à Paris 80 bd Auguste-Blanqui, devant l’auditorium du journal Le Monde à l’ouverture du colloque organisé conjointement par l’EPFIF et le journal Le Monde en présence de M. Geoffroy DIDIER, président de l’EPFIF et vice-président du Conseil régional Ile-de-France.

Photos aimablement fournies par Monina

Le vendredi 30 novembre déjà dès 9h30 un Comité d’accueil était en place à la sortie du M° Glacière (Paris 14ème) pour accueillir les membres du CA de l’EPFIF convoqués par leur Président, M. Geoffroy DIDIER, par ailleurs Vice-Président du Conseil régional. A tous il a été demandé de mettre fin à la procédure enga-gée par la Direction de l’EPFIF sans la moindre information ni consultation du CA de l’établissement public.

 

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2019 : LE TEMPS DE LA JUSTICE POUR LES TERRES DU TRIANGLE DE GONESSE

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Ce sont pour l’essentiel trois projets qui menacent l’avenir des dernières terres agricoles du triangle de Gonesse au nord de Paris entre Le Bourget et Roissy :

  • la construction de la station de métro de la future ligne 17,

  • la construction d’Europacity (commerces, cinémas, restaurants, et autres installations dites de loisir) sur 80 ha,

  • la construction d’un quartier d’affaires : bureaux, hôtels, etc. sur 200 ha.

I. Une prérogative nécessaire à l’aménagement du triangle de Gonesse : le PLU (plan local d’urbanisme). Pouvoir public compétent : le conseil municipal de la ville de Gonesse

Volet administratif : En 2011 a été ouverte la révision du PLU de Gonesse avec l’objectif principal la ZAC du Triangle de Gonesse. En juillet 2017, le commissaire-enquêteur transmet son rapport, dont l’avis est défavorable, à la ville de Gonesse. En Septembre 2017, le conseil municipal de Gonesse vote pourtant l’adoption du PLU. En Septembre 2018, le conseil municipal vote une modification simplifiée du PLU pour que la zone 1AUgp destinée à la gare ne soit pas soumise à l’obligation d’opération d’ensemble et permettre ainsi la signature du permis de construire de la gare dans les champs.

Volet Juridique : Trois recours ont été déposé contre ce PLU par le CPTG (et différentes associations pour la protection du triangle de Gonesse contre l’urbanisation), la CAPADE (associations de commerçants opposés à Europacity) mais aussi par Aéroville (société de gestion du centre commercial de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle). L’audience prévue le 8 janvier 2019 a été reportée la veille au 28 janvier et la décision sera connue dans les semaines qui suivront l’audience.

La révision de septembre 2018 a fait l’objet d’un recours gracieux en novembre 2018.

II. Les premiers aménagements (voirie, adduction d’eau, électricité…) soumis à la création d’une ZAC (zone d’aménagement concerté). Pouvoir public compétent : préfet du Val d’Oise, aménageur : établissement public du Grand Paris Aménagement (GPA).

Volet administratif : L’arrêté préfectoral de création de la ZAC a été signé le 21 Septembre 2016. Une enquête publique préalable à la DUP (déclaration d’utilité publique) a été organisée du 8 janvier au 21 février 2018 suivie d’un avis favorable (avec des conditions, réserves et recommandations) le 19 juillet 2018 du commissaire enquêteur. Le 20 décembre 2018 la DUP a été signée par le préfet du Val d’Oise.

Volet juridique : En novembre 2016 plusieurs associations de protection de l’environnement demandent l’annulation de l’arrêté préfectoral en question, en relevant notamment les insuffisances de l’étude d’impact du projet d’urbanisation. Le 6 mars 2018, le tribunal administratif de Cercy-Pontoise  a  annulé l’arrêté de création de la ZAC, en se fondant en partie sur un avis de l’Autorité Environnementale de 2017. L’établissement public GPA  et le ministre de la cohésion des territoires font appel de cette décision auprès de la Cour administrative d’appel de Versailles. Par ailleurs, une demande de sursis à exécution a été formulée par le ministre de la cohésion des territoires.

Aucune des deux procédures n’a fait l’objet d’une clôture d’instruction. Les mémoires en réponse à celui des appelants sont en cours de finalisation.

Un recours contre la DUP devrait être déposé dans les 2 mois.

III. La gare de Gonesse de la future ligne 17, prévue pour 2027

Volet administratif : L’État, par publication au journal officiel, déclare d’utilité publique la construction de la ligne le 17 février 2017 et permet donc les expropriations nécessaires à ce projet. Le permis de construire de la gare de Gonesse instruit par les services de l’état a été validé le 18 septembre 2018 par le préfet du Val d’Oise. Le 24 octobre 2018 l’autorisation environnementale a été signée, le droit de recours est de 4 mois.

Volet juridique : l’avocat qui nous défend a déposé un recours contre le permis de construire de la gare devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Nous sommes dans l’attente d’une décision. Un recours contre l’autorisation environnementale est en préparation. La très faible fréquentation observée sur la ligne du bus n° 20  – représentant 1 à 2 % des flux nécessaires à l’implantation d’une gare d’interconnexion (100 millions de passagers par an) – démontre clairement qu’il ne serait ni rentable ni utile de réaliser un équipement qui vient justement d’être retiré de la programmation régionale.

 

IV. Le projet Europacity, mené par Ceetrus (anciennement Immochan), filiale immobilière du groupe Auchan, en partenariat avec le consortium chinois Dalian Wanda Group

Volet administratif : Ce projet a fait l’objet d’un débat public organisé par la CNDP (commission nationale du débat public) du 13 mars  au 13 juillet 2016. Le permis de construire n’a pas encore été attribué ni l’autorisation commerciale (CDAC-CNAC). A ce jour les 80 ha convoités pour Europacity ne sont pas expropriés. L’expropriation nécessitait la signature de la DUP de la ZAC. Une convention non rendue publique (secret des affaires invoqué) a été signée en 2015   entre  l’aménageur EPA Plaine de  France et Europacity qui prend fin en décembre 2018.  Le 1er janvier 2017 l’EPA Plaine de France fusionne avec GPA qui devient l’aménageur.

La convention signée en 2015 a été prorogée par le CA de GPA en juillet 2018. Un courrier du premier ministre précise l’orientation donné à GPA pour renouveler la convention.

Volet juridique : question : cette convention sera-t-elle attaquable devant une juridiction ? Rappelons que nous n’avons aucune information sur cette convention, le secret des affaires étant invoqué, ce qui pose un sérieux problème de démocratie.

 

V. Pétition relative au respect du droit communautaire contre le projet de la ZAC du Triangle de Gonesse

Volet juridique : un dossier a été déposé en mai 2016 auprès de la Commission des Pétitions du Parlement européen qui l’a jugée recevable par notification du 21 décembre 2016. La pétition demeure ouverte en attente des décisions de la juridiction française.

VI. L’EPFIF demande au TGI de Pontoise en référé l’expulsion des opposants à EuropaCity de la parcelle qu’ils cultivent sur le Triangle

Volet juridique : Enfin, rappelons qu’une modeste parcelle agricole de 0,12 ha est cultivée en potager sur le Triangle de Gonesse par les opposants à Europacity depuis mars 2017, avec l’accord de l’agriculteur propriétaire de l’époque. Elle permet d’organiser divers évènements dont les Fêtes des Terres de Gonesse en mai 2017 et 2018. L’EPFIF, devenu propriétaire de cette parcelle, en demande l’expulsion du CPTG. Une première audience en référé s’est tenue le 16 mai 2018, un report a été obtenu au 11 juillet, puis au 12 septembre, au 14 novembre 2018 puis au 5 décembre, date à laquelle notre avocat, Me Étienne AMBROSELLI, n’a eu aucun mal à démontrer que l’EPFIF ne subit aucun trouble de jouissance.

Le jugement sera rendu le 23 janvier 2019. Grâce aux semeuses et semeurs volontaires qui ont déclaré avoir eux-mêmes planté sur la parcelle en question, une dimension plus politique a été donnée à cette procédure décidée par l’EPFIF.

Pour en savoir plus: voir ICI.

LP / Louis Mbembe « Gonesse, dimanche 18 mars 2018. Des grains d’orge pour enrayer l’urbanisation du Triangle de Gonesse. L’Établissement public foncier d’Ile-de-France les avait sommés de quitter les lieux il y a quelques jours. En réponse, des membres du collectif défendant les terres agricoles sont venus hier planter de l’orge. »

Telle est la 6ème photo du diaporama mis en ligne le 19 déc. 2018 par le journal LE PARISIEN pour illustrer les principaux événements de l’année 2018 en Val d’Oise. Voir les autres photos ICI.

Voir aussi le reportage réalisé en 2018 par Hortense Chauvin, étudiante à Sciences-Politiques-Paris, publié le 21 déc. 2018 sur le site du magazine SOCIALTER en cliquant : ICI

 

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TOUS A CERGY MARDI 8 JANVIER DEVANT LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

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Audience reportée  au 28/01/2019.

Information du TA de Cergy transmise à notre avocat la veille, lundi 7 janvier.

De 9h30 à 11h venez soutenir notre demande d’annulation de la délibération du conseil municipal de Gonesse du 25.09.2017 portant approbation de la révision générale du Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.).

2-4 boulevard de l’Hautil 95027 CERGY
à 400m de la gare Cergy-Préfecture des RER A et L

Dans cette procédure la délibération du conseil municipal est passée outre l’avis défavorable du commissaire enquêteur et les 80% d’avis défavorables exprimés lors de l’enquête publique.

Pour tout savoir sur la modification du PLU de la ville de Gonesse, voir :

  1. 18 janvier 2018 : Les arguments retenus par le Commissaire enquêteur pour asseoir son AVIS DÉFAVORABLE à la modification du PLU
  2. 30 juin 2017 : L’Avis du CPTG sur le PLU de Gonesse remis au Commissaire enquêteur, M. Ronan HEBERT
  3. 23 août 2017 : Le rapport intégral du Commissaire enquêteur défavorable à la révision du PLU de la ville de Gonesse

Dernières nouvelles 

Nouveau sursis pour les légumes du Triangle de Gonesse

Mercredi 5 décembre, l’Établissement public foncier d’Ile de France (EPFIF) poursuivait une nouvelle fois notre collectif, le CPTG, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Pontoise. L’EPFIF espérait obtenir des juges un jugement d’expulsion à l’encontre des choux, radis, oignons, fèves, courges, cour-gettes et autres cucurbitacées qui s’épanouissent depuis mai 2017 sur le « potager militant » qui accueille tous les printemps le grand rassemblement annuel des opposants au projet EuropaCity. Cette mise en culture d’une parcelle de 1200 m2, délaissée depuis de nombreuses années préfigure très modestement le projet CARMA de production alimentaire, basé sur l’économie circulaire et la préservation des 700 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse.

L’avocat de l’EPFIF a poussé le bouchon encore plus loin en demandant l’interdiction permanente des membres du CPTG sur cet espace pourtant traversé par routes et autoroutes publiques et par un chemin dit de Gonesse à Villepinte qui est un bien commun, ouvert au public depuis les temps les plus anciens, avant même la Révolution française ! La demande de l’EPFIF reviendrait à faire interdiction de paraître dans les champs du triangle de Gonesse aux adhérents d’une des associations de protection de l’environnement qui s’opposent à la destruction de ces terres agricoles.

Notre avocat, Me Étienne AMBROSELLI, n’a eu aucun mal à démontrer que l’EPFIF ne subit aucun trouble de jouissance et que, bien au contraire, le CPTG et tous les semeurs volontaires qui nous accompagnent donnent à cette parcelle, en bordure d’une autoroute, une fonction doublement utile, parce que rendue à la fois à sa vocation productrice maraîchère doublée d’une fonction d’expression démocratique de tous les projets dont la société civile est riche dans un temps où l’urgence climatique demande à inventer d’autres relations entre les vivants des villes et des champs.

Nous adressons UN GRAND MERCI AUX 37 « SEMEUR-SE-S VOLONTAIRES » ( voir la liste ICI )-citoyen-ne-s, militant-e-s syndicaux-ales, écrivain-es, artistes, député-e-s, sénateur-rice-s, conseiller-ère-s régionaux-ales, conseiller-ère-s municipaux-ales, ancien-ne-s ministres, qui ont adressé au juge des référés du Tribunal de grande instance de Pontoise une attestation ( voir exemple ICI ) certifiant avoir eux-mêmes semé ou planté sur cette parcelle et s’étonnant qu’une personne morale comme le CPTG puisse être poursuivie pour de tels actes.

Le tribunal a renvoyé son jugement au mercredi 23 janvier 2019.

Une décision qui a réjouit tous les sauveteur-se-s des terres de Gonesse qui ont ainsi passé de très bonnes fêtes de fin d’année et de Nouvel An en famille – et pour certains sur le Triangle.

Merci aux quelques 50 sauveteur-e-s des terres -beaucoup de Pontoisiens- présent-e-s de bon matin au TGI de Pontoise. Admirons la créativité des différentes pancartes brandies à l’entrée du tribunal : « Ne soyez pas radis-cules », « Ne carottez pas nos terres de Gonesse », « Droit du sol pour les légumes : on est né à Gonesse, on grandira à Gonesse », « Défendons la commune libre des légumes de Gonesse » …

Un tract d’information a été distribué le 5 décembre à l’entrée du TGI à Pontoise et le 30 novembre devant le journal LE MONDE à l’ouverture du Colloque organisé avec l’EPFIF en présence de M. Geoffroy DIDIER, Président de l’EPFIF et Vice-Président du Conseil régional Ile-de-France. A lire ICI.

Voir les articles de Fabrice Cahen pour La Gazette du Val d’Oise du 12 déc. ICI et ICI

Voir l’article d’Anne Collin pour Le Parisien du 8 décembre ICI

Lisez le tract d’information distribué le 5 décembre à l’entrée du TGI à Pontoise en cliquant ICI

Ce tract a été également diffusé mardi 4 décembre de 8h30 à 9h15, à Paris 80 bd Auguste-Blanqui, devant l’auditorium du journal Le Monde à l’ouverture du colloque organisé conjointement par l’EPFIF et le journal Le Monde en présence de M. Geoffroy DIDIER, président de l’EPFIF et vice-président du Conseil régional Ile-de-France.

Photos aimablement fournies par Monina

Le vendredi 30 novembre déjà dès 9h30 un Comité d’accueil était en place à la sortie du M° Glacière (Paris 14ème) pour accueillir les membres du CA de l’EPFIF convoqués par leur Président, M. Geoffroy DIDIER, par ailleurs Vice-Président du Conseil régional. A tous il a été demandé de mettre fin à la procédure engagée par la Direction de l’EPFIF sans la moindre information ni consultation du CA de l’établissement public.

 

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Nos vœux pour 2019

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2019 : ENSEMBLE POUR LES TERRES DU TRIANGLE DE GONESSE CONTRE LE PROJET EUROPACITY !

A toutes et tous, belle et heureuse année 2019 !

Nous ne vous remercierons jamais assez pour votre inébranlable soutien. Votre générosité est vitale pour nous aider à rémunérer les avocats qui ont fort à faire pour nous accompagner dans toutes les procédures qui nous opposent aux groupes Auchan et Wanda et à leurs complices.

Avec vous, nous allons poursuivre en 2019 notre action visant à préserver les terres agricoles du triangle de Gonesse de toute nouvelle forme d’urbanisation et nous continuerons ainsi de participer au mouvement général des peuples en lutte pour une société plus juste, plus solidaire et plus respectueuse de l’humain, de la vie et de la planète.

En 2019, comme en 2018, soyons le grain de sable qui bloque la machine folle des rois de l’hyperconsommation destructrice des biens communs que sont les commerces de centre-ville et les terres agricoles péri-urbaines. Que 2019 soit l’année de l’abandon de tous les projets écocides – dont l’aberrant EuropaCity et « le quartier d’affaires international » du Triangle de Gonesse !

LP / Louis Mbembe « Gonesse, dimanche 18 mars 2018. Des grains d’orge pour enrayer l’urbanisation du Triangle de Gonesse. L’Établissement public foncier d’Ile-de-France les avait sommés de quitter les lieux il y a quelques jours. En réponse, des membres du collectif défendant les terres agricoles sont venus hier planter de l’orge. »

Telle est la 6ème photo du diaporama mis en ligne le 19 déc. 2018 par le journal LE PARISIEN pour illustrer les principaux événements de l’année 2018 en Val d’Oise. Voir les autres photos ICI.

Voir aussi le reportage réalisé en 2018 par Hortense Chauvin, étudiante à Sciences-Politiques-Paris, publié le 21 déc. 2018 sur le site du magazine SOCIALTER en cliquant : ICI

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Pas de comparution immédiate pour la famille Mulliez

Pendant que les gilets jaunes se plaignent de ne pas pouvoir boucler leurs fins de mois et que de nombreux manifestants passent en comparution immédiate, la famille Mulliez porteuse du groupe Auchan, va bénéficier d’une année de plus de la lenteur administrative des tribunaux. En savoir plus ICI. Qui a dit « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?

Auchan a besoin de vous !

Alors qu’Auchan continue à faire miroiter des milliers d’emplois qu’ils pourraient créer dans un futur aussi hypothétique que lointain si les autorités publiques et les élus consentent à leur accorder le privilège de faire main basse sur les bonnes terres agricoles du Triangle de Gonesse, cette grande enseigne annonce fièrement son intention de tester en 2019 les magasins sans personnel.

D’après les informations de France Info (voir ICI), un magasin “Auchan minute” ouvert 24h/24 et sans le moindre personnel à l’intérieur, va être testé en France à Villeneuve d’Ascq en mars 2019. Le groupe Auchan compte déjà plus 700 magasins de ce type sur le territoire chinois.

Message posté le 27 décembre par Sam Sieder sur sa page Facebook : http://www.facebook.com/sylvain.kadri/posts/2292885414076261

Montrons à la famille Mulliez qu’en 2019 une campagne de pub peut en cacher une autre plus réussie !

Alors que les partisans d’EuropaCity multiplient les communiqués de victoire suite à la déclaration d’utilité publique signée par le Préfet du Val d’Oise, nous préférons nous réjouir du beau succès rencontré par la pétition http://laffairedusiecle.net/ initiée par 4 associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France qui se proposent d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.
Avec près de 2 millions de signatures en quelques semaines, cette pétition est en train de battre tous les records. Cette réussite surprise n’est-elle pas le signe que les idées que nous portons avec tant d’autres commencent à faire leur chemin et que l’empressement du Préfet à signer la DUP en faveur du projet EuropaCity pourrait bien n’être qu’une tentative désespérée de faire pression sur des tribunaux de moins en moins enclins à s’incliner devant une raison d’État qui se confond de plus en plus avec la défense de lobbies privés au détriment de l’intérêt général.

Un chariot de supermarché, dans une rivière sale. Les collapsologues envisagent l’effondrement, à court terme, de la civilisation industrielle. (FHM / MOMENT RF / GETTY IMAGES) – Pour en savoir plus, voir ICI.
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37 « semeurs volontaires » apportent leur soutien aux opposants à EuropaCity

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Le 5 décembre au Tribunal de Pontoise 37 « semeurs volontaires » ont apporté leur soutien aux opposants à EuropaCity

Mercredi 5 décembre, l’Établissement public foncier d’Ile de France (EPFIF) poursuivait une nouvelle fois notre collectif, le CPTG, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Pontoise. L’EPFIF espérait obtenir des juges un jugement d’expulsion à l’encontre des choux, radis, oignons, fèves, courges, courgettes et autres cucurbitacées qui s’épanouissent depuis mai 2017 sur le « potager militant » qui accueille tous les printemps le grand rassemblement annuel des opposants au projet EuropaCity. Cette mise en culture d’une parcelle de 1200 m2, délaissée depuis de nombreuses années préfigure très modestement le projet CARMA de production alimentaire, basé sur l’économie circulaire et la préservation des 700 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse.

L’avocat de l’EPFIF a poussé le bouchon encore plus loin en demandant l’interdiction permanente des membres du CPTG sur cet espace pourtant traversé par routes et autoroutes publiques et par un chemin dit de Gonesse à Villepinte qui est un bien commun, ouvert au public depuis les temps les plus anciens, avant même la Révolution française ! La demande de l’EPFIF reviendrait à faire interdiction de paraître dans les champs du triangle de Gonesse aux adhérents d’une des associations de protection de l’environnement qui s’opposent à la destruction de ces terres agricoles.

Notre avocat, Me Étienne AMBROSELLI, n’a eu aucun mal à démontrer que l’EPFIF ne subit aucun trouble de jouissance et que, bien au contraire, le CPTG et tous les semeurs volontaires qui nous accompagnent donnent à cette parcelle, en bordure d’une autoroute, une fonction doublement utile, parce que rendue à la fois à sa vocation productrice maraîchère doublée d’une fonction d’expression démocratique de tous les projets dont la société civile est riche dans un temps où l’urgence climatique demande à inventer d’autres relations entre les vivants des villes et des champs.

Nous adressons UN GRAND MERCI AUX 37 « SEMEUR-SE-S VOLONTAIRES » ( voir la liste ICI )-citoyen-ne-s, militant-e-s syndicaux-ales, écrivain-es, artistes, député-e-s, sénateur-rice-s, conseiller-ère-s régionaux-ales, conseiller-ère-s municipaux-ales, ancien-ne-s ministres, qui ont adressé au juge des référés du Tribunal de grande instance de Pontoise une attestation ( voir exemple ICI ) certifiant avoir eux-mêmes semé ou planté sur cette parcelle et s’étonnant qu’une personne morale comme le CPTG puisse être poursuivie pour de tels actes.

Le tribunal a renvoyé son jugement au mercredi 23 janvier 2019.

Une décision qui réjouira tous les sauveteur-se-s des terres de Gonesse qui pourront ainsi passer de très bonnes fêtes de fin d’année et de Nouvel An sur le Triangle.

Lisez le tract d’information distribué le 5 décembre à l’entrée du TGI à Pontoise et vendredi 30 novembre devant le journal LE MONDE à l’ouverture du Colloque organisé avec l’EPFIF en présence de M. Geoffroy DIDIER, Président de l’EPFIF et Vice-Président du Conseil régional Ile-de-France en cliquant ICI.

Merci aux quelques 50 sauveteur-e-s des terres présent-e-s de bon matin au TGI de Pontoise. Admirons la créativité des différentes pancartes brandies à l’entrée du tribunal : « Ne soyez pas radis-cules », « Ne carottez pas nos terres de Gonesse », « Droit du sol pour les légumes : on est né à Gonesse, on grandira à Gonesse », « Défendons la commune libre des légumes de Gonesse » …

Voir les articles de Fabrice Cahen pour La Gazette du Val d’Oise du 12 décembre ICI et ICI

Voir l’article d’Anne Collin pour Le Parisien du 8 décembre ICI

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Vianney Mulliez chez le Préfet de la région Ile-de-France

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Le 8 octobre dernier Vianney Mulliez, président de la branche immobilière du groupe Auchan, a eu le plaisir de déjeuner avec M. Michel Cadot, Préfet de la Région Ile-de-France.

La preuve est ainsi faite que l’on peut ne pas déclarer ses revenus en France et avoir table ouverte dans nos Préfectures et nos Ministères !

Cette invitation est une nouvelle manifestation de cette « présence des lobbies dans les cercles du pouvoir » dénoncée par Nicolas Hulot lors de son entretien sur France Inter le 28 août 2018.

Avec l’argent des revenus non déclarés au fisc et celui de financiers chinois ils veulent réaliser un nouveau parc d’attraction commercial « EUROPACITY » avec pistes de ski et parc aquatique plus énergivores qu’une ville comme Clermont-Ferrand de 140 000 habitants sur les dernières bonnes terres agricoles au nord de Paris entre Le Bourget et Roissy. A l’heure de la COP 24 du 2 au 14 décembre 2018 à Katowice en Pologne, allez donc demander aux « gilets jaunes » et à tous les concitoyens dans la difficulté de changer de comportement pour réduire leur consommation d’énergie !

Nous ignorons la composition du menu. Mais si nous avions été consultés, nous aurions pu proposer une succulente soupe républicaine confectionnée avec les courges, pommes de terre et autres potirons solidaires, cultivés avec amour par nos sauveteurs de terres dans notre potager du Triangle de Gonesse.

En effet, pendant que les promoteurs d’EuropaCity déjeunent avec notre Préfet de Région et que le maire de Gonesse court-circuite la loi avec le vote d’un PLU illégal, nous développons les CIRCUITS COURTS et l’alimentation saine et durable sur les terres tant convoitées par nos bétonneurs peu soucieux d’urgence climatique !

En attendant que les Mulliez daignent se conformer à la loi française en déclarant leurs revenus dans le pays qui a fait leur fortune, comme le patriarche de la famille, levons notre verre à la mise en bière du projet EuropaCity.

Gérard Mulliez

Pour en savoir plus sur la fortune de la famille Mulliez, voir :

  1. Article « Les Mulliez, première fortune de France » –  Capital du 04/07/2017 : Le magazine Capital estime le patrimoine de la famille Mulliez à 40,6 milliards d’euros, ce qui en fait la première fortune du pays.
  2. Article « Les petits secrets des propriétaires de Décathlon, Auchan, Kiabi… la famille Mulliez » paru le 30/06/2011 sur le site Internet du magazine Capital.
  3. Le livre de Benoît Boussemart « Le Groupe Mulliez » – 2011 : l’économiste estime, sur la base des seuls titres qu’ils détiennent dans les sociétés, hors Association Familiale Mulliez, à 2,4 milliards d’euros la fortune professionnelle de Gérard, à 1,3 milliard celle des cousins Leclercq et à 590 millions celle des Derville.
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Jean JOUZEL propose la création d’une Banque européenne du climat et rappelle son opposition à EuropaCity – 19/11/2018

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Dans un entretien accordé à TELERAMA Jean JOUZEL propose la création d’une Banque européenne du climat et rappelle son opposition à EuropaCity

A quelques jours de l’ouverture de la COP24 en Pologne le 3 décembre, le climatologue et Vice-président du GIEC s’entretient cette semaine avec Vincent REMY, rédacteur en chef de l’hebdomadaire TELERAMA.

Extraits : …

Aujourd’hui, l’objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés maximum à la fin du siècle semble presque impossible à tenir. Pourquoi le Giec, dans son tout dernier rapport, fixe-t-il alors un objectif encore plus difficile ­à – 1,5 degré ?

Se fixer cet objectif de 1,5 degré, c’est montrer que 2 degrés est une limite qu’il ne faut pas franchir. Ce sont les îles et les pays côtiers de l’océan Indien et du Pacifique qui l’ont demandé. Parce que, comme l’explique le Giec dans son rapport, un climat à 2 degrés supplémentaires n’a pas les mêmes conséquences sur les événements extrêmes, les canicules, les tempêtes, la perte de biodiversité, le niveau des océans, qu’un réchauffement de 1,5 degré.

Un monde à 2 degrés de plus, c’est la disparition rapide de certaines de ces îles du Pacifique. On a déjà observé que la vitesse des fleuves de glace, qui amènent la glace depuis le centre du Groenland jusqu’à ­l’Atlantique Nord, avait doublé. Quant à l’Antarctique de l’Ouest, certains chercheurs s’interrogent sur sa stabilité sur le long terme. Des icebergs de la taille d’un ­département français s’en détachent régulièrement. Donc un demi-degré, cela fait une grosse différence !

La France s’est engagée à diminuer ses émissions par quatre d’ici à 2050, et Nicolas Hulot s’était même fixé un cap plus ambitieux, la « neutralité carbone » – c’est-à-dire plus aucune émission de CO2 – à la même date…

Abandonner le pétrole, le gaz et le charbon d’ici à 2050, c’est justement ce qui permettrait de tenir l’objectif de 1,5 degré. Cela signifie qu’on diminue par deux nos émissions dans les dix prochaines années, et qu’on poursuive l’effort dans les vingt ans qui suivent ! C’est drastique. Pour cela, il faut que chaque citoyen réfléchisse à chacun de ses comportements, et surtout que tous les secteurs d’activité, logement, transports, agriculture, énergie…, s’y mettent. Cela suppose des investissements majeurs.

Qui ne sont pas à l’ordre du jour en France, ni ailleurs en Europe…

Quand j’étais au Giec, j’étais tenu à une certaine réserve. Maintenant, je m’engage ; et je le fais avec Pierre Larrouturou, en proposant un Pacte finance-­climat européen. La Cour des comptes européenne a calculé que si l’Europe veut réussir sa transition énergétique il faut mettre 1 115 milliards d’euros par an, soit une augmentation de 2 % du PIB européen. Impossible ? Pas du tout. Entre avril 2015 et décembre 2017, la Banque centrale européenne (BCE) a mis à disposition des banques 2 500 milliards d’euros, dont seulement 11 % sont allés dans l’économie réelle. Le reste est parti alimenter la spéculation sur les marchés financiers. Pourquoi ne mettrait-on pas une somme équivalente pour sauver le climat ?

“Bien sûr qu’il faut un volet social accompagnant chaque mesure écologique.”

Comment ?

Nous proposons la création d’une Banque européenne du climat, qui mettra à disposition des prêts à taux zéro pour des projets liés à la transition énergétique. On y ajoute un budget européen de 100 milliards d’euros par an appuyés sur une taxe modique de 5 % sur les bénéfices non réinvestis des sociétés. Ces investissements seraient créateurs d’emploi, surtout dans les domaines de l’isolation thermique de l’habitat, des énergies renouvelables et de la recherche. Six millions d’emplois en Europe, six cent mille à neuf cent mille en France, selon les calculs de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). Ce pourrait être un magnifique projet européen. On n’a pas le choix, il faut la faire, cette transition ! Et sans attendre. Dans dix ans, ce ­sera pire et plus coûteux. Et l’électeur se rebellera : pourquoi ne nous l’avez-vous pas dit ?

En attendant, l’électeur se rebelle contre la hausse de la taxe sur les carburants…

Quand j’étais dans la commission ­Rocard pour la contribution climat-énergie, en 2009, on avait proposé une compensation pour les gens qui habitent loin de leur travail. Cela avait été retoqué par le Conseil constitutionnel. Bien sûr qu’il faut un volet social accompagnant chaque mesure écologique. Je pense que c’est surtout autour de la mobilité que tout va se jouer. On n’a pas le choix : il faut tout faire pour limiter l’usage de la voiture, développer les transports publics. Et mettre l’aviation low cost au pas !

Son développement est scandaleux : le kérosène n’est pas taxé, les compagnies demandent des subventions aux régions pour aller les desservir, c’est le contribuable qui paye, les conditions sociales sont inacceptables. Mais la doctrine de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), épine dorsale du capitalisme, c’est de maximiser les échanges de marchandises et d’humains. Or la lutte contre le réchauffement ne se fera qu’avec une relocalisation et une modération de ces échanges.

“La première conséquence des dérèglements du climat, c’est d’accroître les inégalités partout sur la planète. Les mouvements migratoires vont s’amplifier.”

Que pensez-vous de ceux qui prônent la désobéissance civile pour lutter contre toutes les décisions qui aggravent la situation ?

Si elle est non violente, je ne suis pas contre. Je soutiens surtout l’action juridique de l’association Notre affaire à tous, qui œuvre à l’instauration d’une justice climatique. De plus en plus de procès sont faits contre les pays qui ne tiennent pas parole dans la lutte contre le réchauffement. Car la première conséquence des dérèglements du climat, c’est d’accroître les inégalités partout sur la planète. Les mouvements migratoires vont s’amplifier. Or le seul projet européen, pour l’instant, c’est de mettre des grillages autour de l’Europe…

Vous vous engagez régulièrement sur des causes concrètes…

Oui, j’ai signé contre le projet Europacity, gigantesque zone commerciale en Seine-Saint-Denis, je m’étais également élevé en 2014 contre l’abandon de la taxe environnementale sur les poids lourds, dite écotaxe. Il faut se battre contre tous les grands projets absurdes et les excès du transport routier. Nous avons besoin d’autres modèles de développement. Nous les chercheurs devons témoigner, partager nos connaissances. Je ne souhaite pas être épargné par les tourments du monde.

“Les personnes aisées de cette planète, peut-être deux ou trois milliards, trouveront toujours des endroits où il fait bon vivre. Pas les autres.”

Découvrir l’article complet de TELERAMA ICI