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Match de foot du 13 avril à 14h, à Villiers-le-Bel

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Match de foot du 13 avril à Villiers-le-Bel
Match de foot organisé pour la préservation des  terres du Triangle de Gonesse 

Le compte rendu en images

🤸🏿‍♀️L’échauffement a commencé 🤸🏿‍♀️ Il reste encore des places ⚽Les maillots aux couleurs des deux équipes sont en route 👕Le vestiaire-tente est prévu⛺Le jus de pomme est pressé 🍎La pâte à crêpes repose 🥞les légumes de Gonesse bientôt récoltés 🥬Les stands associatifs se préparent … 13 avril 14h terrain Nelson Mandela, Derrière les Murs, Villiers-le-Bel !!! 🏃🏿‍➡️🤝🏿👩🏿‍🌾

Si tu veux jouer, inscris-toi !
Si tu ne joues pas au foot, fais tourner et viens soutenir l’équipe de ton choix, déguster un jus de pommes du Vexin et des mets faits mains, discuter sur les stands associatifs …

Pour venir : à pied, à vélo, en transports : gare du RER D Villiers-le-Bel /Arnouville/Gonesse puis bus 270 arrêt Jean Bullant.
Le terrain de foot Nelson Mandela se situe entre la rue des Érables et la rue Jean Bullant.

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PLUS QUE JAMAIS, NON AUX JO !

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Nous ne pouvons pas prétendre entrer dans le monde d’après en poursuivant les errements du monde d’avant. Nous devons renoncer aux Jeux Olympiques de 2024 à Paris.

Pas de « jeux » de l’Argent, du béton et des sponsors !
Tous les Jeux olympiques se sont révélés ruineux pour les villes candidates.
Les Jeux olympiques ne seront pas la fête du sport mais celle des sponsors.
Les Jeux olympiques seront ceux du béton.

Notre collectif est signataire de cette pétition demandant l’annulation des JO 2024 à Paris

N’hésitez pas à vous la signer aussi, et pour vous informer : http://nonjo2024aparis.neowordpress.fr/

 

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Folle nuit techno en plein champ sur le Triangle de Gonesse-08/09/2018

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La  musique techno connue pour son côté libre et anti-commercial a très naturellement trouvée sa place sur le Triangle de Gonesse où se rassemblent assez régulièrement les défenseurs des terres agricoles contre le projet ultra-commercial EuropaCity porté par les groupes Auchan-Wanda.

Et dans la nuit du 8 au 9 septembre, à l’invitation de l’Association GREY,  quelques 50 tapeurs du pied se sont rejoints pour piétiner durant des heures hors des salles « sécurisés » parisiennes dans un cadre champêtre propice à l’excitation et à la joie et participer à un festival d’ombres et de rythmes ensorceleurs, de mains en l’air  et de sourires brûlants, dans la nuit noire, pour terminer ensemble au petit matin dans la contemplation du lever de soleil sur les champs à perte de vue …

Bien que le maire de Gonesse – déjà connu pour son aversion des « raves » et des « free-parties »–  ait tenté d’empêcher cette fête, tout s’est bien passé et les amateurs de musique techno ont pu danser toute la nuit sous un beau ciel étoilé avec à l’horizon les lumières de la ville de Paris.

8 jours après la fête organisée le samedi précédent, 1er septembre, la démonstration fût apportée une nouvelle fois qu’il est possible de monter sur le triangle de Gonesse des activités culturelles de plein air offertes gratuitement aux jeunes de Gonesse, d’Aulnay-sous-Bois et Villepinte alors que d’autres ne conçoivent la culture que sous la forme de spectacles lourdement tarifés dans des espaces contraints à l’intérieur de centres commerciaux fermés et dédiés à un consumérisme effréné.

Merci à celles et ceux qui ont assuré le bon déroulement de cet évènement.

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La culture version Auchan

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Auchan présente son projet comme une nouvelle destination touristique liée aux loisirs à la culture et au commerce.

Ou serait-ce du divertissement monétisé ?

Témoignage de Khalid, habitant de Villiers-le-Bel
Témoignage de Khalid, habitant de Villiers-le-Bel

Côté culture, Immochan met en avant des études et missions en cours avec la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais et Universcience et évoque la venue du Cirque du Soleil, récemment tombé dans l’escarcelle d’un fonds d’investissement états-unien pour cause de gestion financière hasardeuse.

Las Vegas made in Paris

Prix des places à Las VegasDerrière cet hypothétique vernis culturel destiné à drainer des clients vers les boutiques, on trouve la « culture » lucrative pour Immochan et Wanda, qui copie le succès nocturne de Las Vegas aux Etats-Unis : des boîtes de nuit, une salle de concerts de 3 000 à 5 000 places comme le Colosseum du Caesar Palace où 4 000 spectateurs assistent à des shows pour la modique somme de 45 à 450 euros. Et pour qu’Immochan puisse cloner vraiment Las Vegas, il manque encore un casino à EuropaCity, mais patience ce n’est peut-être qu’une question de temps, le gouvernement français ayant envisagé en avril 2015 d’autoriser en Ile-de-France l’ouverture d’autres casinos que celui d’Enghien !

EuropaCity, une réponse aux nuisances sonores !

Un article du journaliste Antoine Clause paru fin 2013 évoque de la contre-programmation d’EuropaCity – dont la superficie de 80 ha serait celle du IIIe arrondissement de Paris – face aux « hauts lieu branchés et festifs de Paris (comme le IIIe arrondissement justement) [qui] sont confrontés au problème des nuisances sonores qui dérangent les riverains de ces quartiers ». Christophe Dalstein, le directeur d’EuropaCity, se félicite que le site qui accueillerait son projet présente l’avantage d’être sans logements à cause de sa proximité avec l’aéroport de Roissy : « y faire du bruit, même en pleine nuit – surtout en pleine nuit -, ne gênera personne ».

Article « Paris s’endort, EuropaCity se réveille » paru dans le numéro de La Tribune du Grand Paris de décembre 2013.
Article « Paris s’endort, EuropaCity se réveille » paru dans le numéro de La Tribune du Grand Paris de décembre 2013.
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Mirapolis ou la chute du géant

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Mis à jour le 27/02/2019

 

Mira(ge)polis….Le rêve brisé !…

et ses points communs avec EuropaCity

 

En 1987, le premier grand parc d’attractions français ouvrait à Courdimanche, près de Cergy dans le Val d’Oise, Mirapolis. Quatre ans après, en 1991, il était fermé. Aujourd’hui ce sont des friches …

 

Le premier point commun entre Mirapolis et EuropaCity, c’est LA DÉMESURE

 

On cite des chiffres mirifiques :

Premier parc de loisirs…

    • Une statue de 38 tonnes, 30 mètres de haut, la statue la plus haute après la Liberté de New-York (!), etc…

    • 36 attractions

    • Un « immense chantier » de 400 à 500 personnes…

Nous sommes dans le gigantisme, rien n’est trop grand ni trop beau… Le personnage de Gargantua lui-même est à l’image de cette démesure (on va visiter son gros ventre avec un funiculaire… )

Faire du grand, du gros, du gigantesque, c’est la réponse au risque (d’échec, de concurrence… ) c’est aussi la stratégie d’Immochan 25 ans plus tard.

Le deuxième point commun : nous sommes dans le rêve. LA CONCURRENCE n’existe pas.

Aucune analyse du futur, on vit dans le court terme. Nous sommes en 1987. Comme le dit la commentatrice à la fermeture : « on était en pleine folie de l’industrie des loisirs en France ».

Le Directeur de Mirapolis réduit la concurrence à un simple stimulant et il s’illusionne : « Quand Disneyland ouvrira, nous aurons 5 ans, peut-être que Disney ne pourra pas faire nos prix ! » Comme Mirapolis est le premier parc ouvert en France, forcément ça va marcher, forcément il va grossir. Sa taille sera sa garantie de pérennité. (Pourtant, jadis, les diplodocus n’ont pas survécu pour cause de gigantisme…)

Le personnage joyeux de Carlos (qui ressemble beaucoup à Gargantua) comme les paroles des chansons montrent l’insouciance, la légèreté : le bonheur, s’amuser, jouer, vivre le moment présent…

« Partez tous dans le rêve, vous n’en reviendrez pas ! » conseille Carlos…

On pose une question au Directeur de Mirapolis : « N’y -a-t-il pas un problème de moyens pour les familles ?? »

Rien de grave, visiblement, là aussi c’est magique : les porte-monnaie sont certainement élastiques. C’est sans doute aussi le même raisonnement pour EuropaCity, les projets se multiplient et on ne s’interroge pas une seconde sur « peut-on faire coexister plusieurs coqs dans la même basse-cour ? » Si les gens vont à EuropaCity, iront-ils à Disney ? Aucune analyse des possibilités financières du « français moyen ».

3ème point commun, l’ALIBI CULTUREL

 

Le site des "inventions de Léonard de Vinci" qui se voulait un pôle éminemment culturel. Cela a été rajouté en cours de route pour empêcher le plongeon et ça l'a au contraire précipité.
Le site des « inventions de Léonard de Vinci » qui se voulait un pôle éminemment culturel. Cela a été rajouté en cours de route pour empêcher le plongeon et ça l’a au contraire précipité.

C’est la culture qui est l’argument avancé pour vendre des loisirs et du commerce. Mirapolis présente les œuvres littéraires de Rabelais, les « inventions de Léonard de Vinci »… Mais c’est avant tout une machine à consommer des attractions ( cf le grand 8…, le train fantôme ).

EuropaCity se veut le « grand pôle culturel de Paris Nord »  … c’est exactement le même discours … « le grand pôle culturel qui manquait à la banlieue Nord », même si on se rend compte qu’il s’agit d’un concept de centre commercial retoiletté. Et on oublie allègrement qu’en matière de « pôle culturel » depuis mai 2012 la cité du cinéma de Besson avec une surface de 62 000 m2 est déjà là, à proximité, dans le quartier Pleyel à Saint-Denis.

4ème point commun : la SURESTIMATION des résultats

Il était prévu 2,5 millions de visiteurs par an à Mirapolis, il y en a eu 400 000. Mirapolis était supposé révolutionner les mœurs ludiques des français ! On est dans le royaume de l’illusion !

Pour EuropaCity, on cite également des chiffres inatteignables : 30 millions de visiteurs, ce qui est l’équivalent du Forum des Halles, situé en plein cœur de Paris, premier centre commercial d’Europe.

Ce qui est 2,5 fois Disneyland Paris, première destination touristique d’Europe : 15, 4 millions en 2009 ; 15 millions en 2010 (en baisse) en 2010.

Mirapolis est déficitaire : est cité dans la vidéo sur le site du CPTG le chiffre de 350 millions de pertes. On parle de « 4 ans de fonctionnement chaotique. » Et on ne peut même pas attribuer cet échec à une concurrence quelconque : le parc EuroDisney n’était pas ouvert.

Mirapolis

Disneyland Paris, c’est également une perte nette pour le parc d’attractions : – 63 millions d’euros en 2009, – 45 millions en 2010 et – 64 millions en 2011… Déficit compensé partiellement par la vente de ce qu’on appelle « les périphériques » (vidéos, disques, costumes de Mickey, tee-shirts, films, journaux… ) … et surtout par la spéculation immobilière.

Marcel CAMPION, qui dirige le collectif de forains qui a tenté la reprise de Mirapolis pendant un an, avoue que l’ « espace était surdimensionné, il s’agissait d’un parc régional, on l’a conçu comme un parc européen… » A méditer : le distingo parc régional / parc européen !

On peut s’interroger pour EuropaCity sur son ambition internationale, y compris vis-à-vis des pays émergents. EuroDisney, le plus européen des sites a reçu en 2011 = 49 % de visiteurs français, 13 % de Royaume-uni, 12 % du Bénélux, 9 % d’Espagne, 4 % d’Italie, 2 % d’Allemagne et 11 % du reste du monde… Si le premier pôle touristique européen qu’est Disney n’attire que 11% hors Europe… qu’en serait-t-il d’EuropaCity ?

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Quand on voit les ruines de Mirapolis, dont le site est une friche industrielle depuis 25 ans … on s’interroge sur le gaspillage des fonds publics, et sur les choix hasardeux du Conseil Général du Val d’Oise qui a farouchement soutenu le projet, tout comme il soutient aveuglément EuropaCity.

photos de christopher Lineberry

Pour aller plus loin, une vidéo à partager avec tous ceux qui ont été des enfants : 

 

Un Parc d’Attraction Maudit ? MIRAPOLIS !!! mise en ligne par Arkeo Toys

Découvrez la chaîne vidéo du Collectif Pour le Triangle de Gonesse ICI

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La « culture » dans les centres commerciaux : déjà essayé

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EuropaCity nous promet de la culture et du loisir « Une offre culturelle accessible au plus grand nombre fondée sur la découverte, le divertissement et l’évènementiel ». Un concept hyper innovant ? Pas vraiment.

A quelques encablures du triangle de Gonesse, Aéroville est déjà sur le créneau

Cela n’arrête pas à Aéroville !

Fin avril, place à l’ « Unexpected Mini-City » où les enfants apprennent à jouer aux grands, un peu comme KidZania,qui consiste à convier les enfants à exercer un métier, à toucher un salaire et à le dépenser.

Juste avantant, c’était Emma Daumas, ancienne de la Star Academy sur TF 1 en 2002, qui est venue à Aéroville pour une séance de signatures.

Pour Noël il y avait une parade, des musiciens, un marché de Noël avec ces petits chalets et même des marionnettes.

En décembre, il y a aussi eu Bruce Benamran, le scientifique du web qui s’est fait connaître sur YouTube.

Dinosaures à Aéroville
Dinosaures à Aéroville

Toujours à Aéroville, en novembre dernier, on attirait le chaland autour des dinosaures : une exposition,des ateliers pour les enfants, de la peinture en 3D à l’aide d’un écran tactile ou encore le jeu des vignettes mémo-test et la photo souvenir.

Et en octobre, Aéroville recevait Norbert, le cuisinier médiatique révélé dans l’émission Top Chefs de M 6. Et en août, c’était Cyril Lignac.

D’ailleurs, Norbert s’y plait, à fait des centres commerciaux son fond de commerce et il revient à Aéroville le 21 février prochain !

Et il y a même des rencontres avec les forces de sécurité, des concours de top models  et des rencontres avec des supers-héros !

Pas loin non plus, il y a O’Parinor et ses animations

Avec son cinéma UGC de 14 salles, O’Parinor cherche aussi à attirer par le loisir et le divertissement.

Le centre commercial accueillait ainsi la troupe du spectacle musical « Robin des Bois » et le chanteur M. Pokora en avril 2013. Il a aussi son théâtre des Guignols. Et on y organise des castings.

Les partenariats avec les musées : Plein Air, en décrépitude totale y avait déjà pensé en 2011 !

« Un partenariat exceptionnel a été établi avec le Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, voisin
immédiat du centre commercial.Le Musée proposera régulièrement des animations et des expositions au sein de Plein Air.  » Source : communiqué de presse 2011 du promoteur Frey.

 

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EuropaCity pourrait-il accueillir 30 millions de visiteurs ?

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Comparatif-VisiteursImmochan raconte à longueur de publicité qu’EuropaCity n’est pas un centre commercial, mais un centre de « loisirs et de culture ». Pourtant les 31 millions de visiteurs annoncés démontrent le contraire …

a/ EuropaCity ne peut pas être un centre de loisirs à part entière vu le nombre de visiteurs annoncés

30 millions de visiteurs, c’est la totalité de la fréquentation de TOUS les parcs d’attractions français (environ 300) dont le plus gros – EuroDisney – avec la moitié du total et le 2ème, le Puy du Fou atteint modestement 2 millions !! EuroDisney qui plafonne à 14 millions de visiteurs ( perte de 2 millions par rapport à 2013) représente la 1ère destination touristique d’Europe. Une marque mondialement connue, des personnages et des histoires adoubés par les enfants… Aucun de ces atouts pour EuropaCity. De plus, la clientèle se lasse rapidement et il faut sans cesse de nouveaux investissements (cf l’attraction Ratatouille de Disney : 200 millions €) C’est un gouffre financier : les 3 milliards d’€ indiqués par EuropaCity ne constituent qu’une mise de fond initiale. Et après ?

 

EuropaCity prétendrait être en capacité de faire deux fois mieux que Disney? Ce n’est pas sérieux !

b/ EuropaCity ne peut pas être un centre « culturel » à titre « principal».

Le France possède en plein cœur de Paris le musée le plus fréquenté du monde, Le Louvre (10 millions de visiteurs). En région, le N°1 est le Louvre-Lens (au cœur d’un bassin très peuplé, sans concurrence à proximité) 900 000 visiteurs la 1ère année, puis plafonne à 500 – 600 000.

Comment Europacity qui ne possède aucune collection d’œuvres d’art pourrait rivaliser avec le plus riche patrimoine du monde ?

c/ Ainsi, EuropaCity est forcément un centre commercial à titre d’activité « principale».

Bien qu’Immochan prétende qu’« Europacity n’est pas un centre commercial », il est difficile de

Survol du Traingle de Gonesse Crédit photo @Yann Guillotin
Survol du Traingle de Gonesse
Crédit photo @Yann Guillotin

croire qu’un pôle de 500 boutiques « haut de gamme » représentant 240 000 m2 de surface, soit 3 fois Aéroville à Trembaly-en-France (200 boutiques) ou 2,6 fois O’Parinor (200 boutiques) à Aulnay sous bois… ne soit pas « un centre commercial ». Ce serait au contraire un des plus gros centres d’Ile de France.

Les seuls équipements qui dépassent 30 millions de visiteurs sont deux centres commerciaux : le Forum des Halles (47 Millions) et les Quatre-Temps à la Défense (40 millions). Mais dans le premier cas, on est au cœur du premier pôle touristique mondial ; dans le deuxième cas, au centre du premier pôle d’affaires d’Europe. Le Triangle de Gonesse est coincé entre Aéroville qui fait un bide (7,5 millions de visiteurs au lieu des 12 prévus ) et O’Parinor centre « historique » qui tente de maintenir son rang (13 millions).

Sur les maquettes, on voit des promeneurs flânant tranquillement dans une rue commerçante. Impossible, le site est survolé par 1700 avions /jour et au bord de l’Autoroute A1, la plus fréquentée de France ! Forcément, ce lieu serait fermé et isolé phoniquement.

Comment dans ces conditions EuropaCity pourrait attirer autant de monde, dans un site interdit à l’habitat, et dans un environnement aussi hostile ? Ce n’est pas sérieux !

 

Autoroute A1
Autoroute A1

 

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Lettre ouverte à Marie-José Malis, Directrice du Théâtre de la Commune, Aubervilliers (Seine-Saint-Denis)

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De Yann Fiévet,

Membre du Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG),
Arnouville (Val d’Oise)

À Marie-José Malis,
Directrice du théâtre de la CommuneAubervilliers (Seine-Saint-Denis)

Arnouville, le 29 janvier 2016

Chère Marie-José Malis,

Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Vous n’avez jamais entendu parler de moi tandis que je connais votre engagement à la tête du beau théâtre de la Commune d’Aubervilliers si longtemps soutenu par l’homme de culture qu’est Jack Ralite. Je suis convaincu que votre action depuis votre prise de fonction en ce lieu en 2014 – et sans doute auparavant – appartient à cette filiation d’une culture exigeante mais non élitiste. Pour ma part, professeur de Sciences Économiques et Sociales au lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles depuis plus d’un quart de siècle, j’ai appris depuis longtemps à quel point ladite exigence est difficile à tenir face aux embûches et aux assauts redoublés de « la société de communication » dont les jeunes des milieux populaires sont, puisqu’ils en possèdent fort mal les clés critiques de décryptage, les premières victimes. Je ne doute pas une seconde que sur ce point au moins nous partageons le même sentiment.

Play2-Adresse-Au-PeupleAlors, imaginez mon trouble – le mot est faible – quand je découvre dans le numéro 2 de « Play Magazine » (hiver 2015-2016) un portrait de vous intitulé « L’adresse au peuple« . Vous n’êtes pas sans savoir évidemment que ce magazine a pour directeur de la publication – et de la rédaction – Christophe Dalstein, par ailleurs et surtout directeur d’Europa City, projet piloté par la société Immochan, filiale immobilière du groupe Auchan, empire de la Grande Distribution à la française. Le projet Europa City est hautement commercial mais ses promoteurs tentent – avec l’arsenal du marketing moderne – de le déguiser en projet culturel. Ces marchands ont besoin de cautions dans le domaine de la culture, domaine qui n’est évidemment pas le leur comme chacun le sait. C’est là que vous intervenez, peut-être sans avoir mesuré les tenants et aboutissants de ce que je m’autorise à appeler une manipulation. Je vous accorde que nulle part dans le portrait qui est fait de vous on ne laisse entendre que vous soutenez Europa City. Le portrait est élogieux et la sincérité de votre engagement pour la culture à la portée de tous y apparaît sans ambiguïté. Pourtant…

Le problème tient au fait que ce magazine est un produit d’Europa City, produit lui-même habilement fardé d’un aspect tape-à-l’œil – donc d’assez mauvais goût – et fait d’une juxtaposition trompeuse d’articles plutôt disparates parmi lesquels votre portrait surgit à la page 32. Sur les cinquante pages de cette brochure tirée à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires le tiers est directement consacré à Europa City, des pages d’une affligeante vacuité au demeurant eu égard aux enjeux de ce projet d’envergure. Pour l’enrobage du produit on trouve d’autres portraits que le vôtre. Vous y côtoyez, excusez du peu, un footballeur professionnel élevé à Aulnay-sous-Bois évoluant désormais en Angleterre, un rappeur nostalgique de son Sarcelles natal, etc. Un autre article présente un bric-à-brac des œuvres cinématographiques dont les intrigues se déroulent en banlieue parisienne. Enfin, on y apprend que le « street marketing » appartient à la culture car il a devant lui un bel avenir dans nos sociétés définitivement urbaines. Grâce à Auchan, il ne nous est plus permis d’en douter. Bref, ce « mag » qui se veut branché affiche tapageusement un mélange des genres, si familier des gourous de la com’, qui va séduire dans les chaumières. Pardon pour ce dernier anachronisme de si mauvais aloi à l’heure de « la ville de demain » à laquelle rêve le sociologue Jean Viard, recruté par Europa City. Lui, est rémunéré comme caution scientifique pour attester de l’incroyable inventivité du projet Europa City. Le magazine est actuellement distribué gratuitement, par des jeunes bien mis, à l’arrivée des trains dans les gares les plus proches du « Triangle de Gonesse », lieu de la future implantation du joyau. On en trouve des piles également dans les maisons de quartier et les mairies. Ils arrosent, ils arrosent !

Vous avouerez aisément que les cuistots de cette soupe culturelle naviguent allègrement aux antipodes de votre conception de la culture. Alors, pour pasticher l’un de nos maîtres, qu’êtes-vous donc allé faire dans cette galère ? La pseudo culture que nous proposent les marchands de soupe sera excentrée : Europa City sévira en effet loin de nos centres-villes. Pendant quarante ans ces derniers ont été vidés de leurs commerces diversifiés au profit de la Grande Distribution standardisée. Voilà que maintenant on se promet de les vider des lieux culturels qu’ils conservent encore en les remplaçant par des temples d’une culture de masse dûment labellisée. Play Magazine est quelque part une réussite : faire passer la culture de masse pour une nouvelle culture populaire alors qu’elle poursuit son œuvre de destruction de cette dernière. Ce dont les jeunes des communes de Seine-Saint-Denis et de l’est du Val d’Oise ont besoin, souvent sans le savoir, c’est d’une culture vivante s’exprimant dans des lieux de proximité étroitement insérés dans le tissu social déjà trop disloqué afin de le (re)vivifier. Les deniers publics seraient d’un bien meilleur usage s’ils aidaient à l’édification et à la vitalisation d’îlots culturels dispersés au lieu de financer des gares en plein champ au service de la concentration culturo-commerciale. L’ambition culturelle des enseignants est bien sûr de plus en plus mise à mal par ce contexte. Play Magazine joue contre nous, avec désormais la complicité, volontaire ou non, de gens de culture. Voilà une comédie bien dramatique.

Peut-être avez-vous été abusée. Cependant, vous ne désavouerez probablement pas votre geste. Je tiens néanmoins à ce que vous sachiez qu’un Collectif d’associations a été créé en 2011 pour s’opposer à Europa City. Son nom est Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG). Nous comptons bien peser dans le débat qui va s’ouvrir le 15 mars prochain, à l’initiative de la CNDP, à propos du projet Europa City. Nous ne manquerons pas d’y dénoncer les confusions savamment entretenues pour tromper les populations de nos deux départements, les fourberies destinées à obtenir l’engagement indéfectible d’élus politiques en manque d’imagination pour leurs territoires d’élection. Je me permets de joindre à mon courrier quelques pièces à conviction, notamment la liste des signataires d’une tribune que nous avons publié en avril dernier sur Médiapart, reprise en septembre par la revue Nature & Progrès, tribune que vous pourrez lire également ici. Vous trouverez dans cette liste nombre de noms connus, certains ont été à l’affiche de votre théâtre lorsqu’il organisait des conférences ouvertes aux lycéens de Seine-Saint-Denis retransmises parfois sur France Culture. Nous mesurons ici la distance à parcourir entre cette ambition-là et l’ersatz de culture qu’Auchan prétend nous préparer. Dans les pièces à convictions, un petit bijou sonore (de cinq minutes seulement) que je vous laisse découvrir et où vous constaterez que lorsque je parle de manipulation des esprits, ici à destination des élèves scolarisés à Gonesse, le mot n’est pas usurpé. Oui, certains élus de la République sont bel et bien à la manœuvre dans cette désolante affaire !

Au moment de conclure cette lettre je me souviens d’une phrase écrite par Jack Ralite : « un peuple qui abandonne son imaginaire à l’affairisme se condamne à des libertés précaires ». En toute immodestie, je la fais mienne, tout comme vous j’imagine. Vous remerciant d’avoir pris quelques minutes pour lire mes griefs à l’encontre d’un geste que je ne m’explique toujours pas, je vous prie de croire, chère Marie-José Malis, à l’expression de ma sincère considération.

Yann Fiévet