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Prescription d’une cure de DÉSINTOX 500 – numéro 6

GudangBokep

Professeur ISOCÈLE
Traitement des IMT* de niveaux 4 et 5

CURE DE DÉSINTOX 500*
ANTIDOTE POUR DISSOUDRE LES CALCULS ENGENDRÉS
PAR UNE SURCONSOMMATION DE SGP

Un disproportiate de déconnasone particulièrement toxique

DÉSINTOX 500 : traitements des IMT (INUTILITÉ MÉGALOPATHIQUE CHRONIQUE)
de niveau 4 (
Accouchements au forceps de GPII surdimensionnés) et
de niveau 5 (
Grossesses nerveuses multipares de GPII faisant pschitt)

1/ Au préalable, attention à ne pas se laisser abuser par le changement d’étiquette du produit SGP, intitulé jadis « Société du Grand Paris » vendu désormais sous le nom de « Société des Grands Projets », grâce à un marketing effréné, dans le but d’exporter cette potion du Grand Paris dans d’autres régions, afin d’accompagner la production de futurs « RER des métropoles », grands projets souhaités par la présidence de la République. Ce disproportiate de déconnasone falsifié a été diffusé, sans la moindre validation de laboratoire et la moindre expertise d’habitants !!

2/ Il faut circonscrire la ZONE A TRAITER par un « périmètre de proximité » de 800 m de rayon autour de chaque gare du Grand Paris Express (GPE), correspondant à un trajet de 10 min à pied, en référence aux règles internationales. Utiliser la formule de l’aire d’un cercle = π x R2 ( les sur-diplômés de la SGP auraient-ils oublié cette formule – étudiée en classe de 5ème ?) Soit dans le cas d’une gare du SGP un périmètre de 3,1416 x 800 m x 800 m = 2 010 624 m2. Traduction (à raison de 10 000 m2 = 1 hectare) : un périmètre de proximité arrondi à 200 ha autour de chaque gare, devenus propriété publique. Soit pour 68 gares, l’annexion d’une surface totale de 68 x 200 ha = 13 600 ha. A comparer avec la surface de Paris intra-muros couvrant 10 539 ha, soit près de 1,3 fois Paris en zones à urbaniser.

Pour la ligne 17 Nord, il ne s’agit pas seulement du sacrifice de 110 ha devant être artificialisés du Triangle de Gonesse, mais des 200 ha de chacune des 3 autres gares du Bourget-Aéroport, du Parc d’Expositions de Villepinte et du Mesnil-Amelot, soit 710 ha supplémentaires artificialisés, sans compter la densification des 400 ha des 2 gares de Roissy-CDG 2 et 4.

3/ Utiliser un fréquentatiomètre, pour mesurer le NIVEAU de fréquentation des gares. Se référer à une gare de métro « ordinaire » en bonne santé, accueillant dans son périmètre de proximité un taux de DH « densité humaine » (populations + emplois) de 100 personnes par hectare. Une mesure effectuée par la DRIEA1 en 2012, montrerait un taux de DH de 6 personnes par hectare, ce qui entraînerait des risques extrêmement élevés d’IMT chronique de niveau 4 et même 5.

Attention au surdosage : la SGP a procédé à des mesures de taux de DH n’appliquant pas le protocole habituel des 800 m, mais de DH ++ (comprenant la totalité des usagers potentiels d’une commune ou d’un site comme la plateforme de Roissy), bafouant les règles de pharmacopée utilisées pour évaluer l’utilité socio-économique d’une gare.

Les effets d’un tel surdosage sont euphorisants au départ, mais peuvent s’avérer rapidement très néfastes. D’où des risques importants de rejet de la nouvelle médication L 17 N, mise en place par la SGP sans expérimentation en double aveugle, sans validation par une expertise indépendante et dotée d’un pouvoir d’intervention. Il existe bien un Comité d’experts au sein de la SGP (des économètres des transports, sans compétence sociale), dont l’avis est « consultatif ». Bien qu’ayant émis des réserves sur la faible efficacité du traitement, notamment des lignes périphériques, la SGP entend mettre ses produits sur le marché en passant outre ces avertissements.

4/ Par ailleurs, la SGP a négligé l’offre de traitement existant en transport en commun, comme si l’organisme qui devait prendre la nouvelle médication « GPE L 17 N » était vierge de tout traitement ultérieur en transport lourd (de type RER par exemple). Et comme si l’ensemble des usagers potentiels de cette nouvelle ordonnance allait se reporter en TOTALITÉ sur cette offre supplémentaire de médication. Par exemple, pourquoi la totalité des actifs des emplois de la totalité de la plateforme de Roissy (qui couvre 3200 ha !!) serait affectée à la seule gare de Roissy CDG 2 de la seule ligne 17 Nord aboutissant à St Denis Pleyel, alors qu’il existe déjà le traitement RER B vers la gare du Nord puis le hub du Châtelet et qu’est programmé pour 2027 un traitement direct CDG Express vers Paris-gare de l’Est ?

Pour toutes ces raisons, le professeur Isocèle ne saurait trop vous conseiller cette cure de DESINTOX 500 renouvelable à prendre avant la saison d’automne qui va connaître la recrudescence d’une épidémie d’IMT aggravée.

1[DRIEA, Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’aménagement, devenue DRIEAT (+ transports).]

A retrouver ici 🙂

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Où travaillent les actifs du Pays de France ?

GudangBokep

Où travaillent les actifs du Pays de France ?

Contrairement à une idée reçue, le premier lieu de destination des travailleurs du territoire est la commune de résidence, dans un cas sur 4 (24%). L’importance de cet « emploi sur place » est liée à la forte densité de population qui suscite des emplois de proximité. Pour ces actifs chanceux, aucun besoin de transports lourds, ils vont au boulot à pied, à vélo ou en bus.

A l’inverse, le pôle de Roissy ne structure pas son territoire. En adjoignant les postes de l’aéroport déclarés sur Tremblay, on arrive à 7% des destinations : pour qu’un emploi de la plateforme embauche un travailleur du Pays de France, il faut en implanter 14… 6% des actifs résidents travaillent à Aulnay-sous-Bois : proportionnellement à sa taille, l’utilité locale de ce pôle est près de 3 fois celle de Roissy. Rajoutons 10,4% de flux entre communes. Au total, 44% de la main-d’œuvre travaille dans une localité du Pays de France.

L’attraction de la Défense est anecdotique (2,7%). Les autres pôles de banlieue jouent un rôle insignifiant, sauf Saint-Denis (6%). Deuxième grande destination : Paris, avec 24% des travailleurs. En tête, le Quartier Central des Affaires (QCA) qui occupe 7,5% de la main-d’œuvre du Pays de France, suivi par le pôle de Paris-Nord (3,9%). Viennent ensuite les pôles Montparnasse, Bercy-Italie et Paris-Est.

Pour conclure, on ne peut qu’exprimer les plus extrêmes réserves sur la stratégie des élus de l’Est-95, du Conseil départemental du Val d’Oise et de la Région dans leur volonté d’améliorer à tout prix par la construction d’un nouveau métro l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 18 000 postes de 2008 à 2019 et qui emploie à la marge la main-d’œuvre locale. Mieux vaudrait développer les emplois de proximité qui permettent de supprimer les besoins de transports à la source. Si les « emplois sur place » qui représentent 19% en moyenne atteignaient le même score que Versailles (33%), le Pays de France compterait 106 000 postes de travail supplémentaires, dispensant les actifs de vivre la « galère des transports » quotidienne, qui correspond pour un habitant de Villiers-le-Bel à l’équivalent de 7 ans supplémentaire de travail… en temps perdu dans les déplacements domicile-travail.

Pour en savoir plus :

Grand Roissy : non à une offre de transports dissociée des besoins des habitants

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Note sur la Cité scolaire internationale sur le Triangle de Gonesse

GudangBokep

Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Octobre 2022

Note sur la Cité scolaire internationale

sur le Triangle de Gonesse

Historique du projet

Le 7 mai 2021, soit 18 mois après l’abandon du complexe commercial et de loisirs EuropaCity, porté par le groupe Auchan sur le Triangle de Gonesse, le Premier ministre Jean Castex est venu à Gonesse et a déclaré : «la ligne 17 du Grand Paris Express sera bien menée à son terme jusqu’au Mesnil-Amelot par la Société du Grand Paris. »

Cette ligne 17 constituerait une nouvelle offre de transport en radiale après le RER B et la construction en cours de la ligne directe CDG Express pour relier le pôle de Roissy à Paris. Elle ferait de Roissy, le premier aéroport au monde relié à son cœur d’agglomération par trois lignes de transport lourd.

Pour justifier la ligne et la gare Triangle de Gonesse, M. Castex a annoncé la décision d’implanter trois projets portés par la puissance publique dans la zone de la gare : une Cité scolaire avec internat, une administration d’État qui devait être désignée avant fin 2021 (mais toujours non précisée) et le volet agricole d’Agoralimi porté par la SEMMARIS, société d’économie mixte gestionnaire du MIN de Rungis.

Présentation de la Cité scolaire internationale par Jean Castex

Concernant cet équipement, Jean Castex a déclaré : « en partenariat étroit avec la présidente de région et la présidente du conseil départemental, nous avons décidé d’implanter dans cette zone une cité scolaire internationale, structure d’excellence dédiée au parcours du jeune, de l’école au post-bac, combinant une ouverture internationale et une insertion réussie. Dotée d’un internat, véritable levier pour l’égalité des chances, elle va permettre de former tous les ans 600 collégiens et 1500 lycéens à des métiers d’avenir pour le territoire : l’hôtellerie et la restauration, mais aussi l’alimentation et l’agriculture biologique, en lien, avec une exploitation agricole en son sein ».

Les jeunes pris en otage pour justifier une gare en plein champ

Avec cette annonce, le Premier ministre avait oublié de prendre en considération les nuisances d’une zone frappée par les Plans d’Exposition au Bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget qui y interdisent la construction de logements.

De nombreuses études montrent les effets néfastes des nuisances aériennes sur les capacités d’apprentissage. De plus, cette zone est exposée aux bruits nocturnes, le pôle de Roissy n’ayant pas de couvre-feu malgré des années de réclamations des riverains. 

Une telle décision est irresponsable. Il s’agit du seul projet annoncé sur le Triangle qui avance à marches forcées.

En juillet dernier, Madame Valérie Pécresse a signé le premier appel d’offre pour la construction de cette cité scolaire. C’est prendre les jeunes de l’Est du Val d’Oise en otage pour justifier une gare en plein champ à plusieurs kilomètres de leur lieu d’habitation, quand il existe en centre-ville des espaces disponibles pour construire le collège, le lycée et l’exploitation agricole dont ils ont besoin, accessibles à pied ou à vélo. Comme Monsieur Castex, elle oublie les nuisances des aéroports et en plus elle précise le lieu d’implantation sur le Triangle de Gonesse à 500m de la stèle érigée pour commémorer le crash du Concorde et à quelques mètres d’un espace agricole exposé aux épandages de pesticides.

L’appel d’offre nous indique « Entre 2013 et 2019 la population lycéenne dans les lycées de Sarcelles Gonesse a augmenté de 14,1% (contre 7,1% à l’échelle régionale). Face à la pression démographique constatée sur le Val d’Oise, la Région Ile-de-France a voté dans le cadre de la revoyure de son PPI (votée en février 2021) la réalisation d’un lycée neuf sur le territoire de Gonesse, de 1200 places d’enseignement général et technologique qui répond ainsi au besoin identifié dans le sud de ce territoire.

Parallèlement à ce vote, un plan d’actions pour le Val d’Oise dit « trajectoire de confiance » a été mis en place pour répondre aux enjeux démographiques et sociaux du territoire avec la création d’une cité scolaire à vocation internationale avec un lycée polyvalent de 1650 places et un collège de 600 places, en lien avec un campus des métiers et des qualifications. La cité scolaire accueillera environ 2250 élèves et sera dotée d’un internat d’excellence estimé à 300 places.

Compte tenu de sa localisation, de sa desserte par les transports en commun (gare du triangle de Gonesse devant entrer en service en 2028) et de son foncier disponible, le site désigné pour accueillir la cité scolaire est localisé dans la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France, dans le triangle de Gonesse (département du Val d’Oise).

Le site est localisé à plus d’une heure à pied de la gare « Villiers-le-Bel – Gonesse – Arnouville » du RER D. Onze lignes de bus régulières desservent actuellement cette gare SNCF »

De ces informations, le CPTG en déduit qu’il y a un besoin immédiat d’un nouveau lycée et d’un nouveau collège pour faire face à l’accroissement des effectifs de l’entité urbaine Gonesse, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville et Garges-lès-Gonesse. Qui peut imaginer que la meilleure et la seule localisation est sur le Triangle de Gonesse ? Au lieu d’accélérer la construction des établissements scolaires dont le territoire a besoin, cette décision de la région en accord avec le département est le meilleur moyen pour retarder les ouvertures des établissements.

La gare Triangle de Gonesse de la ligne 17 nord venant du Bourget et desservant des zones d’activités ne serait d’aucune utilité pour les jeunes de l’est du Val d’Oise domiciliés le long du RER D qui seraient affectés dans cette Cité scolaire.

Un entêtement destructeur

Cette gare avait été décidée en raison de la promesse – sans la moindre preuve – d’importantes fréquentations prétendues : 31 millions de visiteurs et 10 000 emplois à EuropaCity et son centre d’affaires associé (40 000 emplois), ainsi que 30 millions de passagers et 30 000 emplois pour l’extension de l’aéroport (T4) repoussée sine die.  Tandis qu’une douzaine de projets du Grand Roissy programmés en 2012 est à l’arrêt, avec d’importantes disponibilités foncières (dont Aérolians à Tremblay ; Roissy Tech et International Trade Center à Roissy). Sans compter la friche PSA qui est venue se rajouter à la liste, sur lequel il reste une centaine d’hectares très bien situés et desservis par autoroute et voie ferrée.

Cet entêtement à vouloir urbaniser ce patrimoine commun que représente les excellentes terres agricoles du Triangle de Gonesse, nous oblige à poursuivre notre mobilisation tous azimuts et les actions entreprises depuis 2011.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) souhaite interroger les syndicats enseignants et associations de parents d’élèves sur la localisation mortifère de cette Cité scolaire.

(version pdf de cette note)

i Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Étude du CPTG sur la surestimation des prévisions du nombre d’emplois sur le territoire de la ligne 17 nord du métro express

GudangBokep

L’objectif de cette étude est de réexaminer l’état d’avancement – ou d’abandon/report – des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France en 2012 et de connaître, le cas échéant, leurs chances de réactivation. Ils devaient créer 132 000 emplois à horizon 2030. Relevons que parmi ces projets, on trouve Europacity abandonné en 2019 (10 000 emplois) et l’extension de l’aéroport de Roissy (30 000 emplois).
Pour les aménagements « en cours », il s’agit tout d’abord d’estimer le niveau d’emplois existant actuellement sur le site et d’examiner ensuite les évolutions probables à échéance 2030. Au total, les perspectives réévaluées ne dépasseraient pas 34 000 emplois à terme.

Lien pour lire l’étude : Etude-ECODEV-revue.pdf

Dans la même veine, le blog de Jacqueline LORTHIOIS : Ligne 17- Intox 3- 100 000 emplois fantômes pour justifier les gares de Roissy 2 et 4

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Prescription d’une cure de DÉSINTOX 500 – numéro 5

GudangBokep

CURE DE DESINTOX-EQUILATERAL
Étape 5 du programme

Il faut la gare du Triangle de Gonesse, « dans une zone particulièrement mal desservie et touchée par le chômage ? »

Extrait d’un rapport « Terra Nova » qui dresse le bilan de la politique environnementale du gouvernement. Si on se loue de l’abandon du projet Europacity, on observe que le combat pour les terres agricoles n’est pas gagné.

« Quant au Triangle de Gonesse, les pressions sont fortes, dans une zone particulièrement mal desservie et touchée par le chômage, de maintenir le projet de gare ferroviaire et de réaliser un projet qui pourrait ramener de l’emploi, au risque d’une part d’artificialisation. »

Les seuls habitants du Triangle sont à poil, à fleurs et à plumes…

Mal desservie la population ? Sur le Triangle, aucun humain n’y réside. Motif assez rédhibitoire : entre 2 aéroports, c’est interdit à l’habitat… Par contre le Triangle est très habité par de nombreuses autres espèces animales et végétales, à poil (lapins de garenne), à fleurs (orchidées pyramidalis) et à plumes (œdicnèmes criards…). Aucune ne prend le métro !

Quant aux populations alentours, la densité dans un rayon de 800 m autour de la gare est de… 6 habitants à l’hectare, alors que les experts s’accordent à dire que le total habitants + emplois doit être compris entre 60 et 100 / ha, pour qu’une ligne soit rentable. Ce chiffre est observé pour la ligne 17 Sud, mais aucunement pour la 17 Nord… comme le montre ce graphique établi par l’APUR.

Auteur : APUR, Observatoire des quartiers de gare du Grand Paris, Analyse croisée des quartiers de gare de la ligne 17, 2016.

N’ayant pas observé d’habitants de l’espèce humaine, il paraît assez difficile au professeur Isocèle (capable de détecter des nanoparticules dans son laboratoire) qu’il y eût des chômeurs qui aient échappé à ses appareils d’investigation… Quant aux autres espèces animales et végétales, aucune n’est inscrite à Pôle Emploi. Au vu de ce diagnostic, le professeur établit une ordonnance d’implantation d’activités là où se trouvent des populations humaines en nombre significatif.

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Prescription d’une cure de DÉSINTOX 500 – numéro 3

GudangBokep
Le professeur Isidore ISOCÈLE, éminent spécialiste du syndrome « d’inutilité mégalopathique chronique », a bien voulu nous accorder une consultation circonstanciée, compte tenu d’une préoccupante diffusion de cette pathologie dans le Pays de France.
Après avoir visionné le débat de France 3, lu le communiqué de presse du maire de Gonesse et le journal municipal de mars [références en bas de page], il a déclaré que MM. Blazy et Barfety présentaient visiblement tous les signes d’une IMC sévère de niveau 4.
En conséquence, afin que M. Bernard Loup et les autres membres du CPTG ne soient pas contaminés, il prescrit à l’ensemble de nos membres de suivre en urgence une cure de DESINTOX 500, en plusieurs étapes.
Voici le traitement pour la troisième semaine. Ne pas hésiter à diffuser à vos cas-contacts.
[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/03/Desintox-n°3-relier-2-canalisations-bouchees.pdf »]
– France 3 Paris Ile-de-France – 17-02-2021 18h30 – Avant JT
– Communiqué de presse de Jean-Pierre Blazy, Maire de Gonesse « LA JUSTICE MET FIN À L’OCCUPATION ILLÉGALE ET ILLÉGITIME DE LA VILLE DE GONESSE PAR DES MILITANTS ÉCOLOGISTES EN CROISADE CONTRE LE MÉTRO »
-Le Gonessien – Mars 2021
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Prescription d’une cure de DÉSINTOX 500 – numéro 2

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Le professeur Isidore ISOCÈLE, éminent spécialiste du syndrome « d’inutilité mégalopathique chronique », a bien voulu nous accorder une consultation circonstanciée, compte tenu d’une préoccupante diffusion de cette pathologie dans le Pays de France.
Après avoir visionné le débat de France 3, lu le communiqué de presse du maire de Gonesse et le journal municipal de mars [références en bas de page], il a déclaré que MM. Blazy et Barfety présentaient visiblement tous les signes d’une IMC sévère de niveau 4.
En conséquence, afin que M. Bernard Loup et les autres membres du CPTG ne soient pas contaminés, il prescrit à l’ensemble de nos membres de suivre en urgence une cure de DESINTOX 500, en plusieurs étapes.
Voici le traitement pour la deuxième semaine. Ne pas hésiter à diffuser à vos cas-contacts.
[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/03/Desintox-n°2-jeunes-chomage.pdf »]
– France 3 Paris Ile-de-France – 17-02-2021 18h30 – Avant JT
– Communiqué de presse de Jean-Pierre Blazy, Maire de Gonesse « LA JUSTICE MET FIN À L’OCCUPATION ILLÉGALE ET ILLÉGITIME DE LA VILLE DE GONESSE PAR DES MILITANTS ÉCOLOGISTES EN CROISADE CONTRE LE MÉTRO »
-Le Gonessien – Mars 2021
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Prescription d’une cure de DÉSINTOX 500

GudangBokep
Le professeur Isidore ISOCÈLE, éminent spécialiste du syndrome « d’inutilité mégalopathique chronique », a bien voulu nous accorder une consultation circonstanciée, compte tenu d’une préoccupante diffusion de cette pathologie dans le Pays de France.
Après avoir visionné le débat de France 3 et lu le communiqué de presse du maire de Gonesse [références en bas de page], il a déclaré que MM. Blazy et Barfety présentaient visiblement tous les signes d’une IMC sévère de niveau 4.
En conséquence, afin que M. Bernard Loup et les autres membres du CPTG ne soient pas contaminés, il prescrit à l’ensemble de nos membres de suivre en urgence une cure de DESINTOX 500, en plusieurs étapes.
Voici le traitement pour la première semaine. Ne pas hésiter à diffuser à vos cas-contacts.
[gview file= »https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/02/Desintox-n°1-chomage-emploi.pdf »]
– France 3 Paris Ile-de-France – 17-02-2021 18h30 – Avant JT
– Communiqué de presse de Jean-Pierre Blazy, Maire de Gonesse « LA JUSTICE MET FIN À L’OCCUPATION ILLÉGALE ET ILLÉGITIME DE LA VILLE DE GONESSE PAR DES MILITANTS ÉCOLOGISTES EN CROISADE CONTRE LE MÉTRO »
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Bêtisier d’EuropaCity 7. Transports : mobilité obligée ou déplacements évités ?

GudangBokep

Dans cet article Jacqueline Lorthiois dénonce l’absurdité de la création de nouvelles infrastructures de transport qui entraînent des déplacements toujours plus longs sans diminuer le taux de chômage élevé qui est le résultat dramatique mais logique de  politiques d’emploi totalement déconnectées des besoins de la main-d’œuvre locale.

Article déjà publié par Jacqueline Lorthiois dans son blog de déconstruction d’idées reçues sur l’emploi, la main-d’œuvre et les GPII : http://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/061218/betisier-deuropacity-7transports-mobilite-obligee-ou-deplacements-evites

6 déc. 2018 – Par J. LORTHIOIS

Dans des espaces dissociés (pôles d’emplois sans habitants, d’habitats sans emplois) on prétend recoudre la fracture territoriale par des transports inutiles, aggravant la situation sans la résoudre (faible mobilité des actifs, galère des réseaux saturés, pollutions)… Florilège d’idées reçues et contre-vérités, voulant justifier une politique obsolète, exprimée par la révolte des gilets jaunes.

Les partisans d’EuropaCity revendiquent une gare de la ligne 17 Nord du métro automatique du Grand-Paris-Express, au milieu des champs du Triangle de Gonesse, interdit à l’habitat en raison de son positionnement sous les courbes de bruit de deux grands aéroports. Un équipement indispensable au fonctionnement du méga-centre commercial et de loisirs porté par les groupes Auchan et Wanda, qu’ils s’obstinent à présenter comme une réponse aux besoins de transports du quotidien des habitants du territoire. Mais l’actualité récente démontre que les citoyens sont de moins en moins enclins à gober n’importe quelle fable, et à se laisser manipuler par des «faiseurs de rêve».

1ère idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse, « seul moyen pour le Val d’Oise d’entrer dans le Grand Paris »

 Cette affirmation totalement erronée, est répétée en boucle par les élus du Val d’Oise, aux côtés de l’ancien président du Conseil Départemental, désormais sénateur M. Bazin qui a fait voter à l’unanimité en octobre 2017 une motion pour réclamer le maintien du calendrier de la ligne (la mise en service de la gare serait reportée de 2024 à 2027 par le Premier ministre) : « Une seule gare du Grand Paris Express sur les 68 prévues desservira le Val d’Oise et celle-ci est planifiée sur le Triangle de Gonesse(1)». Cette gare prétendument « unique », « irremplaçable » serait censée constituer le remède miracle pour résoudre le problème du chômage relativement élevé du territoire (16, 8% à Gonesse, 17,5 % à Goussainville en 2013(2)). « La ligne 17 est essentielle au projet de développement de l’est du département, très défavorisé(1)» affirme encore Arnaud Bazin. Cette « pensée magique » ne tient pas une seconde : comme si accéder au pôle de Roissy dans 12 ans (2 gares programmées en 2030 !) constituait aujourd’hui une réponse crédible à l’urgence des situations des populations précaires !!

Par ailleurs, prétendre que le salut du Val d’Oise se limiterait à la seule desserte du pôle de Roissy traduit une vision réductrice, reflétant une méconnaissance complète de la géographie du département (ce qui est plutôt problématique pour des élus val d’oisiens). En effet, au lieu d’entrer dans le Grand Paris par la petite porte (obtention d’une gare de métro), on peut aussi y entrer par la grande porte, en adhérant à la «Métropole du Grand Paris » (MGP), car en 2015 les candidatures étaient ouvertes aux communes adjacentes à la petite couronne. Rattachement proposé à Roissy, 2ème aéroport européen, pôle métropolitain par excellence, se réclamant « porte d’entrée de la capitale ». Mais cette éventualité a été farouchement combattue par Patrick Renaud, président de la communauté d’agglomération « Roissy-pays de France » et par tout son conseil communautaire, sous des prétextes divers. Visiblement, l’intercommunalité ne souhaite pas partager les retombées financières du pôle aéroportuaire.

La situation est très différente au sud du 95. Lors des discussions préalables à l’élargissement du périmètre de la capitale, Argenteuil, 3ème ville d’Ile-de-France, a demandé et obtenu son rattachement à la MGP. Ainsi, depuis le 1er Janvier 2016, 110 000 habitants du Val d’Oise sont entrés de facto dans le Grand Paris. La commune candidate a été intégrée à l’Établissement Public Territorial T5 intitulé «Boucle Nord 92 », qui correspond à peu près au bassin de Gennevilliers. Venant ratifier une longue tradition d’échanges entre ces deux pôles complémentaires de tertiaire industriel, situés de part et d’autre de la Seine.

Sur la carte jointe (figure 1) du bassin de main-d’œuvre du pôle d’Argenteuil-Bezons, dessinée dans les années 90, on constate l’importance des liens historiques entre les deux rives industrieuses de la Seine, avec des flux d’actifs originaires des deux villes-sœurs localisées rive droite, à destination de la boucle de Gennevilliers et de la Défense élargie, situées sur la rive gauche d’en face.

Figure 1 © J. Lorthiois

Sur la deuxième carte jointe (figure 2), établie en 2012 par le bureau d’études CITEC dans le cadre des études préalables au Contrat de Développement Territorial «Boucle Nord 92»(3), on constate l’apport significatif des travailleurs originaires de la rive droite pour les entreprises du territoire gennevillois, notamment la ville d’Argenteuil qui fournit à elle seule 3500 actifs, sans compter les communes de son aire d’attraction.

figure 2 © CITEC

Comment expliquer alors une telle amnésie de la part des élus du Val d’Oise prétendant que la gare excentrée du Triangle de Gonesse constituerait leur seul espoir de rattachement au Grand Paris (en 2027 ? Et avec quelles garanties d’utilité pour les populations locales?), en négligeant l’existence de 110 000 Val d’oisiens intégrés depuis près de 3 ans dans la Métropole ? Il s’agit là d’une longue tradition du département de mise à l’écart du pôle d’Argenteuil et de son bassin, sans doute en raison de la singularité de sa plus grande ville, à la fois sur le plan urbain (zone agglomérée dense), social (tradition industrielle et ouvrière) et politique (restée en permanence à gauche jusqu’aux années 2000). Un département qui s’est longtemps pensé comme un territoire rural, boosté par deux pôles nouveaux de développement tertiaire, Cergy et Roissy, faisant l’impasse sur les 375.000 habitants de son bassin historique d’Argenteuil et sur la vaste zone résidentielle de la vallée de Montmorency, soit l’oubli de la moitié de la population du Val d’Oise.

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2ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse est indispensable aux populations actives locales

Rappel des faits. La gare du Triangle – au départ optionnelle –  a été confirmée en 2011, par suite de l’intervention de Vianney Mulliez auprès du président de la République, comme le relate une journaliste de Libération : « Auchan a l’oreille des pouvoirs publics. Propriété de la famille Mulliez, dirigé par Vianney Mulliez, neveu du fondateur Gérard, le groupe mène depuis toujours ses affaires dans la plus grande discrétion. (…) Les Mulliez ont bien compris le jacobinisme du pays et savent, que, pour un projet de cette taille, il faut commencer le démarchage par l’Élysée. Dès le début, Nicolas Sarkozy est enthousiaste(4)» Bien entendu, le groupe Auchan-Wanda qui a impérativement besoin d’une gare pour le fonctionnement d’EuropaCity, brandit l’argument que cet équipement en plein champ desservirait également les populations riveraines.

Or, il est coutume d’évaluer la capacité d’attraction d’une gare de transport en commun lourd (de type métro, RER, SNCF) en comptabilisant les habitants situés dans un rayon de 800 m autour de celle-ci(5). Le Triangle de Gonesse étant interdit à l’habitat (en raison des nuisances des deux aéroports de Roissy au Nord et du Bourget au Sud) et la gare prévue étant située au mieux à 1,7 km des logements les plus proches de la ville de Gonesse (mais à 6 km des plus lointains), la gare du Triangle a beau être située dans le département 95, elle ne présente guère d’utilité pour les résidents val d’oisiens. Au contraire, comme la corde soutient le pendu, le projet EuropaCity ne peut pas fonctionner sans une desserte de métro, mais aussi l’ensemble de la ligne 17 Nord ne peut se justifier sans la réalisation d’EuropaCity, car les autres besoins de trafic sont trop modestes. Dans le tableau ci-après, la DRIEA a évalué, pour les 6 gares prévues, les populations et les emplois desservis. Il convient ici de ne prendre en compte que la ligne 17 Nord, c’est-à-dire reliant la gare du Bourget-Aéroport à celle du Mesnil-Amelot (figure 3). On obtient un total de 70 000 personnes, dont une minorité seulement utiliserait les transports en commun, si l’on en croit la proportion observée chez les travailleurs du pôle de Roissy (10 à 15%), et même pour les 220 000 actifs de l’ensemble du bassin dit du «Grand Roissy» (42%). Or, il faut entre 200 000 et 400 000 flux/ jour pour justifier un transport lourd. Donc, sans la fréquentation prétendue du méga-centre de commerces et de loisirs porté par Auchan, il n’y aurait même pas assez de voyageurs pour alimenter une liaison de type tramway (capacité d’accueil de ceux des Boulevards des Maréchaux à Paris : 200 000 flux/jour).

Figure 3 © DRIEA- Préfecture d’Ile de France

Au total, l’arrêt « Triangle de Gonesse » représente une ardoise d’1 milliard d’euros à la charge du contribuable, dont un coude de 5 kms déviant la ligne 17 Nord le Bourget-Roissy, une gare d’interconnexion et un échangeur avec l’autoroute A1 dont la faisabilité technique sur l’axe le plus saturé d’Europe n’est pas assurée. Un rapport du CGEDD (6) estimait que l’implantation d’EuropaCity ferait passer le temps d’un trajet routier Paris-Roissy de 55 à 90 minutes… Tandis que l’éloignement des zones urbanisées laisserait présager une utilité très faible pour les populations de Gonesse, Arnouville ou Villiers-le-Bel. Ce coude ne serait pas sans conséquence, puisque la ligne d’abord en souterrain, devrait affleurer en surface à l’est de la gare du Triangle, avant d’effectuer le franchissement de l’autoroute A1 par un énorme viaduc en direction du Parc international d’expositions (PIEX) de Villepinte. Pourrait-on éviter un tel surcoût par un tracé plus direct ? Économiser la desserte du Triangle pourrait peut-être permettre d’atteindre Roissy dès 2027 et non 2030…

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a proposé un tracé alternatif de la ligne 17, ayant son embranchement avec la ligne 16 à la gare d’Aulnay/ Europe (carte figure 4). Ce qui présenterait l’avantage de structurer les deux lignes de métro 16 et 17 autour de la ville-centre d’Aulnay-sous-Bois (82 000 habitants) et de desservir les zones d’habitat de ses quartiers nord, éloignés du RER B. Rejoignant directement le Parc des Expositions, on économiserait ainsi 1 milliard de fonds publics consacrés à la desserte du Triangle et on éviterait un imposant ouvrage d’art sur l’autoroute A1.

Figure 4 © Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Par ailleurs, la programmation régionale de transports en commun lourds ne se limite pas à la seule réalisation du Grand-Paris-Express. Il existe aussi un «Plan de Mobilisation de la région Ile-de-France» qui prévoit des lignes complémentaires. Et notamment le bouclage du tram-train 11 express plus connu sous le nom de « Tangentielle Nord » dont un seul tronçon Épinay-sur-Seine /le Bourget est actuellement en service (voir carte figure 5). Fonctionnant exclusivement en aérien, utilisant un tracé existant (ancienne Grande Ceinture) il suffirait de 800 millions pour 17 kms (dont 7,5 kms dans le Val d’Oise), dans des délais bien plus courts. Son achèvement permettrait la réalisation du tronçon ouest Sartrouville/Argenteuil/Épinay-sur-Seine, et du tronçon est vers Noisy-le-Sec. L’ensemble de la ligne 11 express desservirait 627 000 habitants, dont 27 quartiers de renouvellement urbain classés ANRU. Côté ouest, le tronçon traverserait des zones du Val d’Oise fortement urbanisées, avec deux gares remarquablement situées, l’une au cœur d’un des plus grands quartiers sensibles d’Ile-de-France, le Val d’Argent (50 000 habitants) et l’autre en plein centre-ville d’Argenteuil.

Figure 5 © BD -IAURIF

Dernier avantage : une liaison banlieue/ banlieue restant sur la même rive droite de la Seine, permettrait d’éviter deux traversées du méandre du fleuve formant goulot d’étranglement (dénoncé par les élus du Val d’Oise, qui réclament l’accélération des travaux de consolidation du pont autoroutier de Gennevilliers, dont un mur de soutènement s’est effondré).

La comparaison est sans appel : d’un coté on persiste à vouloir investir un milliard de fonds publics pour desservir le Triangle de Gonesse au bénéfice d’un projet privé et zéro habitant dans un rayon de proximité ; de l’autre on néglige un investissement de 800 millions pour achever le tram-train 11 express d’une capacité de 150 000 voyageurs/ jour, facilitant la vie de plus de 600 000 habitants dont 110 000 Argenteuillais, sans compter les dizaines de milliers d’habitants de son aire d’influence.

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3ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse permettrait – enfin ! – aux habitants du Val d’Oise d’accéder aux emplois de Roissy

Un des arguments majeurs pour justifier cette gare, est qu’actuellement il faudrait aux habitants de l’est du Val d’Oise « passer par Paris pour aller à Roissy ». Tel est le leitmotiv des promoteurs d’EuropaCity, repris par la plupart des élus du département. En témoigne l’article de son directeur général, Benoit Chang, en réponse à une tribune de personnalités exprimant leur opposition à EuropaCity, paru dans Libération en décembre 2017. Bien que s’intitulant «sortir de l’hypocrisie et de la caricature », il tombe lui-même dans les « fake news » en déclarant : « Le projet EuropaCity permettra de désenclaver et d’apporter des emplois pour les habitants du territoire. La décision d’EuropaCity d’aller à Gonesse, en 2011, a immédiatement débloqué le projet de la gare de Gonesse, sur la ligne 17 du futur Grand Paris Express. Depuis des décennies, les habitants ne peuvent accéder aux zones d’emploi, celles de Roissy en priorité sans faire plus d’une heure et quart de trajet. En quelques minutes, ils seront bientôt à Roissy ou La Défense, deux des principaux pôles économiques de développement du Grand Paris. » (7)

Cette déclaration, bien que réclamant de «sortir de la caricature», constitue elle-même un tissu de contre-vérités. A en croire son auteur, EuropaCity serait un projet quasiment «caritatif » destiné à faciliter la vie des habitants, alors que la situation excentrée de la gare n’est guère en mesure de fournir les services prétendus aux populations. L’affirmation que les résidents de l’est du Val d’Oise seraient obligés de prendre le RER D jusqu’à la gare du Nord, pour remonter ensuite via le RER B jusqu’à Roissy pour aller y travailler (soit une heure et quart de trajet), est totalement mensongère, puisqu’une nouvelle ligne de bus n°20, aux ¾ en site propre, a été inaugurée (par le président du département !) dès septembre 2016, effectuant une liaison interdépartementale en moins d’une demi-heure. Cette affabulation a pourtant été reprise dans une publicité largement diffusée dans les médias le 17 Octobre 2017 (figure 6), venant appuyer quelques jours plus tôt une manifestation devant Matignon d’élus du 95, 93 et 77, qui réclamaient le «maintien du tracé et des délais» de la ligne 17 Nord. L’image reprend en exergue une phrase d’un discours d’Emmanuel Macron à Bobigny, le 16 novembre 2016 : « La France des quartiers est aujourd’hui assignée à résidence, alors qu’elle veut réussir »… Et une jeune fille en gros plan interpelle le chef de l’État : « Monsieur le Président, sans la ligne 17, on va surtout réussir à échouer». Le texte d’accompagnement reprend encore la même fable : « Nous vivons une discrimination territoriale qui nous empêche de rejoindre une ville voisine sans passer par les gares parisiennes. »

Figure 6 © BFM

En réalité, avant l’ouverture de la nouvelle ligne de bus n° 20 en septembre 2016, on comptait déjà trois offres de transports en commun desservant l’aéroport Charles-de-Gaulle :

    1. le bus 23 empruntait un itinéraire partant de la gare RER D « Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse » (Val d’Oise), jusqu’à la gare «Parc des Expositions » (Villepinte, Seine-Saint-Denis), permettant d’atteindre ensuite Roissy via le RER B en une station, soit 50 minutes au total ;
    1. le bus 22 permet d’aller directement à Roissy via le CD 902, en une trentaine de minutes (voir carte figure 7) ;
  1. un système de « bus à la demande » intitulé Filéo (voir carte figure 8), avec une offre 24 H /24 et 7j /7 constitue un mode de transport particulièrement adapté aux caractéristiques des emplois de Roissy, dont 70% sont « postés », c’est-à-dire fonctionnant en continu.

Figure 7

Figure 8 © Keolis

Relevons au passage cette affirmation ne tenant pas debout de M. Chang à propos de La Défense qu’on atteindrait avec le Grand-Paris-Express « en quelques minutes» ! A supposer que ce réseau soit réalisé en totalité en 2030 (ce qui n’est pas garanti), il faudrait se rendre en bus jusqu’à la gare de la ligne 17 Nord, emprunter la ligne 17 sud pour effectuer un nouveau changement au hub de Saint-Denis Pleyel, afin de récupérer la ligne 15 vers la Défense. Rien que les deux transbordements supposent davantage que quelques minutes! Et même si le temps de trajet était aussi court que le prétend le directeur général d’EuropaCity, de toutes façons la liaison avec la Défense présente un intérêt quasi nul pour les actifs du Grand Roissy : ils ne sont que 2,6% à y travailler… réduits à 1% utilisant les transports en commun (tous confondus)!

Le permis de construire de la gare du Triangle de Gonesse (validé par le préfet du Val d’Oise le 14/09/2018 et faisant actuellement l’objet d’un recours juridique) prévoit une interconnexion, accueillant à la fois la radiale du métro 17 Nord le Bourget-Roissy et un axe ferroviaire en rocade intitulé « barreau de Gonesse » (figure 9) assurant la liaison entre les deux gares RER D Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse (95) et RER B Parc des expositions (93), rejoignant Roissy via le RER B en une station (5 minutes). En 2008, le projet de barreau ferroviaire était soutenu par N. Sarkozy et le président du Conseil régional J.P. Huchon et devait bénéficier d’un financement « Plan Espoir Banlieue ». Le Collectif CPTG avait alors vivement critiqué cet axe ferroviaire non justifié.

Figure 9 © RFF

Dans un premier temps, le STIF (8) a décidé de financer un «Bus à Haut Niveau de Service» (BHNS) censé préfigurer ce barreau dès 2014. La liaison ferroviaire restait programmée pour 2017, inscrite au Contrat de Plan État-Région pour 200 millions. Le CPTG favorable à ce BHNS, avait toutefois proposé un tracé plus au sud (voir carte aérienne ci-après) longeant le Boulevard Intercommunal du Parisis (BIP), pour éviter la traversée d’une route en plein cœur des terres agricoles. Cette solution alternative fut refusée, au motif qu’elle allongeait la durée du trajet de 3 minutes.

© CPTG

Finalement, en sept 2016, le BHNS intitulé « ligne 20 » est inauguré. Le Conseil Départemental a assuré la maîtrise d’ouvrage de la nouvelle ligne. Prévue pour 7200 voyageurs/jour, elle a coûté 34,5 millions € pour l’infrastructure et 6,2 millions € pour le matériel roulant(8). Le BHNS possède exactement le même tracé que le barreau de Gonesse et a pour fonction de connecter les deux RER en 30 minutes – grâce à un parcours en site propre sur 76% de son trajet -, reliant ainsi le Val d’Oise à la Seine-Saint-Denis. D’où la modification de l’itinéraire du bus 23 qui se dirige désormais vers Aulnay-sous-Bois /RER B.

Toutefois, constatons, après deux ans de mise en service, que le BHNS n’assure guère la fonction de transit (qui consiste à relier rapidement deux pôles ensemble, ici assurer le « lien RER B et D ») prévue entre les deux départements 95 et 93, censée d’après les élus du Val d’Oise «permettre aux actifs de l’est du département d’accéder aux emplois de Roissy», car en réalité très peu d’usagers empruntent la ligne dans toute sa longueur. Le bus traverse quasiment à vide le Triangle de Gonesse (5 ou 6 voyageurs dans une voiture de 80 places). Par contre, le BHNS remplit deux fonctions de desserte (mailler le territoire par des liaisons de proximité) séparées, aucunement prévues par ses promoteurs (figure 10) : côté Val d’Oise, il effectue du cabotage entre les différentes stations du centre-ville de Gonesse (avec une destination privilégiée : l’hôpital) ; et côté Seine-Saint-Denis, il permet aux habitants de Villepinte ou d’Aulnay-sous-Bois de fréquenter les zones d’activités (notamment la zone commerciale de Paris Nord 2, avec Ikea, Usine Center, Leroy-Merlin et Castorama).

Figure 10 © J. Lorthiois

Comme l’avait prédit le CPTG lors du Débat Public en 2016, le rapport du « Comité d’Évaluation de l’amélioration de l’offre de transport en Ile-de-France » paru en 2017, fait état pour la ligne 20 d’un flux de 4 à 4500 voyageurs/jour, soit 1 à 2% de la fréquentation nécessaire pour justifier un transport ferroviaire lourd (200 000 à 400 000 flux/jour). Ainsi, le temps de parcours total n’excède pas 23-25 minutes (au lieu des 30 prévues !). On constate donc a posteriori que la demande du CPTG de longer le BIP qui prenait 3 minutes supplémentaires était parfaitement acceptable et évitait la traversée d’une route en plein champ… Cette faible fréquentation, ainsi que le rapport de la Cour des comptes sur l’explosion des coûts du Grand-Paris-Express expliquent sans doute la position du vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet (LR) qui a annoncé dans la presse l’abandon de ce barreau en Juin 2018 : «  Il y a dans toute la région des milliers de projets qui ne se feront jamais », tranche M. Beaudet. Il faut parfois sonner la fin des rêves (..). Parmi ces projets désormais enterrés figurent le « barreau de Gonesse », le prolongement de certaines lignes de métro ou des téléphériques « là où on peut faire passer un bus pour beaucoup moins cher ». (9)

Dans la version révisée de 2017 du Contrat de Plan État-Région 2015-2020, le texte fait toujours mention du barreau de Gonesse, mais dans les tableaux, aucun financement ne lui a été attribué. Dans ces conditions, le projet de barreau ferroviaire de Gonesse n’a guère de chance d’être réalisé. Tout ceci démontre l’inutilité d’une liaison ferrée est-ouest à hauteur de Gonesse/Villepinte et plaide en faveur d’un scénario de transports en commun légers, sans le lien RER B/RER D. C’est pourquoi la gare d’interconnexion du Triangle stipulée dans le permis de construire, d’un coût deux fois plus élevé (100 millions €) qu’une gare simple, ne présente aucune justification.

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4ème idée reçue : les gares de la ligne 17 Nord désenclaveraient les habitants du Grand Roissy

Force est de constater que l’ensemble de la ligne 17 Nord ne dessert que des pôles d’emplois entre eux (Le Bourget, Triangle de Gonesse, Parc d’Expositions de Villepinte, Roissy aéroport, sans compter le développement escompté de la commune de 800 habitants du Mesnil-Amelot), ce qui représente une partie infime des besoins des populations. La dernière Enquête Globale des Transports Ile de France (EGT 2010) estime les liaisons entre pôles d’emplois à 3% de la demande régionale. La fonction essentielle des transports en commun étant de relier des bassins d’habitat à des pôles d’activités, car les liaisons domicile-travail sont les plus contraintes (heures de pointe qui conditionnent leur capacité), les plus distantes (11) et les plus coûteuses en finances et en temps.

Nous allons examiner successivement les cartes des bassins de main-d’œuvre (indiquant les principaux lieux de destination des travailleurs résidant dans une commune) des deux principales villes du Val-d’Oise qui soi-disant utiliseraient la gare du Triangle : Gonesse et Villiers-le-Bel. Nous éliminons par avance les habitants de Goussainville, commune qui jouxte Roissy et fournit le plus grand nombre de travailleurs au pôle aéroportuaire (10,7 % de sa population active occupée), car ceux-ci n’ont aucun intérêt à rejoindre une gare située à 5 kilomètres au sud, alors que le bus 95.18 Cergy–Roissy s’arrête à trois reprises à Goussainville et permet d’accéder directement aux différents pôles d’activités de l’aéroport (zone d’entretien, zone technique, Roissy-pôle), avant d’arriver à la gare du RER B.

Cas de Gonesse

A la différence des 19 autres communes du Grand Roissy, il s’agit d’une commune excédentaire en emplois, avec 14 900 postes en 2013, contre 10 400 actifs occupés (12400 en adjoignant les chômeurs). Pourtant, elle représente le cas typique d’une «ville dissociée», car les métiers offerts par les activités implantées sur son territoire ne correspondent que dans un cas sur 10 aux métiers exercés par les travailleurs résidants. Ainsi chaque jour, 12 000 actifs viennent de l’extérieur occuper des postes locaux, tandis que 7500 Gonessiens partent exercer leur activité ailleurs, comme le montre le graphique joint (figure 11)

Figure 11 © J. Lorthiois

Sur la carte du bassin de main-d’œuvre de Gonesse ci-dessous (figure 12), on observe que si 3000 actifs travaillent dans leur commune (29 %), ils ne sont que 700 à occuper un emploi à Roissy, moins de 7 % des travailleurs en activité. On peut rajouter à ce total la centaine d’actifs vers Tremblay-en-France. Pour ceux qui n’ont pas de véhicule, trois bus sont à leur disposition en 30 à 40 minutes. Où partent les autres Gonessiens? 10,4 % vers l’aire urbaine appelée anciennement « Val de France » : Arnouville, Villiers-le-Bel desservis par le bus 20 côté Val-d’Oise ; ou encore Sarcelles, Garges-lès-Gonesse avec une desserte existante en bus et le RER D qui demanderait des améliorations peu coûteuses. Les 182 actifs qui vont vers Aulnay-sous-Bois peuvent utiliser le bus 23. Le RER D permet de rejoindre Saint-Denis, mais surtout 11 arrondissements de Paris pour 1400 gonessiens dont 40 % vers le Quartier Central des Affaires (QCA : Saint-Lazare / Étoile / Batignolles).

Figure 12 © J. Lorthiois

Pour conclure sur le cas de Gonesse, on voit bien que l’amélioration de l’offre de transports avec la gare Triangle serait d’une très faible utilité pour les Gonessiens. Elle pourrait même les pénaliser, car les réseaux fonctionnant dans les deux sens, on constate des à présent à l’heure de pointe du matin des flux d’actifs débarquant à la gare du RER D (dans des conditions de confort bien meilleures, à contresens des trains bondés) et venant travailler à l’hôpital par exemple, en concurrence avec une main-d’oeuvre locale moins qualifiée et moins mobile. Situation paradoxale : Gonesse bien qu’excédentaire en emplois possède toutes les caractéristiques d’une commune dortoir, notamment avec un taux de chômage (16,8 %) à peine inférieur à celui de Goussainville (17,5 %) qui dispose de deux fois moins d’emplois que d’actifs. Et les gonessiens subissent une double peine : la faible présence des populations dans la journée entraîne un développement médiocre d’emplois dits «présentiels» (liés à la présence d’habitants sur place : petits commerces, artisanat, services à la personne, emplois publics, économie sociale et solidaire). Il est donc illusoire d’implanter toujours plus d’activités décalées avec les compétences et qualifications des résidents. Exactement le cas du pôle d’emplois ultra-spécialisé de Roissy, ou des grands équipements métropolitains de type EuropaCity ou Disneyland, comme nous l’avons démontré chapitres 3 et 4.

Cas de Villiers-le-Bel

Cette fois-ci, il s’agit d’une commune-dortoir au sens concret du terme, fortement déficitaire en emplois (5900) par comparaison avec la population active occupée (9800), a fortiori en rajoutant les chômeurs (12 200), soit 2 actifs pour un emploi. Sur la carte du bassin de main-d’œuvre jointe (figure 13), on constate la faible attraction du pôle de Roissy qui n’occupe que 5,6% des actifs occupés : les travailleurs venant en transports en commun sont desservis correctement par 3 lignes de bus dont un BHNS. Les habitants qui travaillent à Gonesse peuvent utiliser la ligne de bus 20 côté Val d’Oise. Certains des actifs vers Arnouville peuvent même s’y rendre à pied. Mais les plus gros flux se dirigent vers le Sud, à commencer par Sarcelles, pôle principal de rattachement de proximité (5,8% des travailleurs Beauvillésois), auquel on peut adjoindre les destinations de Garges-lès-Gonesse et Saint-Denis, via le RER D. Mais surtout, on constate que 12% des grands flux rejoignent Paris, avec un record de 400 personnes vers Saint-Lazare. C’est pourquoi le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Saint-Denis-Pleyel serait fort utile aux Beauvillésois. De même, la prolongation du tramway T5 Sarcelles-Villiers-le-Bel pourrait consolider les liens entre ces deux villes, qui forment une même continuité urbaine. Par contre, il n’y a aucune justification pour les Beauvillésois ni du barreau de Gonesse, ni de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 nord. A l’inverse, l’achèvement du tram-train intitulé 11 express pourrait offrir de nouvelles opportunités aux habitants.

Figure 13 © J. Lorthiois

Au niveau de Grand Roissy

Les élus du Val d’Oise s’entêtent à défendre la création d’une offre entre les deux départements 95/93 à hauteur de Gonesse, de direction est-ouest. La demande existe, mais beaucoup plus au Sud, à hauteur de Sarcelles / Garges-lès-Gonesse et elle est plutôt dirigée nord-est/sud-ouest (voir figures 12 et 13) ! En ce qui concerne les besoins du grand Roissy, on constate sur la carte jointe (figure 14) que le cœur de pôle (dont Gonesse) concentre un excédent très important d’emplois, et tout autour, sont disposées en couronne des communes déficitaires en bleu, totalisant un manque quantitatif de 150 000 postes. A l’échelle du grand territoire, les excédents et déficits sont équivalents à 2 % près. Mais on voit bien que cet équilibre apparent cache d’importants besoins d’activités nouvelles dans la zone dense au sud et à l’ouest et non dans la partie nord du bassin de Roissy.

Figure 14 © J. Lorthiois

Pourtant, il est prévu d’ici 2030 un accroissement de 130 000 emplois essentiellement localisés sur les sites en rouge, dont l’urbanisation du Triangle de Gonesse et le développement du pôle de Roissy, défendant un concept de «ville aéroportuaire» totalement dépassé avec la crise climatique : ce ne sont pas dans les zones les plus nuisantes qu’il faut concentrer le maximum de travailleurs et de visiteurs ! Par ailleurs, il est prévisible que ces grands projets localisés au nord engendreraient dans la couronne bleue des concurrences d’activités débouchant sur des suppressions d’emplois, notamment à Aulnay-sous-Bois, la ville d’en face, principal pôle urbain du bassin, pouvant entraîner dans son déclin des communes adjacentes comme Blanc-Mesnil ou Sevran. On comprend donc les réticences vis-à-vis d’EuropaCity du maire et président de la communauté d’agglomération «Terres d’envol» Bruno Bechizza et de l’association locale d’habitants et de petits commerçants « Europasdutout ». Les activités pressenties du Grand Roissy montrent une structuration très spécialisée des métiers, identique à la situation de l’emploi et des qualifications décrite dans les chapitres 3 et 4, que ne peuvent en aucun cas corriger les équipements de transports mis en place. C’est pourquoi la proposition alternative de relocaliser des emplois de proximité dans les centres urbains correspond beaucoup mieux aux besoins des populations et aux compétences de la main-d’œuvre locale. C’est la seule réponse appropriée à un développement soutenable et durable du territoire.

Conclusion

A travers l’analyse de ces quatre idées reçues, dont on a prouvé l’inanité tout au long de ces pages, on démontre le gâchis provoqué par une décision insuffisamment étudiée et une vision obsolète d’aménagement du territoire qui se traduit par un accroissement général des inégalités entre habitants, entre communes et entre les deux départements 95 /93. Les investissements inutiles voire nuisibles d’un projet de type Europacity, mais aussi d’un pôle de bureaux en plein champ dans le Triangle de Gonesse, en déconnexion avec les villes adjacentes, ne peuvent qu’exacerber les rivalités et concurrences, et détruire le tissu urbain local. Dans ces conditions, une réponse transports apparaît dérisoire pour réparer l’explosion des inégalités territoriales et sociales, elle peut même permettre leur aggravation, en repoussant les problèmes sans les résoudre.

L’actualité récente de la révolte des gilets jaunes fait ressortir à quel point les politiques de transports, convoquées pour réparer l’absence d’emplois sur place est une impasse, si l’on ne remet pas complètement en cause l’organisation du territoire, où se côtoient d’un côté des sites d’activités dépourvus d’habitant, de l’autre des villes sans âme, mono-fonctionnelles, qui n’offrent pas la pluralité des fonctions nécessaires à la vie quotidienne de ses résidents. Se loger, se nourrir, travailler, se détendre… doit pouvoir «se vivre au pays» dans un espace de proximité. A l’inverse d’une politique de concentration sur quelques «pôles d’excellence» qui cumuleraient les emplois, les activités et les richesses, transformant les territoires environnants en lieux de relégation désertés par les services, où loge une main-d’œuvre corvéable, à qui n’est proposé que la «galère des transports» pour trouver un employeur.

Ainsi, les meilleures destinations sont celles qui sont localisées à proximité et qui ne sont pas contraintes, mais choisies !

Et le meilleur transport, le moins coûteux, le moins polluant, le moins consommateur de temps et le plus agréable… est celui qu’on économise…

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(1) « Gonesse : inquiétudes autour du chantier de la ligne 17 du Grand-Paris-Express », in Le Parisien, 1er octobre 2017.

(2) Qui est toutefois loin d’atteindre les records de 23% à Sevran, ou de 24,4% à Clichy-sous-Bois…

(3) Ateliers Lion et associés – DTZ consulting – CITEC – J. Lorthiois, Contrat de Développement Territorial Boucle Nord 92, 2012.

(4) Sibylle Vincendon, « EuropaCity, un colosse aux pieds fragiles », in Libération, 13 sept 2016.

(5) Source DRIEA/ Préfecture de Région Ile de France.

(6) Source : Rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) sur « L’Aménagement de la zone du Grand Bourget », novembre 2016.

(7) Cf. http://www.europacity.com/fr/actualites/sortir-de-lhypocrisie-et-de-la-caricature

(8) Syndicat des Transports d’Ile-de-France devenu depuis Ile-de-France Mobilités.

(9) Source : Ile de France Mobilités 2016.

(10) Source : « RER, trains de banlieue : la région promet du sang et des larmes », blog d’Olivier Razemon du 14 Juin 2018, in Le Monde.fr

(11) Moyenne en Ile-de-France de 15 kms aller (en augmentation), contre 3 ou 4 kms pour les autres déplacements (en diminution).

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LES EMPLOIS PROMIS PAR EUROPACITY SE DIVISENT PAR CINQ-27/08/2018

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Depuis sa création en 2011, le CPTG n’a eu de cesse de dénoncer les promesses mensongères d’une « manne d’emplois » générée par l’implantation d’EuropaCity, censée « ruisseler » abondamment sur les populations du territoire du bassin de Roissy. Rappel historique de quelques chiffres qui dérangent.

1. Addition des emplois du chantier et du centre après ouverture

Tout d’abord, dès 2011-2012, nous avons dénoncé l’addition erronée d’emplois liés à la « phase chantier » du méga-projet (estimés à 12 600 par la direction d’EuropaCity), ajoutés – sans crainte du ridicule – aux emplois liés à la « phase d’exploitation » (11 780), après ouverture du centre. Une absurdité de compter ensemble deux phases qui se succèdent dans le temps, comme si elles étaient simultanées. Imagine-t-on un coffreur-boiseur qui après avoir élevé des parois sur un chantier, se retrouverait ensuite vendeur en boutique, une fois le complexe de commerces et loisirs ouvert au public ? Cette manipulation grossière que nous avons mise en évidence a permis de dégonfler les emplois évalués à 24 380 au total… à 11 780 (arrondis à 11800) après ouverture.

Exit 12 600 emplois qui partent en fumée… Soit une diminution sévère de 51,7%.

Première désillusion. 

2. Surestimation des emplois de chantier

Comme il y avait une « omerta » sur l’étude Emploi effectuée par le cabinet Sémaphores, il n’était pas possible de contester la méthodologie utilisée pour calculer les chiffres annoncés, même s’ils étaient à l’évidence surestimés. Notamment les 12 600 emplois de chantier paraissaient invraisemblables, comparés à d’autres cas. Depuis l’implantation d’EuroDisneyland qui avait mobilisé 10 000 personnes il y a une vingtaine d’années (1989-1992), pour un espace beaucoup plus vaste (2200 ha), les gains de productivité dans la branche Bâtiment/Travaux Publics ont été considérables. Le plus grand chantier français actuel (EPR de Flamanville, Bouygues) n’emploie simultanément au maximum que 4000 travailleurs. Alors que son budget s’élève à 10,5 milliards (à comparer aux 3, 1 milliards du projet porté par Auchan-Wanda).

Fin 2015, lorsque le « dossier complet » d’EuropaCity fut déposé par le maître d’ouvrage sur le site de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), l’étude Sémaphores est devenue accessible. Nous avons alors constaté son indigence (16 pages, en enlevant les intercalaires et les annexes) et relevé cette aberration énorme du nombre d’emplois du chantier, avec 4200 postes multipliés par 3 ans, soit 12600 !! Comme si quand on détenait un emploi pendant 3 ans, on occupait 3 emplois !! Nous avons ainsi pu protester et obtenir une correction de cette « erreur » (dixit le maître d’ouvrage, comme s’il s’agissait d’un léger problème de virgule !)

Le nombre d’emplois du chantier est ainsi réduit de 12600 à 4200. 8400 emplois passent à la trappe, soit une diminution de 66%.

Deuxième avatar.

3. Contestation du nombre global d’emplois

Mais tout au long du débat public en 2016, le CPTG a émis d’importantes réserves sur l’évaluation des postes estimés par le cabinet Sémaphores, d’autant plus que les chiffres se basaient sur des statistiques datant de 2009, malgré le libellé mensonger de la couverture de l’étude, prétendant une « mise à jour 2015 », dont nous avons cherché vainement la traduction dans les données indiquées. Sans compter la date de livraison de la gare « Triangle de Gonesse » qui est repoussée de 2024 à 2027 avec le nouveau calendrier du Grand-Paris-Express, ce qui signifierait un écart de 18 ans entre les références statistiques de l’expertise Sémaphores et la date de livraison d’EuropaCity, si son ouverture reste tributaire de la gare. C’est dans ce contexte de données contestables que la CNDP a décidé de consacrer sur son budget propre un « dire d’expert » indépendant, en l’occurrence M. Degorre, directeur adjoint de l’INSEE Picardie. Il a estimé les chiffres à 10 115  emplois bruts pour la phase d’exploitation, et à 3  350 pour le chantier.

Pour la phase d’exploitation, nous constatons à nouveau une diminution de 1700 emplois, soit une nouvelle perte de 14 %.

Troisième déception.

4. Un chiffre brut peut cacher un chiffre net : la délicate question du « solde »

Mais la controverse ne se tarit pas pour autant, car la question du solde reste entière : au nombre brut d’emplois créés, il convient de retrancher les emplois supprimés ailleurs. Sur ce thème, les échanges ont été houleux dans les différentes réunions du débat public. Une étude du cabinet Mac Kinsey financée par la foncière Unibail et la communauté d’agglomération Terres d’envol[1] s’est attachée à évaluer les « effets de cannibalisation » du projet EuropaCity. Pour celui-ci, la phase construction ne devrait pas dépasser 2500 emplois, dont 850 pourvus localement ; la phase exploitation représenterait entre 500 et 3000 créations nettes d’emplois, selon les scénarios[2]. Générant un PIB net compris entre 20 et 250 millions/€, contre 600 m/€ escomptés par le maître d’ouvrage.

Un impact beaucoup plus décevant que l’estimation de M. Degorre, qui avance seulement 2730 emplois disparus. Au total, nous parvenons à un effectif net de + 7385 travailleurs dans le meilleur des cas (expertise Degorre) ou à un solde qui pourrait être négatif et au mieux de + 3000 emplois (expertise Mac Kinsey).

Selon l’hypothèse la moins pessimiste, nous avons encore perdu sur le territoire environnant 2730 emplois, soit -27%.

Quatrième recul.

5. Une programmation en deux tranches

Par ailleurs, le projet EuropaCity devrait se dérouler en deux phases, la première représentant 60% du programme, l’échéance de la deuxième n’est pas précisée.

Ce qui signifie en réalité en hypothèse haute (expertise Degorre) 60 % de 7 385 emplois,

soit un chiffre recalculé de 4 430 emplois à l’ouverture du méga-projet.

***

En Conclusion, au niveau quantitatif, nous constatons une énorme perte au regard des prévisions initiales, qui se sont désagrégées en cinq ans, au fur et à mesure des évaluations successives, pour ne représenter plus que… 18% des promesses. S’il s’était agi de pertes financières d’un tel niveau, la situation aurait représenté une véritable banqueroute. Mais comme ce sont des promesses qui n’engagent pas leurs auteurs, ce sont les populations, les collectivités locales et l’État qui constituent les perdants de cette affaire.

Dernier point et non des moindres : nous n’avons effectué ici qu’une analyse des quantités d’emplois qu’EuropaCity a fait miroiter auprès des pouvoirs publics et des habitants du territoire, mais il reste un volet négligé, qu’il s’agit désormais d’approfondir : la mise en relation entre l’offre d’emplois portée par Auchan-Wanda et la demande de la main-d’œuvre locale, en termes de filières d’activités, compétences et qualifications. Car il s’avère que non seulement l’apport en emplois du projet est extrêmement modeste, mais il est probable qu’il ait une utilité locale particulièrement faible pour les populations environnantes. En témoignent les taux d’emplois générés par les grands pôles spécialisés de Roissy et de Disney sur les populations riveraines, qui employaient en 2013 respectivement 6,5% et 4,1% des actifs résidents de leur bassin d’emploi.

[1] Intercommunalité regroupant Aulnay-sous-Bois, Drancy, Dugny, Le Blanc-Mesnil, Le Bourget, Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte.
[2] Trois scénarios sont étudiés, en fonction de l’attractivité future d’EuropaCity : un centre d’importance régionale ; un pôle multimodes d’échelle nationale ; une destination touristique internationale (l’hypothèse du maître d’ouvrage).