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24 heures pour sauver les terres de Gonesse

GudangBokep

Préparation

RENDEZ-VOUS sur le Triangle de Gonesse
« 24 heures pour sauver les terres de Gonesse »

Le samedi 14 juin à partir de 17 h
pour celleux qui souhaitent y camper
Le dimanche de 10 h à 17 h
pour planter et semer, s’informer et débattre

 

PROGRAMME :  LES 24H POUR LES TERRES NOURRICIÈRES  DU TRIANGLE DE GONESSE
(ACTE 3 DES SOULÈVEMENTS DE LA SEINE)
« 24 heures pour sauver les terres de Gonesse »

ATTENTION – Travaux prévus sur le RER D ce week-end-là – Vérifiez vos horaires

-Samedi à partir de 17h et toute la soirée
Installation du camping : lien d’inscription
Repas partagé, chacun-e apporte quelque chose à manger et/ou à boire
– Chansons de Romanée
Saynète humoristique (écrite par Jacqueline Lorthiois) « le service des réclamations des habitant·es du Triangle de Gonesse »
Camping sous les étoiles

-Dimanche à partir de 10h 
 Vélorution le dimanche, départ à 9h30 Place de la Bataille de Stalingrad  le long de l’avenue Jean Jaurès 75019 Paris, pour une arrivée sur le Triangle à 11h30
– 10h30  Plantation des semis de citrouille  dans la parcelle  
– 12h /13h30 : restauration sur place / buvette
– 14 h précises : Conférence sur le thème « agriculture, alimentation, restauration collective 100% bio » avec les deux intervenants, suivie d’un échange avec le public.

2 intervenants
Gilles Billen, chercheur émérite au CNRS, biogéochimiste, spécialiste des systèmes alimentaires et de l’agroécologie
Stéphane Dupré, conseiller municipal  de Romainville délégué à la démocratie alimentaire, qui a piloté le retour de la cuisine dans une école de la ville avec « Les Pieds dans le plat ». 

– Vers 15h15 : Saynète (écrite par Jacqueline Lorthiois) « Le Service des réclamations des habitant·es du Triangle de Gonesse » pour celles et ceux qui l’auraient manquée le samedi 24 mai à la Rencontre-débat en hommage au travail du Jacqueline Lorthiois et des co-auteurs du livre collectif « L’imposture du Grand Paris Express«  !
– Vers 15h30 : Prises de parole d’élu·es et d’associations
– Vers 16h15 : Déambulation extérieure au chantier de la ligne 17 nord et lancer de boules à graines sur l’ancienne emprise du chantier.

A 17h, conclusion de la journée. 

 

Déroulé

Samedi 14 juin, fin d’après midi : passages des équipes bleues, qui, parce que pas applaudies, ont décidé de bloquer gentiment quelques minutes l’accès au site. On est bien protégés …

Pendant ce temps là, est arrivé le pain totalement bio du pays de Zaclay (encore merci à la boulangerie militante), les livres se mettent en place, le camping s’installe, les barnums se remplissent, la sono se règle, et les champs se laissent visiter :

champs préparé, à remplir

vue de libellule sur la tour Eiffel

Dimanche 15 : La ZAD d’un jour se remplit et se déroulent les activités, repas et conférence-débat

Le nouveau potager avec les plans de citrouilles et de fèves de Barcelone

Le Triangle comme on l’aime

Pont joliment décoré

Marche pour aller rebaptiser la « gare dite de Gonesse » par Gare du maraîchage

Le communiqué de presse est ICI

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Samedi 24 mai 2025 – Rencontre-débat « Les transports en Île-de-France, que devrions-nous savoir sur le Grand Paris Express ? »

GudangBokep

Retour sur la rencontre-débat du 24 mai à la Bourse du travail autour du travail de Jacqueline Lorthiois (1946-2024) et des co-auteurs du livre « L’imposture du Grand Paris Express »

Samedi 24 mai après-midi, à la Bourse du Travail à Paris, a eu lieu la rencontre-débat intitulée «Les Transports en Île-de-France : que devrions-nous savoir sur le Grand Paris Express ?».

Elle était organisée en hommage à Jacqueline Lorthiois, co-fondatrice du Collectif, décédée le 31 décembre 2024, pour mettre à l’honneur son travail de géo-urbaniste, socio-économiste au travers de la présentation de l’ouvrage collectif «

 L’Imposture du Grand Paris Express : un éléphant blanc qui trompe énormément », co-écrit avec Harm Smit, Jean Vivier et Jean-Pierre Orfeuil, dont l’objectif est de révéler les gabegies d’un projet de transport ne correspondant pas aux besoins de la population.

Animée par Sophie Charconnet, membre du CPTG, la rencontre a débuté par une table ronde avec :
– les co-auteurs du livre :

  • Jean VIVIER, ancien chef des services d’études de la RATP et ancien conseiller scientifique de l’Union internationale des transports publics. Il ne pouvait être présent. Son intervention avait été enregistrée quelques jours auparavant et a été diffusée en visio.
  • Jean-Pierre ORFEUIL, urbaniste, expert des transports, professeur émérite à l’École d’Urbanisme de Paris – Université Gustave Eiffel
  • Harm SMIT, ingénieur-physicien de formation – urbaniste de terrain et coordinateur du Collectif OIN Saclay

deux invités, proches de Jacqueline Lorthiois : 

  • – Pascal BERTOLINI, Conseiller départemental du Val d’Oise (Groupe Gauche Socialiste Écologiste)
  • – Marc PELISSIER, Président de l’Association des usagers des Transports d’Île-de-France – AUT-IDF.


Nous étions donc une cinquantaine de personnes réunies pour cet évènement, toutes et tous intéressé·es pour découvrir les « dessous du Grand Paris Express », ce métro en rocade né du « Grand Huit », métro décidé par
le président Sarkozy, défendu par Christian Blanc, alors secrétaire d’État chargé du Développement de la « Région capitale » pour améliorer l’attractivité de Paris.

 

 

Ce projet était déjà critiqué en 2010 par Jean VIVIER, l’un des co-auteurs du livre, alors conseiller scientifique de l’Union Internationale des Transports Publics, ancien chef des services d’études, retraité de la RATP.

Petit rappel historique :
« Il aurait fallu améliorer le réseau existant » a expliqué
Jean VIVIER ; c’est également la même situation qui se reproduit pour le Grand Paris Express, qui selon lui, n’est pas adapté à la demande en transports de la population, est beaucoup trop coûteux et de ce fait, empêche d’améliorer l’existant qui se dégrade au fil des années – lignes 7/8/9/13 – ou de dédoubler des tunnels pour la circulation plus fluide et de façon indépendante des RER B et D.

Jean-Pierre ORFEUIL, chercheur ayant beaucoup travaillé sur la mobilité des usagers des transports en commun s’est « opposé au Grand Paris Express depuis le début ».
En 2010, le Président de la République de l’époque,
Nicolas Sarkozy, a lancé le projet du «Grand Paris » et créé la Société du Grand Paris – SGP –  pour rendre la métropole plus attractive en développant 40 pôles d’activités économiques (commerces, numériques, recherches,….), l’objectif étant de faire de la capitale une « Ville Monde » avec le métro le plus long. Mais le modèle ne fonctionne pas car surtout aucune évaluation des besoins pour les transports pour les Francilien·nes n’a été menée.

Le Grand Paris Express construit par la SGP, devenue en 2023 la « Société des Grands Projets » afin d’étendre ses compétences dans toute la France, ce sont des gares surdimensionnées, des « lignes à la campagne » qui risqueront d’être sous-exploitées, des projets de logements dans les quartiers-gares ne correspondant pas à la demande, et une explosion des coûts. A l’origine, le projet était chiffré à 22,6 milliards € ; ce montant a été réévalué plusieurs fois depuis 2012 et les coûts ont été multipliés par deux pour le côté technique et par 4 pour les frais financiers. L’endettement – selon Jean-Pierre ORFEUIL – risquerait de durer jusqu’en 2070 – soit 40 ans après la fin prévue des travaux. Et on ne parle pas encore des coûts d’exploitation !

Harm Smitt  commence fort avec le titre de ce support visuel « Le Grand Paris Express : Mythes, illusions, erreurs et mensonges ! « 
Prenons un ou plusieurs exemples de chacun de ces titres :
Un des
mythes est les « effets structurants des transports » comme créateur d’emplois, concept emprunté à l’ingénieur et urbaniste, Jean-Marc OFFNER. Or, un transport n’a jamais créé d’emplois.
Les
illusions sont la densification autour des gares : le transport créerait des emplois et réduirait les inégalités sociales. Or, « pourquoi les gens s’agglutineraient docilement autour des gares » précise Harm SMIT et « rien ne s’est passé comme prévu dans les quartiers-gares de GPE » dit-il, citant  Daniel BEHAR, urbaniste, en mai 2022.
Une des
erreurs majeures est qu’une nouvelle offre de transports créerait sa propre demande, ou bien le fait de relier entre eux des pôles d’emplois, et non des lieux d’habitation avec des zones d’activités.
Concernant les
mensonges proférés par la SGP, le Grand Paris Express se justifierait pas sa fréquentation. Or si nous prenons l’exemple de la ligne 17, sur les 580 000 habitant·es estimé·es par la SGP desservi·es par ce transport, seul·es 58 000 le seraient en réalité, soit seulement 10 % des chiffres avancés par la SGP !

Un espoir déçu : Marc PELISSIER a précisé le contexte de la genèse du Grand Paris qui a représenté un grand espoir pour les usagers des transports en commun avec un métro en rocade et pour les élu·es, puisque cela ne représentait aucun coût pour les communes au regard du financement particulier du projet. Ceux-ci, très appâtés par cette situation, ont soutenu et soutiennent encore ce(s) projet(s). Le risque de ce projet dispendieux réside dans le fait qu’aucune réflexion et évaluation n’ont été réalisées sur le coût de fonctionnement. De plus, le budget alloué à cette infrastructure se fait au détriment de l’entretien de celles existantes qui est très insuffisant.

Pascal BERTOLINI a expliqué, lui, avoir collaboré dernièrement avec Jacqueline LORTHIOIS pour décortiquer la réalité des chiffres de l’INSEE relatifs aux actifs occupant un travail – ne comprenant pas ceux en recherche d’emploi  :
19 % d’entre elles/eux travaillent dans leur communes, 48 %  dans une commune environnante et 20 % travaillent sur Paris, ce dernier résultat étant en augmentation et correspondant au QCA (Quartier Central des Affaires) formé d’une partie des 1er, 2ème, 8ème, 9ème, 16ème et 17ème arrondissements de Paris. Le quartier de la Défense est en déclin et perd de plus en plus d’entreprises au profit d’autres quartiers. Paris n’aurait que moins de 4 % de bureaux inoccupés alors la Défense aurait un taux d’inoccupation de plus de 20 %.
Les personnes qui travaillent dans leur commune ou dans celles environnantes, utilisent de préférence les bus ou tramway (ex. : le T 11)
Pour remplacer l’usage de la voiture, il faudrait renforcer les liaisons de bus en fréquence et développer le tramway pour adapter l’offre de transport aux besoins et pour des coûts moins importants. Le problème est que les budgets d’investissements passent dans le Grand Paris Express alors que les transports existants nécessitent d’être fortement améliorés.

Quelques questions de l’assistance ont permis aux intervenants de préciser leurs propos.

Puis, Sabine LORTHIOIS, la fille de Jacqueline, nous a informé·es qu’elle effectuait en ce moment un tri des documents de sa mère pour les remettre aux Archives Départementales. Si un·e étudiant·e est intéressé·e pour classer et/ou exploiter et/ou l’aider …ielle serait bienvenu·e.

Saynète écrite par Jacqueline LORTHIOIS
Sophie ALMASAN et Pascale PORTE, membres du CPTG, nous ont interprété une saynète intitulée « Le service des réclamations des habitants du Triangle » écrite par Jacqueline avec beaucoup d’humour et de dérision sur le Société du Grand Paris : tout un programme !

Simon BORGNIET – dessinateur au Journal Le CHIFFON notamment – a « croqué » les interventions de chacun·e pour immortaliser cet après-midi riche en partages et échanges.

Un pot de l’amitié nous a permis de prolonger nos débats autour de douceurs partagées.

Un grand Merci à tous et toutes les participant·es !
Nous sommes certain·es que Jacqueline nous regardait !

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Annonce de la rencontre-débat « Les transports en Île-de-France » du Samedi 24 mai 2025

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Samedi 24 mai – Rencontre-débat
« Les transports en Île-de-France :
que devrions-nous savoir sur le Grand Paris Express ? »

Afin de rendre hommage à Jacqueline Lorthiois, géo-urbaniste, socio-économiste et co-fondatrice du CPTG, décédée le 31 décembre 2024, personne emblématique qui a beaucoup compté pour notre collectif dans la lutte contre l’artificialisation des terres du Triangle de Gonesse et la ligne 17 Nord du Grand Paris Express, nous organisons une Rencontre-débat intitulée « Les transports en Île-de-France : que devrions-nous savoir sur le Grand Paris Express ? » pour mettre en valeur son travail de recherche et d’expertise, et notamment soutenir la diffusion du livre collectif « L’imposture du Grand Paris Express : un éléphant blanc qui trompe énormément » paru en novembre 2024, qu’elle a co-écrit avec Jean-Pierre Orfeuil , Harm Smit et Jean Vivier.
Cette rencontre aura lieu le samedi 24 mai 2025, de 13 h 30 – début à 14 h – à 17 h à la Bourse du Travail – 67 rue Turbigo 75003 Paris – salle Léon Jouhaux – et sera organisée autour d’une table ronde avec les co-auteurs du livre et deux invités, suivie d’un échange avec la salle.
Un dessinateur sera présent pour effectuer une captation graphique des échanges, puis en proposer une restitution.
Une vente du livre aura lieu en fin de rencontre autour d’un pot de l’amitié.
Venez nombreuses et nombreux participer à ces échanges pour tout savoir du Grand Paris Express !
Le programme ICI et la synthèse du livre ICI … et un éléphant ici 😉

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QUELLE EST L’UTILITÉ DE NOUVEAUX BHNS POUR L’EST-95 ?

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Le conseil départemental du Val d’Oise organise des « Concertations publiques du BHNS du Grand Roissy » : https://www.valdoise.fr/324-concertations-publiques-du-bhns-du-grand-roissy.htm

Il reste quelques jours pour s’exprimer (la suite ici)

Dans une série d’articles 1 2 3, Jacqueline LORTHIOIS démontre l’inutilité et le gaspillage de fonds (et de terres !)  de ce type d’offre. De même, elle nous rappelle ceci : Est-95 : Une politique de transports irresponsable qui aggrave la situation de l’emploi

Et elle enfonce le clou avec cette démonstration :

Jacqueline LORTHIOIS  –  Juin 2023

Le document référencé dans cette vidéo est disponible !

Extrait : « Une fois de plus, il est démontré que les Grands Projets métropolitains ont un très faible impact sur leur territoire d’implantation.
On voit clairement que l’urgence n’est absolument pas d’améliorer l’offre de transports de l’Est-95, mais de relocaliser la main-d’œuvre sur place par des emplois de proximité qui permettent d’éviter les besoins de déplacements à la source. Les gens ne réalisent pas que les transports permettent d’aller dans les deux sens. Comme la main-d’œuvre locale ne correspond pas aux emplois offerts, c’est la porte ouverte à une main-d’œuvre extérieure, plus qualifiée qui viendrait occuper les emplois locaux et concurrencer les actifs sur place. C’est ce qui se passe sur Gonesse qui est devenue une « ville dissociée »: « l’habitant n’y travaille pas, le travailleur n’y habite pas »
Résultat : plus Gonesse implante d’emplois, plus ils sont occupés par une main d’œuvre extérieure, plus le chômage augmente.
Il faut revenir à du Local et de la Proximité.
Si le nombre d’emplois sur place (19% du total) sur l’Est du Val d’Oise bénéficiait du même pourcentage que celui de l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines/ Versailles (de l’ordre de 30%), il y aurait plus de 100 000 emplois supplémentaires sur le Grand Roissy recrutant sur place, ne nécessitant aucun besoin de transport lourd. » (ndlr) Et toc !

 

(extrait du site départemental de présentation)
« Comment participer aux concertations publiques ?
Vous pouvez vous informer sur les projets et donner votre avis sur place, en ligne ou lors des réunions publiques organisées sur le territoire à partir du 5 juin 2023 :

Les réunions publiques : elles auront lieu au mois de juin dans les communes concernées :
– Lundi 12 juin à 18h à Roissy-en-France (Mairie – salle du conseil)
– Mardi 13 juin à 20h à Garges-lès-Gonesse (Mairie – salon d’honneur)
– Mercredi 14 juin à 19h à Arnouville (Mairie – salle des mariages)
– Mardi 20 juin à 18h30 à Goussainville (Maison pour tous, avenue Marcel Cerdan)
– Lundi 19 juin à 19h à Villiers-le-bel (l’Espace Marcel Pagnol)
– Jeudi 22 juin à 18h30 à Gonesse (Salle Jacques Brel)

Les registres en mairie : ils sont ouverts dans les mairies concernées (Roissy-en-France, Arnouville, Goussainville Garges-lès-Gonesse, Gonesse, Villiers-le-Bel) et au siège de la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France pour recueillir les avis.
Le recueil des avis en ligne : vous pouvez transmettre votre avis par voie électronique aux adresses ci-dessous :
Ligne de Goussainville : Concertation_BHNS_Goussainville_PIEX@valdoise.fr
Ligne de Garges-lès-Gonesse : Concertation_BHNS_GargesSarcelles_Roissypole@valdoise.fr
Ligne de Villiers-le-Bel : Concertation_BHNS_VilliersLeBel_Roissypole@valdoise.fr

 

1 Est 95- 1. Une pléthore d’offre de Grands Projets Imposés, bafouant la demande locale
https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/160523/est-95-1-une-plethore-doffre-de-grands-projets-imposes-bafouant-la-demande-locale

2 Est 95- 2. Une offre de transport lourd qui ignore la demande locale de desserte
https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/200523/est-95-2-une-offre-de-transport-lourd-qui-ignore-la-demande-locale-de-desserte-0/p>

3 Est-95-3. Le mythe du transport structurant facilitant l’accès aux emplois de Roissy
https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/030623/est-95-3-le-mythe-du-transport-structurant-facilitant-lacces-aux-emplois-de-roissy.

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Est-95 : Une politique de transports irresponsable qui aggrave la situation de l’emploi

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Une analyse des besoins de transports portant sur 65 000 actifs en emploi habitant les 5 principales communes de l’Est du Val d’Oise 1 démontre qu’en 2016, ils ne sont plus que 6,1 % à travailler à Roissy.

Voilà 5 cartes (« Flux des actifs de 5 villes de l’Est-95« ) . Elles montrent une majorité d’actifs qui : soit travaillent dans leur commune de résidence (24,5%), soit dans des communes contigües (8%) ne nécessitant que des modes de transports doux ou de proximité, soit travaillent à Paris (25,3%) via le RER D dont les gares sont au cœur des zones urbanisées. Les flux de travailleurs vont au Sud ou Sud-Ouest et non comme « l’offre prétendue être utile » vers le Nord ou vers l’Est.

A quoi bon dépenser 3 milliards d’euros pour une ligne Le Bourget-Roissy située en Seine-Saint-Denis (sauf 3,5 km dans le Triangle de Gonesse en plein champ) à l’Est des flux d’actifs, pour rejoindre un aéroport qui licencie ? Car de 2008 à 2019, Roissy a supprimé 18 000 emplois, malgré une hausse du trafic de 24%…

Mais – prétendent nos détracteurs – s’il y a si peu d’actifs qui travaillent à Roissy, c’est parce qu’il n’y aurait pas de réels transports pour y aller ! Pas du tout ! Une analyse des besoins de transports portant sur 69 000 actifs du 93 – dans 3 communes 2 de l’intercommunalité de Paris-Terres d’envol (intitulé T7 au sein de la Métropole du Grand Paris) – démontre par les chiffres et les cartes que la situation est quasi-identique pour des communes desservies directement par le RER B dont les gares sont en centre-ville.

Les habitants en activité travaillent en majorité dans leur commune de résidence (24,1%) ou dans des communes adjacentes (4,5%) ou encore à Paris (23,9%). Les actifs de T7 ne sont que 5,1% à travailler à Roissy, bien qu’ils bénéficient d’un accès direct à Roissy via le RER B (dans le bon sens, Paris-Banlieue).
Voir ce graphique :

Ceci est la preuve irréfutable que Roissy (pas plus que des projets de type Triangle) n’est pas la réponse EMPLOI utile pour les habitants du territoire. Roissy n’est pas un pôle d’emploi (qui pourrait générer une forte attractivité sur la main-d’œuvre de son territoire environnant), mais un pôle d’activités spécialisé sur quelques filières qui couvre une palette très restreinte de métiers (environ 500 sur un total de 10 000, 5% de l’éventail) et qui a besoin pour trouver sa main-d’œuvre de recruter sur une immense aire d’attraction de 2000 communes 3 couvrant 11 départements et deux régions.

On ne le répètera jamais assez : Roissy n’est pas un pôle d’emploi LOCAL. Il est utile à la Métropole, pour accueillir les voyageurs et touristes, les touristes d’affaires et les VIP (Le Bourget), mais il possède un très faible impact sur les actifs résidents du territoire. Pour qu’un emploi implanté à Roissy embauche un actif du territoire, il faut en installer 19 qui font venir de la main-d’œuvre extérieure venant concurrencer la population locale, moins qualifiée et moins formée. Non seulement la situation de l’emploi avec l’implantation de nouveaux emplois ne s’améliore pas, mais elle s’aggrave.

1 Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Gonesse, Goussainville, Villiers-le-Bel

2 Aulnay-sous-Bois, Blanc-Mesnil, Sevran

3 Dont 300 dans l’Oise et une centaine dans le Val d’Oise.

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Concertations publiques pour 3 BHNS du Grand Roissy

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Réunions publique, dites de concertation, pour trois bus à haut niveau de service (BHNS), à partir de Garges Sarcelles, Villiers le Bel, Goussainville la Plaine, vers parc des Exposition et Roissy Pôle

Rejoignez le CPTG lors de ces réunions !

Encore un projet pour justifier la gare sur le Triangle de Gonesse, sans aucun projet d’ensemble depuis l’abandon d’EuropaCity. C’est du gaspillage d’argent public avec de faux prétextes au lieu d’améliorer les transports existants.

Exemple : selon Transilien.com pour relier aujourd’hui la gare Garges Sarcelles à 7h du matin à Roissy Pôle, il faut 40 min. Avec le projet de BHNS passant par le Triangle de Gonesse il faudrait 52 min.

Voici les dates des 6 réunions publiques prévues :

  • Lundi 12 juin à 18h à Roissy-en-France (Mairie – salle du conseil)
  • Mardi 13 juin à 20h à Garges-lès-Gonesse (Mairie – salon d’honneur)
  • Mercredi 14 juin à 19h à Arnouville (Mairie – salle des mariages)
  • Lundi 19 juin à 19h à Villiers-le-Bel (à l’Espace Marcel Pagnol)
  • Mardi 20 juin à 18h30 à Goussainville (Maison pour tous, avenue Marcel Cerdan)
  • Jeudi 22 juin à 18h30 à Gonesse (Salle Jacques Brel)

Lien vers les dossiers techniques https://www.valdoise.fr/324-concertations-publiques-du-bhns-du-grand-roissy.htm

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Note sur la Cité scolaire internationale sur le Triangle de Gonesse

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Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Octobre 2022

Note sur la Cité scolaire internationale

sur le Triangle de Gonesse

Historique du projet

Le 7 mai 2021, soit 18 mois après l’abandon du complexe commercial et de loisirs EuropaCity, porté par le groupe Auchan sur le Triangle de Gonesse, le Premier ministre Jean Castex est venu à Gonesse et a déclaré : «la ligne 17 du Grand Paris Express sera bien menée à son terme jusqu’au Mesnil-Amelot par la Société du Grand Paris. »

Cette ligne 17 constituerait une nouvelle offre de transport en radiale après le RER B et la construction en cours de la ligne directe CDG Express pour relier le pôle de Roissy à Paris. Elle ferait de Roissy, le premier aéroport au monde relié à son cœur d’agglomération par trois lignes de transport lourd.

Pour justifier la ligne et la gare Triangle de Gonesse, M. Castex a annoncé la décision d’implanter trois projets portés par la puissance publique dans la zone de la gare : une Cité scolaire avec internat, une administration d’État qui devait être désignée avant fin 2021 (mais toujours non précisée) et le volet agricole d’Agoralimi porté par la SEMMARIS, société d’économie mixte gestionnaire du MIN de Rungis.

Présentation de la Cité scolaire internationale par Jean Castex

Concernant cet équipement, Jean Castex a déclaré : « en partenariat étroit avec la présidente de région et la présidente du conseil départemental, nous avons décidé d’implanter dans cette zone une cité scolaire internationale, structure d’excellence dédiée au parcours du jeune, de l’école au post-bac, combinant une ouverture internationale et une insertion réussie. Dotée d’un internat, véritable levier pour l’égalité des chances, elle va permettre de former tous les ans 600 collégiens et 1500 lycéens à des métiers d’avenir pour le territoire : l’hôtellerie et la restauration, mais aussi l’alimentation et l’agriculture biologique, en lien, avec une exploitation agricole en son sein ».

Les jeunes pris en otage pour justifier une gare en plein champ

Avec cette annonce, le Premier ministre avait oublié de prendre en considération les nuisances d’une zone frappée par les Plans d’Exposition au Bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget qui y interdisent la construction de logements.

De nombreuses études montrent les effets néfastes des nuisances aériennes sur les capacités d’apprentissage. De plus, cette zone est exposée aux bruits nocturnes, le pôle de Roissy n’ayant pas de couvre-feu malgré des années de réclamations des riverains. 

Une telle décision est irresponsable. Il s’agit du seul projet annoncé sur le Triangle qui avance à marches forcées.

En juillet dernier, Madame Valérie Pécresse a signé le premier appel d’offre pour la construction de cette cité scolaire. C’est prendre les jeunes de l’Est du Val d’Oise en otage pour justifier une gare en plein champ à plusieurs kilomètres de leur lieu d’habitation, quand il existe en centre-ville des espaces disponibles pour construire le collège, le lycée et l’exploitation agricole dont ils ont besoin, accessibles à pied ou à vélo. Comme Monsieur Castex, elle oublie les nuisances des aéroports et en plus elle précise le lieu d’implantation sur le Triangle de Gonesse à 500m de la stèle érigée pour commémorer le crash du Concorde et à quelques mètres d’un espace agricole exposé aux épandages de pesticides.

L’appel d’offre nous indique « Entre 2013 et 2019 la population lycéenne dans les lycées de Sarcelles Gonesse a augmenté de 14,1% (contre 7,1% à l’échelle régionale). Face à la pression démographique constatée sur le Val d’Oise, la Région Ile-de-France a voté dans le cadre de la revoyure de son PPI (votée en février 2021) la réalisation d’un lycée neuf sur le territoire de Gonesse, de 1200 places d’enseignement général et technologique qui répond ainsi au besoin identifié dans le sud de ce territoire.

Parallèlement à ce vote, un plan d’actions pour le Val d’Oise dit « trajectoire de confiance » a été mis en place pour répondre aux enjeux démographiques et sociaux du territoire avec la création d’une cité scolaire à vocation internationale avec un lycée polyvalent de 1650 places et un collège de 600 places, en lien avec un campus des métiers et des qualifications. La cité scolaire accueillera environ 2250 élèves et sera dotée d’un internat d’excellence estimé à 300 places.

Compte tenu de sa localisation, de sa desserte par les transports en commun (gare du triangle de Gonesse devant entrer en service en 2028) et de son foncier disponible, le site désigné pour accueillir la cité scolaire est localisé dans la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France, dans le triangle de Gonesse (département du Val d’Oise).

Le site est localisé à plus d’une heure à pied de la gare « Villiers-le-Bel – Gonesse – Arnouville » du RER D. Onze lignes de bus régulières desservent actuellement cette gare SNCF »

De ces informations, le CPTG en déduit qu’il y a un besoin immédiat d’un nouveau lycée et d’un nouveau collège pour faire face à l’accroissement des effectifs de l’entité urbaine Gonesse, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville et Garges-lès-Gonesse. Qui peut imaginer que la meilleure et la seule localisation est sur le Triangle de Gonesse ? Au lieu d’accélérer la construction des établissements scolaires dont le territoire a besoin, cette décision de la région en accord avec le département est le meilleur moyen pour retarder les ouvertures des établissements.

La gare Triangle de Gonesse de la ligne 17 nord venant du Bourget et desservant des zones d’activités ne serait d’aucune utilité pour les jeunes de l’est du Val d’Oise domiciliés le long du RER D qui seraient affectés dans cette Cité scolaire.

Un entêtement destructeur

Cette gare avait été décidée en raison de la promesse – sans la moindre preuve – d’importantes fréquentations prétendues : 31 millions de visiteurs et 10 000 emplois à EuropaCity et son centre d’affaires associé (40 000 emplois), ainsi que 30 millions de passagers et 30 000 emplois pour l’extension de l’aéroport (T4) repoussée sine die.  Tandis qu’une douzaine de projets du Grand Roissy programmés en 2012 est à l’arrêt, avec d’importantes disponibilités foncières (dont Aérolians à Tremblay ; Roissy Tech et International Trade Center à Roissy). Sans compter la friche PSA qui est venue se rajouter à la liste, sur lequel il reste une centaine d’hectares très bien situés et desservis par autoroute et voie ferrée.

Cet entêtement à vouloir urbaniser ce patrimoine commun que représente les excellentes terres agricoles du Triangle de Gonesse, nous oblige à poursuivre notre mobilisation tous azimuts et les actions entreprises depuis 2011.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) souhaite interroger les syndicats enseignants et associations de parents d’élèves sur la localisation mortifère de cette Cité scolaire.

(version pdf de cette note)

i Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

Résumé de l’article posté sur le blog de J. LORTHIOIS, https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/010722/le-fiasco-du-grand-roissy-en-dix-ans-2012-2022-deux-projets-realises-sur-25

Depuis 40 ans, la politique de développement du Val d’Oise se focalise sur l’aménagement du Grand Roissy. En 2012, l’EPA Plaine de France lançait une étude sur un ensemble de 25 projets programmés : le bureau d’études ECODEV avait alors évalué à 104 000 les emplois à créer en 2020-22 et 132 000 à terme. 10 ans après, le bilan est dérisoire : seuls 2 projets sont achevés, avec 5000 emplois… Malgré une telle déroute, les élus s’entêtent à poursuivre cette stratégie, en votant 3 nouveaux projets sur le Triangle de Gonesse le 8 juillet 2022. Analyse sans concessions.

Tous les signes témoignent du caractère « daté et dépassé » du modèle de « Ville aéroportuaire » promue par John Kasarda il y a plus de vingt ans1 : un grand aéroport comme moteur d’une « entité urbaine puissante », qui résume la politique d’aménagement dite du « Grand Roissy » défendue par le Val d’Oise et soutenue par la région Ile-de-France. Bien que l’on ait enregistré depuis une quinzaine d’années un découplage entre le trafic aérien – qui a continué à croître jusqu’en 2019 – et l’emploi – qui a entamé son déclin dès 2008, accéléré avec la pandémie –, les élus s’entêtent à tout miser sur le seul pôle aéroportuaire pour booster l’ensemble du développement de l’Est-95… Dans cet esprit, le Conseil départemental vient de ratifier en juillet dernier, le rajout de trois nouveaux projets du Grand Roissy à implanter sur le Triangle de Gonesse, destinés à justifier la gare du métro : une Cité scolaire, une administration d’État non précisée et le volet agricole d’Agoralim2 porté par la SEMMARIS, société gestionnaire du MIN de Rungis. Venant en appui, il est créé une Société Publique d’Aménagement d’Intérêt National (« SPLA-IN ») portée par Grand Paris Aménagement allié au CD 95 et à l’intercommunalité CARPF : un mode de gouvernance simplifié et centralisé qui permet de s’abstraire des procédures habituelles pour des projets d’urbanisme considérés comme « majeurs ».

Mais on a beau rajouter à la liste du Grand Roissy ces trois nouveaux projets à la faisabilité douteuse, les décideurs ne parviennent toujours pas à justifier de l’utilité socio-économique d’une gare située dans un désert humain : que signifie une Cité scolaire hors agglomération, avec un internat dans une zone interdite à l’habitat permanent, en raison des deux Plans d’exposition au bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget ? Une administration d’État qui s’installerait au milieu des champs, absurdité telle que la désignation tarde depuis décembre 2021 ? Une activité de production de légumes du MIN de Rungis-Nord sur le Triangle de Gonesse, en l’absence de la possibilité d’acquisitions foncières ? J. Lorthiois a démontré dans une série d’articles que ni la fréquentation des populations, ni le nombre d’emplois nouveaux desservis, ni l’accessibilité à l’ensemble des emplois, ni les gains de temps, ni la centralité urbaine, ni la balance coûts financiers/avantages – autant de critères permettant de mesurer l’utilité de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 Nord – n’étaient nullement atteints, comme le montre le tableau récapitulatif : Malgré ces constats accablants, en 2021, nous avons eu la surprise de découvrir incidemment (dans le cadre de l’enquête publique de la ligne 18 Orly-Versailles), que la SGP – juge et partie – avait procédé à une révision de l’évaluation socio-économique du Grand Paris Express, avec une énorme majoration du bilan socio-économique de certaines lignes, sans aucune explication. Quelle n’est pas notre stupéfaction de constater que l’évaluation socio-économique de la ligne 17 Nord passe d’un gain de 0,8 milliard en 2016 à 6,8 milliards en 2021, soit une augmentation abusive de +747 % ! Entretemps, les trois principaux projets du Grand Roissy (Europacity et le centre d’affaires qui lui était lié, le projet d’extension de l’aéroport Terminal T4) avaient été abandonnés, soit une promesse de 70 000 emplois envolés en fumée… ce qui aurait dû se traduire par une substantielle révision à la baisse ! Pourtant, le critère « nouveaux emplois » enregistre un bonus passant de 0,4 milliard à 4,6 milliards, sans aucune justification… Ces manipulations traduisent une malhonnêteté indigne d’une entreprise publique, chargée en principe de l’intérêt général. Voir l’article « Les manœuvres de la Société du Grand Paris : comment positiver des critères négatifs ». https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/240722/les-manoeuvres-de-la-societe-du-grand-paris-comment-positiver-des-criteres-negatifs

Dans ce contexte, que signifient les 3 nouveaux projets rajoutés en catastrophe pour justifier le chantier de la gare du Triangle de Gonesse à tout prix, alors qu’on constate le fiasco de l’ensemble de la politique d’aménagement du Grand Roissy promue depuis 2012 ? Pour en avoir le cœur net, le CPTG a commandité une nouvelle étude pour évaluer l’état d’avancement des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France -désormais Grand Paris Aménagement-, dix ans plus tard. Nous avons déjà cité l’abandon d’Europacity en 2019 et son centre d’affaires, suivi par l’arrêt du projet d’extension de l’aéroport, avec la crise du trafic aérien lié à la crise sanitaire, ce qui représente au total l’annulation de 53% des perspectives d’emplois envisagées. Une quinzaine d’autres projets sont à l’arrêt, fonctionnent au ralenti, ou encore ont un avenir incertain. Et surtout, en 2013, l’entreprise PSA a fermé ses portes à Aulnay-sous-Bois, venant rajouter une friche industrielle dont la valorisation devrait constituer une priorité. Au total, deux projets seulement sont terminés, un gain de 5000 emplois (Aéroville et Roissy Parc International)… à comparer aux 104 000 postes promis en 2020-22.

Quand une stratégie obtient 5% de son objectif, on serait en droit d’attendre des responsables une réorientation de leur politique plutôt que sa poursuite aveugle. Dans un contexte où la commercialisation de zones d’activités disponibles marque le pas (une centaine d’ha restants sur Aérolians, ainsi qu’une centaine d’ha sur la friche PSA, très bien desservie par route et fer, sans compter une dizaine d’autres projets à l’arrêt) et que le secteur privé se désinvestit massivement de projets risqués, l’État gaspille l’argent public en se portant au secours de projets non rentables, nuisibles aux populations… et prend des jeunes en otage dans une Cité scolaire, assignés aux décibels des avions, afin de justifier une gare en plein champ et une ligne de métro dont l’utilité est totalement démentie par les faits.

NB : il s’agit des emplois supplémentaires escomptés (et non de l’emploi total existant).


Lire aussi l’etude de J. LORTHIOIS, « Actualisation des impacts sur l’Emploi des 25 projets du Grand Roissy », Collectif pour le Triangle de Gonesse, avril 2022, 39 pages. https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2022/08/Etude-ECODEV-revue.pdf

1 John Karsada, Aérotropolis, la Ville aéroportuaire, voir site http://aerotropolis.com/

2 Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

Résumé de l’article paru sur le blog Médiapart de Jacqueline LORTHIOIS : https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/110822/ligne-17-nord-faut-il-tripler-loffre-quand-la-demande-baisse-dun-quart

Le triplement de l’offre de transports lourds, c’est :

  • le RER B existant, assurant la liaison Roissy /Gare du Nord puis Châtelet et Paris-Sud, desservant les villes de Terres d’envol en direct vers l’aéroport (dans le bon sens Paris/Banlieue) ;

  • le CDG Express Roissy / gare de l’Est dont les travaux ont commencé, une initiative privée ce qui explique le prix élevé du billet ;

  • la ligne 17 Nord Le Bourget-Roissy, qui bénéficie d’un soutien renforcé sur le Triangle de Gonesse, avec le rejet de l’appel contre le permis de la gare en plein champ et la création d’une société dite « d’intérêt national » qui défend trois nouveaux projets dont une Cité scolaire en internat ( !) de 2200 élèves en zone de bruit qui interdit l’habitat.

La diminution de la demande de transport d’un quart, fait allusion au nouveau recensement de 2019 qui montre une perte notable d’attractivité du pôle de Roissy sur la main-d’œuvre des principales communes du pays de France, qui sont 24% de moins à travailler sur la plateforme aéroportuaire depuis 2008.

En une décennie, on a enregistré un découplage entre la croissance du trafic aérien qui augmente de 25% et le nombre d’emplois qui diminue de 20% (2009 -2019). Pourtant les élus du Val d’Oise, de la Région et l’État s’entêtent à poursuivre la stratégie de développement « dite » du Grand Roissy, c’est-à-dire concentrer les activités au nord du territoire, sur la plateforme aéroportuaire et les communes environnantes (dont Gonesse), alors que les besoins sont localisés au sud du pôle. Il manque notamment près de de 30 000 postes par rapport aux actifs dans les trois communes de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse et Villiers-le-Bel, tandis qu’on comptabilise un excédent de 80 000 emplois dans les communes du Cœur de pôle de Roissy (dont Gonesse !).

Par ailleurs, les dernières statistiques de déplacements domicile-travail (2019) montrent qu’en une décennie (2008-2019), un actif sur 4 résidant dans une des communes du Pays de France a cessé de travailler à Roissy : 300 personnes de moins à Villiers-le-Bel ; 440 à Goussainville par exemple. Et la diminution de la main-d’œuvre employée à Roissy est plus élevée en Seine-Saint-Denis qui dispose pourtant d’une desserte directe vers l’aéroport : 560 travailleurs de moins à Aulnay, 618 à Sevran, 490 à Blanc-Mesnil. Ce qui vient contredire le principal argument avancé par tous les défenseurs de la ligne 17 Nord pour la justifier : il faudrait une offre de transport lourd pour permettre aux Val d’Oisiens d’accéder aux emplois de la plate-forme ! Pour les communes les plus déficitaires du département, le « taux d’utilité locale » de Roissy oscille entre 5 et 3% de la main-d’œuvre résidente (en comptant les chômeurs, à qui cette politique est soi-disant destinée).

Le graphique ci-après montre la part dérisoire (en rouge) des travailleurs de Roissy au regard de l’ensemble de la main-d’œuvre (en bleu) des 22 communes étudiées de ce qu’on désigne habituellement par le « Grand Roissy » et que nous préférons appeler le « pays de France ». Poursuivre une politique d’implantation d’activités localisées en dehors des principaux pôles urbains, générant une explosion des déplacements domicile-travail se révèle irresponsable avec l’accélération de la crise sanitaire, sociale et climatique. Nous refusons la multiplication de « villes dissociées » comme Gonesse, où « l’habitant n’y travaille pas et le travailleur n’y réside pas ». Il est urgent d’autonomiser les principaux pôles urbains du territoire, en priorité Aulnay-sous-Bois et Sarcelles, en les dotant d’emplois utiles – notamment des services de proximité ne réclamant ni transports lourds ni surfaces nouvelles à bétonner, avec des transports de desserte qui puissent mailler les bassins d’habitat et diminuer les besoins de transports à la source.

Quant aux projets nouveaux du Grand Roissy, ils n’ont aucune justification, il en existe une vingtaine en cours, la plupart en sommeil. La priorité est d’utiliser les ressources foncières existantes dédiées aux activités et de sauvegarder le patrimoine de terres agricoles particulièrement précieux au nord de l’Ile-de-France, à l’usage alimentaire des populations locales. Quant au projet de Cité Scolaire, plutôt que d’exposer 2200 enfants au bruit incessant des avions, il existe à Sarcelles un emplacement vacant tout trouvé, après l’abandon du Dôme, en centre-ville près du RER Garges/Sarcelles.

Le graphique ci-dessous démontre l’absurdité de continuer à tout miser sur le pôle de Roissy, qui ne joue plus qu’un rôle mineur dans l’avenir des 600 000 habitants des 22 principales communes du Pays de France.

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Débat avec les candidat·es des 7ème, 8ème et 9ème circonscriptions du Val d’Oise, proches du Triangle de Gonesse

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À l’occasion des élections législatives, le Collectif Pour le Triangle de Gonesse organise une réunion publique avec les candidat·es des circonscriptions du 95 proches du Triangle, les 7ème, 8ème et 9ème

Ce sera mercredi 1er juin 2022 de 20h à 22h,
au centre Boris Vian, 4 rue Scribe, Villiers-le-Bel

Nous vous invitons à venir participer à cette réunion, et entendre les positions que les candidat·es, si elle ou eux sont élu·es, prendront :
– pour l’avenir du Triangle
– pour les transports en commun du territoire

Texte d’accompagnement pour les candidat·es

Dossier de presse du 8 avril 2022