SONDAGE EUROPACITY : CEETRUS ET AUCHAN EN FLAGRANT DÉLIT DE PUBLICITÉ MENSONGÈRE !

Ce qui est présenté comme un “sondage” est en réalité une “propagande” ou une “publicité” financée par le Maître d’ouvrage.

Contesté de toute part, le projet EuropaCity poursuit sa propagande désespérée qui s’apparente à la course sans avenir d'”un canard sans tête”.

Ces derniers mois AUCHAN et son agence de publicité immobilière CEETRUS ont largement communiqué autour d’un sondage qui démontrerait “un large soutien populaire des habitants du territoire pour le projet EuropaCity” qui serait “considéré comme moteur pour l’économie et l’emploi tout en agissant positivement sur l’image du territoire” (sic !).

 

1/ Comment sont recrutés les interviewés ?

 

a/ Quelles caractéristiques de l’échantillon ?

Dans un sondage, on prend un échantillon dit “représentatif” selon les caractéristiques de la population INSEE.

Il faudrait déjà savoir quelle est la base des caractéristiques des personnes interrogées. On parle de la population française “en général”, des caractéristiques de l’Ile-de-France et de celles du territoire interrogées ? Dans quelles proportions ? Ici, il faudrait plutôt que cela reflète les habitants interrogés du territoire. On n’a pas accès à ces données. Quelle est la proportion de ceux qui reflètent le territoire ou l’IDF ? Par exemple, le taux de chômage est élevé dans le territoire : dans quelle proportion est choisi le % de chômeurs local ou celui de l’IDF qui est bas ? Si on interroge des CSP + (% fort en IDF), ils ont les moyens d’aller à EuropaCity et de financer un logement avec un minimum de nuisances de bruit.

 

b/ Autre question clé : quel territoire ?

Apparemment, on prend toujours le même périmètre : les 22 communes du Grand Roissy. ça veut peut-être dire que si on prenait les 50 communes des 2 intercos Roissy-Pays de France et Terres d’envol, on n’aurait pas le même enthousiasme ? On dit que ce sont les gens de proximité qui sont POUR, alors que d’habitude ce sont les gens à proximité qui sont CONTRE. Et si la vérité était ailleurs ? Ce type de sondage se contente en fait de recueillir les effets sur les personnes vivant à proximité -c’est-à-dire à l’Est du Val d’Oise- de l’intense propagande de la commune et de son Maire M. Blazy et du Conseil départemental du Val d’Oise. Donc rien d’étonnant.

 

c/ Ensuite, le nombre.

Il y a beaucoup plus de personnes interrogées (4000) alors qu’auparavant c’était 1000 et des poussières. Pourquoi ce changement de nombre ? On peut penser qu’on prend plus de gens pour en trouver davantage qui soient POUR. Autre interprétation – non incompatible – c’est que ce sondage est un moyen de communiquer et de faire de la pub sur le projet et donc, plus l’échantillon est grand, plus on touche de personnes avec cette pub.

 

d) Qui est interrogé ?

On ne sait pas non plus si on reprend une partie des mêmes personnes (et à ce moment-là, pas étonnant qu’ils connaissent le projet) ou si ce sont des gens différents.

Sur toutes ces questions, on n’a pas de réponses. En l’absence de réponses, nous pouvons imaginer tous les biais statistiques possibles. La simple recherche d’une vérité statistique exigerait un sondage non payé par le Maître d’ouvrage et réalisé selon les règles de transparence et de sincérité propres à des sondages dignes de ce nom.

 

2/ Un  seul enseignement à retenir : la notoriété d’EuropaCity

Elle progresse, rien d’étonnant. Et c’est aussi grâce à nous !

La méthode consiste à demander aux interviewés s’ils connaissent EuropaCity. Et s’ils ne connaissent pas le projet, on les informe. Évidemment, en faveur du projet, puisque c’est EuropaCity qui finance !

Si l’on en croit les chiffres, 40 % ont entendu parler du projet ; d’où l’on peut déduire que la campagne de sondage contribue à faire la pub du projet EuropaCity auprès des 60 % restants. Puis,  à cet ensemble qui a bénéficié de la propagande d’un commanditaire « juge et partie » à l’opposé d’une information honnête et contradictoire (même si on prend la précaution de faire croire à la neutralité de l’organisme missionné par CEETRUS et AUCHAN), on pose un certain nombre de questions.

Les réponses sont donc totalement biaisées et n’ont aucune valeur ni scientifique ni démocratique.

 

Conclusion

Curieusement, au moment du débat public, la CNDP a conclu à « des positions totalement inconciliables » et aujourd’hui 80 % des habitants seraient POUR ? Quel retournement spectaculaire en pleine actualité des « gilets jaunes » !

Ce n’est pas ce qu’on voit dans les ronds-points ! Au moment où se manifeste la colère grandissante contre les « fins de mois difficiles » et « les écarts de richesses », on voudrait nous faire croire qu’une population modeste habitant le territoire approuverait la création d’un centre soi-disant de « loisirs et de culture » et n’aspirerait qu’à faire du ski et à dépenser l’argent qu’elle n’a pas dans des boutiques de luxe amenées là par un grand groupe passé maître dans l’art de l’évasion fiscale !

Allons, on est en pleine publicité mensongère !

Voir aussi notre Communiqué de presse du 19 janvier 2019 : “EuropaCity : après les fake news, les fake sondages ! ” : ICI

 

Note à propos d’ODOXA, l’institut de sondage qui a reçu commande de cette pseudo-enquête

Les deux fondateurs d’Odoxa sont des anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et le fonds d’investissement Rothschild sont actionnaires. Aujourd’hui le principal actionnaire d’Odoxa est Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de Le Parisien-Aujourd’hui en FranceNicolas Bazire, administrateur de LVMH et de l’institut de sondage IPSOS est aussi gérant associé de la Banque Rothschild … comme le fût Emmanuel Macron de 2008 à 2012 avant de devenir Président de la République.

Rappelons qu’en 2017 ODOXA -dans un sursaut d’éthique professionnelle- avait eu le courage de poser la question qui fâche : “Les opposants au projet EuropaCity lui reprochent (notamment) de sacrifier des terres agricoles situées sur le Triangle de Gonesse (entre Roissy-Charles de Gaulle et le Bourget) pour les urbaniser. Trouvez-vous leurs inquiétudes justifiées ?” Et là, la réponse était sans ambiguïté : 78 % des Franciliens et 76 % des Français trouvaient ces inquiétudes justifiées … Comme par hasard le sondage réalisé un an plus tard et publié le mois dernier a soigneusement évité de poser ce genre de questions ! Devinez pourquoi ?

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