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EuropaCity : une guerre des mondes

A Gonesse, des promoteurs comptent ouvrir un nouveau complexe. Les agriculteurs voient l'urbanisation attaquer leurs cultures, des militants écologistes refusent la disparition des terres fertiles.

 

Les Pieds sur terre par Sonia Kronlund

du lundi au vendredi de 13h30 à 14h

Jeudi 7 mars 2019

  Reportage : Emilie Chaudet - Réalisation : Cécile Laffon

Cliquez ICI pour écouter le Documentaire de 28 ' sur la page de l'émission

Les spécialistes estiment que si ces terres étaient bétonnées, les alentours subiraient un réchauffement de 2 degrés en moyenne.

Les spécialistes estiment que si ces terres étaient bétonnées, les alentours subiraient un réchauffement de 2 degrés en moyenne. Crédits : Frédéric Naizot - Maxppp

Depuis les années 1950-1960, les terres agricoles du nord de Paris sont progressivement grignotées par l’extension des villes de banlieue. Dans le Val d’Oise, pas très loin de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, la ville de Gonesse pourrait voir arriver un nouveau projet d’urbanisme. Dans un vaste champ de terres agricoles, des groupes immobiliers veulent implanter un complexe d’un genre inédit, à la fois centre commercial, de loisirs et culturel, à côté de bureaux, d'hôtels et même d'une gare.

Prévu pour occuper quatre-vingt hectares, le projet a été autorisé une première fois en 2013, avant un recours. Baptisé EuropaCity, il est financé par Ceetrus, la branche immobilière du groupe Auchan, et Wanda, un groupe immobilier chinois, qui comptent y investir 3,1 milliards d’euros.

L’enjeu est de créer un lieu où l’on met à disposition des expériences, et non pas des biens de consommation.

Le projet suscite toutefois des oppositions. Des militants écologistes se mobilisent contre la construction d’EuropaCity et pour la préservation des terres. Ils estiment que les terres fertiles potentiellement détruites par le projet pourraient être utilisées pour développer l’agriculture biologique et construire un centre de recherche et d’innovation.

 

 

 
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Justice S'informer

L’écotartuffe de Gonesse au bord de la crise d’hystérie – 22/03/2019

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Sur Facebook le maire de Gonesse « pète un câble » 3 jours après l’annulation de la révision du PLU qui devait autoriser EuropaCity et l’urbanisation du triangle.

 

Le billet de (mauvaise) humeur que le maire de Gonesse a publié le 15 mars dernier sur sa page Facebook ( à lire ICI ) en réaction à une décision de justice est bien peu conforme à l’exemple que le premier magistrat de la ville se doit de donner à ses concitoyens.

Article mis à jour le 22 mars 2019

Si les décisions du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sont constamment favorables aux opposants à EuropaCity, Monsieur le maire de Gonesse ne devrait-il pas plutôt s’interroger sur l’incohérence de ses prises de position ?

En effet, voilà un maire qui dénonce l’augmentation des nuisances sonores que provoquerait l’extension du terminal T4 de l’aéroport Charles de Gaulle, alors que l’équilibre économique d’EuropaCity dépendrait d’une augmentation du trafic aérien liée à l’afflux de clients. De deux choses l’une, soit le projet « marche » et on augmente le trafic aérien et, par conséquent, on justifie le T4, soit le projet ne marche pas et alors « adieu veaux vaches, cochons, couvées ».

Si monsieur Blazy croit au projet et à ses promesses d’emploi, il ne peut que souhaiter l’augmentation de la capacité de l’aéroport, en sacrifiant si nécessaire le confort acoustique des riverains. Concernant ce dernier point,  la révision du PLU aurait en effet également rendu constructible des parcelles jouxtant le triangle de Gonesse qui auraient accueilli 500 logements, alors même que, comme l’a souligné le tribunal, cette zone est  en zone C, la plus exposée aux nuisances aériennes. Monsieur Blazy a bien gagné le surnom « d’Ecotartuffe », dont nous l’avons affublé le 13 mars dernier dans notre compte-rendu du jugement du 12 mars – à lire ICI.

 

Ce qui disqualifie aussi le maire de Gonesse, c’est sa dérision envers ceux qu’il qualifie « d’écologistes intégristes » et « chevaliers du bio » qui n’auraient, selon lui,  aucune considération pour les besoins du territoire.

Si la vision de monsieur Blazy était moins limitée dans l’espace et dans le temps,  il verrait ces milliers de manifestants – en grande majorité des jeunes – qui réclament que soient enfin prises des mesures sérieuses pour lutter contre le réchauffement climatique, contre l’emploi criminel de pesticides qui altèrent la santé des populations, contre la famine que prépare pour les générations futures la destruction des terres agricoles. Plutôt que de déverser sa hargne sur un site Facebook, aurait-il le courage d’argumenter avec eux son projet, lui qui ambitionne de participer activement  au réchauffement par l’implantation d’une structure pharaonique qui concentrerait sur 80 hectares l’empreinte carbone d’une ville comme Clermont-Ferrand ?

Et c’est sur ces différents points que le tribunal administratif a statué : il relève « une erreur manifeste d’appréciation » concernant l’impact sur l’environnement, et y ajoute deux points inédits jusqu’alors : la perte des meilleures terres agricoles d’Ile de France et l’absence de certitude des créations d’emploi.

 

Mais il est trop facile de faire fantasmer les hommes politiques en leur promettant de créer des emplois et le maire de Gonesse ne fait pas exception.

Qu’on ose mettre en doute une capacité de création nette d’emplois qui ne repose sur aucune étude sérieuse tant en ce qui concerne les emplois créés que ceux qui seraient détruits ailleurs par la seule existence d’EuropaCity, on est immédiatement accusé par le maire de Gonesse d’être un « écologiste intégriste », opposé à « toute tentative de développement par le privé ». Un « privé » qui, par ailleurs, ne se priverait pas de faire assumer par l’argent public la réalisation d’infrastructures de transport dont le projet aurait besoin, en particulier la construction d’une gare qui, à près de deux kilomètres de la première habitation, assurerait exclusivement la desserte d’EuropaCity, mais ne servirait nullement à désenclaver le territoire, si tant est que celui-ci soit réellement enclavé. Alors, quelque part dans ses accusations, monsieur Blazy ment par omission, pour imposer une vision de court terme : des emplois maintenant – mais combien et pour qui – et peu importe ce qui adviendra dans dix ans.

 

Quant à l’envolée lyrique sur « l’agriculture intensive qui prospère sur le cadavre des projets abandonnés », elle montre bien la psychorigidité du maire qui n’est pas capable d’imaginer une autre agriculture que celle qui règne aujourd’hui sur ces terres et  refuse de s’intéresser à  notre projet alternatif CARMA.

Et pourtant le projet CARMA est un projet  d’économie circulaire qui a pour ambition d’exploiter la terre avec des moyens écologiques, en privilégiant les cultures maraîchères plutôt que les cultures céréalières et en pratiquant le recyclage plutôt que l’accumulation de déchets.

La rénovation du territoire passe par des projets de ce genre, plutôt que par des projets de bétonisation  qui, tôt ou tard, eux, finiront en friche industrielle. Mais, enfermé dans sa logique de court terme, le maire de Gonesse ne peut pas – ou ne veut pas – le comprendre.

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Climat-Sols-Environnement PLU, ZAC, débat public S'informer

Après l’annulation de la révision du PLU de Gonesse, Monsieur le Maire de Gonesse s’affirme comme l’écotartuffe en chef du Grand Roissy !

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Aussitôt connu le délibéré du tribunal administratif de Cergy-Pontoise annulant la révision du PLU de Gonesse voté en septembre 2017

le Maire Jean-Pierre BLAZY s’est empressé de publier un communiqué de presse vengeur à la conclusion digne du GUINNESS DE LA TARTUFFERIE.

Article modifié le 14 mars 2019

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, voici cette conclusion  :

« J’attends que l’écologie politique et associative s’engage avec moi contre les nuisances aériennes et en particulier contre les vols de nuit dans le contexte de l’extension de l’aéroport de Roissy. Où est la cohérence de s’opposer à un projet de développement durable avec un moyen de transport propre (métro), créateur d’emplois et d’attractivité économique et culturelle pour le territoire et de ne pas s’opposer à la construction d’un nouveau terminal qui va augmenter à terme de 38% le trafic aérien (+500 avions par jour) ? »

Comment osez-vous écrire que les opposants à EuropaCity seraient favorables à l’accroissement  du trafic de l’aéroport de Roissy, alors que depuis la création en 2011 du Collectif pour le triangle de Gonesse et contre le projet EuropaCity, nous n’avons eu de cesse de montrer en quoi la croissance continue du transport aérien entraîne inévitablement une dégradation des conditions de vie des riverains.

Et pendant tout ce temps vous usiez de vos pouvoirs de Maire et de député pour accompagner toutes les extensions de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle avec des discours, écrits et rapports parlementaires à seule fin de mystifier l’opinion publique avec des appels à « réconcilier développement aéroportuaire et qualité de l’environnement » ( cf. par ex. votre rapport de mars 2016 remis à Madame Ségolène ROYAL, Ministre de l’Environnement ).

Ces dernières semaines dans le cadre de la concertation sur le projet de construction du T4, de nombreux articles de presse et reportages télévisés ont noté les interventions des représentants du CPTG contestant les promesses illusoires d’ADP parlant de « 50.000 emplois directs et 225.000 emplois soutenus ». En  nous appuyant sur une étude qui fait autorité de Jacqueline Lorthiois, nous avons contesté le rapport de concertation  établi par ADP dans lequel il est annoncé que l’activité de Roissy-Charles-de-Gaulle générait 90 190 emplois directs en 2016. En réalité, entre 2009 et 2015, c’est 20 000 emplois qui ont été perdus puisque le chiffre est passé de 94.000 à 74.000 emplois direct. Dans le même temps, le nombre de passagers a augmenté de 8 millions. Ainsi nous avons fait la démonstration que depuis 10 ans quand le trafic aérien augmente, le nombre d’emplois diminue !

Qui ne se souvient qu’en 2014, pendant Alternatiba Gonesse, alors que nous manifestions devant sa mairie, Jean-Pierre Blazy était retranché dans ses bureaux et le teint blême nous traitait de « groupuscule » devant une caméra de France 3 ?

Pauvre Jean-Pierre qui se croit en plein film d’horreur, parce qu’à force de se rassembler sous la pluie sur le Triangle de Gonesse, tels les Gremlins du film éponyme de 1984, ses opposants se sont reproduits au contact de l’eau et commencent à dévorer son beau projet de ville artificielle logée dans une ZAC devenue virtuelle parce que conditionnée à un PLU sans valeur depuis le jugement du 12 mars.

Allons Jean-Pierre vous ne pouvez avoir oublié que c’est à votre invitation et dans vos locaux à la Mairie de Gonesse que le 14 octobre 2010 Monsieur Dalstein, alors directeur de la filiale immobilière du groupe Auchan – ex-Immochan, actuel Ceetrus – est venu présenter le projet EuropaCity qui :

  • misait alors sur 106 millions de touristes internationaux arrivant en France en 2020 ;

  • et décrivait EuropaCity comme « équipement de qualité architecturale exceptionnelle, porte d’entrée dans le Grand Paris depuis l’A1 et l’aéroport de Roissy-CDG ».

Et dans vos archives vous ne pouvez pas avoir égaré la plaquette sur papier glacé d’EuropaCity datée d’avril 2010, réalisée par JBL Com et Cie et « préfacée » par Vianney Mulliez qui :
  •  prédisait avec beaucoup de jubilation que 106 millions de touristes internationaux arriveraient en France en 2020 (p. 9 « L’évolution du tourisme mondial ») ;
  • et annonçait en page 57 pour EuropaCity « Des potentiels de fréquentation importants : Un potentiel touristique diversifié, généré par les touristes du monde entier. Le marché du tourisme et du loisir européen est une industrie de 300 milliards d’euros qui compte environ 500 millions de touristes par an. Ceci constitue un potentiel très significatif de croissance sur le long-terme. Plus les visiteurs viendront de toute l’Europe, plus cette diversification sera positive pour la pérennité du projet. Au-delà de l’Europe, il faut regarder du côté des marchés émergents : les pays de l’Est, la Russie, le Moyen-Orient, la Chine (…). Une attractivité touristique importante. Le projet dans son dimensionnement tel que présenté, devrait générer 30 à 40 millions de visites par an. 40 % à 50 % des visiteurs seront des touristes français et internationaux ».

 

On savait déjà qu’EuropaCity misait sur le développement du trafic aérien de Roissy pour augmenter sa fréquentation, mais on ignorait que le supporter n° 2 d’EuropaCity qu’est Jean-Pierre Blazy – après le n° 1 qu’est Vianney Mulliez lui-même – se présente désormais comme un opposant au développement de ce trafic aérien qui est le principal argument de vente du projet EuropaCity.

Et oui, Monsieur le Maire, les électeurs à Gonesse comme ailleurs en ont plus qu’assez des nuisances aériennes, du bruit des avions nuit et jour, des risques pour la santé des habitants que le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a parfaitement notés dans son jugement.

Mais alors, Monsieur Jean-Pierre Blazy, pourquoi dans le même communiqué osez-vous annoncer que vous faites appel du jugement qui justement a fondé sa décision d’annulation de la modification du PLU en ce que cette modification était incompatible avec les plans d’exposition au bruit des aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et du Bourget ? En effet, la construction de cinq-cents nouveaux logements entraînerait une augmentation significative de la population exposée au bruit dans la zone concernée.

 

Pourquoi donc faire appel du jugement annulant la révision du PLU, si ce n’est parce que vous,  Jean-Pierre Blazy, vous vous moquez du monde !

 

Vous prenez vos concitoyens pour des imbéciles, alors que VOUS N’ÊTES QUE L’ÉCOTARTUFFE EN CHEF DU GRAND ROISSY !

 

Pour en savoir plus :

  • Voir le texte intégral du jugement du Tribunal administratif ICI. Notez bien le grand nombre et l’importance et des moyens invoqués (attendus 8 et 10, pp. 7 et 8) par le Tribunal à l’appui de sa décision d’annulation.
  • Voir notre dossier PLU ICI, notre Communiqué de presse du 12 mars  ICI et l’article de Fabrice CAHEN pour l’Écho régional et La Gazette du Val d’Oise ICI
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Agir S'informer

Belle affluence au meeting du 20 février 2019 à Paris

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F  O  R … M  I … D  A … B  L  E    !

1300 personnes présentes, la salle Olympe de Gouges pleine à craquer pour assister au meeting « Terres fertiles contre projet stérile … toute la vérité sur les projets CARMA et EuropaCity »

Publié le 6 mars 2019

 

Avec Hervé KEMPF Directeur du journal numérique Reporterre, animateur de la soirée, et à la tribune :

Julien Vermignon Président de l’Association locale « Nous Gonessiens », François Vauglin Maire du 11e arrondissement de Paris, Marie Toussaint Fondatrice de « Notre Affaire à Tous », Jean-Yves Souben, Vice-président du CPTG, Florent Sebban Maraîcher, Marie-Monique Robin Journaliste, écrivaine, réalisatrice, Maud Rémy-Granger Professeur Lettres Modernes, écrivaine, Olivier Razemon Journaliste, Dominique Potier Député, Bernard Loup Président du CPTG, Jacqueline Lorthiois Urbaniste, socio-économiste, membre fondatrice du CPTG Emily Loizeau Auteure, compositrice, interprète,  Corinne Lepage Avocate, ancienne ministre, Stephen Kerckhove Délégué général Agir pour l’Environnement, Steven Januario Rodriges Association locale « Nous Gonessiens », Yannick Jadot Député européen, Fabien Gay Sénateur, Marc Dufumier Ingénieur agronome, Marie Desplechin Journaliste, écrivaine, Gilles Clément Jardinier, paysagiste, Julien Bayou Conseiller régional Ile-de-France, Delphine Batho Députée, ancienne ministre, Clémentine Autain Députée, Étienne Ambroselli avocat du CPTG.

Retrouvez la vidéo des 24 intervenant-e-s de la soirée enregistré-e-s par Emilie Carpentier ICI et visitez le site Internet du groupement CARMA, un projet de transition écologique à partir du Triangle de Gonesse : ICI.

 

Articles de presse à découvrir :

 

MERCI A TOU-TE-S.

Rendez-vous les dimanches 10 mars et 31 mars sur le potager du triangle de Gonesse, pour soutenir les plants et graines en sursis jusqu’au 30 juin.

 

Retrouvons-nous encore plus nombreux sur le triangle

samedi 18 et dimanche 19 mai

pour LES 24H DE GONESSE

3ème fête des terres de Gonesse

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Alimentation Climat-Sols-Environnement S'informer Sols Territoire et banlieues

Au salon de l’agriculture le président E. Macron déclare-t-il la guerre à l’artificialisation des terres agricoles ? – 25/02/2019

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ZÉRO ARTIFICIALISATION NETTE  ≠  ZÉRO ARTIFICIALISATION !

 

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse se réjouit des paroles du président E. Macron contre « l’artificialisation des terres » dans son discours d’inauguration du Salon de l’agriculture samedi 23 février.

Cependant nous nous méfions très fortement de l’expression « zéro artificialisation nette » parce qu’avec le projet EuropaCity des groupes AUCHAN-WANDA nous ne connaissons que trop la possibilité accordée aux champions des grands projets inutiles de s’acquitter de cette exigence légale en compensant simplement la destruction de terres agricoles par des promesses qui ne sont que des leurres.

C’est exactement ce que le CPTG dénonçait le 2 juin 2018 sur la place de la République à Paris où s’exposait déjà un tel outil de pseudo-compensation nommé « Happy Vallée » ! Voir notre article : Happy Vallée, le faux nez d’EuropaCity.

A Notre-Dame-des-Landes aussi, Vinci a tenté d’obtenir son aéroport grâce à un simulacre de programme de compensation qui ne trompait personne.

 

EXTRAIT DU DISCOURS DU PRÉSIDENT MACRON

 

Source : http://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/02/23/salon-agriculture

23 février 2019 – Seul le prononcé fait foi

(…)

 » Une société qui ne valorise pas le travail de la terre qui ne veille pas sur celles et ceux qui cultivent, qui élèvent, c’est une société en danger de mort, c’est une société qui construit les conditions pour ne pas pouvoir se nourrir elle-même dans un monde de plus en plus incertain et donc anticiper puisque c’est le troisième principe d’action que je vous propose au niveau européen, c’est anticiper le renouvellement des générations et la bataille indispensable que nous devons mener pour ce faire.

On sait ce qui bloque aujourd’hui : c’est l’accès à la terre agricole en raison de deux phénomènes.

 

  • Le premier, l’artificialisation des terres : la France, pour ne parler que d’elle, a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années. Pour y remédier, nous avons fait ce choix radical avec le gouvernement de viser le « zéro artificialisation nette » et donc, nous sommes en train de voir comment tenir cet engagement en particulier dans nos politiques d’urbanisme. C’est un véritable défi parce qu’il vient à rebours de tout ce que nous avons fait depuis des décennies ou si nous regardons l’évolution de nos villes ou plus exactement des périphéries de nos villes, nos villages, nous n’avons cessé de grignoter les terres agricoles pour ouvrir des zones commerciales, des zones industrielles et des zones de logistiques. Il faut rompre avec cette pratique et là aussi, le combat agricole est pleinement réconcilié avec le combat écologique parce que cette extension progressive est mauvaise sur le plan environnemental et donc le zéro artificialisation nette, c’est un vrai changement de l’organisation de notre urbanisme et de nos pratiques.

… »

 

Mais le gouvernement a un bon moyen de lever nos craintes : annuler le permis de construire de la gare en plein champ du Triangle de Gonesse et renoncer au recours engagé contre la décision du Tribunal administratif de Cergy annulant le décret préfectoral autorisant la création de la ZAC de Gonesse sur des terres agricoles qui sont parmi les meilleures d’Île-de-France.

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CARMA-Projets alternatifs Climat-Sols-Environnement S'informer

Les vœux du CPTG pour l’année 2019

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A toutes et tous, belle et heureuse année 2019 !

Nous ne vous remercierons jamais assez pour votre inébranlable soutien. Votre générosité est vitale pour nous aider à rémunérer les avocats qui ont fort à faire pour nous accompagner dans toutes les procédures qui nous opposent aux groupes Auchan et Wanda et à leurs complices.

Avec vous, nous allons poursuivre en 2019 notre action visant à préserver les terres agricoles du triangle de Gonesse de toute nouvelle forme d’urbanisation et nous continuerons ainsi de participer au mouvement général des peuples en lutte pour une société plus juste, plus solidaire et plus respectueuse de l’humain, de la vie et de la planète.

En 2019, comme en 2018, soyons le grain de sable qui bloque la machine folle des rois de l’hyperconsom-mation destructrice des biens communs que sont les commerces de centre-ville et les terres agricoles péri-urbaines. Que 2019 soit l’année de l’abandon de tous les projets écocides – dont l’aberrant EuropaCity et « le quartier d’affaires international » du Triangle de Gonesse !

LP / Louis Mbembe « Gonesse, dimanche 18 mars 2018. Des grains d’orge pour enrayer l’urbanisation du Triangle de Gonesse. L’Établissement public foncier d’Ile-de-France les avait sommés de quitter les lieux il y a quelques jours. En réponse, des membres du collectif défendant les terres agricoles sont venus hier planter de l’orge. »

Telle est la 6ème photo du diaporama mis en ligne le 19 déc. 2018 par le journal LE PARISIEN pour illustrer les principaux événements de l’année 2018 en Val d’Oise. Voir les autres photos ICI.

Voir aussi le reportage réalisé en 2018 par Hortense Chauvin, étudiante à Sciences-Politiques-Paris, publié le 21 déc. 2018 sur le site du magazine SOCIALTER en cliquant : ICI

– – – – – – – –

Pas de comparution immédiate pour la famille Mulliez

Pendant que les gilets jaunes se plaignent de ne pas pouvoir boucler leurs fins de mois et que de nombreux manifestants passent en comparution immédiate, la famille Mulliez porteuse du groupe Auchan, va bénéficier d’une année de plus de la lenteur administrative des tribunaux. En savoir plus ICI. Qui a dit « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?

Auchan a besoin de vous !

Alors qu’Auchan continue à faire miroiter des milliers d’emplois qu’ils pourraient créer dans un futur aussi hypothétique que lointain si les autorités publiques et les élus consentent à leur accorder le privilège de faire main basse sur les bonnes terres agricoles du Triangle de Gonesse, cette grande enseigne annonce fièrement son intention de tester en 2019 les magasins sans personnel.

D’après les informations de France Info (voir ICI), un magasin “Auchan minute” ouvert 24h/24 et sans le moindre personnel à l’intérieur, va être testé en France à Villeneuve d’Ascq en mars 2019. Le groupe Auchan compte déjà plus 700 magasins de ce type sur le territoire chinois.

Message posté le 27 décembre par Sam Sieder sur sa page Facebook : http://www.facebook.com/sylvain.kadri/posts/2292885414076261

Montrons à la famille Mulliez qu’en 2019 une campagne de pub peut en cacher une autre plus réussie !

Alors que les partisans d’EuropaCity multiplient les communiqués de victoire suite à la déclaration d’utilité publique signée par le Préfet du Val d’Oise, nous préférons nous réjouir du beau succès rencontré par la pétition http://laffairedusiecle.net/ initiée par 4 associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France qui se proposent d’attaquer l’État français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vies, nos territoires et nos droits.
Avec près de 2 millions de signatures en quelques semaines, cette pétition est en train de battre tous les records. Cette réussite surprise n’est-elle pas le signe que les idées que nous portons avec tant d’autres commencent à faire leur chemin et que l’empressement du Préfet à signer la DUP en faveur du projet EuropaCity pourrait bien n’être qu’une tentative désespérée de faire pression sur des tribunaux de moins en moins enclins à s’incliner devant une raison d’État qui se confond de plus en plus avec la défense de lobbies privés au détriment de l’intérêt général.

Un chariot de supermarché, dans une rivière sale. Les collapsologues envisagent l’effondrement, à court terme, de la civilisation industrielle. (FHM / MOMENT RF / GETTY IMAGES) – Pour en savoir plus, voir ICI.

Visitez le site internet du groupement CARMA, un projet de transition écologique à partir du Triangle de Gonesse : ICI.

Pour aller plus loin, voir nos articles du :

 

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RASSEMBLEMENTS ET MARCHES POUR LE CLIMAT

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Les marches pour le climat du 8 septembre, 13 octobre et 8 décembre 2018 et les rassemblements du 27 janvier 2019 ont été suivies par plusieurs centaines de milliers de personnes en France et dans le monde. La pétition de soutien à l’Affaire du siècle qui assigne le gouvernement en justice pour son inaction climatique a recueilli 2 127 545 signatures en quelques semaines.

 

Pourtant, les constats sont les mêmes après 5 mois de mobilisations historiques :

    • La France a augmenté ses émissions de CO2 de 3,2 % en 2018
    • Les espèces sauvages continuent à disparaître dans l’indifférence générale
    • La COP24 en décembre 2018 a été un fiasco de plus
    • Le gouvernement prélève une taxe carbone depuis 2014 et en affecte moins de 20% à la transition écologique
    • Sur le Val d’Oise plusieurs projets mettent à mal notre écosystème : bétonnisation des terres agricoles avec Port Cergy 2, construction d’un dépôt de type Seveso à Puiseux – menaces pour la biodiversité – artificialisation des sols avec EuropaCity, etc.

 

Le changement du système ne pourra se faire qu’avec un engagement de long terme que le gouvernement n’a pas même amorcé. Préparons ensemble les moyens de la transition vers plus de justice climatique et sociale.

 

Sur le même thème, voir nos articles du :

 

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SONDAGE EUROPACITY : CEETRUS ET AUCHAN EN FLAGRANT DÉLIT DE PUBLICITÉ MENSONGÈRE !

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Ce qui est présenté comme un « sondage » est en réalité une « propagande » ou une « publicité » financée par le Maître d’ouvrage.

Contesté de toute part, le projet EuropaCity poursuit sa propagande désespérée qui s’apparente à la course sans avenir d' »un canard sans tête ».

Ces derniers mois AUCHAN et son agence de publicité immobilière CEETRUS ont largement communiqué autour d’un sondage qui démontrerait « un large soutien populaire des habitants du territoire pour le projet EuropaCity » qui serait « considéré comme moteur pour l’économie et l’emploi tout en agissant positivement sur l’image du territoire » (sic !).

 

1/ Comment sont recrutés les interviewés ?

 

a/ Quelles caractéristiques de l’échantillon ?

Dans un sondage, on prend un échantillon dit « représentatif » selon les caractéristiques de la population INSEE.

Il faudrait déjà savoir quelle est la base des caractéristiques des personnes interrogées. On parle de la population française « en général », des caractéristiques de l’Ile-de-France et de celles du territoire interrogées ? Dans quelles proportions ? Ici, il faudrait plutôt que cela reflète les habitants interrogés du territoire. On n’a pas accès à ces données. Quelle est la proportion de ceux qui reflètent le territoire ou l’IDF ? Par exemple, le taux de chômage est élevé dans le territoire : dans quelle proportion est choisi le % de chômeurs local ou celui de l’IDF qui est bas ? Si on interroge des CSP + (% fort en IDF), ils ont les moyens d’aller à EuropaCity et de financer un logement avec un minimum de nuisances de bruit.

 

b/ Autre question clé : quel territoire ?

Apparemment, on prend toujours le même périmètre : les 22 communes du Grand Roissy. ça veut peut-être dire que si on prenait les 50 communes des 2 intercos Roissy-Pays de France et Terres d’envol, on n’aurait pas le même enthousiasme ? On dit que ce sont les gens de proximité qui sont POUR, alors que d’habitude ce sont les gens à proximité qui sont CONTRE. Et si la vérité était ailleurs ? Ce type de sondage se contente en fait de recueillir les effets sur les personnes vivant à proximité -c’est-à-dire à l’Est du Val d’Oise- de l’intense propagande de la commune et de son Maire M. Blazy et du Conseil départemental du Val d’Oise. Donc rien d’étonnant.

 

c/ Ensuite, le nombre.

Il y a beaucoup plus de personnes interrogées (4000) alors qu’auparavant c’était 1000 et des poussières. Pourquoi ce changement de nombre ? On peut penser qu’on prend plus de gens pour en trouver davantage qui soient POUR. Autre interprétation – non incompatible – c’est que ce sondage est un moyen de communiquer et de faire de la pub sur le projet et donc, plus l’échantillon est grand, plus on touche de personnes avec cette pub.

 

d) Qui est interrogé ?

On ne sait pas non plus si on reprend une partie des mêmes personnes (et à ce moment-là, pas étonnant qu’ils connaissent le projet) ou si ce sont des gens différents.

Sur toutes ces questions, on n’a pas de réponses. En l’absence de réponses, nous pouvons imaginer tous les biais statistiques possibles. La simple recherche d’une vérité statistique exigerait un sondage non payé par le Maître d’ouvrage et réalisé selon les règles de transparence et de sincérité propres à des sondages dignes de ce nom.

 

2/ Un  seul enseignement à retenir : la notoriété d’EuropaCity

Elle progresse, rien d’étonnant. Et c’est aussi grâce à nous !

La méthode consiste à demander aux interviewés s’ils connaissent EuropaCity. Et s’ils ne connaissent pas le projet, on les informe. Évidemment, en faveur du projet, puisque c’est EuropaCity qui finance !

Si l’on en croit les chiffres, 40 % ont entendu parler du projet ; d’où l’on peut déduire que la campagne de sondage contribue à faire la pub du projet EuropaCity auprès des 60 % restants. Puis,  à cet ensemble qui a bénéficié de la propagande d’un commanditaire « juge et partie » à l’opposé d’une information honnête et contradictoire (même si on prend la précaution de faire croire à la neutralité de l’organisme missionné par CEETRUS et AUCHAN), on pose un certain nombre de questions.

Les réponses sont donc totalement biaisées et n’ont aucune valeur ni scientifique ni démocratique.

 

Conclusion

Curieusement, au moment du débat public, la CNDP a conclu à « des positions totalement inconciliables » et aujourd’hui 80 % des habitants seraient POUR ? Quel retournement spectaculaire en pleine actualité des « gilets jaunes » !

Ce n’est pas ce qu’on voit dans les ronds-points ! Au moment où se manifeste la colère grandissante contre les « fins de mois difficiles » et « les écarts de richesses », on voudrait nous faire croire qu’une population modeste habitant le territoire approuverait la création d’un centre soi-disant de « loisirs et de culture » et n’aspirerait qu’à faire du ski et à dépenser l’argent qu’elle n’a pas dans des boutiques de luxe amenées là par un grand groupe passé maître dans l’art de l’évasion fiscale !

Allons, on est en pleine publicité mensongère !

Voir aussi notre Communiqué de presse du 19 janvier 2019 : « EuropaCity : après les fake news, les fake sondages !  » : ICI

 

Note à propos d’ODOXA, l’institut de sondage qui a reçu commande de cette pseudo-enquête

Les deux fondateurs d’Odoxa sont des anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et le fonds d’investissement Rothschild sont actionnaires. Aujourd’hui le principal actionnaire d’Odoxa est Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de Le Parisien-Aujourd’hui en FranceNicolas Bazire, administrateur de LVMH et de l’institut de sondage IPSOS est aussi gérant associé de la Banque Rothschild … comme le fût Emmanuel Macron de 2008 à 2012 avant de devenir Président de la République.

Rappelons qu’en 2017 ODOXA -dans un sursaut d’éthique professionnelle- avait eu le courage de poser la question qui fâche : « Les opposants au projet EuropaCity lui reprochent (notamment) de sacrifier des terres agricoles situées sur le Triangle de Gonesse (entre Roissy-Charles de Gaulle et le Bourget) pour les urbaniser. Trouvez-vous leurs inquiétudes justifiées ? » Et là, la réponse était sans ambiguïté : 78 % des Franciliens et 76 % des Français trouvaient ces inquiétudes justifiées … Comme par hasard le sondage réalisé un an plus tard et publié le mois dernier a soigneusement évité de poser ce genre de questions ! Devinez pourquoi ?

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Justice-Procédures en cours PLU, ZAC, débat public S'informer

PLU de Gonesse : le rapporteur public requiert l’annulation !

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Audience du tribunal administratif de Cergy du 28/01/2019 – Le rapporteur requiert l’annulation totale de la révision du PLU de Gonesse !

 

Quatre requérants ont demandé l’annulation de la délibération du conseil municipal de Gonesse du 25 septembre 2017 approuvant la révision du Plan Local d’Urbanisme de la commune.
Il s’agit :

  1. de France Nature Environnement (FNE) avec le CPTG et d’autres Fédérations ou Associations : Val d’Oise Environnement (VOE), France Nature Environnement Ile-de-France, les Amis de la terre Val d’Oise (ATVO), Des terres, pas d’hypers ! (DTPH!), Les Amis de la Confédération paysanne, Mouvement national de lutte pour l’environnement-Réseau homme et nature-Comité départemental (MNLE93), Environnement 93-Union des associations d’environnement de Seine-Saint-Denis, les Amis de la terre France (ATF).
  2. de la CAPADE d’Aulnay-sous-Bois,
  3. de M. Jacques Proix, exploitant à Gonesse,
  4. du centre commercial Aéroville ( qui comprend un supermarché Auchan ! )

A l’audience, le rapporteur public a demandé une annulation totale de la révision du PLU de Gonesse rejoignant ainsi la multiplicité des avis défavorables ou sous réserve que la commune a essuyés. Comme on pouvait le prévoir, il a rappelé à plusieurs reprises les conclusions motivées du Commissaire enquêteur  qui avait rendu à l’issue de l’enquête publique le 30 juillet 2017 un rapport particulièrement défavorable à la révision du PLU (voir ICI et pour le rapport complet ICI).

Il lui semble que « la commune de Gonesse illustre parfaitement la volonté qui caractérise hélas bien des communes d’ile-de-France d’un toujours plus d’urbanisation et de développement économique au détriment des zones naturelles et des espaces de biodiversité sans que soient clairement identifiés les impacts bénéfiques de ce développement qui se fera nécessairement au détriment d’autres zones, qui deviendront alors sous-qualifiées, notamment d’autres zones commerciales. La bétonneuse folle s’emballe sans qu’on ait vraiment justifié pourquoi et on ne sait  où elle s’arrêtera. »

Le rapporteur a exposé ensuite les motifs dans un long et détaillé exposé d’une heure :

I. Insuffisance alléguée du rapport de présentation et de son évaluation environnementale qui ne permet pas au public de se faire une opinion.

1.1. Notamment, le rapport n’explique pas la rentabilité économique du projet. Avec 800 000 m2 de bureaux alors que la vacance est avérée alentours, avec de nombreux commerces alors que les centres commerciaux voisins déjà nombreux s’inquiètent de la concurrence, il ressort que l’analyse des besoins de ce projet n’est pas étayée. « Le projet du PLU de Gonesse ressemble à un canard sans tête qui poursuit sa route quoi qu’il arrive sans comprendre pourquoi ni savoir pour où, l’essentiel étant d’urbaniser à tous prix un territoire dont on a décidé qu’il devait l’être. « 

1.2. Le rapport ne justifie pas le choix du triangle de Gonesse au regard des solutions de substitution raisonnables. Il n’examine pas de possibilités alternatives sérieuses. Aucune solution réelle de substitution n’a été examinée alors que les plaignants mentionnent la friche de PSA.

II. Une erreur manifeste d’appréciation de la loi L.101-2 du code de l’urbanisme.

La loi prévoit un objectif d’équilibre entre développement urbain et préservation des espaces naturels et agricoles et forestiers. L’erreur manifeste découle de la consommation excessive et irréversible de terres agricoles dont la qualité exceptionnelle est reconnue de tous que ne contrebalance pas la création d’emplois qui selon le commissaire enquêteur est par ailleurs largement surestimée. Elle découle aussi de l’absence de prise en compte des équipements dans les communes limitrophes en matière de centres commerciaux, de centres d’affaires et de centres de loisirs. L’erreur manifeste découle également de l’absence de justification économique au projet soulevée par les quatre requérants et aussi eu égard à l’exposition prolongée des futures populations travaillant sur le triangle au bruit des avions.

3- Le PLU n’est pas compatible avec le SDRIF qui demande que 400 ha de terres agricoles soient préservés dans la partie nord du triangle en cas d’urbanisation de sa partie sud.

Le rapport de l’Autorité Environnementale (AE) fait état de seulement 368 ha de terres agricoles préservées. La lisière agricole de 23 ha avancée par la commune ne peut pas être considérée comme à vocation agricole mais plutôt comme une zone transitionnelle qui sera en partie accessible au public pour de l’évènementiel.

Après cela, le rapporteur a écarté la légitimité d’une trentaine d’autres moyens invoqués par les requérants. Il a notamment écarté le motif que la commune aurait du échanger avec les communes voisines.

Maitre Ambroselli, l’avocat du CPTG -et des autres Fédérations et Associations requérantes à nos côtés- a ensuite pris la parole pour rappeler la dimension régionale, voire nationale du projet d’aménagement qui -en l’absence de SCOT- aurait dû pousser la commune à échanger avec ses voisines même . Il a par ailleurs rappelé que selon l’article L101-2 du code de l’urbanisme invoqué par le rapporteur public, les objectifs d’équilibre devraient être évalués au regard des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effets de serre affichés par le gouvernement. La ville parle en effet de cet aménagement comme d’un « corridor aéroportuaire » et il est bien évident qu’une partie significative des visiteurs de la ZAC et d’EuropaCity y viendraient en avion. Ce motif, selon Maitre Ambroselli, est tout aussi important que la destruction des terres agricoles, même si son invocation semble n’avoir que peu d’effets juridiques.

Une dizaine de sauveteur-e-s des terres de Gonesse étaient présents devant le Tribunal pour informer les passants des enjeux de l’audience en cours à laquelle assistaient une autre dizaine d’ami-e-s.

En réponse, l’avocat de la commune de Gonesse explique que les insuffisances du rapport ne sont pas juridiques mais politiques. En somme, la commune, pour des raisons politiques, était alors incapable de le compléter, car elle n’avait d’autre possibilité que de localiser le projet sur le triangle. Il explique aussi que la commune a « pris en compte » les avis de l’Autorité Environnementale (AE) et du commissaire enquêteur qui ne sont que consultatifs et n’ont pas de valeur juridique.
A propos des hectares manquant du carré agricole, l’avocat annonce que lorsque la commune a appris le sens des recommandations du rapporteur vendredi dernier (le 25 janvier), il y a eu un grande branle-bas de combat à la Mairie qui a tout de suite fait appel à un géomètre expert, d’ailleurs président de l’ordre national des géomètres, pour faire une nouvelle estimation. Celui-ci a trouvé  que le carré contiendrait 307 ha agricoles sur la commune de Gonesse et 188 hectares sur celle de Roissy, soit un minimum de 465 ha après avoir retranché la superficie des routes. L’avocat annonce verser cette nouvelle pièce au dossier, bien que l’instruction soit close depuis le 5 décembre 2018. Il développe ensuite une théorie complexe selon laquelle il y aurait une incompatibilité entre le SDRIF, le PLU et le code de l’urbanisme. Franchement, c’était difficile à suivre. « Je ne suis pas dans le syllogisme total, mais je vous la soumets » conclut l’avocat avant de demander une annulation conditionnelle et différée dans le temps sans annuler le PLU pour permettre à la commune de compléter son rapport afin de se mettre en conformité.

En clôture, la juge a annoncé un jugement avec lecture pour le 22 février 2019.

Pour tout savoir sur la modification du PLU de la ville de Gonesse, voir :

  1. 18 janvier 2018 : Les arguments retenus par le Commissaire enquêteur pour asseoir son AVIS DÉFAVORABLE à la modification du PLU
  2. 30 juin 2017 : L’Avis du CPTG sur le PLU de Gonesse remis au Commissaire enquêteur, M. Ronan HEBERT
  3. 23 août 2017 : Le rapport intégral du Commissaire enquêteur défavorable à la révision du PLU de la ville de Gonesse
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Emploi & Formation S'informer Transports-Grand Paris Express

Bêtisier d’EuropaCity 7. Transports : mobilité obligée ou déplacements évités ?

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Dans cet article Jacqueline Lorthiois dénonce l’absurdité de la création de nouvelles infrastructures de transport qui entraînent des déplacements toujours plus longs sans diminuer le taux de chômage élevé qui est le résultat dramatique mais logique de  politiques d’emploi totalement déconnectées des besoins de la main-d’œuvre locale.

Article déjà publié par Jacqueline Lorthiois dans son blog de déconstruction d’idées reçues sur l’emploi, la main-d’œuvre et les GPII : http://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/061218/betisier-deuropacity-7transports-mobilite-obligee-ou-deplacements-evites

6 déc. 2018 – Par J. LORTHIOIS

Dans des espaces dissociés (pôles d’emplois sans habitants, d’habitats sans emplois) on prétend recoudre la fracture territoriale par des transports inutiles, aggravant la situation sans la résoudre (faible mobilité des actifs, galère des réseaux saturés, pollutions)… Florilège d’idées reçues et contre-vérités, voulant justifier une politique obsolète, exprimée par la révolte des gilets jaunes.

Les partisans d’EuropaCity revendiquent une gare de la ligne 17 Nord du métro automatique du Grand-Paris-Express, au milieu des champs du Triangle de Gonesse, interdit à l’habitat en raison de son positionnement sous les courbes de bruit de deux grands aéroports. Un équipement indispensable au fonctionnement du méga-centre commercial et de loisirs porté par les groupes Auchan et Wanda, qu’ils s’obstinent à présenter comme une réponse aux besoins de transports du quotidien des habitants du territoire. Mais l’actualité récente démontre que les citoyens sont de moins en moins enclins à gober n’importe quelle fable, et à se laisser manipuler par des «faiseurs de rêve».

1ère idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse, « seul moyen pour le Val d’Oise d’entrer dans le Grand Paris »

 Cette affirmation totalement erronée, est répétée en boucle par les élus du Val d’Oise, aux côtés de l’ancien président du Conseil Départemental, désormais sénateur M. Bazin qui a fait voter à l’unanimité en octobre 2017 une motion pour réclamer le maintien du calendrier de la ligne (la mise en service de la gare serait reportée de 2024 à 2027 par le Premier ministre) : « Une seule gare du Grand Paris Express sur les 68 prévues desservira le Val d’Oise et celle-ci est planifiée sur le Triangle de Gonesse(1)». Cette gare prétendument « unique », « irremplaçable » serait censée constituer le remède miracle pour résoudre le problème du chômage relativement élevé du territoire (16, 8% à Gonesse, 17,5 % à Goussainville en 2013(2)). « La ligne 17 est essentielle au projet de développement de l’est du département, très défavorisé(1)» affirme encore Arnaud Bazin. Cette « pensée magique » ne tient pas une seconde : comme si accéder au pôle de Roissy dans 12 ans (2 gares programmées en 2030 !) constituait aujourd’hui une réponse crédible à l’urgence des situations des populations précaires !!

Par ailleurs, prétendre que le salut du Val d’Oise se limiterait à la seule desserte du pôle de Roissy traduit une vision réductrice, reflétant une méconnaissance complète de la géographie du département (ce qui est plutôt problématique pour des élus val d’oisiens). En effet, au lieu d’entrer dans le Grand Paris par la petite porte (obtention d’une gare de métro), on peut aussi y entrer par la grande porte, en adhérant à la «Métropole du Grand Paris » (MGP), car en 2015 les candidatures étaient ouvertes aux communes adjacentes à la petite couronne. Rattachement proposé à Roissy, 2ème aéroport européen, pôle métropolitain par excellence, se réclamant « porte d’entrée de la capitale ». Mais cette éventualité a été farouchement combattue par Patrick Renaud, président de la communauté d’agglomération « Roissy-pays de France » et par tout son conseil communautaire, sous des prétextes divers. Visiblement, l’intercommunalité ne souhaite pas partager les retombées financières du pôle aéroportuaire.

La situation est très différente au sud du 95. Lors des discussions préalables à l’élargissement du périmètre de la capitale, Argenteuil, 3ème ville d’Ile-de-France, a demandé et obtenu son rattachement à la MGP. Ainsi, depuis le 1er Janvier 2016, 110 000 habitants du Val d’Oise sont entrés de facto dans le Grand Paris. La commune candidate a été intégrée à l’Établissement Public Territorial T5 intitulé «Boucle Nord 92 », qui correspond à peu près au bassin de Gennevilliers. Venant ratifier une longue tradition d’échanges entre ces deux pôles complémentaires de tertiaire industriel, situés de part et d’autre de la Seine.

Sur la carte jointe (figure 1) du bassin de main-d’œuvre du pôle d’Argenteuil-Bezons, dessinée dans les années 90, on constate l’importance des liens historiques entre les deux rives industrieuses de la Seine, avec des flux d’actifs originaires des deux villes-sœurs localisées rive droite, à destination de la boucle de Gennevilliers et de la Défense élargie, situées sur la rive gauche d’en face.

Figure 1 © J. Lorthiois

Sur la deuxième carte jointe (figure 2), établie en 2012 par le bureau d’études CITEC dans le cadre des études préalables au Contrat de Développement Territorial «Boucle Nord 92»(3), on constate l’apport significatif des travailleurs originaires de la rive droite pour les entreprises du territoire gennevillois, notamment la ville d’Argenteuil qui fournit à elle seule 3500 actifs, sans compter les communes de son aire d’attraction.

figure 2 © CITEC

Comment expliquer alors une telle amnésie de la part des élus du Val d’Oise prétendant que la gare excentrée du Triangle de Gonesse constituerait leur seul espoir de rattachement au Grand Paris (en 2027 ? Et avec quelles garanties d’utilité pour les populations locales?), en négligeant l’existence de 110 000 Val d’oisiens intégrés depuis près de 3 ans dans la Métropole ? Il s’agit là d’une longue tradition du département de mise à l’écart du pôle d’Argenteuil et de son bassin, sans doute en raison de la singularité de sa plus grande ville, à la fois sur le plan urbain (zone agglomérée dense), social (tradition industrielle et ouvrière) et politique (restée en permanence à gauche jusqu’aux années 2000). Un département qui s’est longtemps pensé comme un territoire rural, boosté par deux pôles nouveaux de développement tertiaire, Cergy et Roissy, faisant l’impasse sur les 375.000 habitants de son bassin historique d’Argenteuil et sur la vaste zone résidentielle de la vallée de Montmorency, soit l’oubli de la moitié de la population du Val d’Oise.

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2ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse est indispensable aux populations actives locales

Rappel des faits. La gare du Triangle – au départ optionnelle –  a été confirmée en 2011, par suite de l’intervention de Vianney Mulliez auprès du président de la République, comme le relate une journaliste de Libération : « Auchan a l’oreille des pouvoirs publics. Propriété de la famille Mulliez, dirigé par Vianney Mulliez, neveu du fondateur Gérard, le groupe mène depuis toujours ses affaires dans la plus grande discrétion. (…) Les Mulliez ont bien compris le jacobinisme du pays et savent, que, pour un projet de cette taille, il faut commencer le démarchage par l’Élysée. Dès le début, Nicolas Sarkozy est enthousiaste(4)» Bien entendu, le groupe Auchan-Wanda qui a impérativement besoin d’une gare pour le fonctionnement d’EuropaCity, brandit l’argument que cet équipement en plein champ desservirait également les populations riveraines.

Or, il est coutume d’évaluer la capacité d’attraction d’une gare de transport en commun lourd (de type métro, RER, SNCF) en comptabilisant les habitants situés dans un rayon de 800 m autour de celle-ci(5). Le Triangle de Gonesse étant interdit à l’habitat (en raison des nuisances des deux aéroports de Roissy au Nord et du Bourget au Sud) et la gare prévue étant située au mieux à 1,7 km des logements les plus proches de la ville de Gonesse (mais à 6 km des plus lointains), la gare du Triangle a beau être située dans le département 95, elle ne présente guère d’utilité pour les résidents val d’oisiens. Au contraire, comme la corde soutient le pendu, le projet EuropaCity ne peut pas fonctionner sans une desserte de métro, mais aussi l’ensemble de la ligne 17 Nord ne peut se justifier sans la réalisation d’EuropaCity, car les autres besoins de trafic sont trop modestes. Dans le tableau ci-après, la DRIEA a évalué, pour les 6 gares prévues, les populations et les emplois desservis. Il convient ici de ne prendre en compte que la ligne 17 Nord, c’est-à-dire reliant la gare du Bourget-Aéroport à celle du Mesnil-Amelot (figure 3). On obtient un total de 70 000 personnes, dont une minorité seulement utiliserait les transports en commun, si l’on en croit la proportion observée chez les travailleurs du pôle de Roissy (10 à 15%), et même pour les 220 000 actifs de l’ensemble du bassin dit du «Grand Roissy» (42%). Or, il faut entre 200 000 et 400 000 flux/ jour pour justifier un transport lourd. Donc, sans la fréquentation prétendue du méga-centre de commerces et de loisirs porté par Auchan, il n’y aurait même pas assez de voyageurs pour alimenter une liaison de type tramway (capacité d’accueil de ceux des Boulevards des Maréchaux à Paris : 200 000 flux/jour).

Figure 3 © DRIEA- Préfecture d’Ile de France

Au total, l’arrêt « Triangle de Gonesse » représente une ardoise d’1 milliard d’euros à la charge du contribuable, dont un coude de 5 kms déviant la ligne 17 Nord le Bourget-Roissy, une gare d’interconnexion et un échangeur avec l’autoroute A1 dont la faisabilité technique sur l’axe le plus saturé d’Europe n’est pas assurée. Un rapport du CGEDD (6) estimait que l’implantation d’EuropaCity ferait passer le temps d’un trajet routier Paris-Roissy de 55 à 90 minutes… Tandis que l’éloignement des zones urbanisées laisserait présager une utilité très faible pour les populations de Gonesse, Arnouville ou Villiers-le-Bel. Ce coude ne serait pas sans conséquence, puisque la ligne d’abord en souterrain, devrait affleurer en surface à l’est de la gare du Triangle, avant d’effectuer le franchissement de l’autoroute A1 par un énorme viaduc en direction du Parc international d’expositions (PIEX) de Villepinte. Pourrait-on éviter un tel surcoût par un tracé plus direct ? Économiser la desserte du Triangle pourrait peut-être permettre d’atteindre Roissy dès 2027 et non 2030…

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a proposé un tracé alternatif de la ligne 17, ayant son embranchement avec la ligne 16 à la gare d’Aulnay/ Europe (carte figure 4). Ce qui présenterait l’avantage de structurer les deux lignes de métro 16 et 17 autour de la ville-centre d’Aulnay-sous-Bois (82 000 habitants) et de desservir les zones d’habitat de ses quartiers nord, éloignés du RER B. Rejoignant directement le Parc des Expositions, on économiserait ainsi 1 milliard de fonds publics consacrés à la desserte du Triangle et on éviterait un imposant ouvrage d’art sur l’autoroute A1.

Figure 4 © Collectif Pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Par ailleurs, la programmation régionale de transports en commun lourds ne se limite pas à la seule réalisation du Grand-Paris-Express. Il existe aussi un «Plan de Mobilisation de la région Ile-de-France» qui prévoit des lignes complémentaires. Et notamment le bouclage du tram-train 11 express plus connu sous le nom de « Tangentielle Nord » dont un seul tronçon Épinay-sur-Seine /le Bourget est actuellement en service (voir carte figure 5). Fonctionnant exclusivement en aérien, utilisant un tracé existant (ancienne Grande Ceinture) il suffirait de 800 millions pour 17 kms (dont 7,5 kms dans le Val d’Oise), dans des délais bien plus courts. Son achèvement permettrait la réalisation du tronçon ouest Sartrouville/Argenteuil/Épinay-sur-Seine, et du tronçon est vers Noisy-le-Sec. L’ensemble de la ligne 11 express desservirait 627 000 habitants, dont 27 quartiers de renouvellement urbain classés ANRU. Côté ouest, le tronçon traverserait des zones du Val d’Oise fortement urbanisées, avec deux gares remarquablement situées, l’une au cœur d’un des plus grands quartiers sensibles d’Ile-de-France, le Val d’Argent (50 000 habitants) et l’autre en plein centre-ville d’Argenteuil.

Figure 5 © BD -IAURIF

Dernier avantage : une liaison banlieue/ banlieue restant sur la même rive droite de la Seine, permettrait d’éviter deux traversées du méandre du fleuve formant goulot d’étranglement (dénoncé par les élus du Val d’Oise, qui réclament l’accélération des travaux de consolidation du pont autoroutier de Gennevilliers, dont un mur de soutènement s’est effondré).

La comparaison est sans appel : d’un coté on persiste à vouloir investir un milliard de fonds publics pour desservir le Triangle de Gonesse au bénéfice d’un projet privé et zéro habitant dans un rayon de proximité ; de l’autre on néglige un investissement de 800 millions pour achever le tram-train 11 express d’une capacité de 150 000 voyageurs/ jour, facilitant la vie de plus de 600 000 habitants dont 110 000 Argenteuillais, sans compter les dizaines de milliers d’habitants de son aire d’influence.

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3ème idée reçue : la gare du Triangle de Gonesse permettrait – enfin ! – aux habitants du Val d’Oise d’accéder aux emplois de Roissy

Un des arguments majeurs pour justifier cette gare, est qu’actuellement il faudrait aux habitants de l’est du Val d’Oise « passer par Paris pour aller à Roissy ». Tel est le leitmotiv des promoteurs d’EuropaCity, repris par la plupart des élus du département. En témoigne l’article de son directeur général, Benoit Chang, en réponse à une tribune de personnalités exprimant leur opposition à EuropaCity, paru dans Libération en décembre 2017. Bien que s’intitulant «sortir de l’hypocrisie et de la caricature », il tombe lui-même dans les « fake news » en déclarant : « Le projet EuropaCity permettra de désenclaver et d’apporter des emplois pour les habitants du territoire. La décision d’EuropaCity d’aller à Gonesse, en 2011, a immédiatement débloqué le projet de la gare de Gonesse, sur la ligne 17 du futur Grand Paris Express. Depuis des décennies, les habitants ne peuvent accéder aux zones d’emploi, celles de Roissy en priorité sans faire plus d’une heure et quart de trajet. En quelques minutes, ils seront bientôt à Roissy ou La Défense, deux des principaux pôles économiques de développement du Grand Paris. » (7)

Cette déclaration, bien que réclamant de «sortir de la caricature», constitue elle-même un tissu de contre-vérités. A en croire son auteur, EuropaCity serait un projet quasiment «caritatif » destiné à faciliter la vie des habitants, alors que la situation excentrée de la gare n’est guère en mesure de fournir les services prétendus aux populations. L’affirmation que les résidents de l’est du Val d’Oise seraient obligés de prendre le RER D jusqu’à la gare du Nord, pour remonter ensuite via le RER B jusqu’à Roissy pour aller y travailler (soit une heure et quart de trajet), est totalement mensongère, puisqu’une nouvelle ligne de bus n°20, aux ¾ en site propre, a été inaugurée (par le président du département !) dès septembre 2016, effectuant une liaison interdépartementale en moins d’une demi-heure. Cette affabulation a pourtant été reprise dans une publicité largement diffusée dans les médias le 17 Octobre 2017 (figure 6), venant appuyer quelques jours plus tôt une manifestation devant Matignon d’élus du 95, 93 et 77, qui réclamaient le «maintien du tracé et des délais» de la ligne 17 Nord. L’image reprend en exergue une phrase d’un discours d’Emmanuel Macron à Bobigny, le 16 novembre 2016 : « La France des quartiers est aujourd’hui assignée à résidence, alors qu’elle veut réussir »… Et une jeune fille en gros plan interpelle le chef de l’État : « Monsieur le Président, sans la ligne 17, on va surtout réussir à échouer». Le texte d’accompagnement reprend encore la même fable : « Nous vivons une discrimination territoriale qui nous empêche de rejoindre une ville voisine sans passer par les gares parisiennes. »

Figure 6 © BFM

En réalité, avant l’ouverture de la nouvelle ligne de bus n° 20 en septembre 2016, on comptait déjà trois offres de transports en commun desservant l’aéroport Charles-de-Gaulle :

    1. le bus 23 empruntait un itinéraire partant de la gare RER D « Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse » (Val d’Oise), jusqu’à la gare «Parc des Expositions » (Villepinte, Seine-Saint-Denis), permettant d’atteindre ensuite Roissy via le RER B en une station, soit 50 minutes au total ;
    1. le bus 22 permet d’aller directement à Roissy via le CD 902, en une trentaine de minutes (voir carte figure 7) ;
  1. un système de « bus à la demande » intitulé Filéo (voir carte figure 8), avec une offre 24 H /24 et 7j /7 constitue un mode de transport particulièrement adapté aux caractéristiques des emplois de Roissy, dont 70% sont « postés », c’est-à-dire fonctionnant en continu.

Figure 7

Figure 8 © Keolis

Relevons au passage cette affirmation ne tenant pas debout de M. Chang à propos de La Défense qu’on atteindrait avec le Grand-Paris-Express « en quelques minutes» ! A supposer que ce réseau soit réalisé en totalité en 2030 (ce qui n’est pas garanti), il faudrait se rendre en bus jusqu’à la gare de la ligne 17 Nord, emprunter la ligne 17 sud pour effectuer un nouveau changement au hub de Saint-Denis Pleyel, afin de récupérer la ligne 15 vers la Défense. Rien que les deux transbordements supposent davantage que quelques minutes! Et même si le temps de trajet était aussi court que le prétend le directeur général d’EuropaCity, de toutes façons la liaison avec la Défense présente un intérêt quasi nul pour les actifs du Grand Roissy : ils ne sont que 2,6% à y travailler… réduits à 1% utilisant les transports en commun (tous confondus)!

Le permis de construire de la gare du Triangle de Gonesse (validé par le préfet du Val d’Oise le 14/09/2018 et faisant actuellement l’objet d’un recours juridique) prévoit une interconnexion, accueillant à la fois la radiale du métro 17 Nord le Bourget-Roissy et un axe ferroviaire en rocade intitulé « barreau de Gonesse » (figure 9) assurant la liaison entre les deux gares RER D Villiers-le-Bel / Arnouville / Gonesse (95) et RER B Parc des expositions (93), rejoignant Roissy via le RER B en une station (5 minutes). En 2008, le projet de barreau ferroviaire était soutenu par N. Sarkozy et le président du Conseil régional J.P. Huchon et devait bénéficier d’un financement « Plan Espoir Banlieue ». Le Collectif CPTG avait alors vivement critiqué cet axe ferroviaire non justifié.

Figure 9 © RFF

Dans un premier temps, le STIF (8) a décidé de financer un «Bus à Haut Niveau de Service» (BHNS) censé préfigurer ce barreau dès 2014. La liaison ferroviaire restait programmée pour 2017, inscrite au Contrat de Plan État-Région pour 200 millions. Le CPTG favorable à ce BHNS, avait toutefois proposé un tracé plus au sud (voir carte aérienne ci-après) longeant le Boulevard Intercommunal du Parisis (BIP), pour éviter la traversée d’une route en plein cœur des terres agricoles. Cette solution alternative fut refusée, au motif qu’elle allongeait la durée du trajet de 3 minutes.

© CPTG

Finalement, en sept 2016, le BHNS intitulé « ligne 20 » est inauguré. Le Conseil Départemental a assuré la maîtrise d’ouvrage de la nouvelle ligne. Prévue pour 7200 voyageurs/jour, elle a coûté 34,5 millions € pour l’infrastructure et 6,2 millions € pour le matériel roulant(8). Le BHNS possède exactement le même tracé que le barreau de Gonesse et a pour fonction de connecter les deux RER en 30 minutes – grâce à un parcours en site propre sur 76% de son trajet -, reliant ainsi le Val d’Oise à la Seine-Saint-Denis. D’où la modification de l’itinéraire du bus 23 qui se dirige désormais vers Aulnay-sous-Bois /RER B.

Toutefois, constatons, après deux ans de mise en service, que le BHNS n’assure guère la fonction de transit (qui consiste à relier rapidement deux pôles ensemble, ici assurer le « lien RER B et D ») prévue entre les deux départements 95 et 93, censée d’après les élus du Val d’Oise «permettre aux actifs de l’est du département d’accéder aux emplois de Roissy», car en réalité très peu d’usagers empruntent la ligne dans toute sa longueur. Le bus traverse quasiment à vide le Triangle de Gonesse (5 ou 6 voyageurs dans une voiture de 80 places). Par contre, le BHNS remplit deux fonctions de desserte (mailler le territoire par des liaisons de proximité) séparées, aucunement prévues par ses promoteurs (figure 10) : côté Val d’Oise, il effectue du cabotage entre les différentes stations du centre-ville de Gonesse (avec une destination privilégiée : l’hôpital) ; et côté Seine-Saint-Denis, il permet aux habitants de Villepinte ou d’Aulnay-sous-Bois de fréquenter les zones d’activités (notamment la zone commerciale de Paris Nord 2, avec Ikea, Usine Center, Leroy-Merlin et Castorama).

Figure 10 © J. Lorthiois

Comme l’avait prédit le CPTG lors du Débat Public en 2016, le rapport du « Comité d’Évaluation de l’amélioration de l’offre de transport en Ile-de-France » paru en 2017, fait état pour la ligne 20 d’un flux de 4 à 4500 voyageurs/jour, soit 1 à 2% de la fréquentation nécessaire pour justifier un transport ferroviaire lourd (200 000 à 400 000 flux/jour). Ainsi, le temps de parcours total n’excède pas 23-25 minutes (au lieu des 30 prévues !). On constate donc a posteriori que la demande du CPTG de longer le BIP qui prenait 3 minutes supplémentaires était parfaitement acceptable et évitait la traversée d’une route en plein champ… Cette faible fréquentation, ainsi que le rapport de la Cour des comptes sur l’explosion des coûts du Grand-Paris-Express expliquent sans doute la position du vice-président du Conseil Régional d’Ile-de-France, Stéphane Beaudet (LR) qui a annoncé dans la presse l’abandon de ce barreau en Juin 2018 : «  Il y a dans toute la région des milliers de projets qui ne se feront jamais », tranche M. Beaudet. Il faut parfois sonner la fin des rêves (..). Parmi ces projets désormais enterrés figurent le « barreau de Gonesse », le prolongement de certaines lignes de métro ou des téléphériques « là où on peut faire passer un bus pour beaucoup moins cher ». (9)

Dans la version révisée de 2017 du Contrat de Plan État-Région 2015-2020, le texte fait toujours mention du barreau de Gonesse, mais dans les tableaux, aucun financement ne lui a été attribué. Dans ces conditions, le projet de barreau ferroviaire de Gonesse n’a guère de chance d’être réalisé. Tout ceci démontre l’inutilité d’une liaison ferrée est-ouest à hauteur de Gonesse/Villepinte et plaide en faveur d’un scénario de transports en commun légers, sans le lien RER B/RER D. C’est pourquoi la gare d’interconnexion du Triangle stipulée dans le permis de construire, d’un coût deux fois plus élevé (100 millions €) qu’une gare simple, ne présente aucune justification.

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4ème idée reçue : les gares de la ligne 17 Nord désenclaveraient les habitants du Grand Roissy

Force est de constater que l’ensemble de la ligne 17 Nord ne dessert que des pôles d’emplois entre eux (Le Bourget, Triangle de Gonesse, Parc d’Expositions de Villepinte, Roissy aéroport, sans compter le développement escompté de la commune de 800 habitants du Mesnil-Amelot), ce qui représente une partie infime des besoins des populations. La dernière Enquête Globale des Transports Ile de France (EGT 2010) estime les liaisons entre pôles d’emplois à 3% de la demande régionale. La fonction essentielle des transports en commun étant de relier des bassins d’habitat à des pôles d’activités, car les liaisons domicile-travail sont les plus contraintes (heures de pointe qui conditionnent leur capacité), les plus distantes (11) et les plus coûteuses en finances et en temps.

Nous allons examiner successivement les cartes des bassins de main-d’œuvre (indiquant les principaux lieux de destination des travailleurs résidant dans une commune) des deux principales villes du Val-d’Oise qui soi-disant utiliseraient la gare du Triangle : Gonesse et Villiers-le-Bel. Nous éliminons par avance les habitants de Goussainville, commune qui jouxte Roissy et fournit le plus grand nombre de travailleurs au pôle aéroportuaire (10,7 % de sa population active occupée), car ceux-ci n’ont aucun intérêt à rejoindre une gare située à 5 kilomètres au sud, alors que le bus 95.18 Cergy–Roissy s’arrête à trois reprises à Goussainville et permet d’accéder directement aux différents pôles d’activités de l’aéroport (zone d’entretien, zone technique, Roissy-pôle), avant d’arriver à la gare du RER B.

Cas de Gonesse

A la différence des 19 autres communes du Grand Roissy, il s’agit d’une commune excédentaire en emplois, avec 14 900 postes en 2013, contre 10 400 actifs occupés (12400 en adjoignant les chômeurs). Pourtant, elle représente le cas typique d’une «ville dissociée», car les métiers offerts par les activités implantées sur son territoire ne correspondent que dans un cas sur 10 aux métiers exercés par les travailleurs résidants. Ainsi chaque jour, 12 000 actifs viennent de l’extérieur occuper des postes locaux, tandis que 7500 Gonessiens partent exercer leur activité ailleurs, comme le montre le graphique joint (figure 11)

Figure 11 © J. Lorthiois

Sur la carte du bassin de main-d’œuvre de Gonesse ci-dessous (figure 12), on observe que si 3000 actifs travaillent dans leur commune (29 %), ils ne sont que 700 à occuper un emploi à Roissy, moins de 7 % des travailleurs en activité. On peut rajouter à ce total la centaine d’actifs vers Tremblay-en-France. Pour ceux qui n’ont pas de véhicule, trois bus sont à leur disposition en 30 à 40 minutes. Où partent les autres Gonessiens? 10,4 % vers l’aire urbaine appelée anciennement « Val de France » : Arnouville, Villiers-le-Bel desservis par le bus 20 côté Val-d’Oise ; ou encore Sarcelles, Garges-lès-Gonesse avec une desserte existante en bus et le RER D qui demanderait des améliorations peu coûteuses. Les 182 actifs qui vont vers Aulnay-sous-Bois peuvent utiliser le bus 23. Le RER D permet de rejoindre Saint-Denis, mais surtout 11 arrondissements de Paris pour 1400 gonessiens dont 40 % vers le Quartier Central des Affaires (QCA : Saint-Lazare / Étoile / Batignolles).

Figure 12 © J. Lorthiois

Pour conclure sur le cas de Gonesse, on voit bien que l’amélioration de l’offre de transports avec la gare Triangle serait d’une très faible utilité pour les Gonessiens. Elle pourrait même les pénaliser, car les réseaux fonctionnant dans les deux sens, on constate des à présent à l’heure de pointe du matin des flux d’actifs débarquant à la gare du RER D (dans des conditions de confort bien meilleures, à contresens des trains bondés) et venant travailler à l’hôpital par exemple, en concurrence avec une main-d’oeuvre locale moins qualifiée et moins mobile. Situation paradoxale : Gonesse bien qu’excédentaire en emplois possède toutes les caractéristiques d’une commune dortoir, notamment avec un taux de chômage (16,8 %) à peine inférieur à celui de Goussainville (17,5 %) qui dispose de deux fois moins d’emplois que d’actifs. Et les gonessiens subissent une double peine : la faible présence des populations dans la journée entraîne un développement médiocre d’emplois dits «présentiels» (liés à la présence d’habitants sur place : petits commerces, artisanat, services à la personne, emplois publics, économie sociale et solidaire). Il est donc illusoire d’implanter toujours plus d’activités décalées avec les compétences et qualifications des résidents. Exactement le cas du pôle d’emplois ultra-spécialisé de Roissy, ou des grands équipements métropolitains de type EuropaCity ou Disneyland, comme nous l’avons démontré chapitres 3 et 4.

Cas de Villiers-le-Bel

Cette fois-ci, il s’agit d’une commune-dortoir au sens concret du terme, fortement déficitaire en emplois (5900) par comparaison avec la population active occupée (9800), a fortiori en rajoutant les chômeurs (12 200), soit 2 actifs pour un emploi. Sur la carte du bassin de main-d’œuvre jointe (figure 13), on constate la faible attraction du pôle de Roissy qui n’occupe que 5,6% des actifs occupés : les travailleurs venant en transports en commun sont desservis correctement par 3 lignes de bus dont un BHNS. Les habitants qui travaillent à Gonesse peuvent utiliser la ligne de bus 20 côté Val d’Oise. Certains des actifs vers Arnouville peuvent même s’y rendre à pied. Mais les plus gros flux se dirigent vers le Sud, à commencer par Sarcelles, pôle principal de rattachement de proximité (5,8% des travailleurs Beauvillésois), auquel on peut adjoindre les destinations de Garges-lès-Gonesse et Saint-Denis, via le RER D. Mais surtout, on constate que 12% des grands flux rejoignent Paris, avec un record de 400 personnes vers Saint-Lazare. C’est pourquoi le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Saint-Denis-Pleyel serait fort utile aux Beauvillésois. De même, la prolongation du tramway T5 Sarcelles-Villiers-le-Bel pourrait consolider les liens entre ces deux villes, qui forment une même continuité urbaine. Par contre, il n’y a aucune justification pour les Beauvillésois ni du barreau de Gonesse, ni de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 nord. A l’inverse, l’achèvement du tram-train intitulé 11 express pourrait offrir de nouvelles opportunités aux habitants.

Figure 13 © J. Lorthiois

Au niveau de Grand Roissy

Les élus du Val d’Oise s’entêtent à défendre la création d’une offre entre les deux départements 95/93 à hauteur de Gonesse, de direction est-ouest. La demande existe, mais beaucoup plus au Sud, à hauteur de Sarcelles / Garges-lès-Gonesse et elle est plutôt dirigée nord-est/sud-ouest (voir figures 12 et 13) ! En ce qui concerne les besoins du grand Roissy, on constate sur la carte jointe (figure 14) que le cœur de pôle (dont Gonesse) concentre un excédent très important d’emplois, et tout autour, sont disposées en couronne des communes déficitaires en bleu, totalisant un manque quantitatif de 150 000 postes. A l’échelle du grand territoire, les excédents et déficits sont équivalents à 2 % près. Mais on voit bien que cet équilibre apparent cache d’importants besoins d’activités nouvelles dans la zone dense au sud et à l’ouest et non dans la partie nord du bassin de Roissy.

Figure 14 © J. Lorthiois

Pourtant, il est prévu d’ici 2030 un accroissement de 130 000 emplois essentiellement localisés sur les sites en rouge, dont l’urbanisation du Triangle de Gonesse et le développement du pôle de Roissy, défendant un concept de «ville aéroportuaire» totalement dépassé avec la crise climatique : ce ne sont pas dans les zones les plus nuisantes qu’il faut concentrer le maximum de travailleurs et de visiteurs ! Par ailleurs, il est prévisible que ces grands projets localisés au nord engendreraient dans la couronne bleue des concurrences d’activités débouchant sur des suppressions d’emplois, notamment à Aulnay-sous-Bois, la ville d’en face, principal pôle urbain du bassin, pouvant entraîner dans son déclin des communes adjacentes comme Blanc-Mesnil ou Sevran. On comprend donc les réticences vis-à-vis d’EuropaCity du maire et président de la communauté d’agglomération «Terres d’envol» Bruno Bechizza et de l’association locale d’habitants et de petits commerçants « Europasdutout ». Les activités pressenties du Grand Roissy montrent une structuration très spécialisée des métiers, identique à la situation de l’emploi et des qualifications décrite dans les chapitres 3 et 4, que ne peuvent en aucun cas corriger les équipements de transports mis en place. C’est pourquoi la proposition alternative de relocaliser des emplois de proximité dans les centres urbains correspond beaucoup mieux aux besoins des populations et aux compétences de la main-d’œuvre locale. C’est la seule réponse appropriée à un développement soutenable et durable du territoire.

Conclusion

A travers l’analyse de ces quatre idées reçues, dont on a prouvé l’inanité tout au long de ces pages, on démontre le gâchis provoqué par une décision insuffisamment étudiée et une vision obsolète d’aménagement du territoire qui se traduit par un accroissement général des inégalités entre habitants, entre communes et entre les deux départements 95 /93. Les investissements inutiles voire nuisibles d’un projet de type Europacity, mais aussi d’un pôle de bureaux en plein champ dans le Triangle de Gonesse, en déconnexion avec les villes adjacentes, ne peuvent qu’exacerber les rivalités et concurrences, et détruire le tissu urbain local. Dans ces conditions, une réponse transports apparaît dérisoire pour réparer l’explosion des inégalités territoriales et sociales, elle peut même permettre leur aggravation, en repoussant les problèmes sans les résoudre.

L’actualité récente de la révolte des gilets jaunes fait ressortir à quel point les politiques de transports, convoquées pour réparer l’absence d’emplois sur place est une impasse, si l’on ne remet pas complètement en cause l’organisation du territoire, où se côtoient d’un côté des sites d’activités dépourvus d’habitant, de l’autre des villes sans âme, mono-fonctionnelles, qui n’offrent pas la pluralité des fonctions nécessaires à la vie quotidienne de ses résidents. Se loger, se nourrir, travailler, se détendre… doit pouvoir «se vivre au pays» dans un espace de proximité. A l’inverse d’une politique de concentration sur quelques «pôles d’excellence» qui cumuleraient les emplois, les activités et les richesses, transformant les territoires environnants en lieux de relégation désertés par les services, où loge une main-d’œuvre corvéable, à qui n’est proposé que la «galère des transports» pour trouver un employeur.

Ainsi, les meilleures destinations sont celles qui sont localisées à proximité et qui ne sont pas contraintes, mais choisies !

Et le meilleur transport, le moins coûteux, le moins polluant, le moins consommateur de temps et le plus agréable… est celui qu’on économise…

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(1) « Gonesse : inquiétudes autour du chantier de la ligne 17 du Grand-Paris-Express », in Le Parisien, 1er octobre 2017.

(2) Qui est toutefois loin d’atteindre les records de 23% à Sevran, ou de 24,4% à Clichy-sous-Bois…

(3) Ateliers Lion et associés – DTZ consulting – CITEC – J. Lorthiois, Contrat de Développement Territorial Boucle Nord 92, 2012.

(4) Sibylle Vincendon, « EuropaCity, un colosse aux pieds fragiles », in Libération, 13 sept 2016.

(5) Source DRIEA/ Préfecture de Région Ile de France.

(6) Source : Rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) sur « L’Aménagement de la zone du Grand Bourget », novembre 2016.

(7) Cf. http://www.europacity.com/fr/actualites/sortir-de-lhypocrisie-et-de-la-caricature

(8) Syndicat des Transports d’Ile-de-France devenu depuis Ile-de-France Mobilités.

(9) Source : Ile de France Mobilités 2016.

(10) Source : « RER, trains de banlieue : la région promet du sang et des larmes », blog d’Olivier Razemon du 14 Juin 2018, in Le Monde.fr

(11) Moyenne en Ile-de-France de 15 kms aller (en augmentation), contre 3 ou 4 kms pour les autres déplacements (en diminution).