Dans une tribune publiée le 8 juin dans Le Monde, les architectes-urbanistes Frédéric Bonnet, Antoine Brès, Christian Devillers, Antoine Grumbach, David Mangin, Béatrice Mariolle et Christian de Portzamparc jugent le projet de quartier de loisirs EuropaCity (Val-d’Oise) – actuellement en débat public – « inopportun », « pensé comme une bulle consumériste » et « déconnecté des territoires en (re)construction ».
Ce bus à haut niveau de service (BHNS) circulera sur une voie de 9,8 km qui lui sera dédiée. Il desservira le nouvel hôpital de Gonesse, mais aussi le futur emplacement du projet EuropaCity.
Quel est le point commun entre le nouvel hôpital de Gonesse, la zone d’activité Paris-Nord 2 ou encore le futur emplacement du projet EuropaCity ? Tous ces sites seront très bientôt desservis par le Superbus. Un bus à haut niveau de service (BHNS) qui reliera la gare RER D de Villiers-le-Bel-Gonesse-Arnouville à la gare RER B du Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Sa mise en service interviendra « en novembre ou en décembre » prochains, d’après le conseil départemental du Val-d’Oise, maître d’œuvre du projet.
Débat public sur le projet EuropaCity, création de la ZAC du Triangle de Gonesse, enquête sur la ligne 17 du futur Grand Paris Express, mise en service du bus à haut niveau de service (BHNS)… En 2016, tous les projets visant à accélérer le développement de l’est du département franchissent une étape quasi décisive. Tous les projets… ou presque. « Tout avance, sauf le projet de barreau ferroviaire de Gonesse, qui est pourtant inscrit au contrat de plan Etat-région depuis près de vingt ans », s’indigne ainsi le député-maire (PS) de la ville, Jean-Pierre Blazy.
Car si les élus voient d’un très bon oeil l’arrivée du Superbus permettant de relier en transport pour la première fois le RER B et le RER D, ils ne veulent absolument pas laisser tomber le barreau. Celui-ci reliera les mêmes gares, avec un arrêt à la future gare du Triangle de Gonesse. Dès son troisième conseil, la communauté d’agglomération du Grand Roissy a voté une motion en ce sens mi-mai. Un avis a également été donné en ce sens par le conseil départemental le 29 mai.
Ces deux dernières années, la SNCF a mené des études de rentabilité et de fréquentation sur cette liaison. Des études aux conclusions jugées peu probantes. Sauf que les résultats n’ont jamais été communiqués précisément aux élus. « Nous n’avons eu qu’une conclusion et pas le détail », explique le président (LR) du conseil départemental, Arnaud Bazin, lui aussi très attaché au projet. « Le problème de ces études, c’est que la SNCF les a réalisées sans prendre en compte le développement économique à venir de l’est du Vald’Oise. »
Contactée, la SNCF renvoie la balle au Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif)… Qui lui-même a fait voter un vœu en conseil d’administration, mardi dernier, demandant « à l’Etat et à la région de clarifier leurs intentions quant à la réalisation » du barreau de Gonesse. Il demande aussi à l’Etat « de se prononcer sur le calendrier et le financement » du projet.
Une posture qui irrite Jean-Pierre Blazy : « Il y a beaucoup d’hypocrisie des uns et des autres. Le territoire attend autre chose que des propos consistant à renvoyer sur les autres la responsabilité. » Pour le parlementaire, il est « indispensable » que l’Etat et la région prennent une décision favorable à la création du barreau, dès 2016.
Il est fait mention dans le rapport de sols limoneux épais de bonnes qualités avec des très hauts rendements, de 15 à 20% supérieurs à la moyenne française.
Le milieu naturel et paysager
La flore est composée de 228 espèces arborescentes.
Les risques et nuisances actuels
Energie
Occupation du sol et structure foncière
Activités et tissu économique
Les équipements publics et les services
Habitat
Circulations et déplacements
Réseaux et gestion des déchets
Servitudes d’utilités publiques
Chapitre 2 – Choix du parti d’aménagement et présentation du projet
Le 8 avril dernier, conformément à l’article R121-7 du code de l’environnement, nous sollicitions la CPDP afin qu’elle demande à la CNDP de décider des expertises complémentaires.
Une étude indépendante sur le nombre d’emplois bruts et nets que pourrait créer le projet
Une étude supplémentaire sur les émissions générales de polluants générés par le projet y compris les émissions liées au transport aérien des touristes dont EuropaCity est la destination et les flux de trafics liés à la réalisation de la gare du triangle de Gonesse (y compris les flux de transits)
En outre, pour la pleine information de tous, nous souhaitons que soit mis à disposition du public :
Les études sur la qualité des sols du triangle
L’étude d’impact telle que transmise à l’autorité environnementale
A ce jour nous le collectif n’a reçu aucune réponse à ce courrier.
Si une étude indépendante sur le nombre d’emplois bruts et nets que pourrait créer le projet a bien été commandité et l’étude d’impact telle que transmise à l’autorité environnementale mise à disposition, en revanche, rien sur les études sur la qualité des sols ni sur les émissions générales de polluants générés par le projet y compris les émissions liées au transport aérien des touristes dont EuropaCity est la destination et les flux de trafics liés à la réalisation de la gare du triangle de Gonesse (y compris les flux de transits). La COP 21 et les engagements sont déjà bien loin …
Un master plan ou schéma directeur, appelé « La Fabrique », fut élaboré, en concertation avec la municipalité, l’Etat, le département, de février 2013 à juillet 2014. Grandes lignes du projet : reconstruire la ville sur la ville – en réutilisant les trames viaires existantes -, ouvrir cette emprise sur la ville d’Aulnay, introduire une programmation mixte tout en ravivant la vocation industrielle du site. Au total, 1,6 million de m², répartis entre des logements (300 000 m²), des locaux d’activité (638 000 m²), des bureaux (350 000 m2), des locaux d’enseignement supérieur et de recherche (90 000 m²), des commerces (195 000 m2) et des équipements (27 000 m²).
Le dernier grenier à blé de Paris va t-il être englouti par un énième temple de la consommation ? A Gonesse dans le Val-d’Oise, le géant de la distribution Auchan envisage d’ouvrir en 2024 un méga-centre de 80 hectares mêlant commerces, loisirs et « offre culturelle ». Si le projet aboutit, les dernières terres agricoles de la Plaine de France feront place à des pistes de ski et de luge… Mais dans le débat public, qui se déroule jusqu’au 30 juin, ce n’est pas l’autonomie alimentaire ou la surconsommation d’énergie qui préoccupent les habitants, mais bien l’emploi. Ce type de grand projet est-il la meilleure voie pour sortir un territoire enclavé de l’impasse économique et sociale ? Enquête.
Coincées entre les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget, l’autoroute A1 et l’usine aujourd’hui fermée de PSA-Aulnay, se trouvent les dernières terres agricoles de la plaine de France. Ces sols limoneux, à forte réserve en eau, regorgent de colzas, de maïs, de blés et de betteraves. « Le maïs, on ne l’arrose même pas. On sème et il pousse tout seul », raconte Dominique Plet, agriculteur céréalier du Val-d’Oise, fier de ces terres figurant parmi les plus fertiles d’Europe. Depuis quatre générations, la famille Plet cultive une partie des champs du « triangle de Gonesse », une enclave champêtre située à quelques kilomètres à peine du nord-est de Paris.
Photos libres de droit sous réserve de mentionner
l’auteur : Yann Guillotin et la source : Collectif pour le triangle de Gonesse : https://ouiauxterresdegonesse.fr/
Robert Levesque est ingénieur agronome de l’Institut national agronomique Paris-Grignon (AgroParisTech). Spécialiste des questions foncières, il travaille notamment pour la Fédération nationale des SAFER. Il a été expert auprès du Conseil économique et social pour le rapport sur la Maîtrise foncière, clé du développement rural paru en 2005. Il a publié de nombreux articles dans Etudes foncières, Chambres d’Agriculture, Demeter . Il a réalisé des missions d’expertise en Pologne et Ukraine.
Il est également membre d’AGTER (Gouvernance de l’Eau, de la Terre et des Ressources Naturelles) et de Plaine Terres. Il est l’auteur de Terres Nourricières publié en 2011.
Europacity est un projet nuisible, nuisible pour l’Humanité
Europacity nuirait au bien-être de l’Humanité. Le projet ne peut devenir réalité.
Europacity détruirait des terres agricoles parmi les meilleures de France, repousserait encore plus loin les zones de production de la zone de consommation, serait un projet générateur de gaz à effet de serre pendant sa construction, son « exploitation » avec sa piste de ski et autres activités, et notamment du fait du transport de ses visiteurs.
La destruction de potentiel agricole et forestier
La destruction de terres agricoles ne serait pas grave si l’Humanité disposait suffisamment de terres. Mais ce n’est pas le cas. Loin s’en faut. Pour lutter contre le réchauffement climatique, priorité absolue rappelée en novembre dernier au Bourget à deux pas du triangle de Gonesse, il convient que la végétation et les sols augmentent la quantité de carbone qu’ils stockent. Il faudrait plus de forêts, plus d’arbres. Aussi, il n’est pas possible d’envisager d’étendre les terres agricoles sur les forêts. Il faut se contenter des terres agricoles dont nous disposons aujourd’hui, qui fournissent 97% des calories que l’Humanité consomme aujourd’hui.
Par ailleurs, les rendements agricoles ne vont pas augmenter. Le rapport du GIEC de 2013 indique qu’avec ou sans adaptation, le changement climatique réduira les rendements moyens de 0 à 2% par décennie pour le reste du siècle, par rapport à la fin du XXe siècle. Le graphique ci-dessous montre que les rendements vont commencer à décroître dans un nombre majoritaire de territoire avant 2029 (en raisonnant en tendance). Comme les rendements vont baisser, il faudra plus de terres pour produire la même quantité de produit alimentaire alors que la demande pour l’instant est sur une pente ascendante.
Réchauffement climatique : L’évolution des rendements d’ici un siècle Rapport du GIEC de 2013
Résumé des changements prévus dans les rendements des cultures, en raison du changement climatique au cours du 21ème siècle. La hauteur de chaque couleur représente le pourcentage d’études qui montre le même pourcentage de variation des rendements. Ce chiffre comprend les projections pour différents scénarios d’émissions, pour des régions tropicales et tempérées, et pour les cas d’adaptation et sans adaptation combinés. Relativement peu d’études ont examiné les effets sur les systèmes de culture pour les scénarios où les températures moyennes mondiales augmenteront de 4 ° C ou plus. Les variations de rendements sont calculées par rapport aux niveaux de la fin du 20ème siècle. Les données pour chaque période sont réparties en pourcentage.
L’Humanité est manifestement en manque d’espaces agricoles et forestiers. Nous sommes déjà dans une situation de déséquilibre. Il faudrait plus d’espaces agricoles et forestiers pour assurer (facilement) les besoins de l’Humanité. Qui dit manque global, dit manque local. A chaque fois qu’un projet détruit des sols agricoles ou forestier, il détruit un potentiel humain.
En France, la somme des projets qui pour chacun d’entre eux apparaissent marginal, insignifiant aux acteurs locaux concourt à une urbanisation de l’ordre de 50 000 hectares par an. Les autres pays européens détruisent également des terres agricoles. Alors que l’Europe est déjà déficitaire nette de terres agricoles. Elle importe l’équivalent de la production agricole de 35 millions d’hectares chaque année, c’est-à-dire de 20% de sa surface agricole. Chaque destruction supplémentaire de sols agricoles ou forestiers aggrave la situation européenne et mondiale.
Le bilan carbone d’Europacity
A partir d’une approche très partielle et sommaire, il apparaît que le bilan carbone d’Europacity sera catastrophique. Les promoteurs du projet doivent fournir un bilan carbone complet tenant compte de la construction, de l’activité, de l’entretien des infrastructures et également des émissions liées au transport des visiteurs.
Côté transport des visiteurs
Faisons une approche sommaire du bilan carbone du transport des clients d’Europacity. Un vol aller-retour New-York Paris ou Pékin Paris émet 0,3 tonne de carbone. Un million de visiteurs prenant un vol équivalent émettraient 300 millions de tonnes de carbone. Un client qui ferait un aller-retour en voiture de 300 km pour fréquenter Europacity émettrait de l’ordre de 10 kg de carbone. Avec 31 millions de visiteurs, le bilan carbone sur le poste transport serait sans doute autour d’un million de tonnes de carbone (ou plus).
Côté agriculture
L’agriculture en moyenne émet 3,1 tonnes équivalent Co2 par hectare soit 0,84 tonne de carbone à l’hectare (cf observation et statistiques n°113 mars 2012 (Meddtl). Sur 100 hectares, l’agriculture intensive va dégager 84 tonnes de carbone par an.
Conclusion : il faut mieux garder l’agriculture intensive que d’avoir Europacity. Nous sommes dans un rapport de un à dix mille (minimum) !!! Certes, il faut encore mieux développer une agriculture moins émettrice de gaz à effet de serre.
Conclusion
Sur ces seuls deux points, le projet Europacity est un projet nuisible pour la France, l’Europe et l’Humanité. Il est d’intérêt national « d’enterrer » ce projet au plus vite. L’énergie dépensée à concevoir un projet nuisible serait mieux employée à développer la transition écologique exigée par la COP21.
Il relève de l’intérêt national d’abandonner le projet tout de suite.
Dépôt d’une pétition auprès du parlement européen pour non respect du droit communautaire par le projet de la Zone d’aménagement concertée (ZAC) du Triangle de Gonesse
Au cours de la conférence-débat du lundi 23 mai, organisée par le Collectif Pour le Triangle de Gonesse, Pascal Durand, député européen, a annoncé la saisine de la Commission des Pétitions du Parlement européen pour violation par le projet de ZAC du Triangle de Gonesse, porté par l’Etablissement Public d’Aménagement Plaine de France, de plusieurs directives européennes.
Tout citoyen, à titre individuel ou en association peut en effet exercer son droit de pétition auprès du Parlement européen conformément à l’article 227 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
Le projet de ZAC et le centre commercial EuropaCity, font l’objet d’oppositions légitimes citoyennes et politiques depuis leur origine. En effet, du point de vue environnemental, socio-économique et démocratique, le projet de la ZAC du Triangle de Gonesse constitue une atteinte manifeste aux principes et objectifs fixés par différentes dispositions communautaires.
Sont ainsi dénoncés l’absence d’évaluation globale du fait du caractère cumulatif des différents projets (ZAC, EuropaCity, Golf de Roissy et Ligne 17), ainsi que l’insuffisance de participation du public et l’inanité économique, du fait du fractionnement de l’ensemble des procédures visant à l’urbanisation du Triangle de Gonesse. La participation ayant été rendue opaque et unilatérale
Nous estimons donc que ces éléments mettent en évidence les nombreuses entorses au droit communautaire que l’autorisation de ce projet provoquerait. Un tel projet ne saurait être autorisé sans mettre en péril l’effectivité du droit communautaire.
Alain BOULANGER – Bernard LOUP
Co-présidents du Collectif pour le Triangle de Gonesse
Florent COMPAIN
Président des Amis de la Terre-France
Denez L’HOSTIS
Président de France Nature Environnement
Francis PALOMBI
Président des Commerçants de France-Confédération des Indépendants
Dominique DUVAL
Présidente de France Nature Environnement Ile-de-France
François COSSERAT
Président de Mouvement National de lutte pour l’environnement-Réseau « Homme et Nature »