Professeur ISOCÈLE Traitement des IMT* de niveaux 4 et 5
CURE DE DÉSINTOX 500*
ANTIDOTE POUR DISSOUDRE LES CALCULS ENGENDRÉS
PAR UNE SURCONSOMMATION DE SGP
Un disproportiate de déconnasone particulièrement toxique
DÉSINTOX 500 : traitements des IMT (INUTILITÉ MÉGALOPATHIQUE CHRONIQUE)
de niveau 4 (Accouchements au forceps de GPII surdimensionnés) et
de niveau 5 (Grossesses nerveuses multipares de GPII faisant pschitt)
1/ Au préalable, attention à ne pas se laisser abuser par le changement d’étiquette du produit SGP, intitulé jadis « Société du Grand Paris » vendu désormais sous le nom de « Société des Grands Projets », grâce à un marketing effréné, dans le but d’exporter cette potion du Grand Paris dans d’autres régions, afin d’accompagner la production de futurs « RER des métropoles », grands projets souhaités par la présidence de la République. Ce disproportiate de déconnasone falsifié a été diffusé, sans la moindre validation de laboratoire et la moindre expertise d’habitants !!
2/ Il faut circonscrire la ZONE A TRAITER par un « périmètre de proximité » de 800 m de rayon autour de chaque gare du Grand Paris Express (GPE), correspondant à un trajet de 10 min à pied, en référence aux règles internationales. Utiliser la formule de l’aire d’un cercle = π x R2 ( les sur-diplômés de la SGP auraient-ils oublié cette formule – étudiée en classe de 5ème ?) Soit dans le cas d’une gare du SGP un périmètre de 3,1416 x 800 m x 800 m = 2 010 624 m2. Traduction (à raison de 10 000 m2 = 1 hectare) : un périmètre de proximitéarrondi à 200 ha autour de chaque gare, devenus propriété publique. Soit pour 68 gares, l’annexion d’une surface totale de 68 x 200 ha = 13 600 ha. A comparer avec la surface de Paris intra-muros couvrant 10 539 ha, soit près de 1,3 fois Paris en zones à urbaniser.
Pour la ligne 17 Nord, il ne s’agit pas seulement du sacrifice de 110 ha devant être artificialisés du Triangle de Gonesse, mais des 200 ha de chacune des 3 autres gares du Bourget-Aéroport, du Parc d’Expositions de Villepinte et du Mesnil-Amelot, soit 710 ha supplémentaires artificialisés, sans compter la densification des 400 ha des 2 gares de Roissy-CDG 2 et 4.
3/ Utiliser un fréquentatiomètre, pour mesurer le NIVEAU de fréquentation des gares. Se référer à une gare de métro « ordinaire » en bonne santé, accueillant dans son périmètre de proximité un taux de DH « densité humaine » (populations + emplois) de 100 personnes par hectare. Une mesure effectuée par la DRIEA1 en 2012, montrerait un taux de DH de 6 personnes par hectare, ce qui entraînerait des risques extrêmement élevés d’IMT chronique de niveau 4 et même 5.
Attention au surdosage : la SGP a procédé à des mesures de taux de DH n’appliquant pas le protocole habituel des 800 m, mais de DH ++ (comprenant la totalité des usagers potentiels d’une commune ou d’un site comme la plateforme de Roissy), bafouant les règles de pharmacopée utilisées pour évaluer l’utilité socio-économique d’une gare.
Les effets d’un tel surdosage sont euphorisants au départ, mais peuvent s’avérer rapidement très néfastes.D’où des risques importants de rejet de la nouvelle médication L 17 N, mise en place par la SGP sans expérimentation en double aveugle, sans validation par une expertise indépendante et dotée d’un pouvoir d’intervention. Il existe bien un Comité d’experts au sein de la SGP (des économètres des transports, sans compétence sociale), dont l’avis est « consultatif ». Bien qu’ayant émis des réserves sur la faible efficacité du traitement, notamment des lignes périphériques, la SGP entend mettre ses produits sur le marché en passant outre ces avertissements.
4/ Par ailleurs, la SGP a négligé l’offre de traitement existant en transport en commun, comme si l’organisme qui devait prendre la nouvelle médication « GPE L 17 N » était vierge de tout traitement ultérieur en transport lourd (de type RER par exemple). Et comme si l’ensemble des usagers potentiels de cette nouvelle ordonnance allait se reporter en TOTALITÉ sur cette offre supplémentaire de médication. Par exemple, pourquoi la totalité des actifs des emplois de la totalité de la plateforme de Roissy (qui couvre 3200 ha !!) serait affectée à la seule gare de Roissy CDG 2 de la seule ligne 17 Nord aboutissant à St Denis Pleyel, alors qu’il existe déjà le traitement RER B vers la gare du Nord puis le hub du Châtelet et qu’est programmé pour 2027 un traitement direct CDG Express vers Paris-gare de l’Est ?
Pour toutes ces raisons, le professeur Isocèle ne saurait trop vous conseiller cette cure de DESINTOX 500 renouvelable à prendre avant la saison d’automne qui va connaître la recrudescence d’une épidémie d’IMT aggravée.
1[DRIEA, Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’aménagement, devenue DRIEAT (+ transports).]
Amies et amis de Yann
Après un hiver difficile après avoir subi un covid affaiblissant encore ses
capacités respiratoires, Yann a été de nouveau hospitalisé mi-mars et est
décédé ce 30.3.24.
Ses obsèques ont eu lieu ce samedi 6.04.24 à Dieulefit.
Bernard LOUP
Il n’était pas besoin, que l’accaparement des terres du Triangle de Gonesse par le groupe Auchan arrive, pour que je rencontre Yann. Je me souviens de ses interventions à la rencontre annuelle d’ATTAC dans la belle prairie de Saint Martin du Tertre à la fin du printemps. Des associations de l’ouest de la Plaine de France, résistaient à l’emprise de la grande distribution, entre autres Carrefour à Domont. Les analyses économiques et sociales de Yann ont conforté l’engagement et les succès de quelques militantes et militants du Collectif Plaine de France Ouest.
Très vite en 2011, après l’annonce du projet EuropaCity, Yann s’est engagé au nom de l’association Toutlemondeilestbio avec les associations d’environnement du Val d’Oise et de la Seine Saint Denis regroupées dans le Collectif pour le Triangle de Gonesse, pour contester ce projet et préserver cet espace agricole. Une aide précieuse, par ses écrits et ses contacts, qui ont représentés la majorité des 150 signataires de la première tribune contre EuropaCity.
Le CPTG lui doit aussi la mise en contact avec la lutte contre le projet de centre commercial Val Tolosa, en région toulousaine. Très vite son association a accueilli dans une salle municipale d’Arnouville les réunions mensuelles du CPTG. Sa plume, son humour et son handicap ont croisé, la plume, l’humour et le handicap de Jacqueline Lorthiois pour produire les sketchs des clowns sur l’absurdité du projet EuropaCity.
Ce samedi 6 avril les anciennes et anciens du CPTG seront par la pensée à Dieulefit exceptée notre amie Florence qui s’est installée dans la ville voisine de Die qui sera présente. Nous adressons toutes et tous notre amical soutien à Jocelyne, sa compagne à qui nous devons une partie de tout ce que Yann nous a donné.
Bernard pour le Collectif pour le Triangle de Gonesse.(CPTG) Retour en haut de la page
Jacqueline Lorthiois (JA pour les intimes)
SOUVENIRS DU DUO DE CLOWNS JA ET YA
Pour moi, Yann Fiévet, c’était YA. Pour lui, j’étais JA. C’étaient nos deux noms de scène : deux clowns handicapés, certes cabossés par la vie, mais sublimant notre galère par une bonne dose d’humour, bien utile, face à la rigidité des administrations (Tribunaux, Préfectures, Conseils Régional et Départemental, Ministères, Éducation Nationale, intercommunalités, mairies, etc…) et l’incompétence de bien des élus.
J’avais connu Yann un certain 19 Janvier 2011. Le groupe local Europe-Écologie-les Verts m’avait demandé de participer à un débat sur Europacity. A cette époque, j’animais la commission Aménagement du Territoire Ile-de-France d’Europe Écologie les Verts et j’avais publié au cours de l’été 2010 un article critiquant la politique d’aménagement du Territoire du gouvernement. Il était intitulé «Roissy : un mirage Blanc », du nom de Christian Blanc, nouveau Secrétaire d’État au Grand Paris, qui entendait bien sacrifier les terres agricoles du Triangle de Gonesse.
Yann était prof d’économie au lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles et avait publié le seul article paru à l’époque contre Europacity.
J’avais préparé un powerpoint que je n’ai pas pu projeter, car il n’y avait pas d’ordinateur. Sa lecture me laisse un brin nostalgique. Bien des questions sont toujours d’actualité (non taxation du kérosène, transports inutiles, étroitesse de la palette des métiers de Roissy, offres de formation inadéquates, etc…)
A mon entrée dans la salle, j’avais aperçu ce grand mec qui se tenait bien droit, avec sa grande barbe noire et attendait, assis à la table. Je m’étais approchée, je lui avais fait un signe amical accompagné d’un grand sourire. Il n’avait pas bougé. Je m’étais dit : « pas commode, le gars ». Pendant le débat, il ne se tournait jamais vers moi, il n’y avait aucune interaction… J’avais renforcé mon jugement : « qu’est-ce qu’il est désagréable ». A la fin de l’intervention, il s’est penché et a saisi les morceaux de sa canne posés sous son siège qu’il a assemblé en canne blanche. J’ai eu drôlement honte de mon aveuglement : c’était moi qui avait des problèmes de vue ! Alors je suis allée lui faire des excuses et il est parti d’un grand éclat de rire, communicatif. C’est ainsi que nous sommes devenus très amis.
Notre couple était fondé sur le tandem aveugle /paralytique : je le guidais parmi les obstacles et lui me portait mes affaires, car j’avais toujours 15 tonnes de dossiers, classeurs, ordinateur, calculette, etc… Y avait un problème particulier lorsqu’on était sur scène, il se tournait toujours vers moi, d’où venait le son bien sûr, du coup il se mettait sans arrêt de profil et je passais mon temps à le tourner d’un ¼ de tour vers la salle… J’avais pris une voix de fausset dans les aigus et lui avait une voix grave. Quand il était de profil, sa voix grave tombait dans sa barbe et il fallait tout le temps ajuster la balance du son entre nous 2. Autre pb technique : nous n’avions qu’un micro et comme j’étais beaucoup plus petite que lui, il fallait passer son temps à l’enlever et le porter à sa hauteur et le remettre sur son support à ma hauteur. Une véritable gymnastique.
Nous passions des heures au téléphone à commenter l’actualité et nous inventions des tas de blagues, gags, jeux de mots, etc. Nous avons appris 4 sketchs, dont un que nous n’avons jamais joué pour cause de tempête sur le Triangle, qui avait trempé la sono. Mais nous avons commis plusieurs centaines de bouts de sketchs inachevés. J’ai pris des tonnes de notes, malheureusement, m’étant fait voler mon ordinateur, je suis obligée de faire appel à ma mémoire, pour restituer une part infime de nos créations. On se complétais parfaitement, parce qu’il était très bon public et à son contact, mon imagination était stimulée et j’inventais sans arrêt de nouvelles idées. YA choisissait les meilleures et creusait les sillons, en rajoutant de nombreux jeux de mots, commentaires, blagues, etc. Yann avait un humour plus féroce et grinçant que le mien, domestiqué par de sages études dans un cours privé catholique de « jeunes filles de bonne famille »
J’avais une spécialité, c’était d’imaginer des fausses associations, qui donnait lieu ensuite à des courriers, émettant des plaintes administratives et menaçant de recours juridiques.
Nous avions aussi nos têtes de turc, notamment le journaliste Eric Veillon, qui dirigeait un journal qui s’appelait Roissy Mail. Il avait commis un article très méchant contre Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, qu’il avait traité de « vieux loup » et avait critiqué son éternel militantisme et les pétitions qu’il faisait signer et qu’il jugeait dérisoires. On lui avait réservé un « traitement de défaveur », en mettant à la fin de ses articles des commentaires cinglants sur son canard… Du coup, il avait boycotté nos adresses, mais on en créait de nouvelles pour passer outre et en rajouter une louche. Du coup, quand on faisait nos sketchs et qu’on avait un trou de mémoire, on avait toujours la ressource d’une phrase « revenons à nos moutons… » ce qui nous permettait de meubler et de se remémorer la suite. YA rajoutait « oui faut faire gaffe à nos moutons… ils sont en danger sur le Triangle de Gonesse, avec tous ces loups qui font signer des pétitions … » Un jour, Jean François Wolf a rejoint notre collectif : notre meute de loups était devenue internationale…
Pour un 1er Avril, nous avions dégotté sur internet un rugissement épouvantable (c’était une baleine) et nous avions fait un montage, prétendant que c’était le monstre du Loch Gonesse qui était sorti de son lac souterrain et qui était en fureur contre l’urbanisation du Triangle de Gonesse. On disait avoir été contactés par le monstre, qui tenait absolument à signer notre pétition contre Europacity, parce qu’il voulait garder le monopole de la monstruosité sur le Triangle de Gonesse !!
Dans l’équipe d’Europacity, on se moquait allègrement de Lebon, un dirigeant, auquel on rajoutait systématiquement « très surfait », « pub mensongère »… Il y avait aussi BIG (Bjarke Ingels Groupe) le cabinet d’architecte qui avait gagné le concours d’Europacity. Nous avions trouvé cette blague : « quelle idée quand on veut garder la ligne (sous-entendu le métro 17 Nord) de choisir du BIG… »
JA et YA
JA et YA, SKETCH « EXPLORATION POLAIRE EN EMPLOIS EXTRÊMES »
Le sketch avait été joué au cours d’un colloque ayant lieu à Villiers-le-Bel, qui consistait à « balayer les idées reçues » sur l’emploi et le chômage. Le sketch était concentré sur l’idée reçue : « il faut des emplois pour faire baisser le chômage ».
CONTEXTE
Je n’ai pas encore créé mon concept de « Ville dissociée », mais on constate déjà qu’à Gonesse l’emploi augmente et le chômage aussi. Donc la politique du maire ne sert à rien !
DES POLITIQUES D’EMPLOI CIBLÉES PAR CATÉGORIE
Les politiques de l’emploi sont en train de faire disparaître la conscience transversale de solidarités entre catégories. Le gouvernement, le ministre de l’Emploi tente de séparer les « catégories ».
Les adultes hommes
Il y a débat sur les jeunes qui « ne veulent pas travailler » et qui préfèreraient rester chez Papa-Maman, dans la « famille Providence », qui aurait remplacé « l’Etat providence ». Du coup les actifs insérés sont obligés de surtravailler pour répondre à la demande.
Les temps partiels contraints. Ceci pose la question du « travail gratuit » des Femmes, qui les empêche d’exercer des emplois à temps plein. La loi sur la parité en politique a été durcie. Du coup, Fabius s’est cru autorisé à une plaisanterie de mauvais goût sur « qui c’est qui va garder les enfants ? »
Tous les boulots du « halo du chômage ». L’invention des « auto-entrepreneurs de Sarko a fait exploser le nombre concerné, de gens qui ne sont pas comptés dans les chômeurs et pourtant qui sont extrêmement précaires. Il y a maintenant des CDD extrêmement courts qui permettent de sortir les chômeurs des statistiques (ce que nous appelons les « courts de chez court, façon Roland Garros).
Les chômeurs proprement dit, que j’appelle les « Polaires », ceux qui refroidissent à Pôle Emploi.
EXPLICATIONS DU SKETCH
1/ J’avais prévu de tenir une pancarte avec mon idée reçue inscrite, mais j’ai pas eu le temps de la faire.
2/ Il y a une allusion au Conseil Général à qui j’ai reproché de ne pas avoir compté les chômeurs sur une carte par commune qui fait l’impasse sur ceux-ci. Nous avions écrit pour protester. On nous avait fait remarquer : ’ce n’est pas possible de compter les chômeurs, pcq ils n’ont pas de lieu de travail précis’. Malheureusement, YA a oublié ce passage. Donc on ne comprend pas dans son intervention le lien entre les chômeurs et tous les emplois qu’on appelle « nomades » (infirmière à domicile, taxi, VRP, etc…) qui n’ont pas de lieu de travail précis, et qui sont sans aucun problème comptés à leur domicile. Ainsi, l’argument ne tient pas.
3/ Il y a aussi une allusion aux articles très désagréables de Roissy Mail, qui avait osé traiter Bernard Loup de ’vieux loup’, perdant son temps à ’faire signer des pétitions’. Du coup, on ironise sur cette histoire de loups qui font signer des pétitions.
4/ Il y a enfin une allusion à Dalstein (dr d’Europacity) qui nous avait accusé aux débats de la CNDP de ’faire de la politique’ et de ne pas être neutres (comme si Europacity l’était !!).`
QUELQUES PROJETS IMAGINÉS SUR LE TRIANGLE DE GONESSE
Le projet DÉCIBEL, une École du « Bruit et de la Fureur ». Avec production de couacs, larsens, franchissement du mur du çon, etc… en réponse à la présidente du département du Val d’Oise qui voulait implanter la Philharmonie sur le Triangle
Le projet BERMUDES, un centre d’objets perdus ( huile de vidange du circuit de formule 1, balles perdues du stade Roland Garros, quadrature triangulaire de l’Exposition universelle…)
Le projet EXTERMINATOR, un centre de déradicalisation des idées reçues, avec stages de décontamination obligatoires pour les responsables politiques
Le centre de VACCINATION contre la Bêtise, ouvert 24 H/24 et 7 j /7 compte tenu de l’affluence
Le laboratoire du VIDE, spécialisé sur la recherche du zéro absolu, dans le tunnel Le Bourget-Triangle de G.
QUELQUES CRÉATIONS D’ASSOCIATIONS
Le CUL… PFF… !!! = Le Collectif Unitaire des Lombrics de la Plaine de France Fertile, qui se plaignait de la concurrence déloyale des chantiers du Grand Paris Express alors qu’ils creusaient gratuitement des tunnels depuis des dizaines de milliers d’années. Dans des conditions de travail inacceptables 24 h/24 et 7 j /7, dimanches et jours fériés.
Le CUTTER, le Collectif Unitaire des Taupes des Terres de France, qui voulaient creuser les galeries marchandes d’Europacity, mais qui n’avaient pas obtenu le marché public. Elles avaient été également recrutées par Bouygues pour creuser les trous du golf de Roissy, mais elles avaient attrapé une maladie professionnelle, le syndrome de la guerre du golf.
Le MLPO, Mouvement de Libération du Petit Oiseau prisonnier dans le logo d’Auchan…
Jean François WOLFF
Contrairement à beaucoup de celles et ceux qui sont dans le deuil aujourd’hui, je n’étais pas un vieux compagnon de route de Yann.
J’avais fait sa connaissance il y a 9 ans, en entrant dans le Conseil d’Administration du Collectif Pour le Triangle de Gonesse, association citoyenne dont il était un des piliers les plus actifs, en dépit de sa cécité déjà bien installée. En 2015, il était encore en activité, professeur au lycée Jean Jacques Rousseau de Sarcelles, commune assez proche de celle de Gonesse, qui a donné son nom au triangle objet de toutes nos sollicitudes militantes.
Le Triangle de Gonesse, pas n’importe quel triangle, en effet, parmi tous ceux que forment les routes convergeant vers Paris ! …Situé à peine à 10 km de la capitale au nord-est, il est coincé entre 2 aéroports (Le Bourget au sud-ouest et Roissy au nord-est), raison nécessaire et suffisante pour que toute habitation y soit interdite, à cause du passage incessant des avions à basse altitude, des nuisances et des risques qui en découlent. Par conséquent, à part, à sa pointe sud, une zone d’entrepôts employant peu de personnel, le Triangle de Gonesse n’a jamais pu être construit. Il est donc resté pour une grande part en terres agricoles, les dernières avant d’entrer dans Paris, et parmi les plus fertiles de France, son sol (limons éoliens du Bassin Parisien) pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres de profondeur.
Quand j’ai connu Yann, le CPTG, créé en 2011, se battait déjà pour sauvegarder le caractère agricole du Triangle, et tâcher de le préserver de l’urbanisation que la municipalité de Gonesse et les « décideurs » de la Région Ile de France appelaient de tous leurs vœux.
A l’époque, la menace de bétonnage s’appelait Europa City. Projet délirant, porté par Auchan, d’un centre d’attractions et de galerie marchande tout à la fois, qui ambitionnait, entre autres excentricités énergivores et écocides, un aqualand et … une piste de ski !…
Grâce aux efforts tenaces du CPTG et de soutiens associatifs de plus en plus nombreux au fil des mois, ce projet mégalo a fini par capoter en 2019. L’état, jusque-là très favorable, s’étant enfin décidé à lui donner le coup de grâce en l’annulant officiellement. Auparavant, le vent de l’opinion et de la société civile avait tourné significativement grâce à nos soins diligents d’information auprès du grand public, et de contestation aussi radicale qu’argumentée face aux élus locaux et aux promoteurs.
Malheureusement, cette victoire déterminante ne nous a pas fait pour autant gagner définitivement la guerre contre les bétonneurs !… Face à l’entêtement rétrograde de la municipalité de Gonesse et de la Société d’aménagement du Grand Paris, toujours soutenues par l’état, et inventant inlassablement de nouveaux grands projets aussi inutiles et imposés que d’un autre temps, la lutte continue.
Mais depuis 2019, c’était sans Yann. Peu de temps après l’annulation d’Europa City, il a déménagé à la faveur de son départ à la retraite. Il est retourné vivre sur la terre de son enfance, là où il va reposer, désormais.
C’est donc pendant le combat contre Europa City, entre 2015 et 2019, que j’ai pu apprécier son dynamisme, sa ténacité, la force de ses convictions politiques et écologistes, son militantisme infatigable…en dépit d’une mobilité réduite par la cécité, qu’il gérait avec autant de courage que de pudeur, mais aussi, au besoin, avec humour, l’un de ses traits de caractère les plus constitutifs.
Mobilité réduite ou pas, il assistait à presque toutes les réunions mensuelles de notre conseil d’administration. Pendant toute une période, elles ont eu lieu dans une salle municipale d’Arnouville les Gonesse, commune voisine, comme son nom l’indique…qui soutenait sans réserve le projet Europa City !!!…Nous devions ce lieu situé en plein « territoire ennemi » aux bons soins de Yann. Dans sa déclaration à la mairie pour l’obtention de la salle, il faisait croire que nos réunions étaient celles de « Tout le monde il est bio », qu’il avait fondé et qu’il présidait. Cette association fournissait , en circuit court, le secteur en légumes et en fruits bios, comme l’indiquait son nom, où l’on reconnaissait bien la marque de fabrique de Yann et sa prédisposition pour le calembour et le clin d’œil verbal. Les jours de réunion, une condition drastique, la seule et unique de toute la soirée : faire attention à ce que nous disions dans les couloirs de la maison communale avant d’entrer dans la salle et en en sortant…. Une fois dedans, grâce à Yann, confort d’installation et liberté de parole assurés !.. Cela a pu durer ainsi jusqu’à son départ dans le Sud…
Pendant la même période, Yann venait aussi régulièrement aux réunions du débat public, dont nous avions pu arracher de haute lutte la tenue à la famille Mulliez, dynastie marchande qui s’abrite discrètement derrière la marque Auchan, et qui était à l’origine du projet Europa City. Depuis 2 ou 3 ans, en effet, elle « trainait des pieds » dans la constitution du dossier pour tenter d’échapper à la confrontation avec la société civile et une opinion publique qui ne recevrait pas que sa « com » purement publicitaire.
Lors de ces séances sous l’égide de la CNDP, Commission Nationale du Débat Publique, ce n’était pas rare d’entendre s’élever la voix forte de Yann ! …Comme on peut le deviner aisément, il ne reculait jamais devant la perspective de pousser un coup de gueule… Mais quand il le faisait, c’était toujours pertinent … et percutant …
Bien entendu, il ne pouvait pas être présent à nos actions les plus physiques, comme par exemple distribuer des tracts sur les marchés.
Mais c’était largement compensé par ce qu’il faisait dans le cadre de ses cours en tant qu’enseignant. Ainsi, scandalisé par l’ingérence de la « propagande » d’Europa City jusque dans son lycée, où les promoteurs du projet avaient leurs petites et grandes entrées grâce à la complaisance de la direction, Yann s’était mis en devoir, afin de rétablir l’équilibre au sein de la controverse, d’organiser dans ses classes des séances d’information et de travail où les enjeux écologiques et environnementaux du Triangle trouvaient, enfin, toute leur place.
De même il coopérait activement aux échanges de mails incessants entre membres du CA, pour préparer les réunions, ou prendre des décisions urgentes dans les intervalles. Ces discussions par courriel, passionnées, interminables, n’allaient pas sans fatigue ni tension, face à un adversaire qui, fort de son gros budget et de ses soutiens haut placés, ne voulait absolument rien lâcher.
Dans ces débats au long cours un peu éprouvants, Yann incrustait sans vergogne une badinerie qui avait au moins le mérite de nous redonner le sourire et de remettre entre nous un peu de légèreté…C’est ainsi que, sous sa plume facétieuse, parfois acérée, voire féroce, Valérie Pécresse, la présidente de la Région Ile de France, devenait « Valérie La Pécheresse », Europa City le « monstre du Loch Gonesse » et Facebook « Face de bouc » …Quand ce n’était pas… « fesse de… » Quant à Dalstein, le maître d’ouvrage mandaté par Auchan, c’était Dalle de pierre, à partir de quoi il n’y avait plus qu’un pas jusqu’à « Pierre tombale », vite franchi par Yann, on s’en doute.
Mais n’en restait pas là. Pour servir la défense du triangle de Gonesse, Il avait poussé son sens de l’autodérision et du burlesque jusqu’à son stade ultime : le clown !…
Pour pointer par le rire les délires mégalos, la distillation des rêves bons marchés du consumérisme, ainsi que la spéculation immobilière qui se cachait derrière, le clown Ya, et la clownesse Ja, sa comparse, avaient choisi de fustiger effrontément tout ça sur scène, lors des événements « Portes ouvertes » organisés par le CPTG. Ja, alias Jacqueline Lorthiois, membre du CA elle aussi, brillante chercheuse, tout à la fois géographe, démographe, sociologue, statisticienne (et j’en oublie…), ayant souvent, pendant le débat public, battu en brèche haut la main les boniments trompeurs de nos adversaires…Un peu, faite femme, ce que Yann était en tant qu’homme : deux creusets rares, où la verdeur du langage, la truculence, la propension salutaire à « mettre les pieds dans le plat » et au coup de gueule (Décidément on y revient ! …) font très bon ménage avec une immense culture, un très haut niveau intellectuel et, plus encore, une grande conscience morale.
Cette symbiose peut sans doute se résumer, pour l’un comme pour l’autre par la formule suivante : prendre très au sérieux ce que l’on fait, mais ne surtout pas se prendre trop au sérieux soi-même.
A preuve, une capacité extraordinaire chez tous les deux à prendre de la distance vis-à-vis de ses malheurs, voire, à en rire : lui aveugle, elle lourdement polyhandicapée appelaient leur binôme clownesque « l’aveugle et le paralytique » !…
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Atypique, assurément, Yann l’était et l’assumait pleinement. Ce non-conformisme pouvait même parfois aller jusqu’à la non-conformité… Ainsi vis-à-vis de nos règles d’envoi de courriel, prohibant catégoriquement tout mail sans rapport étroit avec la raison d’être du collectif. Et bien Yann nous inondait d’informations politiques, sociologiques, philosophiques généralement de grand intérêt…. Mais complètement hors sujet pour le groupe ! ….
A ma connaissance, personne ne s’en est jamais ouvertement formalisé…Signe tacite de déférence pour ce qu’il avait de particulier ???!… Pour la place de poids qu’il tenait parmi nous, tantôt prééminente, tantôt discrète, lui qui savait aussi se taire longtemps en assemblée ???!…Ou bien, tout simplement, résignation, de guerre lasse, face à cette « forte nature » qui se jouait parfois gaillardement des conventions ???!…
Toujours est-il que ses envois se sont poursuivis après son départ de la Région parisienne, jusqu’à une date récente, celle, nous le savons maintenant, que son état de santé déclinant lui a permise. Envois toujours riches, toujours instructifs, donc suffisamment profitables, en dépit de leur surabondance et de leur décalage par rapport au cœur de cible du PTG, pour que je continue de les accepter de bonne grâce. Il n’empêche que leur déferlante quotidienne m’a fait plus d’une fois soupirer, et parfois même franchement rouspéter !
Mais maintenant que je sais que l’interruption est définitive, je ressens surtout un grand vide !… D’abord parce que c’était réellement de « l’info qui informe », comme il était le premier à le dire. Ensuite, parce que sa liste de contacts, dont nous étions, c’était tout un symbole. Comme son blog, Leurre de vérité (Encore un jeu de mots bien de son cru …), comme « La Gauche Cactus », où il écrivait des articles. Le symbole d’une volonté de vigilance, un véritable mouvement de résistance intellectuelle contre la désinformation et le décérébration ambiantes…
A la fois éclectique et d’une grande cohérence, Yann était haut incontestablement en couleurs, lui qui ne les voyait plus depuis déjà un certain temps, mais qui continuait de percevoir si bien toutes les couleurs de la Vie.
Alors, Yann, merci pour ton message d’amour de la Planète, de l’Humanité, que tu affectionnais bien plus que tes airs parfois un peu bourrus pouvaient le laisser supposer. Merci pour ton exemple de résilience, de courage face à l’infirmité et à la maladie. Merci pour l’immense corpus de textes, d’articles, pour tout ce que tu nous laisses d’humanité en héritage…
Par ce leg inestimable, par ton souvenir indéfectible, tu continueras d’être un peu à nos côtés sur ce chemin d’avenir qui s’étend devant nous,
JF Wolff Retour en haut de la page
Triangle de Gonesse :
Le CPTG se heurte à la porte fermée du Préfet du Val d’Oise
Nous n’en démordons pas ! Nous sommes toujours contre la cité scolaire sur le Triangle de Gonesse. Nous avons sollicité un rendez-vous avec le Préfet qui a refusé de recevoir une délégation.
Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) a appelé à un rassemblement devant la préfecture du Val d’Oise le mercredi 24 avril à 15h. Le CPTG se heurte toujours au refus d’une concertation publique sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), pour examiner les différents sites possibles d’implantation du projet de Cité scolaire. Le site du Triangle de Gonesse, hors des villes, au plus près des pistes des aéroports de Roissy et du Bourget est le plus mauvais choix d’implantation possible : nuisances aériennes, loin des villes, à 500 m du point de crash du Concorde, à côté d’une gare en plein champ sur la ligne 17 nord, qui ne desservirait même pas les Val d’Oisien·nes.
Nous nous sommes rassemblés le 27 mars à Saint Ouen sur Seine devant le Conseil régional et finalement nous avons été reçus par le Vice-président en charge de l’aménagement du territoire. Il a entendu nos arguments sur les différents sites possibles à Villiers-le-Bel et Sarcelles, et nous a renvoyé vers les maires des communes concernées et vers l’Éducation nationale.
Aujourd’hui le CPTG, avec le soutien des syndicats de l’Éducation nationale, s’est rassemblé devant la Préfecture du Val d’Oise. Le Préfet a refusé une nouvelle fois de recevoir une délégation. Il n’assume pas ses responsabilités. Il est indifférent au bien être, à la santé des jeunes et aux conditions de travail du personnel. Le CPTG rappelle que l’autorité judiciaire a jugé inacceptable l’implantation d’un centre pénitentiaire dans la commune voisine de Goussainville car au plus près des pistes des aéroports et des nuisances aériennes.
Nous ne lâcherons pas ! La Cité scolaire ne doit pas être sur le Triangle de Gonesse. L’éducation de la jeunesse ne peut servir d’alibi pour la construction d’une gare inutile ! Le projet de Cité scolaire doit faire l’objet d’une concertation publique sous l’égide de la CNDP comme cela a été fait en janvier 2023 sur la localisation de l’établissement pénitentiaire du même Plan pour le Val d’Oise.
(présentation de ce rendez-vous sollicité auprès du préfet du Val d’Oise)
et appel à rassemblement le 24 avril
Nous n’en démordons pas! Toujours contre la cité scolaire sur le Tringle de gonesse, c’est par le préfet du Val d’Oise que nous demandons à être reçus cette fois, le mercredi 24 avril
Le CPTG appelle à un rassemblement devant la préfecture du Val d’Oise le mercredi 24 avril à 15h, 5 avenue Bernard Hirsch à Cergy.
Le CPTG se heurte toujours au refus d’une concertation publique sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), pour examiner les différents sites possibles d’implantation du projet de Cité scolaire. Le Triangle de Gonesse hors des villes, au plus près des pistes des aéroports de Roissy et du Bourget est le plus mauvais choix d’implantation possible : nuisances aériennes et loin des villes, à côté d’une gare en plein champ sur une ligne qui ne dessert pas l’est du Val d’Oise.
Nous nous sommes rassemblés le 27 mars devant le Conseil régional et finalement nous avons été reçus par le Vice-président en charge de l’aménagement du territoire. Il a entendu nos arguments sur les différents sites possibles à Villiers-le-Bel et Sarcelles, il ne nous a plus opposé que le Triangle de Gonesse était le seul site possible, mais a renvoyé « la balle » sur les maires des communes et sur l’Éducation nationale. Nous ne lâcherons pas ! La Cité scolaire ne doit pas être sur le Triangle de Gonesse. L’éducation de la jeunesse ne peut servir d’alibi pour la construction d’une gare devenue inutile !
Le Préfet du Val d’Oise est responsable de la réalisation du Plan pour le Val d’Oise. Le projet de Cité scolaire doit faire l’objet d’une concertation publique sous l’égide de la CNDP de la même manière que la concertation a été organisée dès janvier 2023 pour le projet d’établissement pénitentiaire du même Plan pour le Val d’Oise.
Comme pour le Conseil régional, venez aider le CPTG à ouvrir la porte de la Préfecture le 24 avril à 15h.
Nous invitons les syndicats de l’Éducation nationale, qui ont manifesté avant les vacances de printemps pour de meilleures conditions de travail au service de leurs élèves, ainsi que les parents d’élèves, à se joindre à nous avec leurs drapeaux.
Le rassemblement est déclaré, avec une demande auprès du Préfet de recevoir une délégation.
Venez avec votre instrument de musique préféré ou tout autre ustensile pouvant faire du bruit semblable, ou non, à celui des avions pour une alternance musique, bruit et prise de parole.
Pour se rendre en préfecture de Cergy.
RER A arrêt Cergy Préfecture, montez sur la dalle par l’escalier mécanique et dirigez-vous vers la pyramide inversée.
🤸🏿♀️L’échauffement a commencé 🤸🏿♀️ Il reste encore des places ⚽Les maillots aux couleurs des deux équipes sont en route 👕Le vestiaire-tente est prévu⛺Le jus de pomme est pressé 🍎La pâte à crêpes repose 🥞les légumes de Gonesse bientôt récoltés 🥬Les stands associatifs se préparent … 13 avril 14h terrain Nelson Mandela, Derrière les Murs, Villiers-le-Bel !!! 🏃🏿➡️🤝🏿👩🏿🌾
Si tu veux jouer, inscris-toi !
Si tu ne joues pas au foot, fais tourner et viens soutenir l’équipe de ton choix, déguster un jus de pommes du Vexin et des mets faits mains, discuter sur les stands associatifs …
Pour venir : à pied, à vélo, en transports : gare du RER D Villiers-le-Bel /Arnouville/Gonesse puis bus 270 arrêt Jean Bullant.
Le terrain de foot Nelson Mandela se situe entre la rue des Érables et la rue Jean Bullant.
Au mois d’octobre 2023, 1 328 riverain·e·s du Triangle de Gonesse ont signé une pétition (uniquement sous forme papier) soutenant la préservation des terres agricoles et le choix d’un lieu adéquat pour la cité scolaire à l’issue d’une concertation publique sous l’égide la commission nationale du débat public. D’autres sites sont possibles, en ville, dans Villiers-le-Bel ou Sarcelles, proches du RER D.
En vain, le CPTG demandait à être reçu par le Premier ministre, le ministère de l’Éducation nationale, le rectorat et la Région afin de remettre les pétitions.
Devant cette fin de non-recevoir, le CPTG est venu en nombre, solennellement remettre les pétitions à la présidente du conseil régional qui est le maître d’ouvrage de la cité scolaire.
[édité le 7 avril] C’est finalement M. Dugoin-Clément, vice président du Conseil Régional, qui a reçu les pétitions. Il a écouté nos arguments, il n’avait rien pour s’y opposer. Il nous a renvoyé⋅e⋅s vers le ministère de l’Éducation nationale et vers les élu⋅e⋅s de l’agglo Roissy-Pays de France
Une « Enquête publique portée par le Conseil régional d’IDF et relative au projet de Schéma directeur de la région Île-de-France – Environnemental (SDRIF-E) » est ouverte depuis 01/02/2024 à 09 heures. Le registre sera clos le 16/03/2024 à 12 heures.
Ce SDRIF déterminera les conditions de vie, de travail et de transports pour les 15 années à venir. <…> Ce document est très important car il s’impose ensuite aux décisions d’aménagement des communes dans leurs propres projets.
Pour tenter de lire entre les lignes avec de bonnes lunettes, c’est là : https://www.registre-numerique.fr/sdrif-e
Pour savoir ce que seulement 5555 autres ont déjà écrit, c’est là : https://www.registre-numerique.fr/sdrif-e/voir-les-avis
Et pour déposer votre contribution, c’est là : https://www.registre-numerique.fr/sdrif-e/deposer-son-observation
Sans vous forcer ni vous imposer un copier coller, ajouter aimablement quelque chose comme « sur tel(s) point(s), votre proposition est une horreur, et moi, es qualité de défenseureuse des terres, je vous propose de (ici, vos idées fertiles)« .
Une rapide présentation de la longue et précise contribution :
COLLECTIF POUR LE TRIANGLE DE GONESSE 15 mars 2024
AVIS du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG)
sur le projet de SDRIF arrêté le 12 juillet 2023
(plan et extraits)
INTRODUCTION I. OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LE SDRIF
1/ la poursuite de la croissance de l’IDF est insoutenable
2/ Les inégalités ont explosé II. ANALYSE DÉTAILLÉE
Remarque sur les cartes
Le SDRIF est composé de 4 grands chapitres :
1/ Une région sobre et verte
2/ Une région productive et plus indépendante
3/ Une région Polycentrique
4/ Une région Solidaire Objectif 1/ Une région sobre et verte
– 50% de consommation d’ENAF en Île-de-France d’ici 2031
Nous demandons à minima l’inscription dans le SDRIF de l’objectif de réduction de 50% de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici 2031, par rapport à la décennie 2011-2021.
Bien plus, nous approuvons la position de FNE IDF qui propose de tendre vers le Zéro Artificialisation Brute (ZAB), seule solution pour protéger intégralement les espaces naturels, agricoles et forestiers fort menacés de l’IDF. Objectif 2 / Une région productive et plus indépendante
La souveraineté alimentaire
La souveraineté industrielle Objectif 3 / Une région polycentrique
Découpage en bassins de vie Transports : des grands axes de transports de transit, négligeant les besoins de « transports de desserte » des habitants.
La ligne 17 Nord possède 5 gares sur 6 qui n’ont aucun habitant dans un périmètre de 800 m autour des stations prévues.
Seule stratégie possible : un moratoire sur les lignes inutiles et la réorientation des budgets vers un programme d’emplois de proximité qui permette aux habitants de travailler sur place, et de progresser ainsi vers la « ville des 20 mn », en évitant la galère des transports. Nous contestons particulièrement le projet de ligne 19 Les transports du quotidien sont dans un état déplorable Nous contestons également le projet routier du BIP Objectif 4/ Une région solidaire Les politiques d’emploi sont conduites sans aucune analyse des besoins des populations résidentes Nous dénonçons cette politique de l’offre inutile qui ne tient aucun compte des besoins des territoires locaux. Nous soutenons la mise en place de transports de proximité qui permettent de réduire les besoins de transports à la source, plutôt que des transports lourds, coûteux et qui ne desservent pas les lieux d’habitat.
Ceci suppose de conduire en parallèle une politique de développement d’emplois de proximité III.- LES QUESTIONS LOCALES – Zone C des PEB des aéroports – RD 970 au nord de Villiers-le-Bel – Amélioration du bus 9518, liaison structurante en rocade de Cergy à Roissy – Développer le réseau de piste cyclables, y compris sur les plateformes des aéroports – Suppressions des quatre pastilles du projet Carex à Goussainville – Suppression de la demi pastille à Moisselles – Rejeter la demande de trois pastilles d’urbanisation sur la partie sud du Triangle de Gonesse
CONCLUSION
<…> Le nouveau SDRIF apparaît foncièrement dépassé et ceux qui le promeuvent sont dans un aveuglement coupable. Et l’IDF, la région la plus bétonnée de France et championne des inégalités territoriales, sociales, économiques et environnementales se doit de donner l’exemple et de BIFURQUER RADICALEMENT de TRAJECTOIRE. En conséquence, nous persistons dans notre demande d’un moratoire sur tous les grands projets inutiles et imposés, qui sont en réalité des GRANDS PROJETS NUISIBLES et refusons catégoriquement ce Schéma Directeur de la Région Ile-de-France d’un autre âge.
Pour toutes les raisons précédentes, le CPTG donne un avis très défavorable au projet de SDRIF arrêté le 12 juillet 2023.
Le 1er octobre 2023, après une visite des lieux où il ne faut pas installer une cité scolaire
(ni autre bétonnage absurde sur ces terres), les Vieux·et Vieilles Campeuse·eurs pour les Terres Nourricières ont installé
une Zone d’Imagination pour un Aménagement Concerté (ZIAC) sur le terrain municipal attenant à l’ancien hôpital Adélaïde Hautval à Villiers-le-Bel (95)
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Le courrier est à envoyer ici : Les vieilles et les vieux campeuse·eurs Au bout de l’avenue du champ Bacon « camping le paradiZIAC » 95400 Villiers-le-Bel
Et puis une rencontre lundi 9 en fin de matinée : Wilfrid Lupano, le scénariste des Vieux Fourneaux vient rencontrer les Vieilles et Vieux Campeurs pour les terres nourricières
En pleine rue et devant témoins, Monsieur Pascal Doll tient des propos incohérents au sujet du projet de la cité scolaire avec internat sur le triangle de Gonesse Notre communiqué de presse : CP du 18 octobre 2023 – CPTG-ZIAC-07
WebTV du MNLE consacre un reportage à la ZIAC Un militant du Mouvement national de lutte pour l’Environnement (MNLE) de Seine-Saint-Denis (93) est tous les jours avec nous sur la ZIAC. Certains et certaines de ses camarades passent parfois nous voir et ils nous apportent de délicieuses denrées.
À regarder en ligne : https://www.mnle.fr/le-mnle-web-tv-et-la-ziac-zone-dimagination-pour-un-amenagement-concerte/
La ZIAC soutient la CremZAD ! Installée illégalement depuis le 1er octobre par les vieilles et vieux campeureuses pour les terres nourricières du collectif pour le Triangle de Gonesse, la Zone d’Imagination pour un Aménagement Concerté (ZIAC) de Villiers-le-Bel (95), dont l’objectif est de préserver près de 700 Ha de terres agricoles situées à Gonesse à 6 km du campement, apporte tout son soutien à la CremZAD évacuée le 22 octobre par les forces du désordre. <…> Notre communiqué de presse : CP du 24 octobre 2023 – CPTG-ZIAC-08
Merci aux élus qui soutiennent la ZIAC :à lire ici
Dimanche 29 octobre : Première (et dernière ?) ZIACDimanche à Villiers le Bel à partir de 10h Adresse : au fond de l’avenue du Champ Bacon à 10 minutes à pied de la gare du RER D Arnouville, Gonesse, Villiers-le-Bel par la rue Choisel
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Programme (mis à jour) : • 10h : On a piscine !!!
• 12h30 : Pique-nique tiré du sac
• 14h : Prises de paroles des luttes alliées (n’hésitez pas à vous présenter !) – la délégation ZIAC au WE contre l’A69 fera un retour d’expérience
– Une délégation de MNLE présentera leurs actions en cours
– CCL18 envoie une délégation
– la conserverie solidaire présentera ses confitures subversives
– Saccage fera un point sur la mobilisation contre les JO
– présence active du collectif « Non au pont d’Achères ! »
– et le collectif contre Greendock ! • 15h : Bilan et perspective de la ZIAC
Et on essaie de terminer la journée par un moment musical (si vous êtes musicien ou musicienne ….)
Les vieilles campeuses et vieux campeurs pour les terres nourricières, du Collectif pour le Triangle de Gonesse, lèvent le camp !
Il faut continuer à réclamer au ministère de l’Éducation nationale l’organisation d’une concertation publique sous l’égide de la commission nationale du débat public (CNDP) sur l’emplacement de la cité scolaire à l’Est du Val d’Oise. Nous sommes conscients que cette concertation n’est pas une obligation légale. Elle relève de la volonté des porteurs de projet de faire preuve d’esprit démocratique. Cette revendication n’en est pas moins impérieuse, car motivée par le respect des habitantes et habitants de l’Est du Val d’Oise et par le souci d’offrir les meilleures conditions de formation à la jeunesse valdoisienne. Il s’agit donc d’une décision politique dans le sens noble du terme.
Pour l’heure, les Vieilles et Vieux Campeurs de la ZIAC de l’Est du Val d’Oise vont lever le camp.
Non sans remercier vivement les habitantes et habitants de Villiers-le Bel pour leur accueil chaleureux.
Non sans la promesse de poursuivre leur mobilisation par d’autres formes d’action.
Non sans vous appeler à les rejoindre, jusqu’à ce que la cité scolaire soit déplacée et la gare du Triangle de Gonesse abandonnée.
Les ZADimanche se tiennent rituellement le dernier dimanche du mois, souvent ainsi :
Déroulé de la journée : Rendez-vous à 11h à la Patte d’Oie de Gonesse,
Départ vers 11h30 en direction du chemin de la Justice
À 12h30, pique-nique apporté par chacun·e et prises de paroles.
À partir de 14h, toutes les informations sur la situation et la préparation des actions à venir.
Comment se passe une ZADimanche ordinaire ?
En bref, nous échangeons, nous mangeons, nous nous promenons le long du chantier !
C’est l’occasion de faire le point sur la situation: le gouvernement veut toujours urbaniser le Triangle mais il ne sait toujours pas où il va. Aucun porteur de projet privé, une cité scolaire au milieu des champs sous les avions…
Un tour du site pour évaluer l’avancée des travaux et des dégâts commis sur les champs est effectué matin et après-midi. Et enfin, place est donnée à la réflexion sur les actions à venir alors que la terre partout se soulève !
Accès par train puis bus : Attention aux travaux sur les RER, consultez le site transilien.com… RER D : descendre à l’arrêt Villiers-le-Bel – Gonesse-Arnouville (20’ depuis Gare du Nord), ou RER B : descendre à l’arrêt Parc des Expositions (20’ depuis Gare du Nord), puis prendre le bus 20, arrêt Patte d’Oie-Triangle de Gonesse (« arrêt à la demande ») et suivre le chemin de la Justice.
En vélo et voiture : remonter l’avenue du 12è Régiment de Cuirassiers à Gonesse jusqu’au Carrefour de la Patte d’Oie, puis suivre le chemin de la Justice
GPS : 48°58’58.4″N 2°28’16.2″EV . Et si vous êtes perdu·es : 06 76 90 11 62
La précédente, c’était 26 novembre et était juste fraiche La prochaine aura lieu le 7 janvier 2024 , et pour en savoir plus avant, en exclusivité, inscrivez vous (en cochant la bonne case !) pour recevoir l’Écho du Triangle 😉
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Fraiche mais studieuse ZADimanche le 26 novembre
La prochaine, c’est l’année prochaine 😉
Pensez à vous couvrir les oreilles, il y a des avions bruyants parait-il
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ZIACDimanche « finale » du 29 octobre
Plus d’informations sur les réseaux Sociaux (Facebook, Instagram, X, LinkedIn) Programme mis à jour ici
Après une visite des lieux où il ne faut pas installer une cité scolaire (ni autre bétonnage absurde sur ces terres), les Vieux·et Vieilles Campeuse·eurs pour les Terres Nourricières ont installé une Zone d’Imagination pour un Aménagement Concerté (ZIAC) sur le terrain municipal attenant à l’ancien hôpital Adélaïde Hautval à Villiers-le-Bel (95)
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ZADimanche du 3 septembre
En raison de l’accueil du convoi de l’eau le week-end des 26 et 27 août, nous nous sommes retrouvé·es le 3 septembre sur le Triangle pour rappeler qu’on ne bétonne pas en toute tranquillité en Ile de France et à Gonesse en particulier. Toujours déterminé·es contre le projet de gare et de cité scolaire en pleins champs.
Sous le chaud soleil du triangle
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ZADimanche du coeur de l’été :
Dimanche 30 juillet 2023
Pour préserver les conditions d’une terre habitable et accueillante,
pas de trêve pour la défense des terres !
Alors, les récoltes ont-elles été bonnes, sur les très fertiles terres du Triangle de Gonesse ?
Un petit souvenir de la ZADimanche du 30 juillet 2023, où nous n'espérions
pas être aussi nombreuses : 21 personnes
Si pas de champ : pas de blé et pas de baguettes !
Inscription des terres de Gonesse et Saclay au patrimoine mondial de
l'UNESCO !!!
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ZADimanche du dimanche 25 juin 2023 A Gonesse, nous avons zadé !
Elle est dans toutes les bouches, la ZAD. De celleux qui la détestent et sont plus occupé·es à l’interdire qu’à sauver l’habitabilité de notre planète, à celleux qui l’aiment et la font, occupant les terres à défendre contre les prédateurs·trices de notre principale richesse.
Comme tous les derniers dimanches du mois, nous nous sommes installé·es sur le Triangle, pour rappeler notre obstination et cette évidence : ces sols fertiles doivent nourrir les habitant·es et non les projets mégalomanes et toxiques de quelques-un·es.
La ZAD au service du vivant, contre le projet de gare en plein champ et contre une cité scolaire internationale sous les avions !
Une grangette de Zaclay est venue voir si le chantier de Gonesse était moins plaisant.
Hélas, les chantiers sont tout aussi détestables ;-(
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ZADimanche exceptionnelle :
Dimanche 28 mai 2023 Vous êtes venu·es avec vos pique nique, vos sièges et vos slogans (en une phrase)
Tract d’appel (diffusé massivement le premier mai à Paris)
Dimanche 28 mai, s’est tenue une ZADimanche exceptionnelle: environ 150 personnes venues
constater la situation sur le Triangle et une dizaine d’ouvriers travaillant sur le chantier, de façon non exceptionnelle…
Ce qui traduit la volonté d’une avancée à marche forcée pour prendre de vitesse les adversaires de la gare. Puisqu’elle est annoncée pour 2026 et qu’aucun passager n’est en attente de cette ligne, on peut se demander pourquoi la SGP ne respecte même pas le repos dominical…
Le mot d’ordre de la journée des défenseur·euses des terres agricoles était pourtant plus que jamais « on est là ! ».
Affiché, clamé, chanté: sauvetage des terres pour la sécurité alimentaire des Franciliens, protection des lycéens menacés d’apprentissage sous les avions et le bruit de leurs ballets incessants, défense des populations locales dont on détruit l’environnement contre le mirage d’emplois au bout de la ligne…
Pour toutes ces raisons, 4 ans après l’abandon d’Europacity, ON ÉTAIT TOUJOURS LÀ, accompagné·es par Stéphane Derradi, sa guitare et ses chansons.
Après les prises de parole sur l’état de la mobilisation, y compris juridique, puis sur les conditions de travail sur les chantiers du Grand Paris Express, après l’affichage sur le chemin du chantier, nous avons rendu hommage à Seydou Fofana, jeune ouvrier victime du chantier pharaonique de la gare du Triangle le 4 avril.
Avant de nous séparer, nous avons jeté des bombes à graines pour semer du vivant là où la SGP sème la désolation. Les peupliers hauts de dizaines de mètres, grandis sur une zone qui devait rester intacte, ont récemment fait les frais des mensonges et de la désinvolture. Il n’en reste plus que les souches…
À bientôt pour de nouveaux rendez-vous avec les sauveteur·euses des terres de Gonesse !
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ZADimanche du dimanche 30 avril 2023
Pendant les travaux, la désolation continue :
(vue de la rue de la justice)
Où sont les engagements de la SGP de ne pas toucher les quelques arbres du Triangle dans le cadre de Éviter, Réduire, Compenser ?
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ZADimanche passée, sur le Triangle de Gonesse : Dimanche 2 avril 2023 de 11h à 16h
« Ils s’entêtent à bétonner ! Après le 18 mars à l’Unesco, fin mars on aura déplacé la Cité scolaire, et puis on continue ! »
La participation à la ZADimanche a une nouvelle fois confirmé le maintien de la mobilisation pour le Triangle de Gonesse. En plus de nouvelles personnes venues découvrir les lieux, nous avons eu la satisfaction d’avoir la visite du député de la 8e circonscription du Val d’Oise Carlos Martens Bilongo. Cette ZADimanche faisait suite aux deux mobilisations du mois de mars, devant l’UNESCO pour le classement des sols de Gonesse et de Saclay (avec le CCL18) et devant la préfecture de Cergy contre la localisation de la Cité scolaire sur le Triangle de Gonesse sous le bruit des avions.
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ZADimanche passée : Dimanche 26 février 2023
« Ils s’entêtent à bétonner ! À nous d’agir : Unesco, la Cité scolaire et puis on continue ! »
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ZADimanche passée : Dimanche 29 janvier 2023
« Ils s’entêtent à bétonner ! Mais on est là ! »
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L’année dernière, le dernier dimanche du mois était le 25 décembre. On s’est reposé, on a (parfois) fait la fête et on a repris des forces pour 2023. La prochaine ZADimanche aura bien lieu le 29 janvier 2023.
Ce n’est pas encore gagné mais c’est encore possible de préserver le Triangle de Gonesse de l’urbanisation ! Le CPTG vous souhaite à toutes et à tous de bonnes luttes victorieuses
[edit] 25 janvier, Api et Leo relaxés au tribunal à Évry, après avoir accroché en octobre 2021 une banderole « SOS STOP L18 » sur une grue, dans le but d’alerter sur les dangers du projet démesuré de métro du Grand Paris Express sur le plateau de Saclay !
Les charlatans du Triangle de Gonesse : Nicolas Bouzou, l’économiste médiatique et vénal
Si le premier épisode était consacré au haut-fonctionnaire Jean-François Carenco plus défenseur du groupe Auchan que de l’intérêt général (cf. L’Écho du Triangle du 24.07.2023), ce deuxième épisode de la série sur les charlatans du Triangle de Gonesse est consacré à Nicolas Bouzou, l’économiste qui prodigue ses conseils en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.
Nicolas Bouzou, promoteur zélé d’EuropaCity
Parmi la horde des personnalités médiatiques recrutées par Immochan (devenu Ceetrus), la filiale immobilière du groupe Auchan, pour vanter les mérites d’EuropaCity au 1er semestre 2016 lors du débat public consacré à ce projet, figurait l’économiste Nicolas Bouzou.
Avec son confrère Pierre Bentata (« économiste, directeur-fondateur de Rinzen Conseil »), N. Bouzou (« économiste, directeur-fondateur d’Asterès ») a rédigé un document de 37 pages (dont 6 pages d’« Annexe technique ») intitulé « EuropaCity, Analyse économique du projet ». En pages 3 et 4 du document, la « synthèse opérationnelle » est un condensé en trois points des arguments dithyrambiques retenus pour vanter ce « projet innovant », « cluster de loisirs qui accompagne l’évolution des modes de vie » :
– « 1/ Une opportunité pour le Nord-Est francilien », incluant le refrain sur « l’enclavement du territoire » ;
– « 2/ Une prise en charge par un nouvelle forme de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences » avec le leurre de la formation privée payée par EuropaCity qui « soulagera les budgets des administrations » ;
– « 3/ Un gisement d’emploi », mirage des créations d’emplois que devait générer EuropaCity (« nos études économétriques réalisées sur l’Ile-de-France montrent que l’ouverture de centres commerciaux et de grandes surfaces a toujours entrainé une augmentation nette de l’emploi »), même si les deux auteurs reconnaissent que le projet est flou (« un projet innovant et évolutif ») et qu’« il est difficile d’évaluer précisément le nombre d’emplois qu’EuropaCity engendrera ».
Les affirmations martelées comme des évidences, telles que « Sa situation géographique idéale et son caractère innovant feront d’EuropaCity un véritable cluster » et « Cette double mutation [mutation économique et géographique, ndlr] (…) recentre l’activité et la richesse des territoires vers les métropoles. » n’ont pas résisté à la pandémie de Covid-19. Le mot « cluster » a pris un sens épidémiologique et les métropoles ont été les lieux où les confinements successifs étaient les plus durs à vivre.
Nicolas « Bouzouka », défenseur acharné d’EuropaCity
Comme à la fin du débat public les arguments des opposants à EuropaCity commençaient à être entendus, N. Bouzou a publié le 9 juin 2016 sur un blog hébergé par le Huffington Post un article intitulé « En banlieue, EuropaCity, un projet pour booster l’emploi des jeunes » où il s’en prend au Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), auquel il reproche son « mépris aristocratique pour les populations locales » et sa prétendue volonté de laisser EuropaCity s’implanter dans une zone plus riche. Quand il s’agit de défendre un de ses clients, N. Bouzou est prêt à troquer la rigueur scientifique contre l’argumentation facile et de mauvaise foi.
En 2018 Nicolas Bouzou travaille aussi pour E. Leclerc dans les Bouches-du-Rhône
Pas découragé des faibles retombées de son travail pour Immochan dans le dossier EuropaCity, N. Bouzou retravaille pour la grande distribution deux ans plus tard. Son client est l’enseigne E. Leclerc qui depuis 2013 cherche à implanter un supermarché sur une parcelle de 21 000 m2 installée en plein cœur de la zone d’activité économique, située au pied de la ville perchée d’Eguilles (Bouches-du-Rhône). Le maire de la commune, Robert Dagorne, préférant construire des logements sociaux sur la même parcelle, Nicolas Caylet, entrepreneur indépendant adhérent au mouvement E. Leclerc, lance une vaste campagne de communication avec pétition et documents explicatifs (distribués dans les 3 600 boîtes aux lettres d’Eguilles) à la clé.
Comme expliqué dans l’article « Eguilles, le supermarché et l’opération de com’ qui veut tout changer » de Laurence Bottero publié le 05.04.2018 par l’édition locale de Marseille de La Tribune, « Nicolas Caylet veut croire au dialogue, mettant par ailleurs en avant l’étude menée en mars dernier qui dit-il confirme l’intérêt des habitants pour le projet. ». L’étude en question, intitulée « PROJET E. LECLERC EGUILLES / Evaluation des retombées économiques de l’installation d’un supermarché » et datée d’avril 2018 est signée des mêmes auteurs Pierre Bentata et Nicolas Bouzou que celle relative à EuropaCity. Elle présente le projet d’E Leclerc comme une solution pour « lutter efficacement contre la perte d’attractivité de la commune dans son ensemble » et déclare qu’il aura « un impact négligeable sur les supermarchés existants ». Il s’agit des arguments habituels des promoteurs de nouvelles surfaces commerciales, ressortis même en période de suroffre commerciale…
En tout cas, la stratégie de communication de N. Caylet ne passe pas inaperçue puisque la journaliste Olivia Détroyat du Figaro lui consacre l’article « Un adhérent Leclerc s’offre d’éminents économistes pour son supermarché » publié le 10.05.2018 avec N. Bouzou en photo et le chapô « Nicolas Caylet, un entrepreneur local, a demandé une étude d’impact au cabinet d’études économiques de Nicolas Bouzou. » La journaliste conclut son article avec prudence : « Le verdict est suffisamment tranché pour que l’entrepreneur fasse de l’économiste et du co-auteur de l’étude, Pierre Bentata, ses porte-drapeaux d’un jour, via un communiqué. Un site dédié a aussi été créé. Trop tôt pour dire si ces ambassadeurs d’un jour feront pencher la balance, mais un acteur ne partagera à l’évidence pas cet enthousiasme: le Carrefour Market voisin, situé à trois minutes du potentiel supermarché. »
A Gonesse avec EuropaCity comme à Eguilles avec E. Leclerc, les études de N. Bouzou ne font pas le poids face une analyse solidement argumentée et fondée en droit des projets d’urbanisme commercial.
Nicolas Bouzou, s’offre une polémique (de plus) en travaillant pour Uber !
La dernière « affaire » où N. Bouzou s’est illustrée est nettement plus grave. Elle est expliquée dans l’article « Universitaires ou lobbyistes ? Des économistes rattrapés par leurs contrats avec Uber » d’Adrien Sénécat publié en ligne par Le Monde le 13 avril 2023 avec le chapô « Nicolas Bouzou et Augustin Landier ont défendu récemment leur travail pour l’entreprise face à la commission d’enquête parlementaire sur les « Uber Files ». « Le Monde » publie de nouveaux documents qui contredisent certaines de leurs déclarations. » Le journaliste annonce d’entrée la couleur : « Économistes ou lobbyistes ? Nicolas Bouzou, Augustin Landier et David Thesmar ont tous les trois été rémunérés par Uber pour étudier les effets de la plateforme de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) sur l’économie française. »
D’après Le Monde le travail des économistes, dont N. Bouzou, n’aurait pas été réalisé en « totale indépendance » comme ils l’ont récemment affirmé à la commission d’enquête parlementaire sur les « Uber Files » : « Le fait que des entreprises privées puissent rémunérer des experts pour rédiger des analyses est connu. Mais l’enquête publiée en juillet 2022 par Le Monde et ses partenaires du consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a dévoilé les coulisses de ce marché de l’expertise, notamment à partir des échanges entre Uber et les économistes concernés. Face aux dénégations des intéressés, Le Monde publie de nouveaux extraits de ces documents, qui témoignent d’une démarche plus orientée qu’ils ne le prétendent. »
Conclusion : Nicolas Bouzou, économiste illusionniste ?
Dans le roman « Les Illusions perdues », Balzac fait dire au journaliste Lousteau que “Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai. Nous partons de là.”. Les études économiques de Nicolas Bouzou n’obéiraient-elles pas à la même logique ? Si au XIXe siècle pour Lousteau « un journaliste est un acrobate », au XXIe siècle pour N. Bouzou un économiste serait-il un illusionniste ?
Jean-François Carenco, l’ex préfetqui ne fait plus rire du tout
La presse étant friande de divertir ses lecteurs avec des séries thématiques pendant l’été, L’Écho du Triangle a choisi de revenir sur les nombreux charlatans qui ont participé depuis plus d’une décennie aux tentatives de destructions du milieu naturel du Triangle de Gonesse par des projets aussi dangereux les uns que les autres.
Le charlatan de ce numéro de juillet 2023 est Jean-François-Carenco.
Pas un poisson d’avril
Par décret du 5 mars 2015 Jean-François-Carenco est nommé préfet de Paris et de la région Ile-de-France. Sa prise de fonction le 1er avril 2015 n’était malheureusement pas un poisson d’avril. Dans un entretien publié le 31 mai 2015 par le Journal du Dimanche, il déclarait : « Je ne suis pas préfet du Grand Paris, mais de Paris et de la région Île-de-France. Il est vrai cependant que j’ai comme consigne de faire sortir de terre rapidement un certain nombre de réalisations liées au Grand Paris, ainsi que de veiller à la construction de la Métropole. Je ne dirais pas que le dossier s’enlisait… Mais en effet, je suis là pour faire en sorte que le Grand Paris soit, au plus vite, une chance pour les Parisiens, les Franciliens et l’ensemble des Français. » La première de ses trois priorités pour le Grand Paris ? « L’emploi, la mère des batailles. Cela veut dire : zones d’activité, compétitivité, accélération des procédures… ». Si en 2007 N. Sarkozy avait déclaré « La croissance, j’irai la chercher avec les dents », c’est donc avec des engins de chantier que J.-F. Carenco compte aller la chercher.
Préfet mais surtout VRP du groupe Auchan
J.-F. Carenco a servi d’entremetteur entre les groupes français Auchan et chinois Wanda à l’occasion de la prise de participation le 26 février 2016 du second dans le projet privé de méga-centre commercial et de loisirs EuropaCity à Gonesse porté par le premier : « « Les dirigeants des deux groupes ont signé ce jour un accord de partenariat, en présence de Monsieur Jean-François Carenco, Préfet de la Région Île-de-France, pour le développement de ce projet emblématique du Grand Paris », ont annoncé dans un communiqué les deux groupes. » (dépêche AFP « Auchan: le chinois Wanda investit dans Europacity » du 26.02.2016)
Ce soutien ostensible du préfet de région à de puissants intérêts privés est relevé par la journaliste Aurélie Delmas dans son enquête « Un multimilliardaire chinois derrière le projet Europacity » publiée le 7 novembre 2016 par Reporterre : « Le groupe français [Auchan] n’a d’ailleurs de cesse de mettre en scène ses soutiens, notamment institutionnels. L’accord de partenariat entre Wanda et Alliages et Territoires a été signé en présence de Jean-François Carenco, alors préfet de la région Ile-de-France, et dans les communiqués, la photographie de Wang Jianlin aux côtés de François Hollande est toujours en bonne place. »
Le 3 mars 2016 lors du Hub du Grand Paris La Tribune, J.-F. Carenco franchit un stade supplémentaire dans le mélange des genres en faisant une intervention publique en faveur d’EuropaCity, à quelques jours seulement de l’ouverture du débat public organisé par la Commission Nationale du Débat Public sur ce projet. L’évènement n’a pas échappé à l’urbaniste et socio-économiste Jacqueline Lorthiois qui l’évoque dans son billet de blog « Bêtisier d’Europacity n°1 – Un catalogue d’images d’Épinal » du 17 décembre 2016 : « Blason du territoire à redorer (…) Mais les images d’Épinal ont la vie dure, comme le mythe de « Roissy, manne d’emplois » qui continue à susciter les appétits des élus et l’admiration des pouvoirs publics (« ça fait des milliards » se réjouit M. Carenco, préfet d’Ile-de-France, dans une vidéo qui n’est sans rappeler la prestation de Louis de Funès dans La Folie des Grandeurs), tandis que la « courbe de l’emploi » du pôle pique du nez (comme feu le Concorde) venant démentir cette vision par trop idyllique. »
A la CRE, Carenco est dépassé par les événements
En février 2017 J.-F. Carenco est nommé président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Le bilan de sa présidence de la CRE a été analysé par le journaliste Axel Perru dans l’article « Ministère des Outre-Mer : Jean-François Carenco, un techno aux prédictions fragiles » publié le 04.07.2022 par l’hebdomadaire Marianne : Pour mieux cerner la ligne politique de Jean-François Carenco, il faut se pencher sur sa présidence de la CRE. Depuis 2017, il dirige une autorité administrative indépendante censée veiller au bon fonctionnement du marché de l’énergie « au bénéfice des consommateurs et en cohérence avec les objectifs de la politique énergétique ». À ces mêmes consommateurs français, il assure en novembre 2021, dans une interview au Midi Libre, que la crainte d’une hausse du prix de l’énergie est « illégitime ». Quatre mois plus tard, il les appelle pourtant à se serrer la ceinture devant l’inflation qui s’envole. Il affirme aux Échos que « baisser les prix n’est pas l’objectif de la CRE ». (…) Si le haut fonctionnaire a refusé que le système énergétique français « repose sur la seule pensée néolibérale », il n’en reste pas moins favorable à l’ouverture à la concurrence.
Carenco aux Outre-mer, une « erreur de casting »
A l’été 2022 il est remplacé à la CRE par l’ex-ministre du Logement Emmanuelle Wargon (candidate battue en juin 2022 au 1er tour des élections législatives dans le Val-de-Marne) et a rejoint le gouvernement d’Élisabeth Borne, prenant en charge les Outre-mer (« ministre délégué chargé des outre-mer »), aux côtés de Gérald Darmanin.
Ses rapport avec les hauts-fonctionnaires, élus et avec son ministre de tutelle Gérald Darmanin sont décrites comme particulièrement tendues. Ce dernier, selon l’article « Outre-mer : le ministre Jean-François Carenco au centre des critiques » publié le 10 juillet 2023 par Le Monde, « tolère à peine que M. Carenco continue de l’accompagner sur le terrain« . D’après le même article, « « Carenco », comme le nomment les élus ultramarins, accumule les critiques depuis des mois. Au point que, un an après sa prise de fonctions, des hauts fonctionnaires n’hésitent plus à s’agacer d’une « erreur de casting »« .
« Il est vraiment très nul hein? » (Gérard Larcher au Sénat le 21 juin 2023)
Sans se rendre compte que son micro n’était pas coupé, mercredi 21 juin à la tribune de l’hémicycle le président du Sénat, Gérard Larcher, a commenté de façon triviale (« Il est vraiment très nul hein ? ») une intervention de Jean-François Carenco. Pour BFM TV, « Si la remarque de Gérard Larcher reste plutôt discrète, la confirmation de l’analyse du président du Sénat par le secrétaire général du Sénat, assis à sa droite, et à qui était destiné le commentaire, ne laisse aucune place au doute: »Il se surpasse… Il s’est surpassé », abonde Eric Tavernier, esquissant un sourire. ».
A quand le clap de fin ?
En 2016, sur le dossier de l’aménagement du Triangle de Gonesse, J.-F. Carenco avait choqué tant par sa propension à mélanger intérêts public et privé que par son style désinvolte. Il avait commencé sa carrière à Montpellier au côté du bouillonnant Georges Frêche, connu pour ses provocations et autres outrances verbales (notamment envers la communauté harkie en 2006) et a gardé de cette période un goût pour l’humour douteux : « Accompagnant à Mayotte Gérald Darmanin, son ministre de tutelle, les 24 et 25 juin [2023], il lance à un membre de sa délégation qui aperçoit des lémuriens dans les arbres : « Y a des lémuriens, y a aussi des bons à rien. » » (source : article précité du Monde)
Le temps pour que Monsieur Carenco fasse valoir ses droits à la retraite ministérielle est-il venu ?
Note de la rédaction : Cet article a été écrit avant le remaniement de jeudi 20 juillet. Nous pouvons lui faire une « haie de déshonneur » pour son départ. Nous n’avons pas la mémoire courte.