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Est-95 : Une politique de transports irresponsable qui aggrave la situation de l’emploi

GudangBokep

Une analyse des besoins de transports portant sur 65 000 actifs en emploi habitant les 5 principales communes de l’Est du Val d’Oise 1 démontre qu’en 2016, ils ne sont plus que 6,1 % à travailler à Roissy.

Voilà 5 cartes (« Flux des actifs de 5 villes de l’Est-95« ) . Elles montrent une majorité d’actifs qui : soit travaillent dans leur commune de résidence (24,5%), soit dans des communes contigües (8%) ne nécessitant que des modes de transports doux ou de proximité, soit travaillent à Paris (25,3%) via le RER D dont les gares sont au cœur des zones urbanisées. Les flux de travailleurs vont au Sud ou Sud-Ouest et non comme « l’offre prétendue être utile » vers le Nord ou vers l’Est.

A quoi bon dépenser 3 milliards d’euros pour une ligne Le Bourget-Roissy située en Seine-Saint-Denis (sauf 3,5 km dans le Triangle de Gonesse en plein champ) à l’Est des flux d’actifs, pour rejoindre un aéroport qui licencie ? Car de 2008 à 2019, Roissy a supprimé 18 000 emplois, malgré une hausse du trafic de 24%…

Mais – prétendent nos détracteurs – s’il y a si peu d’actifs qui travaillent à Roissy, c’est parce qu’il n’y aurait pas de réels transports pour y aller ! Pas du tout ! Une analyse des besoins de transports portant sur 69 000 actifs du 93 – dans 3 communes 2 de l’intercommunalité de Paris-Terres d’envol (intitulé T7 au sein de la Métropole du Grand Paris) – démontre par les chiffres et les cartes que la situation est quasi-identique pour des communes desservies directement par le RER B dont les gares sont en centre-ville.

Les habitants en activité travaillent en majorité dans leur commune de résidence (24,1%) ou dans des communes adjacentes (4,5%) ou encore à Paris (23,9%). Les actifs de T7 ne sont que 5,1% à travailler à Roissy, bien qu’ils bénéficient d’un accès direct à Roissy via le RER B (dans le bon sens, Paris-Banlieue).
Voir ce graphique :

Ceci est la preuve irréfutable que Roissy (pas plus que des projets de type Triangle) n’est pas la réponse EMPLOI utile pour les habitants du territoire. Roissy n’est pas un pôle d’emploi (qui pourrait générer une forte attractivité sur la main-d’œuvre de son territoire environnant), mais un pôle d’activités spécialisé sur quelques filières qui couvre une palette très restreinte de métiers (environ 500 sur un total de 10 000, 5% de l’éventail) et qui a besoin pour trouver sa main-d’œuvre de recruter sur une immense aire d’attraction de 2000 communes 3 couvrant 11 départements et deux régions.

On ne le répètera jamais assez : Roissy n’est pas un pôle d’emploi LOCAL. Il est utile à la Métropole, pour accueillir les voyageurs et touristes, les touristes d’affaires et les VIP (Le Bourget), mais il possède un très faible impact sur les actifs résidents du territoire. Pour qu’un emploi implanté à Roissy embauche un actif du territoire, il faut en installer 19 qui font venir de la main-d’œuvre extérieure venant concurrencer la population locale, moins qualifiée et moins formée. Non seulement la situation de l’emploi avec l’implantation de nouveaux emplois ne s’améliore pas, mais elle s’aggrave.

1 Sarcelles, Garges-lès-Gonesse, Gonesse, Goussainville, Villiers-le-Bel

2 Aulnay-sous-Bois, Blanc-Mesnil, Sevran

3 Dont 300 dans l’Oise et une centaine dans le Val d’Oise.

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Où travaillent les actifs du Pays de France ?

GudangBokep

Où travaillent les actifs du Pays de France ?

Contrairement à une idée reçue, le premier lieu de destination des travailleurs du territoire est la commune de résidence, dans un cas sur 4 (24%). L’importance de cet « emploi sur place » est liée à la forte densité de population qui suscite des emplois de proximité. Pour ces actifs chanceux, aucun besoin de transports lourds, ils vont au boulot à pied, à vélo ou en bus.

A l’inverse, le pôle de Roissy ne structure pas son territoire. En adjoignant les postes de l’aéroport déclarés sur Tremblay, on arrive à 7% des destinations : pour qu’un emploi de la plateforme embauche un travailleur du Pays de France, il faut en implanter 14… 6% des actifs résidents travaillent à Aulnay-sous-Bois : proportionnellement à sa taille, l’utilité locale de ce pôle est près de 3 fois celle de Roissy. Rajoutons 10,4% de flux entre communes. Au total, 44% de la main-d’œuvre travaille dans une localité du Pays de France.

L’attraction de la Défense est anecdotique (2,7%). Les autres pôles de banlieue jouent un rôle insignifiant, sauf Saint-Denis (6%). Deuxième grande destination : Paris, avec 24% des travailleurs. En tête, le Quartier Central des Affaires (QCA) qui occupe 7,5% de la main-d’œuvre du Pays de France, suivi par le pôle de Paris-Nord (3,9%). Viennent ensuite les pôles Montparnasse, Bercy-Italie et Paris-Est.

Pour conclure, on ne peut qu’exprimer les plus extrêmes réserves sur la stratégie des élus de l’Est-95, du Conseil départemental du Val d’Oise et de la Région dans leur volonté d’améliorer à tout prix par la construction d’un nouveau métro l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 18 000 postes de 2008 à 2019 et qui emploie à la marge la main-d’œuvre locale. Mieux vaudrait développer les emplois de proximité qui permettent de supprimer les besoins de transports à la source. Si les « emplois sur place » qui représentent 19% en moyenne atteignaient le même score que Versailles (33%), le Pays de France compterait 106 000 postes de travail supplémentaires, dispensant les actifs de vivre la « galère des transports » quotidienne, qui correspond pour un habitant de Villiers-le-Bel à l’équivalent de 7 ans supplémentaire de travail… en temps perdu dans les déplacements domicile-travail.

Pour en savoir plus :

Grand Roissy : non à une offre de transports dissociée des besoins des habitants

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Retour sur la ZADimanche du 25 septembre 2022

GudangBokep

Compte-rendu de la ZADimanche du 25 septembre 2022

Nous étions une vingtaine de militant·es du CPTG et de différents collectifs de la co-organisation à accueillir Mario, militant du sud du Mexique, représentant de son assemblée, l’APIDTT (Asamblea de Pueblos del Istmo en Defensa de la Tierra y el Territorio). et des militant·es de la Coordination française « Stop EDF Mexique ».
Mario souhaitait échanger avec des collectifs luttant contre l’accaparement des terres. Ces échanges ont été très intéressants

La lutte menée contre le projet éolien d’EDF, combattu par les communautés autochtones, a été victorieuse et ce projet abandonné par la compagnie mexicaine qui a été obligée de rompre en juin dernier le contrat avec EDF. Victoire provisoire car EDF ne renonce pas à ses parcs éoliens.

Article de Reporterre qui en rend compte

Il a expliqué comment son organisation s’était constituée en 2007 contre le projet d’EDF de création de 27 parcs éoliens (2600 éoliennes) sur les terres ancestrales des communautés autochtones, avec la complicité de l’Etat et les pressions des narco-trafiquants… avec l’alibi du climat en plus !

Il a dénoncé le projet d’un GPII impulsé par le gouvernement mexicain actuel et dans les cartons des gouvernements mexicains et des USA depuis longtemps déjà : création d’un couloir interocéanique, ou « trans-isthmique », qui serait un canal sec qui relierait l’océan pacifique et l’océan atlantique, et qui prévoit la modernisation d’une ligne de train mais aussi deux gazoducs bardés d’une dizaine de parcs industriels. Ces parcs auront besoin d’électricité et l’expansion de nouveaux parcs éoliens industriels – au mépris des terres d’usage communal – dans l’isthme est ainsi étroitement liée à ces mégaprojets.

Mario veut à la fois alerter sur ce couloir trans-océanique et ses liens avec des multinationales européennes, mais aussi annoncer l’organisation d’une nouvelle caravane contre les mégaprojets qui devrait se tenir au Mexique l’année prochaine (en avril-mai) avec le soutien du Conseil National Indigène, et surement aussi des zapatistes, pour faire le tour des projets destructeurs dans le Sud du Mexique (par exemple le mal-nommé train « Maya ».

Il nous a fait part de la façon dont son association mène la lutte, à plusieurs niveaux différents:

  • Comme ici, les militant·es ne sont pas très nombreux, il y en a qui partent, d’autres arrivent… l’important pour lui est que la structure de base perdure et que les gens se conscientisent.
  • Une fois par an, avec 19 autres collectifs de tout le pays, en même temps, ils bloquent des routes pour montrer leur force et soutenir les familles qui refusent de payer l’électricité
  • Au quotidien, agissent avec les familles concernées (800 familles, au sein de 13 communautés)
  • Organisent des projets agroécologiques avec les jeunes
  • Font du porte-à-porte sur la santé et l’alimentation, de la conscientisation
  • Mènent des procès : ils ont aussi réussi à faire annuler en justice 200 contrats de vente de terres qui avaient été signés par des pressions individuelles
  • Il nous informe aussi sur la dangerosité de mener des luttes au Mexique : il y a eu l’assassinat du responsable de la communauté agraire

De notre côté, nous avons expliqué le déroulement de la lutte du CPTG depuis 2011 et les différents modes d’actions qui ont été utilisés (pétitions, conférences de presse et communiqués, occupation d’une journée du siège de la SGP, Occupation avec production de légumes pendant 2 ans d’un petit terrain, puis occupation d’une autre parcelle pendant 13 jours sous forme de ZAD, meetings publics, marches vers Paris, actions juridiques, etc…

En résumé, une belle rencontre, intéressante, riche de partages

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

Résumé de l’article posté sur le blog de J. LORTHIOIS, https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/010722/le-fiasco-du-grand-roissy-en-dix-ans-2012-2022-deux-projets-realises-sur-25

Depuis 40 ans, la politique de développement du Val d’Oise se focalise sur l’aménagement du Grand Roissy. En 2012, l’EPA Plaine de France lançait une étude sur un ensemble de 25 projets programmés : le bureau d’études ECODEV avait alors évalué à 104 000 les emplois à créer en 2020-22 et 132 000 à terme. 10 ans après, le bilan est dérisoire : seuls 2 projets sont achevés, avec 5000 emplois… Malgré une telle déroute, les élus s’entêtent à poursuivre cette stratégie, en votant 3 nouveaux projets sur le Triangle de Gonesse le 8 juillet 2022. Analyse sans concessions.

Tous les signes témoignent du caractère « daté et dépassé » du modèle de « Ville aéroportuaire » promue par John Kasarda il y a plus de vingt ans1 : un grand aéroport comme moteur d’une « entité urbaine puissante », qui résume la politique d’aménagement dite du « Grand Roissy » défendue par le Val d’Oise et soutenue par la région Ile-de-France. Bien que l’on ait enregistré depuis une quinzaine d’années un découplage entre le trafic aérien – qui a continué à croître jusqu’en 2019 – et l’emploi – qui a entamé son déclin dès 2008, accéléré avec la pandémie –, les élus s’entêtent à tout miser sur le seul pôle aéroportuaire pour booster l’ensemble du développement de l’Est-95… Dans cet esprit, le Conseil départemental vient de ratifier en juillet dernier, le rajout de trois nouveaux projets du Grand Roissy à implanter sur le Triangle de Gonesse, destinés à justifier la gare du métro : une Cité scolaire, une administration d’État non précisée et le volet agricole d’Agoralim2 porté par la SEMMARIS, société gestionnaire du MIN de Rungis. Venant en appui, il est créé une Société Publique d’Aménagement d’Intérêt National (« SPLA-IN ») portée par Grand Paris Aménagement allié au CD 95 et à l’intercommunalité CARPF : un mode de gouvernance simplifié et centralisé qui permet de s’abstraire des procédures habituelles pour des projets d’urbanisme considérés comme « majeurs ».

Mais on a beau rajouter à la liste du Grand Roissy ces trois nouveaux projets à la faisabilité douteuse, les décideurs ne parviennent toujours pas à justifier de l’utilité socio-économique d’une gare située dans un désert humain : que signifie une Cité scolaire hors agglomération, avec un internat dans une zone interdite à l’habitat permanent, en raison des deux Plans d’exposition au bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget ? Une administration d’État qui s’installerait au milieu des champs, absurdité telle que la désignation tarde depuis décembre 2021 ? Une activité de production de légumes du MIN de Rungis-Nord sur le Triangle de Gonesse, en l’absence de la possibilité d’acquisitions foncières ? J. Lorthiois a démontré dans une série d’articles que ni la fréquentation des populations, ni le nombre d’emplois nouveaux desservis, ni l’accessibilité à l’ensemble des emplois, ni les gains de temps, ni la centralité urbaine, ni la balance coûts financiers/avantages – autant de critères permettant de mesurer l’utilité de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 Nord – n’étaient nullement atteints, comme le montre le tableau récapitulatif : Malgré ces constats accablants, en 2021, nous avons eu la surprise de découvrir incidemment (dans le cadre de l’enquête publique de la ligne 18 Orly-Versailles), que la SGP – juge et partie – avait procédé à une révision de l’évaluation socio-économique du Grand Paris Express, avec une énorme majoration du bilan socio-économique de certaines lignes, sans aucune explication. Quelle n’est pas notre stupéfaction de constater que l’évaluation socio-économique de la ligne 17 Nord passe d’un gain de 0,8 milliard en 2016 à 6,8 milliards en 2021, soit une augmentation abusive de +747 % ! Entretemps, les trois principaux projets du Grand Roissy (Europacity et le centre d’affaires qui lui était lié, le projet d’extension de l’aéroport Terminal T4) avaient été abandonnés, soit une promesse de 70 000 emplois envolés en fumée… ce qui aurait dû se traduire par une substantielle révision à la baisse ! Pourtant, le critère « nouveaux emplois » enregistre un bonus passant de 0,4 milliard à 4,6 milliards, sans aucune justification… Ces manipulations traduisent une malhonnêteté indigne d’une entreprise publique, chargée en principe de l’intérêt général. Voir l’article « Les manœuvres de la Société du Grand Paris : comment positiver des critères négatifs ». https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/240722/les-manoeuvres-de-la-societe-du-grand-paris-comment-positiver-des-criteres-negatifs

Dans ce contexte, que signifient les 3 nouveaux projets rajoutés en catastrophe pour justifier le chantier de la gare du Triangle de Gonesse à tout prix, alors qu’on constate le fiasco de l’ensemble de la politique d’aménagement du Grand Roissy promue depuis 2012 ? Pour en avoir le cœur net, le CPTG a commandité une nouvelle étude pour évaluer l’état d’avancement des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France -désormais Grand Paris Aménagement-, dix ans plus tard. Nous avons déjà cité l’abandon d’Europacity en 2019 et son centre d’affaires, suivi par l’arrêt du projet d’extension de l’aéroport, avec la crise du trafic aérien lié à la crise sanitaire, ce qui représente au total l’annulation de 53% des perspectives d’emplois envisagées. Une quinzaine d’autres projets sont à l’arrêt, fonctionnent au ralenti, ou encore ont un avenir incertain. Et surtout, en 2013, l’entreprise PSA a fermé ses portes à Aulnay-sous-Bois, venant rajouter une friche industrielle dont la valorisation devrait constituer une priorité. Au total, deux projets seulement sont terminés, un gain de 5000 emplois (Aéroville et Roissy Parc International)… à comparer aux 104 000 postes promis en 2020-22.

Quand une stratégie obtient 5% de son objectif, on serait en droit d’attendre des responsables une réorientation de leur politique plutôt que sa poursuite aveugle. Dans un contexte où la commercialisation de zones d’activités disponibles marque le pas (une centaine d’ha restants sur Aérolians, ainsi qu’une centaine d’ha sur la friche PSA, très bien desservie par route et fer, sans compter une dizaine d’autres projets à l’arrêt) et que le secteur privé se désinvestit massivement de projets risqués, l’État gaspille l’argent public en se portant au secours de projets non rentables, nuisibles aux populations… et prend des jeunes en otage dans une Cité scolaire, assignés aux décibels des avions, afin de justifier une gare en plein champ et une ligne de métro dont l’utilité est totalement démentie par les faits.

NB : il s’agit des emplois supplémentaires escomptés (et non de l’emploi total existant).


Lire aussi l’etude de J. LORTHIOIS, « Actualisation des impacts sur l’Emploi des 25 projets du Grand Roissy », Collectif pour le Triangle de Gonesse, avril 2022, 39 pages. https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2022/08/Etude-ECODEV-revue.pdf

1 John Karsada, Aérotropolis, la Ville aéroportuaire, voir site http://aerotropolis.com/

2 Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

Résumé de l’article paru sur le blog Médiapart de Jacqueline LORTHIOIS : https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/110822/ligne-17-nord-faut-il-tripler-loffre-quand-la-demande-baisse-dun-quart

Le triplement de l’offre de transports lourds, c’est :

  • le RER B existant, assurant la liaison Roissy /Gare du Nord puis Châtelet et Paris-Sud, desservant les villes de Terres d’envol en direct vers l’aéroport (dans le bon sens Paris/Banlieue) ;

  • le CDG Express Roissy / gare de l’Est dont les travaux ont commencé, une initiative privée ce qui explique le prix élevé du billet ;

  • la ligne 17 Nord Le Bourget-Roissy, qui bénéficie d’un soutien renforcé sur le Triangle de Gonesse, avec le rejet de l’appel contre le permis de la gare en plein champ et la création d’une société dite « d’intérêt national » qui défend trois nouveaux projets dont une Cité scolaire en internat ( !) de 2200 élèves en zone de bruit qui interdit l’habitat.

La diminution de la demande de transport d’un quart, fait allusion au nouveau recensement de 2019 qui montre une perte notable d’attractivité du pôle de Roissy sur la main-d’œuvre des principales communes du pays de France, qui sont 24% de moins à travailler sur la plateforme aéroportuaire depuis 2008.

En une décennie, on a enregistré un découplage entre la croissance du trafic aérien qui augmente de 25% et le nombre d’emplois qui diminue de 20% (2009 -2019). Pourtant les élus du Val d’Oise, de la Région et l’État s’entêtent à poursuivre la stratégie de développement « dite » du Grand Roissy, c’est-à-dire concentrer les activités au nord du territoire, sur la plateforme aéroportuaire et les communes environnantes (dont Gonesse), alors que les besoins sont localisés au sud du pôle. Il manque notamment près de de 30 000 postes par rapport aux actifs dans les trois communes de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse et Villiers-le-Bel, tandis qu’on comptabilise un excédent de 80 000 emplois dans les communes du Cœur de pôle de Roissy (dont Gonesse !).

Par ailleurs, les dernières statistiques de déplacements domicile-travail (2019) montrent qu’en une décennie (2008-2019), un actif sur 4 résidant dans une des communes du Pays de France a cessé de travailler à Roissy : 300 personnes de moins à Villiers-le-Bel ; 440 à Goussainville par exemple. Et la diminution de la main-d’œuvre employée à Roissy est plus élevée en Seine-Saint-Denis qui dispose pourtant d’une desserte directe vers l’aéroport : 560 travailleurs de moins à Aulnay, 618 à Sevran, 490 à Blanc-Mesnil. Ce qui vient contredire le principal argument avancé par tous les défenseurs de la ligne 17 Nord pour la justifier : il faudrait une offre de transport lourd pour permettre aux Val d’Oisiens d’accéder aux emplois de la plate-forme ! Pour les communes les plus déficitaires du département, le « taux d’utilité locale » de Roissy oscille entre 5 et 3% de la main-d’œuvre résidente (en comptant les chômeurs, à qui cette politique est soi-disant destinée).

Le graphique ci-après montre la part dérisoire (en rouge) des travailleurs de Roissy au regard de l’ensemble de la main-d’œuvre (en bleu) des 22 communes étudiées de ce qu’on désigne habituellement par le « Grand Roissy » et que nous préférons appeler le « pays de France ». Poursuivre une politique d’implantation d’activités localisées en dehors des principaux pôles urbains, générant une explosion des déplacements domicile-travail se révèle irresponsable avec l’accélération de la crise sanitaire, sociale et climatique. Nous refusons la multiplication de « villes dissociées » comme Gonesse, où « l’habitant n’y travaille pas et le travailleur n’y réside pas ». Il est urgent d’autonomiser les principaux pôles urbains du territoire, en priorité Aulnay-sous-Bois et Sarcelles, en les dotant d’emplois utiles – notamment des services de proximité ne réclamant ni transports lourds ni surfaces nouvelles à bétonner, avec des transports de desserte qui puissent mailler les bassins d’habitat et diminuer les besoins de transports à la source.

Quant aux projets nouveaux du Grand Roissy, ils n’ont aucune justification, il en existe une vingtaine en cours, la plupart en sommeil. La priorité est d’utiliser les ressources foncières existantes dédiées aux activités et de sauvegarder le patrimoine de terres agricoles particulièrement précieux au nord de l’Ile-de-France, à l’usage alimentaire des populations locales. Quant au projet de Cité Scolaire, plutôt que d’exposer 2200 enfants au bruit incessant des avions, il existe à Sarcelles un emplacement vacant tout trouvé, après l’abandon du Dôme, en centre-ville près du RER Garges/Sarcelles.

Le graphique ci-dessous démontre l’absurdité de continuer à tout miser sur le pôle de Roissy, qui ne joue plus qu’un rôle mineur dans l’avenir des 600 000 habitants des 22 principales communes du Pays de France.

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Étude du CPTG sur la surestimation des prévisions du nombre d’emplois sur le territoire de la ligne 17 nord du métro express

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L’objectif de cette étude est de réexaminer l’état d’avancement – ou d’abandon/report – des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France en 2012 et de connaître, le cas échéant, leurs chances de réactivation. Ils devaient créer 132 000 emplois à horizon 2030. Relevons que parmi ces projets, on trouve Europacity abandonné en 2019 (10 000 emplois) et l’extension de l’aéroport de Roissy (30 000 emplois).
Pour les aménagements « en cours », il s’agit tout d’abord d’estimer le niveau d’emplois existant actuellement sur le site et d’examiner ensuite les évolutions probables à échéance 2030. Au total, les perspectives réévaluées ne dépasseraient pas 34 000 emplois à terme.

Lien pour lire l’étude : Etude-ECODEV-revue.pdf

Dans la même veine, le blog de Jacqueline LORTHIOIS : Ligne 17- Intox 3- 100 000 emplois fantômes pour justifier les gares de Roissy 2 et 4

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TRIBUNE : Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

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Une tribune de qualité, comme toujours, parue le 11 février sur le site de l’OBS. Vous lirez l’original ici .

… Oui, répond l’urbaniste Jacqueline Lorthiois : au moment où le trafic aérien et l’immobilier de bureau s’effondrent, il est absurde de s’entêter à urbaniser le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), en détruisant au passage d’excellentes terres agricoles.

Dimanche, une ZAD (zone à défendre) a été créée sur le Triangle de Gonesse, vaste zone agricole située à l’ouest de Roissy, dans le Val-d’Oise. Les zadistes s’opposent à la construction d’une gare en plein champ, ne desservant aucune habitation et dont la seule utilité sera d’amorcer l’urbanisation de ces terres pourtant connues pour être particulièrement fertiles.

Devant l’entêtement des élus locaux et de la Société du Grand Paris (SGP), face aux atermoiements de la justice et au silence du gouvernement, un certain nombre de militants ont décidé d’occuper le site. Et voici pourquoi, selon nous, ils ont raison de vouloir stopper la stratégie d’aménagement à l’œuvre sur ce territoire.

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Fabien GAY, au sénat, 6 février 2020, « Europacity, triangle de Gonesse, quel avenir ? »

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Sénat, 6 février 2020 : LE FONCIER AGRICOLE : LES OUTILS DE RÉGULATIONS SONT-ILS TOUJOURS PERTINENTS ? Débat organisé à la demande du groupe Les Indépendants – République et Territoires

Très bonne question du sénateur communiste Fabien Gay, et réponse fort intéressante du ministre de l’agriculture Didier Guillaume !👍😊

Ceci se trouve dans le compte rendu (lien) , page 58 et suivantes, et en vidéo aussi :

M. le président. La parole est à M. Fabien Gay.

M. Fabien Gay. Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur l’avenir du triangle de Gonesse.

On reproche aujourd’hui aux outils de régulation du foncier de ne pas avoir empêché l’artificialisation des surfaces agricoles et de ne pas permettre le renouvellement des générations, ainsi que l’essor de nouvelles modalités d’exploitation prenant en compte les enjeux environnementaux liés à l’activité agricole. Or, dans le triangle de Gonesse, près de 100 000 hectares de terres fertiles ont été perdus en cinquante ans au profit de l’expansion parisienne.
Même si le projet EuropaCity a été enterré grâce à la mobilisation citoyenne, notamment dans le cadre du Collectif pour le triangle de Gonesse, et à celle de nombreux élus, le devenir des 670 hectares du triangle de Gonesse, dernière niche agricole aux portes de Paris, reste soumis à des menaces de bétonisation. Y aura-t-il un autre quartier d’affaires ? Ou, comme l’a annoncé Emmanuel Macron, plusieurs projets coordonnés sur une superficie plus étendue, plus mixte et plus moderne ?
La question se pose également de l’évolution du type de cultures sur ces 670 hectares aujourd’hui cultivés par une dizaine d’exploitants, qui ne sont pas tous propriétaires des terres. Blé, colza, orge, maïs : autant de productions qui ne sont pas forcément en rapport avec la consommation du territoire qui entoure cette poche agricole.
Or, comme il a été rappelé lors des débats publics et réunions sur la préservation et l’avenir de ces terres agricoles, il n’y a pas si longtemps que la culture maraîchère et fruitière prédominait encore, assurant l’autosuffisance des villes alentours. Certains projets visent à y revenir pour développer une agriculture au service des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement, par la promotion des circuits courts au plus près du lieu de production ; je pense, par exemple, au projet Carma.

La mise en oeuvre de tels projets est-elle possible avec les outils actuels de régulation foncière ? Comment le Gouvernement envisage-t-il l’avenir du triangle de Gonesse et de son aménagement ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation. L’avenir du triangle de Gonesse est en débat depuis des années. Le Président de la République a pris une décision lors d’un conseil de défense écologique : il a dit non au projet qui était envisagé. De fait, l’heure n’est plus à l’artificialisation des terres pour construire de grands centres commerciaux – je pense, monsieur le sénateur Gay, que nous sommes d’accord sur ce sujet.

Pour autant, l’avenir de ce secteur très convoité n’est pas fixé. Pour connaître très bien les lieux, vous savez que de nombreux acteurs voudraient y investir… Les élus locaux définiront une vision en liaison avec les services de l’État, mais, en tout cas, il faut qu’il y ait sur ce secteur un projet ou plusieurs qui aillent dans le sens de l’agroécologie et de l’agriculture urbaine, afin de sauvegarder ces terres qui intéresseront les habitants de la grande métropole parisienne ou de la banlieue – je ne sais pas comment vous l’appelez, car c’est beaucoup trop grand pour qu’on connaisse ça chez nous. (Sourires.) Je pense, en effet, que la ressource de ce sol est absolument indispensable.

La position du Gouvernement est très claire : non au grand projet EuropaCity ; nous verrons s’il y a d’autres projets, mais le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, comme vraisemblablement celui de la transition écologique et solidaire, est hostile à la bétonisation du territoire. Je puis comprendre la déception des promoteurs, celle aussi des élus locaux qui voyaient dans l’ancien projet la promesse de nouvelles activités économiques génératrices d’emplois et créatrices de richesses. Mais de tels aménagements appartiennent au passé. Nous devons préparer les aménagements du futur.

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EuropaCity – Transition écologique : où sont les cohérences ?

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Transition écologique :

où sont les cohérences ?

Tel est le titre de la Tribune libre publiée dans L’Humanité  du 14/12/2018 pour souligner la relation entre les projets comme EuropaCity sur des terres agricoles proches de Gonesse, Roissy et Aulnay-sous-Bois et l’action des Gilets Jaunes sur les ronds points aux abords des centres commerciaux établis à la périphérie des villes sur tout le territoire national.

 

http://www.humanite.fr/grands-projets-lexemple-deuropacity-transition-ecologique-ou-sont-les-coherences-665149

 

Tribune collective

 

À Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), ville moyenne en territoire rural, la colère des gilets jaunes s’est manifestée dans les zones commerciales de périphérie, et notamment devant les enseignes de la famille Mulliez pointées du doigt (Auchan, Leroy Merlin, Decathlon, Kiabi, Norauto, Flunch). Pourquoi ?

La grande distribution a basé son organisation sur le « tout-automobile ». Les produits alimentaires viennent souvent de très loin, au détriment des agriculteurs bretons ; la course aux marges se fait en embauchant une main-d’œuvre précaire et sous-payée. La prolifération des centres commerciaux a ainsi conduit à la fermeture des commerces de proximité dans les bourgs et a contraint les familles à prendre la voiture pour aller faire leurs courses. Dans ce contexte, les mesures du gouvernement, notamment la taxe sur les carburants, sont très durement ressenties par les travailleurs comme par les consommateurs. Quant à la récente loi en faveur d’une alimentation saine, durable et accessible à tous, même le président de la FDSEA des Côtes-d’Armor constate qu’« on nous a amusés pendant un an (avec les états généraux de l’alimentation – EGA) (…), on a l’impression que tout ça, ce ne sont que des mots ».

Les manifestants de Saint-Brieuc ont souligné que :

  • la famille Mulliez est en train de liquider le secteur habillement de manière brutale ;
  • 10 % des dépenses alimentaires et d’équipement en France tombent dans les poches des Mulliez ;
  • à la tête d’un volume d’actifs professionnels de 38 milliards d’euros, ils font l’objet d’une enquête pour soupçons de fraude fiscale ; cette enquête semble toujours en cours.

Autant de raisons qui nourrissent la colère des gilets jaunes. Cette réaction témoigne d’une grande cohérence. C’est pourquoi on retrouve des réactions identiques dans d’autres villes (Angers, Saint-Étienne…).

Or, à l’heure actuelle, la réponse du gouvernement, elle, est d’une totale incohérence. On prendra un seul exemple qui concerne justement la société immobilière du groupe Auchan et de la famille Mulliez.

Entre Paris et Roissy existe un espace agricole de terres céréalières très productives de près de 700 hectares. L’établissement public Grand Paris Aménagement a décidé d’en urbaniser 300 hectares pour faire un centre d’affaires, naturellement repeint en vert et, sur 80 hectares, EuropaCity, un gigantesque centre de commerces et de loisirs, porté par la société immobilière du groupe Auchan, allié à un investisseur milliardaire chinois. Considérant la saturation prévisible de l’autoroute A1, on invente pour desservir ce centre une gare du métro Grand Paris Express en plein champ, dont on s’empresse de déposer le permis de construire, alors que les études officielles ont prouvé que les comptes ne seront jamais équilibrés. Et, pour faciliter la venue des voitures, on envisage de construire un nouvel échangeur sur l’A1, autoroute la plus saturée d’Europe.

Les risques de pollution de l’air et de grande consommation d’énergie sont énormes. Tout cela au nom de promesses d’emplois et de fréquentation touristique invraisemblables.

Face à cette catastrophe coûteuse et nuisible, des entrepreneurs de l’économie sociale et des professionnels et chercheurs pluridisciplinaires, s’appuyant sur des expériences réussies dans d’autres métropoles, proposent un contre-projet, Carma (Coopération pour une ambition agricole rurale et métropolitaine d’avenir) ; ce projet porte une nouvelle agriculture périurbaine profitant au territoire, concourant de manière notable à améliorer la santé alimentaire des habitants et susceptible de devenir très vite l’élément fédérateur d’un territoire divisé par les limites administratives et fracturé par des équipements sans lien avec les habitants. Un programme ambitieux de transition écologique basé sur les relations urbain-rural, avec une mise en réseau régionale de toutes les opérations du même type en Île-de-France.Or que soutient le gouvernement : le projet de la famille Mulliez, avec un coût considérable pour les finances publiques, celui des nuisances et de l’urbanisation des terres agricoles, et naturellement, aucune aide accordée au projet Carma. Où est la cohérence entre les discours, les grandes réunions de concertation et les actes ?

Ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres qui ont été mis sur la table lors des consultations publiques.

Nous, signataires de ce texte, demandons que :

  1. tous les grands projets en cours de ce type fassent l’objet d’un moratoire immédiat, en particulier ceux qui consomment des terres naturelles ou agricoles, et soient réexaminés à la lumière des impératifs et des temporalités de la transition écologique. Et en premier lieu et sans délai EuropaCity ;

  2. pour tirer les leçons d’événements qui ont montré la relation étroite entre l’aménagement du territoire, les caractéristiques des productions, la question écologique et la question sociale, il soit engagé de manière décentralisée un débat réellement citoyen permettant de jeter les bases d’une « économie du réel » respectueuse des biens communs, à partir du vécu des personnes.

Signataires :

Francine Bavay, ancienne vice-présidente EELV du conseil régional Île-de-France, élue du 11e arrondissement de Paris, Julien Bayou, conseiller régional EELV Île-de-France, Martine Billard, ex-coprésidente du Parti de gauche, ancienne députée de Paris (2002-2012), Patrick Braouezec, président PCF Plaine Commune, Daniel Breuiller, métropole du Grand Paris, vice-président EELV délégué à la mise en valeur du patrimoine naturel et paysager, à la politique de la nature et à l’agriculture en ville, Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis, ancienne ministre, Gilles Clément, jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, biologiste et écrivain, Marie Desplechin, journaliste et écrivain, Fabien Gay, sénateur PCF de Seine-Saint-Denis, Alain Lipietz, économiste, ancien député les Verts européen, Didier Mignot, conseiller régional PCF d’Île-de-France, conseiller municipal du Blanc-Mesnil, Claire Nouvian, journaliste, productrice, réalisatrice, présidente de l’association Bloom, Mathilde Panot, députée FI du Val-de-Marne, Marie-Monique Robin, journaliste d’investigation, écrivaine, réalisatrice, Mounir Satouri, conseiller régional d’Île-de-France, AES, Christian Sautter, président de l’association France Active, ancien ministre, Pierre Serne, conseiller régional Génération.s d’Île-de-France, administrateur IDF Mobilités (ex-Stif), Danielle Simonnet, conseillère FI de Paris, élue du 20e arrondissement.

Tribune libre publiée dans L’Humanité  du 14/12/2018

Sur le même thème, voir :

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Au salon de l’agriculture le président E. Macron déclare-t-il la guerre à l’artificialisation des terres agricoles ? – 25/02/2019

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ZÉRO ARTIFICIALISATION NETTE  ≠  ZÉRO ARTIFICIALISATION !

 

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse se réjouit des paroles du président E. Macron contre « l’artificialisation des terres » dans son discours d’inauguration du Salon de l’agriculture samedi 23 février.

Cependant nous nous méfions très fortement de l’expression « zéro artificialisation nette » parce qu’avec le projet EuropaCity des groupes AUCHAN-WANDA nous ne connaissons que trop la possibilité accordée aux champions des grands projets inutiles de s’acquitter de cette exigence légale en compensant simplement la destruction de terres agricoles par des promesses qui ne sont que des leurres.

C’est exactement ce que le CPTG dénonçait le 2 juin 2018 sur la place de la République à Paris où s’exposait déjà un tel outil de pseudo-compensation nommé « Happy Vallée » ! Voir notre article : Happy Vallée, le faux nez d’EuropaCity.

A Notre-Dame-des-Landes aussi, Vinci a tenté d’obtenir son aéroport grâce à un simulacre de programme de compensation qui ne trompait personne.

 

EXTRAIT DU DISCOURS DU PRÉSIDENT MACRON

 

Source : http://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/02/23/salon-agriculture

23 février 2019 – Seul le prononcé fait foi

(…)

 » Une société qui ne valorise pas le travail de la terre qui ne veille pas sur celles et ceux qui cultivent, qui élèvent, c’est une société en danger de mort, c’est une société qui construit les conditions pour ne pas pouvoir se nourrir elle-même dans un monde de plus en plus incertain et donc anticiper puisque c’est le troisième principe d’action que je vous propose au niveau européen, c’est anticiper le renouvellement des générations et la bataille indispensable que nous devons mener pour ce faire.

On sait ce qui bloque aujourd’hui : c’est l’accès à la terre agricole en raison de deux phénomènes.

 

  • Le premier, l’artificialisation des terres : la France, pour ne parler que d’elle, a perdu un quart de sa surface agricole sur les 50 dernières années. Pour y remédier, nous avons fait ce choix radical avec le gouvernement de viser le « zéro artificialisation nette » et donc, nous sommes en train de voir comment tenir cet engagement en particulier dans nos politiques d’urbanisme. C’est un véritable défi parce qu’il vient à rebours de tout ce que nous avons fait depuis des décennies ou si nous regardons l’évolution de nos villes ou plus exactement des périphéries de nos villes, nos villages, nous n’avons cessé de grignoter les terres agricoles pour ouvrir des zones commerciales, des zones industrielles et des zones de logistiques. Il faut rompre avec cette pratique et là aussi, le combat agricole est pleinement réconcilié avec le combat écologique parce que cette extension progressive est mauvaise sur le plan environnemental et donc le zéro artificialisation nette, c’est un vrai changement de l’organisation de notre urbanisme et de nos pratiques.

… »

 

Mais le gouvernement a un bon moyen de lever nos craintes : annuler le permis de construire de la gare en plein champ du Triangle de Gonesse et renoncer au recours engagé contre la décision du Tribunal administratif de Cergy annulant le décret préfectoral autorisant la création de la ZAC de Gonesse sur des terres agricoles qui sont parmi les meilleures d’Île-de-France.