L’établissement public d’aménagement Plaine de France
La Cour des comptes a rendu public, le 15 avril 2015, un rapport sur les comptes et la gestion de l’EPA Plaine de France pour les exercices 2006 à 2011.
Investi sur un territoire de 330 km² au nord de Paris, l’établissement a été créé en 2002 pour mener des études sur son territoire et réaliser des opérations d’aménagement.
Les résultats de sa forte activité d’études sont toutefois considérés comme insuffisants par ses partenaires, faute de pouvoir être mesurés. De plus, sa montée en puissance dans ses missions d’aménagement a été tardive. En outre, alors que l’EPA est en expansion, son contrôle interne comptable et financier, ainsi que des outils de gestion, demeurent à développer. La Cour assortit son rapport de six recommandations.
Plus de 500 personnes ont participé à la Salle Jacques Brel de Gonesse (Val d’Oise) à la réunion d’ouverture du débat public sur le projet EuropaCity porté par le Groupe AUCHAN.
Mme Claude BRÉVAN, Présidente de la Commission particulière du débat public, a introduit puis dirigé les débats.
Voici le compte-rendu qu’en a fait la Gazette du Val d’Oise ce mercredi 23 mars :
Que faire du milliard d’euros que l’État s’apprête à verser pour les beaux yeux d’Auchan ?
Auchan est un grand groupe capitaliste porté par la famille Mulliez qui pèse 35 milliards, évadée fiscale implantée en Belgique qui ne paye ni l’ISF, ni les taxes sur les entreprises.
Au lieu de donner l’argent à ce milliardaire peu recommandable, L’État pourrait donner un milliard au territoire. Selon les principes de l’économie sociale et solidaire – qui respecte des principes éthiques – il serait possible de monter un programme d’accompagnement des chômeurs qui habitent le territoire. Cela a été fait dans le Nord-Pas de Calais avec la Banque solidaire, la Caisse Solidaire du Nord.
Par expérience, on sait qu’avec une telle somme, il est possible d’accompagner 25 000 chômeurs.
50 % réussissent, soit 12 500 chômeurs en moins, autant de créateurs qui REUSSISSENT et créent en moyenne 1,5 emploi, soit 18 750 emplois, c’est-à-dire :
60% d’emplois en plus
pour 9 fois moins cher
dans les 3 ans et pas dans 10 ans
50% échouent, mais pour ces derniers, l’économie solidaire a un principe : effacer la dette, conserver leurs droits au chômage, pour que les gens ne retombent pas plus bas qu’avant.
Et on est sûr de faire baisser le chômage localement en se concentrant sur :
Crédit photos @Yann Guillotin – Gonesse
100% de chômeurs
100% d’ habitants du territoire
100% d’emplois dans les villes et les quartiers où habitent ces créateurs
ça diminue même de 37500 le nombre de flux sur les RER B et D,
avec la réduction de GES (Gaz à Effets de Serre) correspondants.
Cela permet de sauvegarder les terres agricoles du Triangle de G, qui continuent à produire des céréales pour faire 20 millions de baguettes pain qui nourrissent chaque jour 120 000 personnes.
Dernier point et non des moindres : EuropaCity, si ça marche ça fait un gros arbre dans le paysage qui peut faire crever d’autres gros arbres autour. Résultat pour l’emploi l’opération risque de s’avérer négative.
Tandis qu’avec 12 500 petites pousses, ça peut faire à terme une forêt d’emplois !
On se souvient du mythe de Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, qui retombait à chaque fois jusqu’au pied de la montagne. Les politiques d’emplois conduites par M. Blazy, député-maire de Gonesse, semblent frappées de la même malédiction. Plus il implante d’emplois sur sa commune, moins ils servent à la population. Plus il tente de faire progresser la qualification de ses administrés, plus ils quittent la ville vers des cieux plus cléments et il faut à nouveau recommencer.
Car les emplois de la commune sont très peu « utiles » aux habitants. Qu’on en juge sur le graphique joint, établi d’après le dernier recensement INSEE (2012).
DÉSÉQUILIBRE EMPLOI-MAIN D’OEUVRE A GONESSE (95)
A première vue …
A première vue, on pourrait croire la situation de l’emploi à Gonesse assez enviable, puisque les postes de travail (14 736) sont plus nombreux que les actifs ayant un emploi (10361), même en rajoutant les chômeurs (2070). Pourtant, on observe que seuls 2700 gonessiens travaillent sur place (26%). Et chaque jour, la ville est le théâtre d’un véritable ballet de chassés-croisés : tandis que 12000 actifs viennent de l’extérieur occuper les postes locaux, 7700 travailleurs gonessiens s’expatrient hors de la commune pour exercer leur activité, souvent fort loin.
Dès les années 90, il y avait à Gonesse à peu près autant d’actifs que d’emplois. Pourtant, le chômage ne baisse pas. Avec un taux de 16,7% en 2012, il n’est guère inférieur à celui de Goussainville (17,5 %), qui souffre pourtant de pénurie d’emplois, avec un poste pour deux actifs.
Une politique de l’emploi inutile
Cette politique inutile s’est aggravée au cours de la dernière décennie 1999 – 2012. Bien que Gonesse ait bénéficié d’un gain de 3091 postes en 13 ans, le nombre d’actifs travaillant dans la commune n’a augmenté que de… 3 gonessiens supplémentaires au cours de la période ! Un jeu à somme nulle !
Et ce n’est pas le projet EuropaCity qui va arranger les choses : 72% des nouveaux emplois sont de niveau Bac et plus, alors que 30% des habitants de la commune n’ont aucune qualification. Pourtant, Jean-Pierre Blazy s’entête à vouloir implanter toujours plus d’emplois inutiles pour ses administrés. Il prévoit un effort massif de formation, alors que le promoteur brésilien de l’« International Trade Center » à Roissy boudant l’offre locale a décidé de créer sa propre école hôtelière, avec des candidats recrutés sur toute la France.
Car hélas, dès que le niveau social de la population gonessienne s’améliore, elle quitte le territoire pour un cadre de vie plus agréable, tant les nuisances de l’aéroport sont élevées. Les partants sont remplacés par des arrivants en galère et il faut tout recommencer. C’est pourquoi le niveau de formation des habitants n’a cessé de baisser au cours des dernières années (25,7 % de la population sans aucun diplôme en 1999, 30% en 2012) rendant infranchissable le gap qui sépare un premier niveau de qualification d’un niveau Bac et plus.
Les solutions existent
Les solutions existent pourtant. Tout d’abord, recréer des emplois de proximité dans le centre-ville en cours de désertification : un petit commerce embauche sur place, à la différence d’un grand groupe qui dispose d’une aire d’influence bien plus vaste et qui a tôt fait d’oublier les promesses de recrutement local. On peut aussi densifier les zones d’activités existantes plutôt que d’en créer de nouvelles (l‘étude ECODEV de l’EPA Plaine de France avait estimé à 8700 emplois supplémentaires la densification de Paris-Nord 2). Enfin, on pourrait fidéliser la population en diminuant les nuisances de Roissy. Notamment réclamer un couvre-feu – comme à Orly – pour préserver le sommeil des riverains ; réduire la pollution de l’air en conservant les terres agricoles et le paysage rural auquel les habitants expriment leur attachement.
Les Chinois ont plus que doublé leurs investissements en France en 2015, tourisme et loisir en tête.
En 2015, les touristes chinois se sont faits rares sur les Champs-Élysées, apeurés par les attentats de janvier et et surtout de novembre, avec une baisse de 30% des demandes de visa enregistrés depuis les attaques qui ont causé la mort de 130 personnes. Au point que la région Île-de-France a lancé une opération fin février 2016 auprès des professionnels chinois du tourisme, pour les rassurer sur la sécurité de la capitale. Mais, en parallèle, l’investissement chinois a lui augmenté de 160% par rapport à l’année précédente, selonune étude de ce mois de mars, pour un montant total de 3,62 milliards de dollars, détaille un article de Bloomberg.
Ces investissements, qui font de la France la seconde destination des fonds chinois en Europe après l’Italie, s’écoulent à 80% dans les secteurs de l’immobilier et de l’hôtellerie, à l’image du projet de centre commercial et de loisir pharaonique –et déjà controversé– EuropaCity près de Roissy, au nord de Paris, mené par la branche immobilière d’Auchan, dans lequel le groupe chinois Wanda a pris une participation.
Pas contents ! Les élus des huit communes constituant Paris, terres d’envol* viennent de signer un communiqué dans lequel ils déplorent le «soutien du gouvernement» à EuropaCity. Ce projet géant, porté par Auchan, mêlant commerces, loisirs et culture, doit voir le jour à Gonesse (Val-d’Oise), en limite du 93.
Or, le 15 mars, à l’occasion de l’ouverture du Mipim (Marché internationalde l’immobilier), à Cannes, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a dévoilé que le Triangle de Gonesse, sur lequel est prévu EuropaCity, serait un «Hub» du Grand-Paris. Via un concours architectural, cette opération soutenue par l’Etat vise à valoriser les quartiers autour des gares du Grand-Paris.
Mounir Satouri, président du groupe Écologistes et Citoyens du Conseil Régional IDF, a publié une lettre ouverte à Christophe DALSTEIN, directeur d’EuropaCity. « Auchan et Europacity veulent pomper les finances publiques ».
L’auteur de cette lettre ouverte interpelle Christophe Dalstein, sur les « conséquences néfastes pour les finances publiques et le développement économique régional » de ce type de structures commerciales.
Un centre des congrès au Nord du Triangle : C’est L’International Trade Center qui est en train d’être construit, futur concurrent d’EuropaCity
Au Nord du Triangle de Gonesse, sur la commune de Roissy, à la frontière de l’aéroport, se
construit depuis septembre 2015 et jusqu’en 2017, l’International Trade Center, qui se veut le « 1er complexe intégré de Congrès et d’Affaires en Europe ».
Avec 317 000 m2 sur 13 ha,
il comprend :
un centre de congrès de 30 500 m2 pour 3000 personnes ;
120 salles de réunion de 18 000 m2 ;
3 halls d’exposition de 38 000 m2 ;
Un Hall d’accueil pouvant accueillir des concerts de 15 000 places !
Des bureaux (23 000 m2) et des commerces (encore!) ;
Un « FoodCourt » de 4 000 m2 (tout simplement des restaurants regroupés)
1843 chambres dans 7 hôtels (dont trois 5 étoiles) et des résidences hôtelières…
2500 emplois (promis !)
1,2 millions de visiteurs attendus
On y prévoit des toits végétalisés,
… ça ne vous rappelle rien ??
Ce projet, avec ses hôtels, commerces, salle de concert est clairement un futur concurrent d’EuropaCity, et il est plus proche de l’aéroport. Il vise donc à capter ces mêmes touristes que la cible d’EuropaCity. Chaque ville veut son projet, les élus alignent les fonds publics, et les projets se phagocytent, laissant des friches.
Le promoteur brésilien d’ITC boudant les centres de formation en Hôtellerie restauration du territoire,
créé sa propre école hôtelière, en recrutant des candidats sur toute la France, afin qu’ils soient opérationnels à l’ouverture.
Pourtant les pouvoirs publics sont là aussi venu à son secours : ils ont réussi à faire déménager l’entreprise qui occupait le terrain convoité par le promoteur brésilien. Puis ils le lui ont vendu à prix coûtant. Des efforts à la mesure des retombées pour le territoire: 2500 créations d’emplois devraient intervenir quand l’ITC sera en activité.
C’est 230 000 m² de galeries commerciales, c’est une piscine, une piste de ski, un endroit où on pourra faire non pas du vélo mais du surf. Donc tout va bien. En tout, 80 ha de terres agricoles qui vont être recouvertes et étanchéifiées pour ce projet. Vous allez me dire, les toits de ce centre commercial gigantesque, seront même végétalisés, donc tout va bien. Et puis, il y aura une ferme urbaine de 7 hectares, grâce à laquelle les petits enfants franciliens pourront aller voir le derrière des vaches, avec des éleveurs qui sans doute auront des chemises à carreaux et un accent. Tout cela est un peu particulier.
Pourquoi c’est embêtant ?
Un, parce que c’est 80 ha de terres qui compte parmi les meilleures terres du monde, les plus fertiles.
Deuxièmement, c’est une surface gigantesque dont la modification va modifier l’écoulement de l’eau, l’hydrologie. Or, on sait à quel point, en particulier en Ile-de-France, l’eau s’écoule trop vite, elle n’est plus assez absorbée par les sols, ce qui augmente les risques d’inondation.
Et puis, derrière tout ça, il y a, est-ce que l’on en a vraiment besoin ? Il y a déjà dans un rayon de 10 km, cinq centres commerciaux gigantesques qui fonctionnent mal, pourquoi ? Parce que les centres commerciaux, en général en France et dans le monde occidental fonctionnent mal. Parce que les consommateurs, comme vous et moi, se reportent et redécouvrent un peu les centres villes et vont un peu moins dans les hypermarchés.
La rentabilité de ces centres commerciaux est moins fondée sur le chiffre d’affaires réalisé par les grandes enseignes que par les loyers exorbitants payés par les petites enseignes qui s’y trouvent et dont le turnover est très important. En fait, c’est une bulle financière. Et quand cette bulle éclatera, si EuropaCity se ferme, on retrouvera avec des friches industrielles et commerciales gigantesques à la charge de qui ? A la charge du contribuable, des des administrés et des collectivités locales.
Ce projet même d’un point de vue économique n’a pas beaucoup de sens.
Que répondre à 11 800 emplois directs ? Le sésame, la baguette magique ?
C’est invérifiable et quid des emplois qui seront supprimés dans les autres centres commerciaux, notamment à Aéroville qui va mal et dans les commerces de centres villes.
La question du débat sur l’opportunité du projet est également évoquée, du fait qu’il existe déjà un protocole financier sur l’achat des terres entre l’État et Auchan. On se pose seulement la question de l’utilité économique et de l’intérêt pour la société d’avoir ce genre de projet. On réagit et on se pose la question seulement à la fin.
Prévu pour ouvrir en 2024 dans le Val-d’Oise, entre les aéroports du Bourget et de Roissy, EuropaCity est un énorme complexe de 80 hectares qui devrait regrouper à la fois 230.000 m2 de commerces, plusieurs hôtels (environ 2.700 chambres) et de très nombreux espaces de loisirs (parc aquatique, salles de sports, pistes de ski…).
Élaboré par Immochan, filiale immobilière du groupe Auchan, EuropaCity est le projet privé en France le plus important depuis Disneyland Paris, ouvert en 1992. Il est destiné à devenir l’attraction touristique majeure du Grand Paris. À terme, son objectif est d’accueillir 31 millions de visiteurs par an, dont 6 millions de touristes. Cependant, le débat public qui s’ouvre le 15 mars s’annonce difficile, vu l’ampleur du budget prévu, de plus de 3 milliards d’euros, et le rejet exprimé par les écologistes, qui considèrent EuropaCity comme une menace pour les terrains fertiles d’Île-de-France. La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) va devoir trancher.