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La loi ZAN (Zéro Artificialisation Nette) dans le Triangle de Gonesse

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La loi climat et résilience du 22 aout 2021, complétée par des décrets d’application sortis à l’hiver 2022, demande à toutes les régions françaises de réviser leurs Schéma Régional d’aménagement de Développement Durable et d’égalité des territoires (SRADDET) afin de limiter l’artificialisation des terres agricoles et autres espaces naturels. Pour la région Ile-de-France, ce schéma est le SDRIF-E pour Schéma Directeur Régional de la région Ile-de-France avec un E pour Environnement. 

En bref, la loi, aussi dite loi ZAN pour zéro artificialisation nette, demande aux régions de limiter la construction sur les terres agricoles ou naturelles. Elle fixe une limite pour la période de dix ans entre 2021 et 2030 à 50% de la surface urbanisée entre 2011 et 2020. Le Conseil  Régional est en ce moment en train de réviser le SDRIF. Il doit notamment dire aux collectivités territoriales combien de surface elles pourront construire jusqu’en 2030. En tout état de cause, ce chiffre devrait tourner autour de 50%.

A Gonesse, si la loi s’appliquait selon les décrets, la ville ne pourrait autoriser l’artificialisation que de 37 hectares, soit la moitié des 74 hectares qu’elle a déjà construits entre 2011 et 2020. En conséquence, la Zone d’aménagement du Triangle de Gonesse (ZAC du Triangle) qui prévoit d’urbaniser 280 hectares de terres agricoles, ne devrait donc pas pouvoir se réaliser.

La zone réduite à 110 hectares autour de la gare en travaux du Triangle de Gonesse, comme l’a annoncé le premier ministre Castex en 2021 et comme l’a confirmé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal en 2022, est aussi trop grande pour respecter la loi.

La carte réalisée par le groupe CARMA (carmapaysdefrance.com) montre en rouge le périmètre de la ZAC du Triangle de Gonesse de 280 hectares et en marron foncé la surface autorisée par la loi Climat et Résilience. 

Alors pourquoi le gouvernement et le maire de Gonesse n’abandonnent-ils pas ce projet dépassé? Pourquoi continuent-ils, avec la SGP, la construction d’une ligne de métro et d’une gare en pleins champs afin de desservir une zone qui ne pourra pas être urbanisée?

Est-ce parce que la présidente du Conseil Régional, Mme Valerie Pécresse, a annoncé que le SDRIF se limiterait à 20% de réduction de la consommation de terres agricoles jusqu’en 2030 au lieu de 50% ? Pourtant, un SDRIF qui ne respecterait pas la loi se verrait casser par le premier recours au Tribunal Administratif !

Peut-être est-ce plutôt parce que Mme Pécresse et les autres bâtisseurs acharnés espèrent que le projet de loi voté par les sénateurs le 16 mars dernier va être adopté par l’assemblée nationale. Le Sénat a en effet proposé une loi pour affaiblir les exigences de la loi ZAN. Il propose notamment de considérer comme déjà construites les zones d’aménagement ayant fait l’objet d’arrêté de création de ZAC ou de Déclaration d’Utilité Publique avant 2021, même s’il ne sont pas encore construits, ce que les décrets actuels interdisent. Ils proposent aussi de retirer les opérations d’intérêt national du décompte des projets pour la prochaine décade. 

Si cette loi passait, la ville de Gonesse pourrait considérer qu’elle a urbanisé 280 hectares de plus pendant la période 2011-2020 alors que ces terres sont encore agricoles, et qu’elle serait donc autorisée à en bétonner 140 (280 divisé par 2) de plus jusqu’en 2030. Cette proposition du Sénat attribuerait donc un droit de bétonnage de 420 hectares supplémentaires ! 

Il faut donc modifier le SDRIF au plus vite avant que cette loi ne passe, ou s’opposer de toute force à son vote par l’Assemblée Nationale.

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Où travaillent les actifs du Pays de France ?

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Où travaillent les actifs du Pays de France ?

Contrairement à une idée reçue, le premier lieu de destination des travailleurs du territoire est la commune de résidence, dans un cas sur 4 (24%). L’importance de cet « emploi sur place » est liée à la forte densité de population qui suscite des emplois de proximité. Pour ces actifs chanceux, aucun besoin de transports lourds, ils vont au boulot à pied, à vélo ou en bus.

A l’inverse, le pôle de Roissy ne structure pas son territoire. En adjoignant les postes de l’aéroport déclarés sur Tremblay, on arrive à 7% des destinations : pour qu’un emploi de la plateforme embauche un travailleur du Pays de France, il faut en implanter 14… 6% des actifs résidents travaillent à Aulnay-sous-Bois : proportionnellement à sa taille, l’utilité locale de ce pôle est près de 3 fois celle de Roissy. Rajoutons 10,4% de flux entre communes. Au total, 44% de la main-d’œuvre travaille dans une localité du Pays de France.

L’attraction de la Défense est anecdotique (2,7%). Les autres pôles de banlieue jouent un rôle insignifiant, sauf Saint-Denis (6%). Deuxième grande destination : Paris, avec 24% des travailleurs. En tête, le Quartier Central des Affaires (QCA) qui occupe 7,5% de la main-d’œuvre du Pays de France, suivi par le pôle de Paris-Nord (3,9%). Viennent ensuite les pôles Montparnasse, Bercy-Italie et Paris-Est.

Pour conclure, on ne peut qu’exprimer les plus extrêmes réserves sur la stratégie des élus de l’Est-95, du Conseil départemental du Val d’Oise et de la Région dans leur volonté d’améliorer à tout prix par la construction d’un nouveau métro l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 18 000 postes de 2008 à 2019 et qui emploie à la marge la main-d’œuvre locale. Mieux vaudrait développer les emplois de proximité qui permettent de supprimer les besoins de transports à la source. Si les « emplois sur place » qui représentent 19% en moyenne atteignaient le même score que Versailles (33%), le Pays de France compterait 106 000 postes de travail supplémentaires, dispensant les actifs de vivre la « galère des transports » quotidienne, qui correspond pour un habitant de Villiers-le-Bel à l’équivalent de 7 ans supplémentaire de travail… en temps perdu dans les déplacements domicile-travail.

Pour en savoir plus :

Grand Roissy : non à une offre de transports dissociée des besoins des habitants

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De nombreuses opportunités foncières alternatives existent pour éviter l’urbanisation du Triangle de Gonesse

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De nombreuses opportunités foncières alternatives existent
pour éviter l’urbanisation du Triangle de Gonesse

Il y a un an, le CPTG a effectué une étude territoriale publiée sur notre site, évaluant – une décennie plus tard – l’état d’avancement des 25 projets du Grand Roissy programmés en 2012 par l’Établissement Public Plaine-de-France et analysés par le bureau d’étude ECODEV.

Étude du CPTG sur la surestimation des prévisions du nombre d’emplois sur le territoire de la ligne 17 nord du métro express

Cette analyse démontre que 4 projets ont été abandonnés (le Dôme, Europacity et son centre d’affaires) ou repoussés sine die (terminal T4 de Roissy), 2 sont terminés (Aéroville, Roissy Parc International), mais une douzaine est à l’arrêt. Nous réactualisons aujourd’hui les capacités existantes situées à proximité du Triangle de Gonesse, qui permettraient d’éviter l’urbanisation d’excellentes terres agricoles et de respecter ainsi l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) du nouveau Schéma Directeur d’Aménagement de l’Ile-de-France qui intègre des critères « d’Environnement » (SDRIF-E).

Le projet d’urbanisation sur le secteur de la gare « Triangle de Gonesse » de la ligne 17 Nord du Grand Paris soulève plusieurs objections au plan de sa pertinence, non seulement en termes d’aménagement et de devenir de ce territoire, mais aussi de l’adéquation du site au regard de l’équilibre emploi / main-d’œuvre de l’ensemble du Grand Roissy. À l’examen précis des ZAC et ZAE existantes, d’autres opportunités existent dans un rayon relativement proche et celles-ci n’auraient pas les mêmes conséquences sur l’artificialisation des terres agricoles.

Sur une emprise foncière de 110 ha, il est prévu d’accueillir, outre la gare de la ligne 17 Nord, un établissement scolaire » d’excellence (doté du label « Cité scolaire », comportant un collège, un lycée international polyvalent avec des formations post Bac, un internat et un tiers lieu), une administration d’État. S’y adjoignent des composantes du projet AGORALIM (des formations et un secteur affecté à des équipements de transformation agroalimentaire – légumerie, conserverie). Les autres composantes de l’urbanisation ne sont pas connues.

1. À propos de l’implantation de l’administration centrale ou d’éventuels autres projets de bureaux, on soulignera d’emblée que les besoins en locaux, qu’il s’agisse d’entreprises privées ou du secteur public, se trouvent désormais minorés par la tendance générale à la pratique du télétravail plusieurs jours par semaine. Les utilisateurs, d’une manière générale, tendent à se recentrer sur le cœur d’agglomération et c’est bien cette hyper centralité qui est recherchée (Quartier Central des affaires de Paris, La Défense, Boucle Ouest de la Seine, bien plus que les localisations périphériques (avis convergents des commercialisateurs CBRE, JLL, Arthur Loyd, etc.)

2. Quelles opportunités de sites alternatifs ?

Le secteur du Grand Roissy dispose de capacités d’accueil tout à fait significatives sur des secteurs d’aménagement à vocation économique existants mais non achevés, voire arrêtés et bénéficiant d’une bonne accessibilité générale (routière et autoroutière et en transports collectifs).

2.1 Proche du site : quatre périmètres de parcs d’activités offrent encore des capacités d’accueil

  • Immédiatement à l’ouest, rappelons que le parc d’activités de Paris Nord 2 (sur Gonesse et Villepinte) doit engager le renouvellement de certains de ses programmes les plus anciens devenus obsolescents (ils datent de plus de trente ans) et initier un processus de densification qui est à peine amorcé aujourd’hui… Il a été estimé que cette densification permettrait de dégager dans une première étape un potentiel d’environ 175 000 m² tertiaires. Paris Nord 2 est desservi actuellement par la station Parc des Expositions de la ligne du RER B.

  • Un peu plus au sud, l’ancien site PSA à Aulnay-sous-Bois et Gonesse est encore bien loin d’être saturé. Il conviendrait à un projet industriel, très bien desservi par autoroute et voie ferrée, au cœur d’un bassin de main d’œuvre ouvrière de 40 000 actifs (sur 6 communes adjacentes, dont Gonesse).

  • La plateforme aéroportuaire d’ADP elle-même, soit plus de 3000 ha accueille outre les équipements et infrastructures liées à l’aérien, des hôtels, des programmes de bureaux et des organismes de formation. Des disponibilités foncières y existent encore ; d’autant que l’extension programmée (le terminal T4) a été remise en question.

  • Le site d’AEROLIANS (198 ha au total), localisé à Tremblay-en-France entre les autoroutes A1 et A104 et la plateforme aéroportuaire de Roissy CDG, n’est pas encore complétement commercialisé. Dans ce vaste périmètre, plusieurs sous-secteurs pourraient accueillir un projet à dominante tertiaire et/ou des équipements. Le RER Parc des Expositions est proche et plusieurs lignes de bus desservent le site.

2.2. Plusieurs sites de plus petite dimension présentent des atouts urbains appréciables

Sur le versant Val d’Oise, plusieurs sites potentiels peuvent être mis en avant :

  • Le site initialement prévu pour ITC (International Trade Center) à Roissy reste à ce jour vacant (13 ha). La réalisation du projet initial de pôle de congrès, avec plusieurs hôtels internationaux et un vaste complexe de restauration, est devenue peu vraisemblable. Les terrains ayant été acquis, ce site est disponible, très bien situé et très bien desservi.

  • Goussainville (ancien site CAREX à La Talmouse). Il s’agit d’un des sites du projet AGORALIM, prévu pour la partie logistique. Il pourrait accueillir certaines composantes du programme envisagé sur le Triangle de Gonesse.

  • Autre site sur la commune de Gonesse : avec une dimension plus urbaine, à proximité d’importants secteurs résidentiels (ZAC de la Grande Vallée), il présente des avantages à examiner.

  • Plus à l’ouest dans le Val d’Oise : une succession de sites plus petits mais qui sont à aussi à considérer (Villiers-le-Bel, Sarcelles ou Groslay).

Sur le site du Bourget

  • Le pôle gare du Bourget et ses atouts. La ZAC « Gare Bienvenue » va se développer autour de la station « Le Bourget RER » de la ligne 16-17. La capacité d’accueil en bureaux serait d’environ 60 000 m²…

  • Le «Bourget Aéroport » : un secteur plus contraint mais du foncier semble à recycler aux franges de l’aéroport.

En conclusion :

Les opportunités ne manquent pas, qu’il s’agisse d’accueillir la totalité d’un programme relativement hétérogène, ou bien une ou plusieurs de ses composantes.

À court / moyen termes, il semble bien que le site PSA ou Paris Nord 2 puissent répondre à un projet d’implantation : à plus long terme la plateforme ADP au nord ou le pôle gare du Bourget au sud peuvent également apporter une réponse alternative très pertinente au Triangle de Gonesse.

Étudier ces opportunités c’est bien :

  • Éviter l’artificialisation de terres agricoles précieuses.

  • C’est aussi contribuer à revaloriser des aménagements inachevés et des sites en sommeil.

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Note sur la Cité scolaire internationale sur le Triangle de Gonesse

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Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG)

Octobre 2022

Note sur la Cité scolaire internationale

sur le Triangle de Gonesse

Historique du projet

Le 7 mai 2021, soit 18 mois après l’abandon du complexe commercial et de loisirs EuropaCity, porté par le groupe Auchan sur le Triangle de Gonesse, le Premier ministre Jean Castex est venu à Gonesse et a déclaré : «la ligne 17 du Grand Paris Express sera bien menée à son terme jusqu’au Mesnil-Amelot par la Société du Grand Paris. »

Cette ligne 17 constituerait une nouvelle offre de transport en radiale après le RER B et la construction en cours de la ligne directe CDG Express pour relier le pôle de Roissy à Paris. Elle ferait de Roissy, le premier aéroport au monde relié à son cœur d’agglomération par trois lignes de transport lourd.

Pour justifier la ligne et la gare Triangle de Gonesse, M. Castex a annoncé la décision d’implanter trois projets portés par la puissance publique dans la zone de la gare : une Cité scolaire avec internat, une administration d’État qui devait être désignée avant fin 2021 (mais toujours non précisée) et le volet agricole d’Agoralimi porté par la SEMMARIS, société d’économie mixte gestionnaire du MIN de Rungis.

Présentation de la Cité scolaire internationale par Jean Castex

Concernant cet équipement, Jean Castex a déclaré : « en partenariat étroit avec la présidente de région et la présidente du conseil départemental, nous avons décidé d’implanter dans cette zone une cité scolaire internationale, structure d’excellence dédiée au parcours du jeune, de l’école au post-bac, combinant une ouverture internationale et une insertion réussie. Dotée d’un internat, véritable levier pour l’égalité des chances, elle va permettre de former tous les ans 600 collégiens et 1500 lycéens à des métiers d’avenir pour le territoire : l’hôtellerie et la restauration, mais aussi l’alimentation et l’agriculture biologique, en lien, avec une exploitation agricole en son sein ».

Les jeunes pris en otage pour justifier une gare en plein champ

Avec cette annonce, le Premier ministre avait oublié de prendre en considération les nuisances d’une zone frappée par les Plans d’Exposition au Bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget qui y interdisent la construction de logements.

De nombreuses études montrent les effets néfastes des nuisances aériennes sur les capacités d’apprentissage. De plus, cette zone est exposée aux bruits nocturnes, le pôle de Roissy n’ayant pas de couvre-feu malgré des années de réclamations des riverains. 

Une telle décision est irresponsable. Il s’agit du seul projet annoncé sur le Triangle qui avance à marches forcées.

En juillet dernier, Madame Valérie Pécresse a signé le premier appel d’offre pour la construction de cette cité scolaire. C’est prendre les jeunes de l’Est du Val d’Oise en otage pour justifier une gare en plein champ à plusieurs kilomètres de leur lieu d’habitation, quand il existe en centre-ville des espaces disponibles pour construire le collège, le lycée et l’exploitation agricole dont ils ont besoin, accessibles à pied ou à vélo. Comme Monsieur Castex, elle oublie les nuisances des aéroports et en plus elle précise le lieu d’implantation sur le Triangle de Gonesse à 500m de la stèle érigée pour commémorer le crash du Concorde et à quelques mètres d’un espace agricole exposé aux épandages de pesticides.

L’appel d’offre nous indique « Entre 2013 et 2019 la population lycéenne dans les lycées de Sarcelles Gonesse a augmenté de 14,1% (contre 7,1% à l’échelle régionale). Face à la pression démographique constatée sur le Val d’Oise, la Région Ile-de-France a voté dans le cadre de la revoyure de son PPI (votée en février 2021) la réalisation d’un lycée neuf sur le territoire de Gonesse, de 1200 places d’enseignement général et technologique qui répond ainsi au besoin identifié dans le sud de ce territoire.

Parallèlement à ce vote, un plan d’actions pour le Val d’Oise dit « trajectoire de confiance » a été mis en place pour répondre aux enjeux démographiques et sociaux du territoire avec la création d’une cité scolaire à vocation internationale avec un lycée polyvalent de 1650 places et un collège de 600 places, en lien avec un campus des métiers et des qualifications. La cité scolaire accueillera environ 2250 élèves et sera dotée d’un internat d’excellence estimé à 300 places.

Compte tenu de sa localisation, de sa desserte par les transports en commun (gare du triangle de Gonesse devant entrer en service en 2028) et de son foncier disponible, le site désigné pour accueillir la cité scolaire est localisé dans la communauté d’agglomération de Roissy Pays de France, dans le triangle de Gonesse (département du Val d’Oise).

Le site est localisé à plus d’une heure à pied de la gare « Villiers-le-Bel – Gonesse – Arnouville » du RER D. Onze lignes de bus régulières desservent actuellement cette gare SNCF »

De ces informations, le CPTG en déduit qu’il y a un besoin immédiat d’un nouveau lycée et d’un nouveau collège pour faire face à l’accroissement des effectifs de l’entité urbaine Gonesse, Sarcelles, Villiers-le-Bel, Arnouville et Garges-lès-Gonesse. Qui peut imaginer que la meilleure et la seule localisation est sur le Triangle de Gonesse ? Au lieu d’accélérer la construction des établissements scolaires dont le territoire a besoin, cette décision de la région en accord avec le département est le meilleur moyen pour retarder les ouvertures des établissements.

La gare Triangle de Gonesse de la ligne 17 nord venant du Bourget et desservant des zones d’activités ne serait d’aucune utilité pour les jeunes de l’est du Val d’Oise domiciliés le long du RER D qui seraient affectés dans cette Cité scolaire.

Un entêtement destructeur

Cette gare avait été décidée en raison de la promesse – sans la moindre preuve – d’importantes fréquentations prétendues : 31 millions de visiteurs et 10 000 emplois à EuropaCity et son centre d’affaires associé (40 000 emplois), ainsi que 30 millions de passagers et 30 000 emplois pour l’extension de l’aéroport (T4) repoussée sine die.  Tandis qu’une douzaine de projets du Grand Roissy programmés en 2012 est à l’arrêt, avec d’importantes disponibilités foncières (dont Aérolians à Tremblay ; Roissy Tech et International Trade Center à Roissy). Sans compter la friche PSA qui est venue se rajouter à la liste, sur lequel il reste une centaine d’hectares très bien situés et desservis par autoroute et voie ferrée.

Cet entêtement à vouloir urbaniser ce patrimoine commun que représente les excellentes terres agricoles du Triangle de Gonesse, nous oblige à poursuivre notre mobilisation tous azimuts et les actions entreprises depuis 2011.

Le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) souhaite interroger les syndicats enseignants et associations de parents d’élèves sur la localisation mortifère de cette Cité scolaire.

(version pdf de cette note)

i Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Retour sur la ZADimanche du 25 septembre 2022

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Compte-rendu de la ZADimanche du 25 septembre 2022

Nous étions une vingtaine de militant·es du CPTG et de différents collectifs de la co-organisation à accueillir Mario, militant du sud du Mexique, représentant de son assemblée, l’APIDTT (Asamblea de Pueblos del Istmo en Defensa de la Tierra y el Territorio). et des militant·es de la Coordination française « Stop EDF Mexique ».
Mario souhaitait échanger avec des collectifs luttant contre l’accaparement des terres. Ces échanges ont été très intéressants

La lutte menée contre le projet éolien d’EDF, combattu par les communautés autochtones, a été victorieuse et ce projet abandonné par la compagnie mexicaine qui a été obligée de rompre en juin dernier le contrat avec EDF. Victoire provisoire car EDF ne renonce pas à ses parcs éoliens.

Article de Reporterre qui en rend compte

Il a expliqué comment son organisation s’était constituée en 2007 contre le projet d’EDF de création de 27 parcs éoliens (2600 éoliennes) sur les terres ancestrales des communautés autochtones, avec la complicité de l’Etat et les pressions des narco-trafiquants… avec l’alibi du climat en plus !

Il a dénoncé le projet d’un GPII impulsé par le gouvernement mexicain actuel et dans les cartons des gouvernements mexicains et des USA depuis longtemps déjà : création d’un couloir interocéanique, ou « trans-isthmique », qui serait un canal sec qui relierait l’océan pacifique et l’océan atlantique, et qui prévoit la modernisation d’une ligne de train mais aussi deux gazoducs bardés d’une dizaine de parcs industriels. Ces parcs auront besoin d’électricité et l’expansion de nouveaux parcs éoliens industriels – au mépris des terres d’usage communal – dans l’isthme est ainsi étroitement liée à ces mégaprojets.

Mario veut à la fois alerter sur ce couloir trans-océanique et ses liens avec des multinationales européennes, mais aussi annoncer l’organisation d’une nouvelle caravane contre les mégaprojets qui devrait se tenir au Mexique l’année prochaine (en avril-mai) avec le soutien du Conseil National Indigène, et surement aussi des zapatistes, pour faire le tour des projets destructeurs dans le Sud du Mexique (par exemple le mal-nommé train « Maya ».

Il nous a fait part de la façon dont son association mène la lutte, à plusieurs niveaux différents:

  • Comme ici, les militant·es ne sont pas très nombreux, il y en a qui partent, d’autres arrivent… l’important pour lui est que la structure de base perdure et que les gens se conscientisent.
  • Une fois par an, avec 19 autres collectifs de tout le pays, en même temps, ils bloquent des routes pour montrer leur force et soutenir les familles qui refusent de payer l’électricité
  • Au quotidien, agissent avec les familles concernées (800 familles, au sein de 13 communautés)
  • Organisent des projets agroécologiques avec les jeunes
  • Font du porte-à-porte sur la santé et l’alimentation, de la conscientisation
  • Mènent des procès : ils ont aussi réussi à faire annuler en justice 200 contrats de vente de terres qui avaient été signés par des pressions individuelles
  • Il nous informe aussi sur la dangerosité de mener des luttes au Mexique : il y a eu l’assassinat du responsable de la communauté agraire

De notre côté, nous avons expliqué le déroulement de la lutte du CPTG depuis 2011 et les différents modes d’actions qui ont été utilisés (pétitions, conférences de presse et communiqués, occupation d’une journée du siège de la SGP, Occupation avec production de légumes pendant 2 ans d’un petit terrain, puis occupation d’une autre parcelle pendant 13 jours sous forme de ZAD, meetings publics, marches vers Paris, actions juridiques, etc…

En résumé, une belle rencontre, intéressante, riche de partages

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16 septembre 2022 : mobilisation contre l’urbanisation des terres agricoles à Gonesse et Saclay !

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Une soirée réussie le 16 septembre à Paris pour la mobilisation
contre l’urbanisation des terres agricoles à Gonesse et Saclay !

Organisée par le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) et le Collectif contre la ligne 18 (CCL18), la soirée URGENCE Terres agricoles d’Île-de-France en danger a réuni environ 500 personnes dans la salle Olympe de Gouges à Paris, animée par Hervé Kempf, directeur de REPORTERRE, que nous remercions.

Après l’ouverture de la soirée par Hervé Kempf, suivi du discours d’introduction de François Vauglin, maire du 11e arrondissement de Paris, ont suivi deux tables rondes avec un intermède d’interpellation et la lecture de 2 appels :

  • l’un d’experts du transport et de l’aménagement des territoires, pour exiger un moratoire sur les lignes 17 Nord et 18 Ouest,
  • l’autre pour demander le classement des terres agricoles au patrimoine mondial de l’Unesco

et bien sûr un concert !

Pour les plus pressé·es : une vidéo récapitulative est disponible

La première table ronde traitait des « Transports du Grand Paris »

En résumé, les lignes 17 nord et 18 ouest ne sont justifiées ni par un réel besoin des habitantes et habitants, ni par un processus démocratique, ni par une rentabilité financière.

Charlotte NENNER, élue écologiste au Conseil régional, membre de la Commission Transports, a résumé le projet : « Une vision datée de la mobilité en Île-de-France ».
Marc PÉLISSIER de l’Association des usagers des transports en Île-de-France, a rappelé à quel point le Grand Paris Express est un gouffre financier. Un bus en site propre coût 30 millions d’euros alors qu’un métro automatique tel que la ligne 18 coûte 5 milliards d’euros… le tout aux frais du contribuable donc de tous les Français !
Il a plaidé pour des transports plus légers (trams, bus…) mais surtout la rénovation des transports existants (RER B et D).
Frédéric LEMERER, syndicaliste à la CGT transports a expliqué que des emplois ont été déplacés des grandes écoles et laboratoires sur le plateau de Saclay, et ces chantiers n’ont pas créé d’emplois nouveaux. Il a insisté sur le fait qu’il fallait investir en priorité dans les transports du quotidien et a dénoncé la dégradation des conditions de travail des salarié·es des transports publics, entraînant l’aggravation des conditions de transport des usagers.
Jacqueline LORTHIOIS, urbaniste – socio-économiste, a replacé la question des Transports dans le champ plus vaste de l’Aménagement du Territoire. Valoriser les pôles dits « d’excellence » du Grand Paris induit par différence des territoires de relégation. L’Ile-de-France est déjà à la fois la région la plus riche d’Europe et la plus inégalitaire.
Elle démontre que les transports au service du Grand Paris ne réparent pas les inégalités, ils les permettent. On voit se développer des « villes dissociées » où l’habitant n’y travaille pas et le travailleur n’y réside pas.
Elle développe trois propositions :

  • L’achèvement du tram-train T11 Sartrouville/Argenteuil/Épinay jusqu’à Noisy-le-Sec : deux gares pour le Val d’Oise, desservant 110 000 Argenteuillais.
  • L’implantation de la Cité scolaire à Sarcelles, en cœur de ville, à l’emplacement prévu pour le Dôme (annulé) près du RER.
  • La réduction des besoins de transports par l’implantation de services de proximité qui recrutent sur place.

Harm SMIT, ingénieur, représentant de COLOS (COLlectif Oin Saclay) a exposé les trucages de la Société du Grand Paris (SGP) dans les évaluations socio-économiques (balance entre bénéfices et coûts) des lignes du Grand Paris Express. Lors des enquêtes publiques en 2016, les lignes 18 et 17 Nord s’avéraient les moins rentables de toutes. Mais d’après un nouveau chiffrage en 2021, elles sont devenues les plus rentables de toutes !
Le bilan socio-économique de la ligne 18 a augmenté de 1875 %, celui de la ligne 17 Nord de 745 %. En même temps, le bilan des autres lignes a chuté de 64 % en moyenne. Pour la ligne 17 Nord c’est particulièrement absurde, puisqu’entre-temps EuropaCity a été abandonné, le terminal T4 reporté sine die, tandis que la fréquentation du PIEX (Parc des expositions de Paris-Nord-Villepinte) est en déclin.
Il explique le tour de passe-passe de la SGP qui consiste à calculer les bénéfices globaux supposés créés grâce au GPE dans son ensemble, puis à répartir ces bénéfices sur les différentes lignes selon un jeu de coefficients. Il suffit donc de changer les valeurs de ces clés de répartition pour diminuer le poids des lignes déjà « acquises » et d’accroître celui des lignes encore sujettes à contestation.

Un Appel d’experts a été lu pour exiger un moratoire sur les lignes 17 Nord et 18 Ouest.

Le texte se trouve ici, en version bilingue : https://sauvonslesterresfertiles.org

Un cerf est venu sur scène nous délivrer un message

« On nous arrache la peau, et nous ne sentons rien… Extraits :

[…] sont-ils encore les gardiens de la terre, ceux et celles qui la quadrillent au volant de tracteurs géants, et année après année acceptent de la piller, de l’assécher, de l’empoisonner jusqu’à ce qu’elle en crève avec toutes les formes de vie visibles et invisibles qu’elle abritait, mammifères, oiseaux, insectes, bactéries, champignons, lombrics et collemboles ?

[…] à défendre ces champs, ces friches et ces jardins, […] nous devenons ce que nous n’aurions jamais dû cesser d’être : vivant.es, sur une terre vulnérable.

Voir le cerf et son brâme d’alerte

La seconde table ronde était intitulée « Agriculture et alimentation »

Christiana VANDAME, agricultrice sur le plateau de Saclay, témoigne : « Depuis l’Opération d’Intérêt National Paris Saclay, ça a été une longue descente aux enfers. La ligne 18 sera dans nos champs ».
Romain HENRY, représentant de la Confédération Paysanne parle quant à lui du grignotage des terres agricoles : l’équivalent d’un département disparaît tous les 7 ans. Pourquoi ? La pression foncière est trop forte pour que les jeunes s’installent alors qu’un agriculteur sur trois touche moins de 300 € par mois.
François LOSCHEIDER, Maire-adjoint à l’Alimentation et la Nature de la ville d’Arcueil a parlé le projet de sa commune de faire une cuisine locale. Il a évoqué, à ce sujet, le besoin de terres agricoles, pour bénéficier de produits locaux.
Anne GELÉE, de l’association Terre de liens, a mentionné la situation du foncier agricole, trop rare et cher, et malgré tout l’enthousiasme de certains jeunes de se lancer dans de nouveaux projets d’installation avec Terres de liens.

Appel pour le classement des terres agricoles au patrimoine mondial de l’Unesco

Le texte de la Tribune a été lu ; il est publié dans le journal Le Monde du 14 septembre (en ligne et sur papier)

Action « MORATOIRE »

Des personnalités présentes et de nombreuses et nombreux participant·es sont monté·es sur la scène, portant une affichette « MORATOIRE – Ligne 17 N et Ligne 18 O » pour exiger en urgence un moratoire pour stopper les travaux et rouvrir les discussions.

Elles et ils ont alors chanté à pleins poumons la chanson de Jacqueline (sur l’air de la chanson d’Édith Piaf) dont le refrain est :
« Non, rien de rien… Non, nous ne lâcherons rien…
Ni nos terres nourricières,
Ni nos très précieux vers de terre… »

Voir le texte intégral

Les représentants des collectifs CPTG et CCL18 ont clôturé la partie « Débats »

Fabienne MÉROLA, porte-parole du CCL18 a brièvement fait le point sur l’état des travaux et de la lutte à Saclay. Le collectif concentre la lutte sur le tronçon ouest, décalé de 4 ans, donc pas du tout commencé. Elle a souligné que le comble de l’absurde est atteint avec 2 gares séparées de 7 km… ce qui ne s’est jamais vu pour des stations de métro !
Elle a terminé en donnant rendez-vous le 22/10 pour la grande marche Terminus Saclay.

Bernard LOUP, président du CPTG, a remercié la mairie du 11ème arrondissement pour l’accueil de cette soirée dans la salle Olympe de Gouges., en faveur des terres agricoles de Gonesse et Saclay, Il a aussi remercié toutes celles et tous ceux qui durant l’été ont participé à la préparation de l’évènement et encore ce soir à son bon déroulement, les intervenant.es des tables rondes et tous les soutiens présent.es ce soir-là.

Il a expliqué l’impasse dans laquelle s’est mis le gouvernement en annonçant dix-huit mois après l’abandon d’EuropaCity par la voix du Premier ministre Jean Castex, que la ligne 17 nord avec la gare Triangle de Gonesse serait menée à son terme alors que plus rien ne le justifie. Il a dénoncé l’appel d’offre lancé par le Conseil régional pour le projet de Cité scolaire avec internat sur le Triangle de Gonesse exposé jour et nuit aux nuisances aériennes, véritable prise en otage des jeunes de l’est du Val d’Oise pour justifier une gare en plein champ devenue inutile. Plus aucun projet ne la justifie.

Il a conclu sur l’urgence d’obtenir un moratoire des lignes 17 nord et 18 ouest. Comment stopper ces projets ? Par la mobilisation citoyenne !
Interpellez vos élu·es, rejoignez les associations et collectifs… Réclamons ensemble un moratoire sur les lignes 17 nord et 18 ouest.

CONCERT DE CLÔTURE avec Viktors and the Haters

La soirée s’est terminée au rythme endiablé du groupe de rap « Viktors and the Haters » devant des spectateurs enchantés ! Un grand merci à eux pour cette super clôture de notre soirée !

STANDS

Une douzaine d’associations tenaient un stand pour faire connaître leurs actions et luttes. Beaucoup de participant·es sont allée·es à leur rencontre. Le retour des associations a été très positif.

BUVETTE-RESTAURATION

Nous remercions tous les bénévoles qui ont soit apporté des mets de leur fabrication, soit donné du temps pour être « au service » derrière le bar (ne profitant pas des débats ni du concert) et permit à chacun·e de se restaurer au mieux.
Nous remercions tout particulièrement Cédric de la « BIOCOOP Bastille » et Stéphane de « Nosmeilleurescourses » pour les très nombreux dons qu’ils ont fait pour assurer la nourriture et la boisson lors de cette soirée.

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

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Le fiasco du Grand Roissy : en dix ans (2012-2022), deux projets terminés sur 25

Résumé de l’article posté sur le blog de J. LORTHIOIS, https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/010722/le-fiasco-du-grand-roissy-en-dix-ans-2012-2022-deux-projets-realises-sur-25

Depuis 40 ans, la politique de développement du Val d’Oise se focalise sur l’aménagement du Grand Roissy. En 2012, l’EPA Plaine de France lançait une étude sur un ensemble de 25 projets programmés : le bureau d’études ECODEV avait alors évalué à 104 000 les emplois à créer en 2020-22 et 132 000 à terme. 10 ans après, le bilan est dérisoire : seuls 2 projets sont achevés, avec 5000 emplois… Malgré une telle déroute, les élus s’entêtent à poursuivre cette stratégie, en votant 3 nouveaux projets sur le Triangle de Gonesse le 8 juillet 2022. Analyse sans concessions.

Tous les signes témoignent du caractère « daté et dépassé » du modèle de « Ville aéroportuaire » promue par John Kasarda il y a plus de vingt ans1 : un grand aéroport comme moteur d’une « entité urbaine puissante », qui résume la politique d’aménagement dite du « Grand Roissy » défendue par le Val d’Oise et soutenue par la région Ile-de-France. Bien que l’on ait enregistré depuis une quinzaine d’années un découplage entre le trafic aérien – qui a continué à croître jusqu’en 2019 – et l’emploi – qui a entamé son déclin dès 2008, accéléré avec la pandémie –, les élus s’entêtent à tout miser sur le seul pôle aéroportuaire pour booster l’ensemble du développement de l’Est-95… Dans cet esprit, le Conseil départemental vient de ratifier en juillet dernier, le rajout de trois nouveaux projets du Grand Roissy à implanter sur le Triangle de Gonesse, destinés à justifier la gare du métro : une Cité scolaire, une administration d’État non précisée et le volet agricole d’Agoralim2 porté par la SEMMARIS, société gestionnaire du MIN de Rungis. Venant en appui, il est créé une Société Publique d’Aménagement d’Intérêt National (« SPLA-IN ») portée par Grand Paris Aménagement allié au CD 95 et à l’intercommunalité CARPF : un mode de gouvernance simplifié et centralisé qui permet de s’abstraire des procédures habituelles pour des projets d’urbanisme considérés comme « majeurs ».

Mais on a beau rajouter à la liste du Grand Roissy ces trois nouveaux projets à la faisabilité douteuse, les décideurs ne parviennent toujours pas à justifier de l’utilité socio-économique d’une gare située dans un désert humain : que signifie une Cité scolaire hors agglomération, avec un internat dans une zone interdite à l’habitat permanent, en raison des deux Plans d’exposition au bruit (PEB) des aéroports de Roissy et du Bourget ? Une administration d’État qui s’installerait au milieu des champs, absurdité telle que la désignation tarde depuis décembre 2021 ? Une activité de production de légumes du MIN de Rungis-Nord sur le Triangle de Gonesse, en l’absence de la possibilité d’acquisitions foncières ? J. Lorthiois a démontré dans une série d’articles que ni la fréquentation des populations, ni le nombre d’emplois nouveaux desservis, ni l’accessibilité à l’ensemble des emplois, ni les gains de temps, ni la centralité urbaine, ni la balance coûts financiers/avantages – autant de critères permettant de mesurer l’utilité de la gare du Triangle et plus généralement de la ligne 17 Nord – n’étaient nullement atteints, comme le montre le tableau récapitulatif : Malgré ces constats accablants, en 2021, nous avons eu la surprise de découvrir incidemment (dans le cadre de l’enquête publique de la ligne 18 Orly-Versailles), que la SGP – juge et partie – avait procédé à une révision de l’évaluation socio-économique du Grand Paris Express, avec une énorme majoration du bilan socio-économique de certaines lignes, sans aucune explication. Quelle n’est pas notre stupéfaction de constater que l’évaluation socio-économique de la ligne 17 Nord passe d’un gain de 0,8 milliard en 2016 à 6,8 milliards en 2021, soit une augmentation abusive de +747 % ! Entretemps, les trois principaux projets du Grand Roissy (Europacity et le centre d’affaires qui lui était lié, le projet d’extension de l’aéroport Terminal T4) avaient été abandonnés, soit une promesse de 70 000 emplois envolés en fumée… ce qui aurait dû se traduire par une substantielle révision à la baisse ! Pourtant, le critère « nouveaux emplois » enregistre un bonus passant de 0,4 milliard à 4,6 milliards, sans aucune justification… Ces manipulations traduisent une malhonnêteté indigne d’une entreprise publique, chargée en principe de l’intérêt général. Voir l’article « Les manœuvres de la Société du Grand Paris : comment positiver des critères négatifs ». https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/240722/les-manoeuvres-de-la-societe-du-grand-paris-comment-positiver-des-criteres-negatifs

Dans ce contexte, que signifient les 3 nouveaux projets rajoutés en catastrophe pour justifier le chantier de la gare du Triangle de Gonesse à tout prix, alors qu’on constate le fiasco de l’ensemble de la politique d’aménagement du Grand Roissy promue depuis 2012 ? Pour en avoir le cœur net, le CPTG a commandité une nouvelle étude pour évaluer l’état d’avancement des 25 projets portés par l’EPA Plaine de France -désormais Grand Paris Aménagement-, dix ans plus tard. Nous avons déjà cité l’abandon d’Europacity en 2019 et son centre d’affaires, suivi par l’arrêt du projet d’extension de l’aéroport, avec la crise du trafic aérien lié à la crise sanitaire, ce qui représente au total l’annulation de 53% des perspectives d’emplois envisagées. Une quinzaine d’autres projets sont à l’arrêt, fonctionnent au ralenti, ou encore ont un avenir incertain. Et surtout, en 2013, l’entreprise PSA a fermé ses portes à Aulnay-sous-Bois, venant rajouter une friche industrielle dont la valorisation devrait constituer une priorité. Au total, deux projets seulement sont terminés, un gain de 5000 emplois (Aéroville et Roissy Parc International)… à comparer aux 104 000 postes promis en 2020-22.

Quand une stratégie obtient 5% de son objectif, on serait en droit d’attendre des responsables une réorientation de leur politique plutôt que sa poursuite aveugle. Dans un contexte où la commercialisation de zones d’activités disponibles marque le pas (une centaine d’ha restants sur Aérolians, ainsi qu’une centaine d’ha sur la friche PSA, très bien desservie par route et fer, sans compter une dizaine d’autres projets à l’arrêt) et que le secteur privé se désinvestit massivement de projets risqués, l’État gaspille l’argent public en se portant au secours de projets non rentables, nuisibles aux populations… et prend des jeunes en otage dans une Cité scolaire, assignés aux décibels des avions, afin de justifier une gare en plein champ et une ligne de métro dont l’utilité est totalement démentie par les faits.

NB : il s’agit des emplois supplémentaires escomptés (et non de l’emploi total existant).


Lire aussi l’etude de J. LORTHIOIS, « Actualisation des impacts sur l’Emploi des 25 projets du Grand Roissy », Collectif pour le Triangle de Gonesse, avril 2022, 39 pages. https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2022/08/Etude-ECODEV-revue.pdf

1 John Karsada, Aérotropolis, la Ville aéroportuaire, voir site http://aerotropolis.com/

2 Le projet Agoralim, porté par la Semmaris, est une extension du MIN de Rungis, au nord de l’Ile-de-France. Jean Castex l’a défini comme « une plateforme de distribution alimentaire, mais aussi un projet de développement des circuits courts et de la production locale. »

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

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Ligne 17 Nord : faut-il tripler l’offre, quand la demande a baissé d’un quart ?

Résumé de l’article paru sur le blog Médiapart de Jacqueline LORTHIOIS : https://blogs.mediapart.fr/j-lorthiois/blog/110822/ligne-17-nord-faut-il-tripler-loffre-quand-la-demande-baisse-dun-quart

Le triplement de l’offre de transports lourds, c’est :

  • le RER B existant, assurant la liaison Roissy /Gare du Nord puis Châtelet et Paris-Sud, desservant les villes de Terres d’envol en direct vers l’aéroport (dans le bon sens Paris/Banlieue) ;

  • le CDG Express Roissy / gare de l’Est dont les travaux ont commencé, une initiative privée ce qui explique le prix élevé du billet ;

  • la ligne 17 Nord Le Bourget-Roissy, qui bénéficie d’un soutien renforcé sur le Triangle de Gonesse, avec le rejet de l’appel contre le permis de la gare en plein champ et la création d’une société dite « d’intérêt national » qui défend trois nouveaux projets dont une Cité scolaire en internat ( !) de 2200 élèves en zone de bruit qui interdit l’habitat.

La diminution de la demande de transport d’un quart, fait allusion au nouveau recensement de 2019 qui montre une perte notable d’attractivité du pôle de Roissy sur la main-d’œuvre des principales communes du pays de France, qui sont 24% de moins à travailler sur la plateforme aéroportuaire depuis 2008.

En une décennie, on a enregistré un découplage entre la croissance du trafic aérien qui augmente de 25% et le nombre d’emplois qui diminue de 20% (2009 -2019). Pourtant les élus du Val d’Oise, de la Région et l’État s’entêtent à poursuivre la stratégie de développement « dite » du Grand Roissy, c’est-à-dire concentrer les activités au nord du territoire, sur la plateforme aéroportuaire et les communes environnantes (dont Gonesse), alors que les besoins sont localisés au sud du pôle. Il manque notamment près de de 30 000 postes par rapport aux actifs dans les trois communes de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse et Villiers-le-Bel, tandis qu’on comptabilise un excédent de 80 000 emplois dans les communes du Cœur de pôle de Roissy (dont Gonesse !).

Par ailleurs, les dernières statistiques de déplacements domicile-travail (2019) montrent qu’en une décennie (2008-2019), un actif sur 4 résidant dans une des communes du Pays de France a cessé de travailler à Roissy : 300 personnes de moins à Villiers-le-Bel ; 440 à Goussainville par exemple. Et la diminution de la main-d’œuvre employée à Roissy est plus élevée en Seine-Saint-Denis qui dispose pourtant d’une desserte directe vers l’aéroport : 560 travailleurs de moins à Aulnay, 618 à Sevran, 490 à Blanc-Mesnil. Ce qui vient contredire le principal argument avancé par tous les défenseurs de la ligne 17 Nord pour la justifier : il faudrait une offre de transport lourd pour permettre aux Val d’Oisiens d’accéder aux emplois de la plate-forme ! Pour les communes les plus déficitaires du département, le « taux d’utilité locale » de Roissy oscille entre 5 et 3% de la main-d’œuvre résidente (en comptant les chômeurs, à qui cette politique est soi-disant destinée).

Le graphique ci-après montre la part dérisoire (en rouge) des travailleurs de Roissy au regard de l’ensemble de la main-d’œuvre (en bleu) des 22 communes étudiées de ce qu’on désigne habituellement par le « Grand Roissy » et que nous préférons appeler le « pays de France ». Poursuivre une politique d’implantation d’activités localisées en dehors des principaux pôles urbains, générant une explosion des déplacements domicile-travail se révèle irresponsable avec l’accélération de la crise sanitaire, sociale et climatique. Nous refusons la multiplication de « villes dissociées » comme Gonesse, où « l’habitant n’y travaille pas et le travailleur n’y réside pas ». Il est urgent d’autonomiser les principaux pôles urbains du territoire, en priorité Aulnay-sous-Bois et Sarcelles, en les dotant d’emplois utiles – notamment des services de proximité ne réclamant ni transports lourds ni surfaces nouvelles à bétonner, avec des transports de desserte qui puissent mailler les bassins d’habitat et diminuer les besoins de transports à la source.

Quant aux projets nouveaux du Grand Roissy, ils n’ont aucune justification, il en existe une vingtaine en cours, la plupart en sommeil. La priorité est d’utiliser les ressources foncières existantes dédiées aux activités et de sauvegarder le patrimoine de terres agricoles particulièrement précieux au nord de l’Ile-de-France, à l’usage alimentaire des populations locales. Quant au projet de Cité Scolaire, plutôt que d’exposer 2200 enfants au bruit incessant des avions, il existe à Sarcelles un emplacement vacant tout trouvé, après l’abandon du Dôme, en centre-ville près du RER Garges/Sarcelles.

Le graphique ci-dessous démontre l’absurdité de continuer à tout miser sur le pôle de Roissy, qui ne joue plus qu’un rôle mineur dans l’avenir des 600 000 habitants des 22 principales communes du Pays de France.

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La politique d’aménagement du Triangle de Gonesse, bon exemple d’irresponsabilité environnementale des pouvoirs publics

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La politique d’aménagement du Triangle de Gonesse, bon exemple d’irresponsabilité environnementale des pouvoirs publics

Une canicule historiquement forte à celle période de l’année s’est abattue la semaine du 13 juin sur toute la France, y compris à Gonesse où d’après Météo France la température était de 36°C samedi 18 juin à 15 heures. Les records de chaleur battus chaque année dans le monde ne sont plus une surprise, puisque annoncés depuis des décennies par les scientifiques spécialistes du climat et particulièrement ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Avant de supprimer les îlots de chaleur, commercer par ne pas les créer !
Dans les derniers jours, nous avons retrouvé dans les médias des informations sur les moyens de réduire les effets des canicules en ville. La réduction ou suppression des îlots de chaleur dans les métropoles, denses et trop minérales, figure dans la liste des solutions : « L’Insee recense 774 villes denses en France, soit au moins
« 25,5 millions de personnes particulièrement concernées par les îlots de chaleur urbains », calcule Vivian Dépoues, chef de projet adaptation au changement climatique à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE). (…) Rien qu’à l’échelle de la rue, un alignement de platanes ou de sophoras du Japon abaisse la température de 2 à 3 degrés. Mais la pleine terre n’est pas possible partout et la question financière reste un frein : construire des bureaux rapporte, aménager un parc urbain coûte. La promesse faite par le gouvernement, mardi 14 juin, de créer un fonds de 500 millions d’euros pour aider les collectivités à renaturer leurs centres urbains – les modalités doivent encore être précisées – pourrait donc accélérer certains projets. » (source : article « Les grandes villes en lutte contre la surchauffe » d’Emeline Cazi et Audrey Garric publié par Le Monde le 17.06.2022 sur Internet).
L’exemple à ne pas suivre est donc l’aménagement du Triangle de Gonesse, où l’État (par la voix de l’ex-Premier ministre Jean Castex) a annoncé en mai 2021 – avec la bénédiction du maire J.-P. Blazy – vouloir construire une zone d’activités de 110 hectares et une gare du Grand Paris Express, le tout en plein champ. De même qu’après avoir déroulé le tapis rouge aux promoteurs de centres commerciaux dans la ceinture verte des agglomérations l’État a lancé à coup de dizaine de millions d’euros le programme « Cœur de ville », l’État (
condamné en février 2021 pour inaction climatique) est le pompier pyromane du réchauffement climatique : « Le gouvernement entend favoriser « le développement d’îlots de fraîcheur en ville en s’engageant très fortement à accompagner les collectivités locales dans l’adaptation aux conséquences du dérèglement climatique », a déclaré Mme Grégoire [porte-parole du gouvernement] à l’issue du conseil des ministres. Aussi, ce fonds servira à « cofinancer, aux côtés des collectivités locales qui en expriment le besoin, ces opérations de renaturation. »« .
Depuis sa création le Collectif pour le Triangle de Gonesse insiste sur le rôle positif joué par le Triangle de Gonesse en matière d’atténuation des pics de chaleur, par exemple en
août 2017 : « Ce sont des terres à perte de vue, qui ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’elles stockent naturellement du carbone et permettent ainsi de réduire les émissions de gaz à effet de serre. (…) Ces terres permettent aussi de réguler les températures de la capitale française, comme le rappelle Jean-Marie Baty, président du mouvement national de lutte pour l’environnement du 93 et membre du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG). Les fameux îlots de chaleur urbains dont nous parlions mercredi dans un précédent “Itinéraire bis”. Ces phénomènes qui rendent les villes plus chaudes que les zones rurales. »En 2017 toujours, un travail de mesures des îlots de chaleur a été effectué sur l’Ile-de-France avec les données satellitaires Moderate-Resolution Imaging Spectroradiometer (MODIS) relevant les températures journalières nocturnes de surface (1). La carte ci-dessous fournie par Malika Madelin montre les écarts des températures de surface par carroyage de un kilomètre par rapport à la médiane de la zone étudiée dans l’article de Malika et al. Pour mieux faire ressortir la zone du Triangle à cette échelle, les seuils sont différents de ceux de l’article avec la couleur intermédiaire de la palette caractérisant une anomalie de 1,8°C au dessus de la médiane.

La palette sur la carte est continue. Carte et légende :

On observe que le Triangle, additionné au Parc de la Patte d’Oie, forme un îlot de fraîcheur non négligeable pour les zones d’habitations de la ville de Gonesse. Les zones d’habitations occupent des positions où les anomalies tournent autour de 1,8 C au-dessus de la médiane, voir approchent la médiane. Sans le duo Triangle / Parc de la Patte d’Oie, on peut émettre l’hypothèse que les anomalies de températures au niveau des zones d’habitations augmenteraient à l’image de celles présentes sur les villes de Sarcelles et Villiers-Le-Bel (+ 3 ou +4 °C).

Fin juin – début juillet 2019, à l’occasion des actions sur le Triangle de Gonesse pour s’opposer à l’ouverture du chantier de la gare en plein champ, le CPTG l’avait rappelé  : « Dimanche 30 juin on a mesuré la température dans les maïs : 30° et sur la route : 38° ! Comment oser détruire un îlot de fraîcheur qui fait baisser la température de 8 degrés dans une banlieue nord presque totalement minéralisée qui a enregistré un maximum de morts en 2003 ! » (2).

Le rôle positif joué par le Triangle de Gonesse dans le domaine de l’eau
On savait qu’avec plusieurs mètres d’épaisseur, les sols du Triangle de Gonesse permettaient de retarder l’arrivée de crues de la Seine en cas de fortes précipitations. A l’inverse, pendant l’été la capacité de ces sols à retenir l’eau permet aux agriculteurs de cultiver du maïs sans chercher à l’arroser.
D’après l’article « 
Le risque de sécheresse sera fort cet été 2022 », rédigé par des ingénieurs du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM, le service géologique national) et publié le 15 juin par le site Internet « The Conversation » (et repris dans les médias), les rares zones géographiques de métropole qui ne seraient pas en risque de sécheresse sont « les Hauts-de-France, la Haute-Normandie, le nord de l’Ile-de-France et le nord-est de l’Occitanie sont épargnés, selon le bilan arrêté au 1er juin » (Le Monde) mais, à la différence de l’année précédente, les aquifères n’ont pas pu se recharger efficacement faute de précipitations durant l’automne 2021 et l’hiver 2022, car celles-ci ont accusé un déficit de 70 % par rapport à la normale. Le rechargement est d’autant plus important que le sol en surface n’est pas artificialisé par l’activité humaine.

Avant de dépenser des millions pour s’adapter aux effets de plus en plus précoces du réchauffement climatique et des sécheresse de plus en plus fréquentes, les élus locaux et nationaux feraient mieux de renoncer à leurs politiques d’aménagement climaticides telle que celle annoncée sur le Triangle de Gonesse.

(1) source : Madelin, Malika et al. « Intensité et délimitation de l’îlot de chaleur nocturne de surface sur l’agglomération parisienne. », XXXème colloque de l’Association Internationale de Climatologie, 2017

(2) cf. https://ouiauxterresdegonesse.fr/informer/europacity-forte-mobilisation-contre-louverture-du-chantier-de-la-gare/

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Les candidat·es aux législatives sont interpelé·es sur l’avenir du Triangle de Gonesse

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Les candidat·es aux législatives sont interpelé·es sur l’avenir du Triangle de Gonesse

Le Triangle de Gonesse et le Val d’Oise ont fait l’objet de la venue à Gonesse le 7 mai 2021 du Premier ministre pour annoncer un « plan Val d’Oise », dont une partie portait sur l’avenir du Triangle de Gonesse. Il a annoncé un projet « AGORALIM » confié à la SEMMARIS (qui gère le Marché de Rungis). Un rapport d’Agoralim est sur le bureau de la Première ministre en attente de réponse à la SEMMARIS. Ce dossier est par conséquent un dossier à caractère national et concernera les futurs parlementaires.

C’est pourquoi le CPTG a souhaité interpeler les candidat·es à l’élection législative des 12 et 19 juin 2022. Dans un premier temps, il a été recherché les adresses internet des candidats des 7ème, 8ème et 9ème  circonscriptions du Val d’Oise, les plus directement concernées. Sur 37 candidat·es, nous avons rassemblé 19 adresses internet : député·es sortant·es (3), NUPES (3), animalistes (3), LR-UDI (3), et indépendant·es (6). Soit 5 candidat·es de la 7ème circonscription, 9 de la 8ème, 5 de la 9ème.

Une invitation internet à une réunion publique en date du 1er juin à Villiers le Bel a été envoyée le 23 mai. L’annonce de cette réunion a fait l’objet d’un article sur ce site, d’une information sur les réseaux sociaux et d’une distribution d’un tract au centre commercial de Gonesse et au marché d’Arnouville. Cette invitation a obtenu un seul retour positif (NUPES 8ème ) et 5 indisponibilités (2 NUPES, 1 animaliste et 2 indépendants).
Le 1er juin étaient présent·es : 2 candidat·es de la NUPES (2ème et 8ème ), 2 de Reconquête (7ème et 9ème), ainsi qu’une représentante de la candidate du Parti animaliste, qui ont répondu oralement au questionnaire.
Nous remercions la quarantaine de personnes qui se sont déplacées pour participer à cette réunion d’interpellation.

Le 31 mai un questionnaire en trois parties a été envoyé aux 19 contacts.
Une réponse écrite au questionnaire (Mohamed Akkou, indépendant, 9ème), et une réponse proche du questionnaire (Philippe Démaret, indépendant ,7ème) nous sont parvenues.

L’initiative du CPTG a fait l’objet d’un article dans Le Parisien 95, et dans les Échos.

Conclusion: Une majorité des candidat·es a évité l’interpellation du CPTG. Aucun des candidat·es présents le 1er juin n’a soutenu la construction de la gare dans la situation actuelle. Mohamed Akkou 9ème  dans sa réponse reste favorable à la construction de la ligne 17 nord et de la gare. Dominique Da Silva, 7ème (LREM) a répondu au quotidien Les Échos favorablement à la gare et la ligne 17 considérant qu’on est dans une zone géographique qui a besoin d’être désenclavée. Même position de Sivka Park 9ème (LREM) : « désenclaver ».

Les députés élu·es le 19 juin ne pourront pas faire l’impasse sur le sujet. Le CPTG s’y emploiera.

 

En complément aux affirmations des candidat·es, une synthèse des arguments du CPTG :

Désenclavé ? Affirmation non démontrée !
Il y a quasi consensus sur les terres agricoles. Par contre, sur la question des transports, malgré nos argumentations très développées, nous retrouvons des idées reçues qui ne reposent sur aucun fondement argumenté.  Et la plupart des candidat·es interviewé·es concluent : « certes, nous avons besoin de sauvegarder les terres agricoles, mais nous avons un territoire tellement pauvre, tellement enclavé, avec tellement de chômage, que tant pis… ». Ceci traduit une méconnaissance notoire du territoire. Nous sommes en mesure de démontrer, chiffres, cartes et graphiques à l’appui, les constats suivants :

1/ Le territoire n’est pas pauvre, mais inégalitaire. Il y a 150 fois plus d’emplois par actif à Roissy qu’à Garges-lès-Gonesse ou Sevran. Qu’est-ce qui justifie de rajouter encore des richesses sur le pôle de Roissy ?

2/ Le territoire habité n’est pas enclavé, c’est le territoire sans habitant qui l’est, donc aucune importance. 4 gares sur 6 de la ligne 17 Nord n’ayant aucun habitant dans un périmètre d’1 km, voire plus. L’offre nouvelle de transports envisagée n’est donc pas utile aux habitants, elle dessert des emplois pour faire venir une main-d’œuvre extérieure qualifiée – de surcroît dans le bon sens Paris/Banlieue – , qui concurrence les actifs locaux.

3/ La croissance de l’emploi – ne correspondant pas aux besoins de la main-d’œuvre locale – entraîne une croissance du chômage. La ville de Gonesse constitue un exemple caricatural à ce sujet.

4/ Les gains de temps sont calculés de gare à gare, sans intégrer les temps d’accès pour atteindre le métro, ni les temps des « derniers kilomètres » une fois parvenu·es à la gare d’arrivée. En intégrant ces données, nous obtenons des temps de transports futurs supérieurs à ceux de l’offre existante.

5/ A quoi bon faciliter l’accès au pôle de Roissy, qui a supprimé 20 000 emplois de 2008 à 2019 et 11000 pendant la pandémie ? Une partie du personnel remercié s’est réorienté vers d’autres filières et l’aéroport ne trouve plus de main-d’œuvre, il rencontre les pires difficultés aujourd’hui à recruter 4000 salariés. C’est l’attractivité des postes qui est en cause, liés aux salaires et conditions de travail (fonctionnement 24 h/24 et 7 j/7; précarité de l’emploi avec beaucoup d’intérim et de saisonnalité, nuisances aériennes) et non les questions de mobilité / accessibilité.

6/ L’avenir des métiers de l’aérien est pris en charge par le pôle de Toulouse, qui conduit tout un travail de reconversion et de réorientation de la main-d’œuvre vers de nouvelles demandes, avec un partenariat syndicats – entreprises remarquable. L’Ile-de-France est concernée à la marge.

7/ Pendant que le Grand Paris Express accapare les budgets, les transports du quotidien qui correspondent à la demande urgente sont dans un état lamentable, en termes d’entretien, de sécurité, de matériel roulant, etc … Les chantiers du GPE qui sont programmés jusqu’en 2030 (sans compter les surprises) aggravent la situation et posent le problème de savoir où mettre 45 millions de m3 de gravats.

8/ Avoir tout misé sur les transports et sur l’implantation d’emplois sur une palette de métiers très faible, sans rapport avec les compétences et qualifications de la main-d’œuvre locale, entraîne la multiplication de communes dissociées, avec une explosion des flux croisés de travailleurs qui n’habitent pas le territoire et d’habitants qui ne travaillent pas sur place.

9/ Le financement du Grand Paris Express repose sur une escroquerie, en prétendant économiser des gaz à effet de serre et en émargeant au titre d' »obligations vertes », alors qu’il se traduirait immanquablement par une explosion de la dette financière et écologique.

10/ Avoir tout misé sur les grands pôles et les transports se traduit par une double peine : l’explosion des déplacements et l’impossibilité de développer des emplois de proximité (petit commerce et artisanat, sanitaire et social, éducation-formation, restauration, entretien, sécurité, sport, services publics, économie sociale et solidaire…) Si le taux qui est de 19% de la population était celui de Versailles (35%), il y aurait 100.000 emplois supplémentaires sur le territoire du Grand Roissy, ne réclamant aucun transport lourd. A comparer avec les 25 projets du Grand Roissy programmés en 2012, qui devaient générer 104 000 emplois dix ans plus tard, on en trouve 5000, soit un taux de réussite de 5%.

Il est grand temps de changer de politique d’aménagement !